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RAT Contes et Légendes d’Inde 2021

Du 2 au 4 juillet 2021, Bidib, Hilde et Blandine coorganisent un marathon de lectures (read-a-thon) autour des Contes et Légendes d’Inde, à la croisée de leurs challenges respectifs, celui des Contes et Légendes et des Étapes Indiennes. Encore de chouettes moments de lecture et d’échange au fil du week-end à venir avec les autres participants!

L’objectif de ce RAT? Lire au moins une lecture en rapport avec des contes et légendes d’Inde. J’en ai déjà emprunté deux à la médiathèque et je vais en récupérer d’autres que j’ai réservés cet après-midi ou demain. Mais pas que. Ce sera aussi l’occasion de partager des gourmandises comme dimanche avec Syl et ses marmitonnes et bien sûr échanger avec les autres participants.

Alors que vais-je lire pendant ce RAT? J’ai prévu de lire des albums jeunesse de contes et légendes d’Inde que j’avais repérés l’année dernière et/ou en début d’année chez Bidib, Blandine et Hilde. Mais avant je vais terminer De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll et peut-être continuer le tome 6 des Détectives du Yorkshire, Rendez-vous avec la ruse de Julia Chapman.

  • Contes et récits de l’Inde d’Anna Milbourne et Linda Edwards (éd. Usborne, 2005), un recueil d’histoires jeunesse
  • La Belle et Ganesh de La Luciole Masquée et Joël Cimarrón (éd. Karibencyla, 2009), un album jeunesse à partir de 6 ans (LU)
  • La souris de Vishnou de Muriel Carminati et Frédérick Mansot (éd. Picquier Jeunesse, 2009), un album jeunesse à partir de 6 ans (LU)
  • Savitri la Vaillante, conte de l’Inde de Béatrice Tanaka (éd. Messidor/La Farandole, 1985), un album jeunesse
  • Comptines de Roses & et de Safran de Chantal Grosléziat, Jean-Christophe Hoarau, Aurélia Fronty et Valérie Voyer (éd. Didier Jeunesse, 2011), un album jeunesse accompagné d’un CD avec 28 comptines, berceuses, chants et jeux de doigts d’Inde, du Pakistan et du Sri Lanka
  • Le Livre de la Jungle de Rudyard Kipling et Quentin Gréban (éd. Mijade, 2016, rééd. 2017), un album jeunesse grand format adaptant et abrégeant le roman originel
  • Les veuves de Malabar Hill de Sujata Massey (éd. Charleston, 2020), une aventure de Perveen Mistry, un roman pour la lecture commune du 18 juillet 2021 des Étapes Indiennes (EN COURS DE LECTURE)
  • Le jardin secret, T1 de Maud Begon, d’après Frances H. Burnett (éd. Dargaud, 2021), une BD jeunesse adaptant en diptyque le roman éponyme (LU)

Pour d’autres idées autour de l’Inde (lectures, recettes et autres activités), les autres participantes: Bidib, Hilde, Blandine, Nathalie et Ninijolivre.

Vendredi 2 juillet 2021, je commence la journée en rédigeant mon billet de suivi du RAT et en faisant un petit tour sur les blogs des coorganisatrices (et déjà des lectures qui donnent envie chez elles) puis poursuis de 3 chapitres ma lecture de De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll et illustré par Benjamin Lacombe, Alice étant plongée dans une partie d’échec ayant des règles logiques bien fantaisistes.

Dans l’après-midi, je passe récupérer mes réservations dans deux annexes différentes de notre médiathèque et en rajoutant (puisqu’il me restait encore une place sur ma carte et qui me fait de l’œil depuis un moment) Le livre de la Jungle illustré par un Quentin Gréban (un illustrateur que nous apprécions beaucoup). Pendant le trajet de retour en tram, je lis le premier chapitre des Veuves de Malabar Hill de Sujata Massey avec la première Avocate d’Inde, Perveen Mistry qui travaille dans le cabinet de son père dans les années 20.

