Étiquette : romans adulte (Page 1 of 63)

Au fil des pages avec La forêt au clair de lune

J’ai lu, en e-book, La forêt au clair de lune de Michiko Aoyama (éd. J’ai lu, coll. Nami, octobre 2025, 288 pages), un roman japonais contemporain avec l’histoire d’auditeurs qui suivent le podcast « Infos lunaires » de Taketori Okina qui, fasciné par la Lune, met en ligne, chaque matin, à 7h, son podcast astrologique de 10 minutes, sur les phases de la Lune, en particulier la nouvelle lune et les interprétations qu’on peut lui donner. Et si c’était l’occasion pour ces auditeurs perdus dans leur quotidien de donner un autre sens à leur vie?

On retrouve la même structure narrative « feel-good » des romans japonais contemporains avec ici un podcasteur comme fil conducteur et de quelques-uns de ses auditeurs qui vont se révéler être au tournant de leur vie: une ancienne infirmière quadragénaire, son frère cadet qui fait partie d’une troupe de théâtre, un humoriste qui désespère de ne pas réussir à percer, une lycéenne solitaire en froid avec sa mère et qui hésite sur son projet post-lycée, une créatrice de bijoux qui ne se sait comment concilier son mariage avec sa vie professionnelle…

J’ai trouvé les chapitres inégaux, certains personnages étant un peu trop déjà vus et peu approfondis et assez simplistes. A la lecture du titre, je m’attendais à un peu plus de délicatesse et de poésie dans ces tranches de vie, le podcast évoquant également le conte de la la princesse Kaguya. Mais après la lecture du dernier chapitre, le tout m’a paru finalement cohérent, en découvrant, au fil des pages, des liens entre eux insoupçonnés. Il y est ainsi question de quête de soi, de solitude, de quête de sens à sa vie privée ou professionnelle, du poids des secrets de famille, de confiance en soi, de relations familiales… Un bon moment de lecture dans l’ensemble mais qui sera vite oubliée! 

Participation #11 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Roman feel-good

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Lieu: « Forêt »

Au fil des pages avec La salle de bal

J’ai lu La salle de bal d’Anna Hope (éd. Gallimard, coll. Du monde entier, août 2017, 400 pages), un roman choral historique se déroulant, en 1911, dans l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, en Angleterre avec le point de vue de trois personnages principaux: Ella Fay, nouvelle internée, pauvre et illettrée, après avoir cassé une vitre dans l’usine de filature où elle travaillait depuis son enfance, John Mulligan, un Irlandais mélancolique arrivé il y a 2 ans et le Dr. Charles Fuller, un psychiatre violoniste prenant fait et cause pour les thèses eugénistes et le projet de loi sur le contrôle des faibles d’esprit soutenu par Churchill, alors Ministre de l’Intérieur.

Sous l’impulsion du Dr. Charles Fuller et afin d’améliorer le traitement des personnes internées, des bals sont organisés le vendredi soir, permettant aux hommes et aux femmes de se rencontrer et de danser dans des conditions strictes. C’est ainsi qu’Ella et John vont pouvoir se côtoyer. Et si un avenir à deux était possible? 

J’ai bien plus apprécié ce roman que Ce qu’elle a laissé derrière elle d’Ellen Marie Wiseman (éd. Faubourg-Marigny, mars 2023, 400 pages) et Le Bal des folles de Victoria Mas (éd. Albin Michel, août 2019, 256 pages). Il aborde pourtant les mêmes thèmes mais le récit est bien plus étoffé et mieux amené, que ce soit dans les liens unissant les personnages ou la vie quotidienne au sein de l’asile, chacun devant contribuer à sa fonctionnement, les hommes dehors, souvent dans les champs et les femmes à la buanderie ou dans les cuisines. Au-delà de la vie au sein de l’asile, ce sont les choix politiques au sein de la société anglaise du début du XXe siècle qui sont questionnés. J’ai ainsi trouvé que l’arc narratif autour du médecin psychiatre, refoulant son homosexualité, était bien plus pertinent ici en apportant un enjeu sociétal autour des traitements psychiatriques. Quelle politique de santé mentale privilégier?

