Étiquette : BD de la Semaine (Page 1 of 6)

Au fil des pages avec A l’aube des cerisiers

Pour la rentrée de la BD de la Semaine, j’ai lu, aussitôt acheté, À l’aube des cerisiers d’Agnès Domergue et Hélène Canac (éd. Jungle, 27 août 2026, 100 pages), une BD jeunesse à partir de 9 ans et dans laquelle on retrouve la petite fille qui a bien grandi d’Entre neige et loup, Lila. Natsu, une minuscule fille vivant avec les Moni sur l’île du jour va faire la rencontre d’un minuscule garçon, Taro qui part à la recherche d’un remède pour Yama en fin de vie, sur l’île de la nuit. Et si leur rencontre allait bouleverser l’équilibre de leur monde? 

J’ai encore plus apprécié ce nouveau tome que les deux précédents, Entre neige et loup et D’Ambre et de Feu. Que ce soit le graphisme ou le texte, je l’ai trouvé plus abouti. L’écriture d’Agnès Domergue est reconnaissable, avec de nombreux haïkus, qui parsèment le récit poétique et onirique. Les dessins d’Hélène Canac sont arrondis et colorés, plein de pep’s et de charme, les Moni, des petits êtres bienveillants avec leur humour enfantin et leur touche musicale m’ayant tout de suite fait penser aux Moomins de Tove Jansson. Ils apportent une touche de légèreté dans la quête initiatique de Natsu et Taro. 

Je me suis laissée porter par le récit jusqu’à ce que tout fasse sens. On y retrouve une nouvelle fois des thèmes communs aux précédents tomes avec les références au folkore japonaise, le fait de grandir… Il y est aussi question de courage, d’amitié, d’aventures, de famille, d’équilibre du monde, de pardon… Un très bon moment de lecture avec ce conte initiatique non dénué d’humour dans une ambiance cette fois plus printanière (avec de beaux cerisiers en fleurs)!

Pour d’autres avis sur ce tome: Hilde tout aussi enthousiaste que moi.

La BD de la semaine chez Blandine pour cette semaine

Participation #38 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #BD jeunesse

Participation #13 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #BD jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #5 Catégorie Passage du temps: « Aube »

Au fil des pages avec le tome 1 de La Maison des Maiko

J’ai lu le tome 1 de La Maison des Maiko d’Aiko Koyama (éd. Noeve Grafx octobre 2022, 144 pages), un manga shonen classé en jeunesse par ma médiathèque et à partir de 13/14 ans. A Kyoto, une adolescente de 16 ans, Khyo intègre une yakata en tant qu’apprentie geisha – une maiko avec sa meilleure amie. Mais très vite, elle est plus douée pour soutenir les autres occupantes de la maisonnée en apportant réconfort avec ses sourires et ses bons petits plats. Et si elle devenait la nouvelle cuisinière de la Maison des Maiko?

Ce premier tome introductif nous permet de suivre le quotidien des geishas et des maikos à notre époque (même si au vu de l’illustration de la couverture, cela me faisait plus penser aux années 60). Qui sont les geishas lorsqu’elles ne pratiquent pas leur art ou les maikos lorsqu’elles ne sont pas en plein apprentissage? Entre rigueur, horaires stricts, usages séculaires, il est bien difficile de lâcher la pression et de garder une maîtrise constante de son image. On les suit, en effet, surtout pendant leur moment de détente, sous un angle avant tout culinaire. La vie en communauté n’est pas si simple, avec son lot de chamailleries bon enfant. Graphiquement, ce sont des personnages joyeux, bienveillants à l’image de la propriétaire qui veille sur ses « filles », les rapports entre les maikos restant assez enfantins, ce qui contraste avec les pages mettant en scène les geishas dans leur art. 

Ce premier tome est aussi très gourmand puisqu’à la fin de chaque court chapitre, on retrouve des notes de cuisine de Madame Kayama avec des recettes simples mais très alléchantes comme le pudding de pain, les onigiris, les saint-jacques rôtis au miso, du curry… J’ai ainsi suivi la recette des muffins au chocolat. Tendres et moelleux avec des chuncks de chocolat!