Plus tard, dans l’après-midi, après l’école et puis après le repas, pour les histoires, nous (re)lisons des albums et BD jeunesse hors thème: Mon bus de Byron Barton (éd. L’école des loisirs, 2014) avec la tournée d’un chauffeur de bus qui voient des chiens et des chats monter et descendre de son bus, le tome 9 de Petit Poilu, Le trésor de Coconut de Pierre Bailly et Céline Fraipont (éd. Dupuis, 2011)…

Vers 23h, je vais dormir après avoir lu deux histoires mettant en scène des dieux hindous et des souris: La souris de Vishnou de Muriel Carminati et Frédérick Mansot que Bidib avait lu et apprécié l’année dernière et La Belle et Ganesh de La Luciole Masquée et Joël Cimarrón que Blandine avait aussi lu et apprécié l’année dernière. Deux bien jolies histoires! Dans la première, il y est question d’un puissant Maharajah indigne de sa fonction et passant tout son temps sur un superbe train électrique offert par les Anglais plutôt que de s’occuper des affaires de son royaume ni même de sa nièce et de son neveu. Les deux enfants rejetés et bien seuls demandent de l’aide à Vishnou, dieu protecteur et bienveillant. De petites souris espiègles redonneront-elles le sourire aux deux enfants? Je retrouve tous les ingrédients d’un conte traditionnel dans un décor indien et de biens jolis passages gourmands. De même dans la seconde qui est une revisite du conte La Belle et la Bête, la Bête étant ici le dieu Ganesh, dieu de la Sagesse et de l’Intelligence.

Samedi 3 juillet 2021, après le petit déjeuner, je lis le tome 1 du Jardin secret de Maud Begon, d’après Frances H. Burnett (éd. Dargaud, 2021), une BD jeunesse que Blandine a lu également récemment. Pendant ce temps-là, un mini lutin pourtant pas encore en vacances est allé chiper son cahier de vacances Pat’Patrouille et a déjà fait bien trop de pages pour la journée. Un bon moment de lecture qui s’ouvre avec le décès des parents de la jeune Mary Lennox du choléra aux Indes britanniques puis son départ en Angleterre chez son oncle vivant dans un manoir au fin fond des landes anglaises et entourés de jardins!

Comme dans le roman éponyme, je retrouve une petite fille qui s’épanouit au contact de la Nature, se faisant des amis avec qui elle partage l’existence d’un jardin secret. Le printemps arrive avec toute la magie enfantine qui l’entoure. J’ai hâte de lire le second tome. Les illustrations de Maud Begon témoignent de la transformation physique de Mary qui rajeunit et devient plus rayonnante au fil des pages. J’en reparlerai dans les jours à venir.

Après le déjeuner, petit tour chez les autres participantes, Ninijolivre nous ayant rejointes ce samedi sur Insta. De chouettes et jolies lectures autour des contes d’Inde aussi chez elles! Contrairement à Hilde et Bidib, nous n’avons pas de pluie propice à la lecture et c’est une belle journée très ensoleillée.

Pendant le dernier cours de l’année de baby tennis pour mon mini tennisman, je reprends ma lecture du tome 6 des Détectives du Yorkshire de Julia Chapman commencé en début de semaine. Je passerai également ma soirée en compagnie de Samson et Delilah (en mode infiltration, alias Denise) qui se retrouvent à enquêter sur le maire lors d’une partie de chasse organisée par Rick Procter et le maire de Bruntcliffe. Et pour une fois, pas de vol de moutons pour le moment. Mais le danger guette toujours nos deux détectives.

Entretemps, en fin d’après-midi et pour les histoires du soir, ce sera des relectures d’albums jeunesse très hétéroclites: Papa coin coin! de Rosalinde Bonnet (éd. Circonflexe, 2018), une histoire choupinou avec Apout, un renard polaire adoptant un oison et qui demande conseille aux autres animaux pour devenir un bon père, Mon bus de Byron Barton, Les chiens pirates à la rescousse (éd. Hachette Jeunesse, 2018), une histoire de la Pat’Patrouille reprenant un des épisodes de la série, Drôle de coccinelle d’Alissia Waeles et Angie Aubert (éd. Ebla Jeunesse, 2021), Brindille, une coccinelle pas tout à fait comme les autres partant à la recherche d’une coccinelle comme elle…

Dimanche 4 juillet 2021, je reprends ma lecture au chapitre 12 de Rendez-vous avec la ruse. Une matinée semblable à celle d’hier, mon mini lutin continuant son cahier de vacances, si ce n’est que le temps est grisâtre et même pluvieux.

