Étiquette : deuil (Page 4 of 14)

Au fil des pages avec La danse du temps

J’ai lu La danse du temps d’Anne Tyler (éd. Phébus, avril 2019, 272 pages), un roman contemporain se déroulant à quatre moments-clés de la vie de Willa Drake, à 11 ans en 1967 (après une nouvelle dispute entre sa mère et son père), à 21 ans en 1977 (abandonnant ses études pour se marier), à 41 ans en 1997 (au décès de son premier époux lors d’un accident de la route) puis à 61 ans, en 2017 (ayant refait sa vie, auprès de son second époux, un avocat golfeur à la retraite). Lorsqu’elle reçoit un appel téléphonique de la voisine de Denise, l’ex-petite amie de son fils aîné, Sean, lui annonçant, par erreur, que sa petite-fille de 9 ans, Cheryl, a besoin d’elle le temps que la jeune femme soit hospitalisée après avoir reçu une balle à la jambe, Willa décide immédiatement de quitter sa vie confortable et monotone à Phoenix, en Arizona et de s’occuper de la fillette, à Baltimore, dans le Maryland, le temps de la guérison de Denise. Même si son attitude déconcerte son second mari, Peter qui vient avec elle, n’est-il jamais trop tard pour choisir sa vie?

Le roman se décompose en deux parties, même si la première est bien plus courte avec des sauts dans le temps (ces moments dans le passé permettant de dresser le portrait d’une femme sans volonté propre et bien passive face aux événements et rencontres jalonnant sa vie) jusqu’à cet appel téléphonique, en 2017 qui est sur le point de faire basculer son quotidien. Mais est-ce vraiment le cas?  Au fil de cette danse du temps, je me suis demandée quand Willa allait enfin prendre sa vie en main. Pour autant, est-ce si simple de changer de caractère du jour au lendemain? Est-ce seulement possible? La vie vaut-elle de prendre des risques pour être pleinement vécue?

Comme dans Trois jours en juin (éd. Phébus, mai 2025, 240 pages), il ne se passe finalement pas grand chose et j’ai eu de la peine pour cette vie gâchée, même si elle ne semble pas vraiment prendre conscience de ce à quoi elle a renoncé pour ne pas faire de vague et éviter toute instabilité affective et matérielle que lui faisait subir, enfant, une mère impulsive et violente. On y retrouve des thèmes récurrents chez cette autrice: le temps qui passe, la classe moyenne américaine, la famille, les (mauvais) choix de vie… Willa n’a pas su trouver un mari aimant ni réussi à tisser de liens forts avec sa sœur cadette ou même ses deux fils. Elle reste à distance de la vie et des autres. Une lecture en demi-teinte tant j’ai attendu, jusqu’à la toute dernière page, l’épiphanie de cette femme qui laisse les autres décider pour elle!

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Musique: « Danse »

Au fil des pages avec le tome 1 des Géants

La semaine dernière, nous avons lu, chacun notre tour, avec mon mini lutin, le tome 1 des Géants, Erin de Lylian, James Christ, Paul Drouin et Lorien Aureyre (éd. Glénat, coll. Tchô!, août 2020, 48 pages), une BD jeunesse fantastique à partir de 8 ans. J’avais mis de côté ce premier tome après l’avoir acheté, en 2022, lors des 10 ans des 48h BD.  Alors que Crossland Corporation, une multinationale découvre, au Groenland, un mystérieux géant endormi depuis des millions d’années, Erin se réveille, au même moment, en Écosse, après avoir fait un nouveau cauchemar, revivant sans cesse l’accident qui a coûté la vie à ses parents. Peu de temps après, elle est secourue par Yrso, un géant au pelage de feuilles et au squelette de bois alors qu’elle est harcelée par d’autres enfants qui la traitent de sorcière, l’adolescente de 11 ans ayant la main verte et un don magique avec les plantes. Cette nouvelle amitié est-elle de bonne augure? Pourra-t-elle protéger le géant végétal des manigances de Crossland Corporation? 