Une lecture plaisante et très gourmande! A voir si les prochains tomes nous permettent d’en savoir plus sur l’apprentissage des maikos. Les lexiques et glossaires à la fin de manga sont très utiles, la traduction française ayant conservé de nombreux termes japonais.

La BD de la semaine chez Moka pour cette semaine

Participation #12 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Manga shōnen

Participation #32 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Manga Shōnen

Les Gourmandises 2026 d’Isabelle #Muffins au chocolat

Au fil des pages avec Alan Turing

J’ai lu Alan Turing de Maxence Collin, François Rivière et Aleksi Cavaillez (éd. Casterman, mai 2024, 264 pages), un roman graphique en noir et blanc et biographique sur Alan Turing (1912/1954), mathématicien britannique et pionnier de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Partant du procès pour outrage aux bonnes mœurs en 1952 (l’homosexualité étant, à l’époque, un délit), ce roman retrace, par flashbacks, la vie d’Alan Turing, de son enfance, de ses années d’étudiant, ses recherches jusqu’à son décès le 7 juin 1954. S’intercalent également, entre chaque épisode de sa vie, les témoins de moralité à son procès et un cauchemar récurrent. Qui était donc Alan Turing? 

Enfant rêveur et solitaire, on le voit grandir et se questionner au fil des amitiés qu’il noue et qui, chacune à leur manière, seront déterminantes sur ses recherches, comme Christopher Morcom, prématurément décédé à 19 ans, David Champernowne ou Joan Clarke avec qui il a été brièvement fiancé, les époux Newman ou Robin Gandy… Bien que recherchant souvent la solitude, il a dû travailler en équipe, comme lors de la Seconde Guerre Mondiale avec ses homologues polonais, en particulier Marian Rejewski. 

J’ai bien apprécié cette biographie qui vulgarise les apports incontestables d’Alan Turing, que ce soit l’idée de machine universelle qui lui permettrait de résoudre des problèmes en apprenant elle-même, sa participation au décryptage de la machine Enigma pendant la Seconde Guerre mondiale, le test de Turing (une machine peut-elle penser, à tout le moins imiter une conversation humaine sans que cela soit détectable?)… Graphiquement, cela m’a bien plu également, les bulles mettant bien en scène les pensées intimes et réflexions d’Alan Turing, que ce soit dans ses difficultés relationnelles ou dans ses intuitions et découvertes. On a l’impression de plonger dans sa tête, notamment lors des bulles d’explications scientifiques. J’ai trouvé que les auteurs avaient réussi à maintenir l’équilibre entre tranche de vie et aspect scientifique. Un très bon moment de lecture fort instructif et qui se termine sur une fin qui donne ton son sens au cauchemar récurrent!

La BD de la Semaine chez Moka cette semaine

Participation #2 Le Mois Anglais 2026 de Lou et Martine #Roman graphique

 

Au fil des pages avec Le printemps de Sakura

J’ai lu Le printemps de Sakura de Marie Jaffredo (éd. Glénat, coll. Vents d’Ouest, août 2022, 112 pages), un roman graphique classé en adulte à ma médiathèque mais qui peut très bien être lu, à mon avis, à partir de 11/12 ans. Depuis le décès accidentel de sa mère japonaise trois ans auparavant, Sakura, âgée de 8 ans, vit avec son père français, Guillaume à Tokyo. Mais lorsque ce dernier doit partir quelques semaines pour son travail, la jeune fille part habiter chez sa grand-mère maternelle, Masumi qu’elle ne connaît pas vraiment, dans un petit village côtier. Et si ce séjour lui permettait de surmonter son chagrin, de voir la vie autrement, d’apprivoiser sa double culture et de s’épanouir?

C’est un récit assez classique avec cette petite fille qui découvre, le temps d’un printemps, une partie de son identité culturelle et qui pourra ainsi faire le deuil de sa mère. Grâce aux liens tissés avec sa grand-mère, Sakura découvre une vie proche de la Nature, l’air de la mer, les plats japonais comme les gyozas ou les dorayaki et d’autres plaisirs simples du quotidien japonais… Leur complicité est touchante. 