En fin de matinée, je mets à jour ce billet, réponds à tous vos chouettes commentaires et là catastrophe, bug de mon site suite à une mise à jour d’un plugin… Ouf, me voici de retour pour rajouter quelques photos des lectures d’hier après un déjeuner à base de saucisses mais pas empoisonnées comme dans le tome 4 des Détectives du Yorkshire (poke Hilde).

Finalement, à part quelques chapitres lus ce matin (jusqu’au chapitre 17) et des albums jeunesse en fin d’après-midi, peu de place à la lecture ce dimanche. Nous avons joué un peu à Stardew Valley et le soir, un film pour finir le week-end. Après un petit tour chez les autres participantes, j’ai toutefois noter des idées de lecture. Encore merci pour ce RAT aux coorganisatrices!

Participation #51 au Challenge Contes & Légendes 2021 de Bidib

Participation #3 aux Étapes Indiennes de Hilde et Blandine #RAT

Notre mois bloguesque de juin 2021

C’est le premier du mois alors voici un petit retour bloguesque sur juin 2021 avec encore une fois beaucoup de lectures mais surtout anglaises, Mois Anglais oblige et le retour des balades avec le début de l’été.

En juin, c’était en effet le Mois Anglais et même les dix ans de ce challenge organisé par Lou, Titine et Cryssilda. Ce fut l’occasion de croiser mes lectures anglaises avec d’autres challenges comme le challenge Cottagecore de MissyCornish, 2021, cette année sera classique de Blandine et Nathalie, le challenge Contes et Légendes de Bidib, ce mois de juin étant dédié aux « Contes et légendes au jardin », Lire au féminin de Tiphanya, Des livres (et des écrans) en cuisine de Bidib et FondantGrignote, le Challenge British Mysteries et aussi les Gourmandises de Syl. Bon au final, avec quasiment tous les challenges auxquels je participe.

Et c’était aussi le 21 juin, le début de l’été. Nous avons donc commencé à reprendre nos lectures estivales avant de crapahuter à la montagne ou farnienter à la plage, comme lors de notre sortie sur l’île Sainte-Marguerite le 27 juin. En effet, il y a en pour tous les goûts estivaux: sorties plage, randonnées montagne, camping, pêche, colonies de vacances ou encore séjour chez les grands-parents…

Voici d’ailleurs mon petit bilan de participations pour ce mois de juin:

  • Challenge Petit Bac d’Enna: j’ai fini ma 9e ligne et ai commencé ma 11e
  • Challenge Contes et Légendes de Bidib: 7 participations dans le thème de juin, « Contes et légendes au jardin » sauf une et avec aussi un billet thématique sur Jack et le haricot magique
  • Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine de Bidib et FondantGrignote:  8 participations gourmandes faisant voyager les papilles en Inde, en Angleterre et en France
  • Challenge 2021, cette année sera classique de Blandine et Nathalie: 7 participations avec un billet thématique sur Jack et le haricot magique et des lectures communes avec Blandine autour d’Alice au pays des merveilles
  • Challenge Le Mois Anglais // Challenge A Year in England de Lou, Titine et Cryssilda: 16 participations même si mes lectures anglo-saxonnes ont été, encore une fois, plus nombreuses et mon billet de suivi du Mois Anglais
  • Challenge Lire au féminin de Tiphanya: 10 participations avec beaucoup d’autrices anglaises
  • Challenge British Mysteries de Hilde et Lou: 3 participations (mais bien plus de lectures)
  • Challenge cottagecore de Missycornish: 10 participations 

Ce mois de juin est passé très vite, entre fêtes, anniversaires, challenges et passages à la médiathèque qui m’ont donné encore de nouvelles envies de lectures, même si je n’ai pas de programme prédéfini pour les semaines à venir. D’ailleurs, je me rends compte en rédigeant ce billet que j’ai complètement oublier d’en faire un spécial « Fête des Pères » alors que nous avons (re)lu plusieurs albums jeunesse le 20 juin.