Et que dire des patients considérés comme instables non en raison d’un trouble psychologique mais car indigent ou vu comme asocial et anticonformiste? A ce titre, l‘histoire de Clem, une autre jeune femme internée et se liant d’amitié avec Ella est touchante et révoltante. Celle-ci appartient à une famille aisée, son internement lui apparaissant moins pire que le mariage arrangé qu’elle a réussi à fuir et lui permettant d’accéder à sa passion, la lecture. Mais jusqu’à quand?

Il y est ainsi question de la prise en charge psychiatrique au début du XXe siècle, de stérilisation forcée, de seconde chance, de la condition de la femme, d’inégalités sociales, de dépression, de prémisses d’art-thérapie par la danse, d’émancipation, de quête de liberté…  Un très bon moment de lecture! Il me reste désormais à découvrir Mon vrai nom est Elisabeth d’Adèle Yon (éd. du Sous-sol, février 2025, 400 pages). 

Participation #1 Le Mois Anglais 2026 de Lou et Martine #Roman historique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Musique: « Bal »

Throwback Thursday Livresque: Un livre publié en français avec un titre en anglais

TTL n°367 chez Carole #Un livre en français avec un titre en anglais

Ce jeudi 28 mai 2026, je participe au Throwback Thursday Livresque, un rendez-vous livresque initialement chez Bettie Rose Books et repris depuis par Carole, les liens étant à déposer chez My-Bo0ks. Le principe est de partager chaque jeudi un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Cette semaine, le thème est « Un livre en français avec un titre en anglais » étant précisé que cela peut être un titre d’un auteur français ou un titre traduit en français avec un titre en anglais mais à l’exclusion des noms propres comme Beloved de Toni Morrison.

Je ne pensais pas trouver autant de titres pour illustrer ce thème:

  • Shell Shock de Michaëla Watteaux (éd. Hachette Fictions, coll. Black Lab, janvier 2025, 343 pages), un roman policier historique se déroulant dans les Années Folles encore marquées par la Première Guerre mondiale
  • même si les noms propres sont exclus (villes, prénoms…), Lady Susan de Jane Austen (éd. Gallimard, coll. Folio, éd. 2006, rééd. février 2023, n°4396, 128 pages), un court roman épistolaire écrit vers 1794 et paru pour la première fois en 1871 avec une veuve intrigante et séductrice, Lady Susan qui entend bien marier son unique fille, Fedérica, âgée de 16 ans avec Sir Henry
  • Sweet Harmony de Claire North (éd. Bélial, janvier 2024, 160 pages), un roman court de science-fiction se déroulant dans un futur proche, avec la vie brisée de Harmony Meads qui s’est endettée avec un usage incontrôlé des nanotechnologies
  • Crazy Spooky Love de Josie Silver (éd. Charleston, octobre 2025, 368 pages), une romance cosy paranormale contemporaine se déroulant en Angleterre, Melody Bittersweet enquêtant pour la première fois à la tête de sa société de chasseuses de fantômes
  • Christmas Therapy de Caro M. Leene (éd. Harper Collins Poche, octobre 2023, 328 pages), une romance contemporaine « Grumpy/Sunshine » de Noël entre Maureen et Logan qui se retrouvent à devoir participer à une thérapie de groupes 
  • Snowy little lies de Fanny DL (éd. Hugo Poche, octobre 2022, 336 pages), une romance contemporaine de Noël entre Jill et Matthew qui, ne pensant pas se revoir après un trajet en train, se retrouvent à passer les fêtes ensemble, chacun avec ses secrets dévoilés
  • Sorcery of Thorns de Margaret Rogerson (éd. Bragelonne, coll. Big Bang, 2020, 576 pages), une romantasy à partir de 15/16 ans se déroulant dans un passé magique alternatif, en 1824 entre Elisabeth Scrivener et Nathaniel Thorn

Et vous, quel livre auriez-vous choisi pour cette thématique? La semaine prochaine, le thème sera: « Lu pour la première fois entre 2010 et 2015 ».

Au fil des pages avec Lalie en l’air

J’ai lu Lalie en l’air d’Anne-Sophie Kalbfleisch (éd. du Rouergue, avril 2026, 128 pages), un court roman se déroulant entre 1994 et 1996, en Belgique. En 1994, à Louvière, Lalie, une petite fille âgée de 10 ans s’ennuie, entre des parents absents pour leur travail et des frère et sœur plus grands qu’elle qui la délaisseny, elle part se promener au bord du canal et se lie d’amitié avec un homme âgé, solitaire et discret en pénétrant, un jour, dans son jardin. Il devient important dans la vie de la petite fille en l’aidant pour ses devoirs ou lui faisant découvrir les oiseaux, la lecture et la musique classique… Lalie apprécie ce temps passé en sa compagnie, dans le potager ou chez lui. Mais l’attention portée par Mark est-elle vraiment sans arrière-pensée? 

