En août 2025, j’avais lu, en e-book, L’Escadron volant de Muriel Romana (éd. Albin Michel, juillet 2025, 352 pages), un roman historique se déroulant à la Renaissance, à la Cour de France, la reine Catherine de Médicis étant inquiète d’une prophétie de Nostradamus sur la mort imminente de son époux, Henri II. Pourra-t-elle compter sur ses demoiselles d’honneur afin d’empêcher cette prophétie?

Il s’agit d’un premier tome d’une série comportant jusqu’à présent 3 tomes et qui s’appuie sur des personnages ayant réellement existé, mélangeant des vies fictives d’espionnes de la Reine avec la grande Histoire. J’ai apprécié le côté historique du roman avec le régicide accidentel du Roi, les intrigues de la Cour en 1559, les rivalités entre la Reine et la favorite du Roi, Diane de Poitiers, les tensions religieuses entre Catholiques et Protestants, l’ascension politique des Guise…

Mais je n’ai pas ressenti de véritable souffle épique malgré ces enjeux sociopolitiques, si ce n’est le caractère fort stratège de Catherine de Médicis. J‘en attendais bien plus et surtout de voir se tisser un véritable réseau d’espionnage autour d’elle avec des femmes ingénieuses, discrètes et audacieuses et non réduites à leur corps féminin pour séduire et soutirer des informations aux hommes de pouvoir. En réalité, peut-être est-ce dû au fait que ce soit un premier tome et donc introductif, on suit surtout l’une d’entre elles, Louise de la Béraudière, luttant, entre deux missions, contre les avances de son ancien fiancé et capitaine de la garde royale, Gabriel de Montgomery qui s’est marié avec une autre. Elle agit ainsi seule, sans véritable concertation avec Claudine de Retz, ancienne amie de Marie Stuart, Madeleine, jeune servante huguenote et Isabeau de Limeuil, cousine éloignée de la Reine. Peut-être que cet aspect prendra plus d’ampleur dans les tomes suivants et qu’elles apparaîtront plus dégourdies et moins naïves.

D’autre part et surtout, je n’ai pas du tout apprécié la sexualité omniprésente du récit et la banalisation des violences sexuelles. Certes, cela se passe à la Renaissance, dans une société patriarcale, la condition de la femme étant fragile tout comme la possibilité d’émancipation. Mais pourquoi réduire les comportements humains à cette sexualité? Les personnages masculins sont réduits à la satisfaction de leur instinct sexuel, faisant peu cas du consentement. Et que dire de ces « espionnes », certaines bien jeunes (15/16 ans) comme Madeleine qui victimes d’abus sexuels et même de viols, s’amourachent pourtant de leurs agresseurs bien plus âgés?! Malgré le contexte historique, cela ne m’a pas donné envie de lire la suite de cette saga, le tome 2 entraînant l’Escadron volant à Venise. Une lecture fort décevante! 

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Bianca (bien plus enthousiaste que moi).

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Déplacement: « Volant »