Côté lecture jeunesse, je me suis replongée dans l’univers d’Alice au pays des merveilles en compagnie de Blandine, immersion dans le terrier du lapin blanc que nous allons clore avec De l’autre côté du miroir début juillet. Avec mon mini-lutin, il y a bien sûr eu de nouvelles histoires de pirates. Nous avons également (re)lu des histoires autour de Jack et le haricot magique.

Côté lecture adulte, j’ai bien apprécié de poursuivre la série cosy mystery Les Détectives du Yorkshire. Je viens de commencer, cette semaine, le tome 6, Rendez-vous avec la ruse de Julia Chapman, en attendant la parution du tome 7 en octobre 2021.

Au fil des pages avec Dis-Ours, tu rentres bientôt?

En ce début d’été, nous relisons Dis-Ours, tu rentres bientôt? de Jory John et Benji Davies (éd. Little Urban, 2018), un album jeunesse à partir de 3 ans. Ours est parti seul camper et pêcher, loin de son voisin Canard. A son réveil, lorsqu’il découvre l’absence d’Ours, Canard se sent perdu sans lui. Et hop, il décide d’aller le retrouver. Peut-être que son ami se sent seul aussi et a besoin d’aide.

Encore une histoire rigolote avec ce duo attachant et détonnant! Le duo auteur/illustrateur reprend le schéma narratif et comique de répétition des tomes précédents, même si Canard et Ours sont séparés sur la plus grande moitié de l’histoire. Et bien sûr, j’ai noté les passages gourmands dont les marshmallows. Déjà l’année dernière pour le Mois Anglais, j’avais parlé d’une autre histoire de cette série livresque, Dis Ours, tu dors?, Benji Davies, l’illustrateur, étant Anglais.

Participation #16 au Mois Anglais de Lou, Titine et Cryssilda #Album jeunesse

Participation #32 Challenge A year in England pour les 10 ans du Mois Anglais de Lou, Titine et Cryssilda #Album jeunesse

Challenge Petit Bac d’Enna #11 Catégorie Animal: « Ours »

Participation #62 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine de Bidib et Fondant

Au fil des pages avec le tome 1 de la BD Miss Charity

J’emprunte à nouveau à la médiathèque le tome 1 de Miss Charity, L’enfance de l’art de Loïc Clément et Anne Montel (éd. Rue de Sèvres, 2020), l’adaptation en BD du roman éponyme de Marie-Aude Murail, ayant déjà lu les deux l’année dernière.

Ce premier tome reprend la première partie du roman d’apprentissage jusqu’au départ de la gouvernante, la veille des 15 ans de l’héroïne, en ouvrant l’histoire non comme le roman aux 5 ans de Charity mais sur un événement survenu à Londres, en 1886. Alors qu’elle sort furieuse de chez Monsieur Dampf à qui elle a vendu des aquarelles, Miss Charity Tiddler évite de peu l’accident de la circulation et se replonge dans son passé, vers l’âge de 5 ans. C’est à cet âge qu’elle a commencé à élever sa première souris, Miss Petitpas pour rompre sa solitude de fille unique avant d’avoir une véritable ménagerie d’animaux blessés et/ou sauvés (ou non) des mains de la cuisinière. La petite fille est d’ailleurs couverte par sa bonne écossaise Tabitha puis aussi plus tard, à ses 10 ans, à la gouvernante française, Mademoiselle Blanche Legros.

Vivant librement son enfance dans la Nature et les livres, la petite fille grandit selon ses envies, loin des contraintes sociales imposées aux jeunes filles de la haute société victorienne et avec toute une ménagerie d’animaux qui inspireront plus tard ses aquarelles. Nous sommes loin de l’éducation rigoureuse imposée alors aux jeunes filles de son rang. Ici, il est question d’autonomie, de liberté et d’épanouissement personnel qui poseront les fondements de sa vie d’adulte, une jeune femme émancipée.

Comme dans le roman, le thème de la mort est présent et est partie prenante de la vie de l’héroïne et ce dès les premières pages avec une discussion sur la religion entre Charity alors âgée de 5 ans et sa mère. La petite fille a pour amies imaginaires ses petites sœurs décédées avant de les remplacer par sa ménagerie. Les morts nombreuses des animaux recueillis par Charity dans sa nursery sont traitées à hauteur d’enfant et comme objets d’expériences scientifiques, sans l’empathie qu’un adulte y mettrait et bien qu’elle soit effrayée par les histoires terrifiantes de sa bonne Tabitha.