Il s’agit d’un premier tome introductif, posant le cadre de cet univers fantastique peuplé de géants qui se réveillent mais qui n’en reste pas moins rythmé et dédié à un enfant en particulier, ici Erin, dont le destin est lié à un géant qui représente une des forces de la Nature. Orpheline, Erin cache son chagrin à ses proches avec qui elle vit désormais (sa tante Kate, son oncle Connor et son cousin Patrick), se réfugiant dans sa cabane, dans la forêt ou en s’occupant du jardin. Il y est ainsi question d’écologie, de deuil, de conditions de l’enfant à travers le monde, de protection de l’environnement face à un capitalisme sans morale, d’aventures, de pouvoirs magiques…

Graphiquement, nous avons également apprécié ces bulles aux tonalités forestières. Un bon moment de lecture qui a également bien plu à mon mini lutin puisqu’il a déjà lu le tome 2, Siegfried! J’ai également bien envie de découvrir la suite et de savoir comment ces enfants aidés, chacun d’un géant, pourront lutter contre une force du mal que Crossland Corporation a fait revenir à la vie. D’ailleurs, à la fin de cette édition, il était prévu 6 tomes et nous avons un topo sur Erin et les enfants associés à leur géant des prochains tomes. Il ne me reste plus qu’à aller emprunter les autres tomes à notre médiathèque. 

La BD de la semaine chez Fanny pour cette semaine

Participation #15 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #BD jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Prénom: « Erin »

Au fil des pages avec Retour à Lake Grove

J‘ai lu Retour à Lake Grove de J. Courtney Sullivan (éd. Les Escales, mai 2025, 560 pages), un roman contemporain se déroulant à Awadapquit, une petite ville balnéaire du Maine, la ville natale de Jane Flanaghan qui y revient, un an après le décès de sa mère, afin de vider la maison familiale pour la mettre en vente. A l’aube de ses 40 ans et alcoolique, elle a tout perdu tant sur le plan privé que professionnel: son mariage avec David et son travail d’archiviste à la bibliothèque Schlesinger de Harvard dédiée à l’histoire des femmes américaines. Elle accepte de travailler pour Geneviève, la nouvelle riche propriétaire d’une maison qui l’a toujours fascinée depuis ses 17 ans et qui serait hantée, en enquêtant sur les précédents occupants des lieux. Jane semble prête à tout pour réparer le passé. Ce devoir de mémoire lui permettra-t-il également d’apaiser ses propres douleurs familiales et de donner un nouveau souffle à sa vie?  

Le propre passé familial de Jane s’entrechoque avec celui historique de la maison victorienne construite en 1846 et située sur le bout d’une falaise surplombant l’océan, à l’écart de la ville, épicentre culturel de tout le roman, sous le prisme de ses occupantes qui renvoie à une part du passé américain: les Abénaquis, peuple autochtone ayant précédé l’arrivée des premiers colons, l’essor de la ville avec les scieries au XIXe siècle, les Shakers, les années 60… Quelle voix donner aux fantômes du passé?

Il y est ainsi question de deuil, de secrets de famille, du devoir de mémoire, de rapatriement culturel, de l’Histoire américaine se mêlant à la petite histoire personnelle de Jane, d’hérédité, de transmission intergénérationnelle, de réhabilitation du passé, d’alcoolisme, de spiritisme…. Mais le rythme est bien trop souvent « cassé » par la façon dont tout cela s’emboîte, l’autrice abusant de procédés narratifs lui permettant de dévoiler les secrets des unes et des autres (comme une découverte d’un objet ancien ou d’une rencontre fort à-propos ou un changement inopiné de point de vue d’un personnage…). Cela m’a paru bancal, tant c’était à destination du lecteur et rendant confuse et décousue l’intrigue principale autour de Jane. Une lecture intéressante mais au rythme inégal et avec bien trop de longueurs et de facilités scénaristiques!

Participation # Challenge Halloween 2025 de Hilde et Lou #Fantômes du passé

Participation # (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #États-Unis

Challenge Petit Bac d’Enna #4 Catégorie Lettre isolée: « à »

Au fil des pages avec Capitaine Rosalie

En cette semaine du 11 Novembre, j’ai proposé à mon mini sorcier de lire Capitaine Rosalie de Timothée de Fombelle et illustré par Isabelle Arsenault (éd. Gallimard Jeunesse, coll. Folio Cadet, octobre 2018, rééd. août 2023, 72 pages), un roman jeunesse pour les 7/9 ans, lauréat du 32e Prix des Incorruptibles en 2021 dans la catégorie CE2/CM1 et qui est recommandé par l’Éducation Nationale en classe de CM1/CM2. Au cours de l’hiver 1917, tandis que son père est sur le front et que sa mère est à l’usine d’obus, Rosalie (la narratrice) peut aller à l’école élémentaire, avec les grands même si elle n’a que 5 ans et demi. Alors que tous pensent qu’elle ne fait que rêver et dessiner, la petite fille s’est confiée une mission comme capitaine: apprendre à lire. Parviendra-t-elle à exécuter son plan?

