Au fil des pages avec La fille sans peau

Pour la lecture commune du 10 février 2026 proposée par Alexandra dans le cadre de son challenge Un hiver polar 2026, j’ai lu le premier tome d’une trilogie, La fille sans peau de Mads Peder Nordbo (éd. Actes Sud, janvier 2020, 380 pages), un roman policier contemporain – un arctic noir – se déroulant au Groenland. En août 2014, Matthew Cave, un journaliste récemment arrivé à Nuuk est dépêché par son journal pour couvrir un événement hors du commun: la découverte d’une momie qui serait celle d’un Viking et permettrait d’en savoir plus sur les premiers colons de l’île. Mais dès le lendemain, le corps momifié a disparu et le policier en charge de sa sécurité a été retrouvé mort éviscéré comme un phoque. Et si tout cela avait un rapport avec des affaires non résolues avec le même modus operandi survenues en novembre 1973, les quatre victimes étant des pères incestueux? Le jeune homme pourra-t-il faire confiance à Tupaarnaq, une jeune femme entièrement tatouée et récemment libérée de prison après avoir purgé une peine de 12 ans pour le quadruple meurtre de sa famille? Que lui révélera le journal du policier, Jakob Petersen ayant enquêté en 1973 qu’on lui a confié?

Même si certains aspects sont particulièrement glauques et glaçants, le tout reste pourtant confus et sans véritables explications, et même de moins en moins crédible plus l’enquête du journaliste avance. Comme il s’agit d’un premier tome d’une trilogie et donc comme tout tome introductif, l’auteur laisse en suspens certaines intrigues secondaires pour sans doute y revenir plus tard dans les tomes suivants comme le passé du père de Matthew, un militaire américain disparu dans les années 90 ou celui de Tupaarnaq qui n’a pas tout révélé de son histoire… Il y a plusieurs pistes de réflexion et d’hypothèses qui restent très superficielles, avec deux enquêteurs, à 41 ans d’intervalle, qui m’ont paru un peu trop similaires dans leur attitude.

D’autre part, cette surenchère de violence sordide m’a paru inutile tant elle n’a, au fond, que peu d’incidences sur les raisons des meurtres perpétrés si ce n’est, à appuyer, sur la nature « méprisable » des Groenlandais, affichant un racisme qui m’a déplu (pauvreté chez les autochtones rimant avec alcoolisme, violences et inceste). Pêle-mêle, il y est ainsi question d’inégalités et discriminations sociales entre Inuits et Danois, d’inceste, de pauvreté, de misère sociale, d’expérimentations médicales, d’enjeux politiques autour de l’autonomie de l’île, de chasse aux phoques, de corruption, de disparitions d’enfants…

J’ai regretté que ces thèmes n’aient pas été abordés de façon plus poussée et réaliste, en particulier l’impact des politiques danoises sur la population autochtone par exemple avec des déplacements forcés pour les sédentariser et les campagnes de stérilisation forcée… Une lecture très mitigée et qui ne m’a pas donné envie de lire la suite, même si le tome 2, Angoisse glaciale est disponible à ma médiathèque et que le troisième tome, La femme au masque de mort n’a pas encore été traduit en français.

Au passage, je valide la case « Tueur en série » du bingo meurtrier du challenge Un hiver Polar 2026.

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Alexandra (plus enthousiaste que moi), Athalie (déçue), Line (qui a réussi à aller au bout de sa lecture malgré la dureté du roman), Anne-yes

Participation #6 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #LC

8 Comments

  1. Alexandra

    J’ai l’impression que la déception a été quasi unanime (sauf pour moi qui suis toujours bon public en matière de polars). Je reconnais que c’était trop glauque pour une lecture commune. La prochaine devrait être moins sombre. Merci d’avoir joué le jeu jusqu’au bout.

    • Jojo

      Ce n’est pas tant cet aspect qui m’a déplu que l’enquête que j’ai trouvé confuse et peu crédible, sans parler du traitement judiciaire de l’inceste qui malheureusement, dans la vie réelle, ne se résout pas aussi facilement qu’en regardant un enfant… J’essayerai d’être au rendez-vous avec la LC du mois prochain

  2. ToursEtCulture

    Au moins celui-là n’allongera pas ma liste d’envies !

    • Jojo

      Oui tu peux l’éviter

  3. Anne-yes

    Tout à fait d’accord avec toi concernant le manque d’informations sur les conditions de vie des populations autochtones au Groenland. C’est à peine évoqué.

    • Jojo

      Alors qu’il aurait pu être très intéressant de voir les aspects politico-sociaux entre les deux époques évoquées (années 70 et 2010), je récupère ton lien aussi

  4. Line

    Tout à fait d’accord , et c’est vrai , je me suis vraiment forcée pour ne pas abandonner. Je n’ai rien trouvé de positif dans cette lecture.

    • Jojo

      J’ai voulu te laisser un commentaire sur ton blog mais je n’ai pas réussi malgré plusieurs tentatives, j’avais écrit qu’on ne lira pas la suite mais pas pour les mêmes raisons

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