Les différentes étapes du deuil jusqu’à son acceptation sont également bien décrites. Cependant, j’ai été un peu gênée par la mise en scène, comme si cette immersion dans la culture japonaise était destinée pour le lecteur français ou occidental et non pour Sakura qui est censée avoir grandi au Japon et non en France, ne passant que ces étés à Lyon, auprès de ses grands-parents paternels. Graphiquement, cela m’a plu même si j’ai trouvé que Sakura ne faisait pas ses 8 ans. Un bon moment de lecture avec cette histoire initiatique et de complicité entre une petite fille et sa grand-mère! Sans oublier les nombreuses bulles gourmandes, Masumi initiant sa petite-fille au jardinage et à la cuisine, sous le regard du chat de la maison. 

Pour d’autres avis sur cette BD: Eimelle et Nathalie (plus enthousiastes que moi).

La BD de la Semaine

Participation #9 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Roman graphique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Passage du temps: « Printemps »

Au fil des pages avec Le pays des cerisiers

J’ai lu Le pays des cerisiers de Fumiyo Kouno (éd. Kana, coll. Made in, août 2023, 128 pages), un manga seinen historique regroupant deux prépublications dans le magazine Weekly Manga Action en 2003 et 2004 au Japon. On y suit l’histoire de la famille Hirano, de 1955 à 2004, plusieurs années après le bombardement atomique d’Hiroshima.  

Le premier chapitre « La ville de Yûnagi » se déroule dans la ville d’Hiroshima, en 1955, 10 ans après le drame. Minami Hirano, victime des radiations, vit pauvrement avec sa mère en travaillant dans un atelier de couture et en âge de se marier. Comment vivre normalement après avoir vécu tant d’horreurs? Peut-elle se permettre d’aimer? Il y est ainsi question du syndrome du survivant, de résilience, de deuil, de maladie, de vies suspendues… Par petites touches, les rares instants de joie et de bonheur de la jeune femme sont vite étouffés par les souvenirs et remords oppressants du drame. Et si la maladie la rattrapait malgré tout? Graphiquement, les dessins tout en délicatesse, douceur et simplicité s’harmonisent bien avec le récit plus dur. Le mal-être de la jeune femme est palpable, son passé la hantant au quotidien au point de s’empêcher de vivre. 

Puis les deux autres chapitres qui donnent son nom au manga, « Le pays des cerisiers »se déroulent des années plus tard jusqu’en 2004, avec une structure narrative en abîme et en flashbacks, bien différente du premier chapitre. On y suit Nanami Ishikawa, d’abord lorsqu’elle est une jeune fille passionnée de baseball, dans son quotidien avec sa famille, souvent triste, mise à l’écart et solitaire, Ashani son père veuf travaillant beaucoup et sa grand-mère s’occupant de son frère Nagio, souvent hospitalisé et se liant d’amitié avec Tõko, sa voisine du même âge qu’elle mais d’une famille plus aisée. Puis on la retrouve, 18 ans plus tard, une fois adulte, vivant avec son frère totalement guéri et son père dont le comportement l’inquiète au point qu’elle décide de le prendre en filature jusqu’au cimetière d’Hiroshima, recroisant en chemin Tõko. 

Au début, je me suis demandé quel était son lien avec la première histoire. En effet, les liens de filiation se dévoilent au fur-et-à mesure, le tout faisant sens arrivé à la fin du manga. Ce sont les mêmes thèmes qui sont abordés: les répercussions sanitaires et sociales du bombardement atomique d’Hiroshima restant toujours d’actualité, entre discriminations et préjugés à l’égard des rescapés, victimes des radiations appelés Hibakusha et leurs descendants, la plupart étant rejetés par la société par crainte par exemple de transmission des maladies en cas de mariage…  

Comment se remémorer le passé sans renoncer à la vie? Et si on pouvait croire cette fois aux rêves d’avenir? L’espoir semble permis à l’image des fleurs de cerisiers. Un bon voire très bon moment de lecture avec ce manga fort touchant et épuré, le premier chapitre étant celui qui m’a le plus émue et avec des explications en fin d’ouvrage et notes de bas de page aidant fortement la lecture! Cela m’a rappelé une autre lecture: Hibakusha de Thilde Barboni et Olivier Cinna.

La BD de la semaine chez Fanny cette semaine

Participation #8 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Manga seinen

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Lieu: « Pays »

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