J’ai apprécié cette histoire et la belle relation qui se noue entre Rosalie et sa mère, cette dernière lui lisant, le soir venu, les lettres reçues du front, son père ayant de moins en moins de permissions. Rosalie est bien déterminée à découvrir l »origine du chagrin de sa mère, celle-ci faisant le choix de l’ignorance afin de protéger l’innocence de Rosalie de la guerre qui fait rage. Elles sont toutes les deux attachantes. Derrière la tristesse se mêle de l’espoir dans la quête de vérité de la petite fille séparée de son père par la guerre. Comment laisser loin du conflit les enfants et leur laisser vivre leur jeunesse, sans les voir grandir trop vite? Mais sont-ils si ignorants qu’on voudrait qu’ils le soient? Les illustrations apportent une touche de douceur derrière un texte tout en retenue et en fortes émotions afin d’aborder pudiquement la guerre aux plus jeunes et ses conséquences si bouleversantes. Il y est ainsi question de l’apprentissage de la lecture, de deuil, de relation mère/fille, d’enfance, de la vie à l’arrière pendant la Première Guerre Mondiale… Un très bon moment de lecture avec cette histoire émouvante!

Pour d’autres avis sur ce roman jeunesse: Blandine et Nathalie

Participation #2 Challenge Pages de la Grande Guerre de Nathalie #La vie civile à l’arrière pendant la Guerre

Challenge Petit Bac d’Enna #5 Catégorie Prénom: « Rosalie »

Participation # (Parcours illustré) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Canada/Québec (Illustratrice)

Participation #7 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Roman jeunesse

Au fil des pages avec Camera obscura

J’ai lu, en e-book, Camera obscura, Le Chant des morts de Maëlle Desard (éd. Rageot, octobre 2024, 400 pages), un roman historique fantastique pour adolescents, à partir de 14 ans selon l’éditeur. Après la Grande Puanteur de 1858, deux ans plus tôt, Londres est plongé dans l’obscurité d’une sombre brume et sous la peur des Putréfiés, des morts-vivants dont la rumeur lesdits violents, prêts à dévorer le moindre humain qu’il croiserait. Léandre, un jeune lord héritier d’une fortune sur le déclin, se démène pour trouver l’origine de cette brume et ainsi sauver sa sœur cadette, Millicent dont le mal semble incurable. Bravant leur père en suivant des cours de médecine, avec son meilleur ami Austin, en échange d’un mariage arrangé, le jeune homme part sur la piste des Putréfiés et rencontre Winifred, une journaliste aussi insupportable qu’intelligente et mystérieuse, avec son franc-parler qui ne le laisse pas indifférent et qui semble partager la même obstination que lui. Mais pour quelle raison de son côté? Leur alliance inattendue permettra-t-elle à Léandre de sauver à temps sa sœur? 

J’ai apprécié retrouvé la plume de l’autrice, dont on retrouve l’humour, en particulier dans ses notes de bas de page et que j’avais découverte avec Les tribulation d’Esther Parmentier. Dans ce roman, l’ambiance est cette fois-ci sombre et poisseuse, ancrée à l’ère victorienne, gothique et steampunk, avec de troublants éclairages publiques à la couleur verte et des maîtres de daguerréotype pour vérifier si les défunts sont vraiment décédés. La romance slow burn se mêle à l’enquête sans que l’une prenne le pas sur l’autre. L’alchimie toute en joutes verbales entre Léandre et Winifred est bien faite (quel florilège de jurons qui déstabilisent et font mouche sur le jeune homme!) et m’a bien plu. Leur rencontre fait des étincelles tant leur personnalité est différente: un jeune homme en retrait de sa vie, résigné et si attentionné à l’égard de sa sœur et une jeune femme qui défie les conventions sociales, impertinente et au caractère bien trempé. Les pages s’enchaînent afin de vérifier si mes hypothèses sur l’origine des Putréfiés se confirment, ce qui est bien le cas. Sous fond fantastique, il y est ainsi question de mort, de deuils, d’inégalités sociales, de course aux profits au détriment des plus démunis et des salariés, de rapport de classes entre vieille aristocratie à la fortune déclinante et nouveaux riches issus de la bourgeoisie, de choix politiques et sociétaux… Un très bon moment de lecture que je conseillerai à mon mini sorcier lorsqu’il aura l’âge de le lire!

Pour d’autres avis sur ce roman: Samarian, Bianca, Belette, Audrey et Marinette.

Participation # Challenge Halloween 2025 de Hilde et Lou #Putréfiés

Challenge Petit Bac d’Enna #5 Catégorie Sport/Loisirs: « Chant »

 

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