Outre ses recherches scientifiques sur la faune et la flore de son jardin, Charity voue une autre passion aux oeuvres de Shakespeare, les apprenant par cœur.  Il est ainsi aussi question de théâtre, de vie et de passion amoureuse, comme par exemple lorsque Charity s’immisce dans la relation entre sa gouvernante et Herr. Schmal, le précepteur allemand de son cousin.

Je retrouve ainsi dans cette BD jeunesse toute l’espièglerie de la petite fille, sa candeur enfantine tout comme son imagination débordante qui rompe sa solitude et qui assouvit sa curiosité insatiable et sa soif de connaissance, comme cela ressort notamment de sa relation avec Kenneth Ashley qu’elle a rencontré un soir de Noël chez ses cousins et qu’elle croque dans ses dessins sous les traits d’un renard anthropomorphe. Ce n’est d’ailleurs pas le seul à être croqué sous forme d’animaux mais c’est celui qui accapare le plus les pensées de Charity, la relation Charity/Kenneth étant, je trouve, plus appuyée dans cette adaptation en BD.

Les illustrations à l’aquarelle, douces et colorées rappellent celles  naturalistes de Beatrix Potter qui a inspiré cette histoire à Marie-Aude Murail. La mise en page est aérée et dynamique, reproduisant le tourbillon des idées et pensées enfantines de Charity. J’ai trouvé cette adaptation fidèle et réussie au roman originel avec ce petit brin de fantaisie, d’insouciance et de fraîcheur propre au personnage de l’héroïne et aussi avec l’humour déjà présent dans le roman. Un bon moment de lecture avec cet ode à l’enfance, à la Nature et à la lecture et qui appelle à lire les deux tomes suivants, un triptyque étant prévu!

Pour d’autres avis sur ce premier tome: Bidib et Enna.

Participation #15 au Mois Anglais de Lou, Titine et Cryssilda #Adaptation en BD

Participation #31 Challenge A year in England pour les 10 ans du Mois Anglais de Lou, Titine et Cryssilda #Adaptation en BD

Participation #13 au Challenge Cottagecore 2021 de MissyCornish #Les propriétés et jardins dissimulés

Challenge Petit Bac d’Enna #9 Catégorie Être humain: « Miss »

Au fil des pages avec Anatomie d’un scandale

Pour la lecture commune du 26 juin 2021 dans le cadre du Mois Anglais, je lis Anatomie d’un scandale de Sarah Vaughan (éd. Librairie générale française, Préludes, 2019), un thriller psychologique se déroulant dans les milieux politico-judiciaires en Angleterre.

En 2016, Kate Woodcroft, une avocate pénaliste quadragénaire défend une jeune femme, Olivia Lytton, victime de viol. Cette dernière prétend avoir été violée par James Whitehouse, quadragénaire, Sous-secrétaire d’État, ami intime du Premier Ministre, marié à Sophie et père attentionné de deux enfants. Olivia était, au moment des faits poursuivis, son assistante parlementaire et James venait de rompre avec elle une semaine avant, après avoir entretenu avec elle une relation adultérine de 5 mois environ. Olivia soutient qu’il l’a violée dans un ascenseur juste avant de se rendre à une réunion au Parlement. Lui clame qu’elle était consentante. Qu’en est-il réellement, chacun ayant sa vision de la vérité? Et quelle sera l’issue du procès? Chacun pourra-t-il se remettre du verdict et continuer sa vie comme avant le scandale?

L’histoire avance en alternant les points de vue entre l’avocate, l’homme politique et sa femme et aussi les époques, 2016/2017 (au moment du procès londonien opposant Olivia et James) et 1992/1993 (au moment des années d’études à l’Université d’Oxford de Sophie, James et d’une certaine Holly), ce qui permet de découvrir les parts d’ombre de chacun, entre non-dits, apparences, privilèges, faux-semblants, subjectivité, mensonges et désillusions. Sarah Vaughan décortique, en effet, la personnalité de chacun de ses personnages: Kate très investie professionnellement mais sans vie personnelle, James, homme politique charismatique, plaisant aux femmes, ambitieux et arrogant et Sophie, ne pouvant croire à la culpabilité de son mari, pour sauver son mariage et protéger leurs enfants. 