Construit en trois parties, le récit se place sous le point de vue, à la deuxième personne du singulier, de Lalie, de sa meilleure amie Sophie qui rêve de devenir détective et qui la met en garde et de Mark. Dans un climat anxiogène marqué par des enlèvements d’enfants qui ont croisé la route d’une camionnette blanche, l’amitié entre Lalie et Mark devient de plus en plus suspecte, sans que Mark, comme par le passé, ne se défende. Au fil des pages, le drame semble inéluctable. Mais lequel? 

L’autrice nous replonge dans la société belge dans les années 90 et marquée, comme les pays frontaliers, par l’affaire Dutroux. Mark est-il un délinquant sexuel ou une victime des préjugés à l’égard des homosexuels, l’amalgame n’étant jamais loin? Même si le style à la deuxième personne du singulier m’a déroutée, j’ai apprécié ce court roman tout en nuances et qui instille le doute crescendo. L’autrice réussit à décrire deux personnages solitaires tout en fragilité et qui, chacun à leur façon, apporte tendresse et petites joies du quotidien dans la vie de l’autre. Un bon moment de lecture qui se termine sur la Marche blanche du 20 octobre 1996!

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Prénom: « Lalie »

Au fil des pages avec Sable noir (T1)

Pour la lecture commune du 22 mai 2026 du Mois Italien, j’ai lu la première enquête de la commissaire Vanina Guarrasi, Sable Noir de Cristina Cassar Scalia (éd. L’Archipel, mars 2024, 400 pages), un roman policier contemporain se déroulant à Catane, en Sicile. Dirigeant la brigade criminelle, Vanina est chargée d’une enquête bien singulière, le corps momifié d’une femme ayant été retrouvée dans le monte-charge d’une villa délabrée appartenant à la famille de notables influentes des Burrano et sur les pentes de l’Etna qui est, une nouvelle fois, entrée en éruption. Le décès semble remonté à plus de 60 ans, à la même époque où le propriétaire de la villa, Gaetano Burrano avait été tué par balle et où la mafia régnait en maître, à la tête de maisons closes comme le Valentino. Malgré les décennies passées, le coupable pourrait-il être toujours en vie et démasqué? 

Les courts chapitres s’enchaînent, mêlant passé et présent, sous fond de mafia. C’est aussi le passé de la commissaire qui apprécie la gastronomie et les vieux films et qui nous est dévoilé petit à petit, elle qui pensait avoir laissé derrière elle ses trois années passées à Milan en mettant fin à sa relation avec Paolo Malfitano, un juge anticorruption sous protection, et qui sert de fil conducteur à cette série policière italienne.

Les membres de sa brigade sont aussi attachants et motivés qu’elle à résoudre ce cold case même s’ils m’ont paru quelque peu inexpérimentés, surtout à l’égard d’un personnage dont le sort ne les attriste pas plus que cela et qui dans la réalité aurait fait l’objet immédiatement d’investigations. J’ai également trouvé que vu le saut de plus de 60 ans dans le passé, Vanina et son équipe ont quand même beaucoup de chance de pouvoir auditionner autant de témoins encore envie et non séniles et de pouvoir compter sur les souvenirs du commissaire retraité et octogénaire, fort sympathique, Biagio Patanè qui avait été chargé à l’époque de l’enquête du meurtre de Gaetano Burrano. 

Il y est ainsi question de mafia, de secrets de famille, de vengeance, de corruption… Un bon moment de lecture avec cette première enquête qui reste certes classique et plutôt cosy mystery mais qui m’a donné envie de continuer la série avec Falaise Noire! Sans oublier de nombreux passages gourmands avec de bons petits plats ou desserts italiens, que ce soit ceux que la commissaire ou son équipe prend dans les cafés ou restaurants ou les plats préparés par sa logeuse bien attentionnée et de nombreuses références au cinéma italien. 

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Eimelle (et qui a aussi lu les 2 autres tomes).

Participation #2 Le Mois Italien 2026 d’Eimelle #LC

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Couleur: « Noir »

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