Il y est question des rapports Homme/Femme, de classes sociales (jeunesse dorée qui se sent intouchable et toute-puissance d’une élite au pouvoir), de consentement, de mariage, de résilience et des droits à un procès équitable. Au fil des pages, le doute s’installe. Qui manipule qui? Olivia se venge-t-elle de James qui l’a quittée? James n’a-t-il fait qu’un écart de conduite dans sa vie maritale? Sophie s’est-elle cachée à elle-même la vraie nature de son mari? Et Kate ne fait-elle pas une affaire personnelle de ce dossier en étant déterminée viscéralement à voir condamner James, au point de manquer à ses obligations déontologiques? Et qui est Holly qui a croisé la vie de James et de Sophie à l’université d’Oxford?

L’intrigue devient alors plus addictive quand commence les chapitres ayant trait au procès, procès que j’ai trouvé bien plus protecteur et bienveillant à l’égard de la partie civile que ce qui se passe en France. Je me souviens d’un cas où un adolescent victime d’une agression sexuelle devant attendre plusieurs heures dans la même salle d’audience, aux extrémités du même banc que le prévenu comparaissant libre.

Un bon moment de lecture avec ce roman judiciaire qui s’inscrit dans l’air du temps, malgré des longueurs à la fin et même si j’ai tiqué lorsque l’autrice fait dire à Kate que son habit d’Avocat est un déguisement (non, la robe d’Avocat n’est en aucun cas un artifice mais contribue à être le porte-parole/le porte-voix d’un client)! Je m’étais également imaginée une fin plus sombre et cynique, notamment pour Kate, l’autrice ayant opté pour une fin plus résiliente. Et je terminai en rappelant que oui, le doute profite toujours au prévenu/accusé (même si cela peut être blessant et très dur à entendre pour la victime) et que la vérité judiciaire n’est pas la Vérité.

Petit aparté judiciaire: Certes cette histoire fictive d’un procès se passe en Angleterre mais elle m’a rappelé des cas d’affaires traitant de viols en France où le système judiciaire est bien différent. En Angleterre, la procédure pénale anglaise est accusatoire, le juge agissant plus comme un arbitre entre les parties d’un procès et non comme en France en instruisant le dossier. Le rôle de l’Avocat de la partie civile est également bien éloigné. Dans cette histoire, Kate a le rôle dévolu en France à l’Avocat général (Cour d’assises si faits de viol retenus par le Juge d’Instruction) ou au Procureur de la République (Tribunal correctionnel en cas de correctionnalisation des faits de viol, ce qui arrive très souvent).

Puisque le procès du roman se cristallise autour de la notion de « consentement » pour retenir ou non le viol, j’évoquerai ici deux cas ayant eu lieu avant le mouvement #metoo: celui d’un jeune homme de 19 ans placé en garde à vue pour viol sur mineur de moins de 15 ans, la jeune fille ayant 12 ans mais se faisant passer pour plus âgée, disant avoir 16 ans et faisant partie d’une bande d’amis de 15/16 ans (infraction insuffisamment caractérisée et par suite, classée sans suite  à l’issue de la garde à vue) ou encore celui d’un jeune homme d’un peu plus de 20 ans et moniteur sportif poursuivi pour viols avec deux circonstances aggravantes: sur mineur et par personne ayant autorité puisque faits commis sur plusieurs de ses élèves âgées de 16 ans et qui vivait en concubinage avec une autre élève et amie des victimes, avec l’accord des parents (renvoi en Cour d’assises).

Pour d’autres avis sur ce roman judiciaire: Enna et Sylvie (toutes les deux en lecture audio).

Participation #14 au Mois Anglais de Lou, Titine et Cryssilda #LC

Participation #30 Challenge A year in England pour les 10 ans du Mois Anglais de Lou, Titine et Cryssilda #Roman judiciaire

Participation #14 Challenge British Mysteries de Hilde et Lou #Roman judiciaire

challenge 2021 lire au féminin

Participation #46 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Autrice anglaise

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