Étiquette : deuil (Page 1 of 14)

Au fil des pages avec le tome 1 de Love Potion, La sorcière mal-aimée

Après avoir regardé les 4 premiers épisodes de l’anime, j’ai lu le tome 1 de Love Potion, La sorcière mal-aimée d’Eiko Mutsuhana, Misa Kamada et vient (éd. Akata, octobre 2026, 164 pages), un manga shōjo à partir de 12 ans. Depuis le décès de sa grand-mère quatre ans plus tôt, Rose est une jeune sorcière de 20 ans qui vit seule, sur une île, au milieu de la forêt. Un jour, celui dont elle est éprise en secret, Harij, un noble chevalier d’élite de la garde royale, vient lui demander de lui fabriquer un philtre d’amour. Comment parviendra-t-elle à retarder l’inévitable et ne pas finir avec le cœur brisé?     

Dans une ambiance fantasy, la cosy romance slow burn est toute douce et mignonne, le duo étant très attachant, bien que classique, avec une jeune fille timide, se cachant sous sa capuche, manquant de confiance en elle et se tenant à l’écart de la société, depuis le décès de sa grand-mère et un jeune homme un brin râleur mais attentionné. La romance prend son temps pour mieux dévoiler une complicité naissante entre Rose et Harij, au fil de leurs rencontres, au domicile de la sorcière, elle en multipliant les subterfuges afin de gagner du temps comme lui demander d’aller récupérer un à les ingrédients dont elle a besoin et lui en lui apportant de nombreux paniers gourmands (petits pains, du beurre aux pommes, une tarte tatin ou du thé…), la trouvant de santé fragile.

Même si ce premier tome est surtout du point de vue de Rose, j’ai été agréablement surprise qu’on est aussi, dans le chapitre 5, le point de vue de Harij qui semble tout autant introverti que la jeune sorcière. Il y est ainsi question des premiers émois amoureux, de la difficulté à nouer des relations sociales… Graphiquement, cela m’a plu. Un bon moment de lecture qui plaira, à n’en pas douter, à mes nièces aussi! A noter toutefois pour les plus jeunes, une scène dénudée (un peu plus courte dans l’anime que dans le tome). Les deux prochains tomes sont prévus pour le 2 décembre 2026 et le 3 février 2027 alors qu’au Japon ce manga est toujours en cours avec 6 tomes parus. En attendant, je vais continuer, chaque lundi, avec l’anime. 

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Tachan. 

La BD de la semaine chez Blandine pour cette semaine

Participation #6 Challenge Halloween 2026 de Hilde et Lou #manga shōjo

Au fil des pages avec Une partie de campagne

J’ai lu, en e-book, Une partie de campagne de Mary Balogh (éd. J’ai lu, coll. Regency, mai 2021, 306 pages), une romance se déroulant à l’époque de la Régence anglaise et qui est parue pour la première fois au Royaume-Uni en 1997. Convoqué par son père mourant, Anthony, marquis de Staunton âgé de 28 ans y consent. Il s’était pourtant promis 8 ans plus de tôt, après le décès de sa mère, de ne plus jamais remettre les pieds dans le domaine ducal, après avoir laissé derrière lui, à contrecœur, ses frères et sœurs cadet.

Afin de faire enrager son père, il pense avoir trouvé une brillante idée en passant une offre d’emploi de gouvernante. Il jette son dévolu sur Charity Ducan, une jeune femme de bonne famille désargentée et âgée de 23 ans. Mais convient-elle vraiment pour ce rôle d’épouse terne, effacée et sans le sou? Ne sera-t-elle qu’un pion entre le père et le fils ou parviendra-t-elle, grâce à sa gentillesse et son écoute, à réconcilier cette famille endeuillée depuis 8 ans?

Il n’y est pas vraiment question d’une partie de campagne comme il y en avait à cette époque, même si des invités sont attendus pour un bal mais du retour de l’héritier d’un duc sur le domaine campagnard avec une épouse qui devait être « temporaire », le temps d’humilier son père et de contrecarrer son plan de mariage arrangé. Derrière la romance, il y est ainsi question de relations familiales entre un père et un fils ou entre frères et sœurs, de non-dits et rancunes après un deuil…

Même si cela a manqué parfois de crédibilité, j’ai apprécié le personnage de Charity qui vient « secouer » cette famille aristocratique fortement guindée et laissant peu place aux émotions de chacun au nom de l’étiquette et du devoir. Un bon moment de lecture mais dont la fin se finit abruptement (je me suis même demandée s’il ne manquait pas des pages)! 

Participation # Le Mois Anglais 2026 de Lou et Martine #Romance historique

Au fil des pages avec La petite-fille

J’ai lu La petite-fille de Bernhard Schlink (éd. Gallimard, coll. Folio, n°7408, 2023, rééd. octobre 2024, 400 pages), un roman contemporain se déroulant en Allemagne. Kaspar découvre au décès de son épouse Birgit une part de sa vie qu’elle lui avait caché, à travers le  manuscrit qu’elle avait commencé à écrire depuis plus de 10 ans sur sa vie, de sa fuite de RDA en 1965 vers la RFA et de l’abandon dès sa naissance de sa fille de l’autre côté du Mur. En reprenant le projet de sa femme, Kaspar ne s’attendait pas à pouvoir rencontrer cette fille Svenja, désormais quadragénaire, restée en Allemagne de l’Est et mariée à un néonazi, le couple ayant eu une fille élevée dans cette même mouvance de haine, Sigrun. Et si c’était par elle qu’une relation pouvait être envisagée? Lui permettra-t-il de s’émanciper grâce à son talent musical?

J’ai eu un peu de mal au départ avec le style d’écriture (ou de traduction?) de l’auteur puis à l’instar de Kaspar, j’ai voulu en savoir plus sur cette « petite-fille » dont il ignorait jusqu’au décès de son épouse l’existence. Acceptera-t-elle sa présence? Pourquoi s’entête-t-il ainsi? J’ai compris cette insistance de Kaspar à connaître cette petite-fille par alliance comme une façon de faire son deuil et de se donner une chance inespérée, à son âge, de créer un lien familial même ténu, malgré leurs différences. Il est vrai que son calme et l’argent dépensé à cet effet peuvent paraître surprenants et m’ont paru souvent, à travers la relation Kaspar/Sigrun comme des facilités scénaristiques qui ont permis à l’auteur d’opposer deux positions politiques ne permettant, a priori, aucune réconciliation possible. J’ai, toutefois, apprécié les questionnements soulevés autour de la réunification de l’Allemagne et des conséquences de cette division d’un pays en deux et qui ont perduré au-delà de la réunification, de la politique allemande contemporaine face à la montée du néonazisme, à l’Est, dans les années 90. Une lecture en demi-teinte qui vaut surtout pour son aspect historique!

Pour d’autres avis sur ce roman: Sorbet Kiwi dans le cadre de son projet RDA. 

 

 

Au fil des pages avec le tome 1 de Mi-mouche

Repérée chez plusieurs « bulleuses » du mercredi, j’ai lu, à mon tour, le tome 1 de Mi-mouche, Tu veux te battre? de Vero Cazot et Carole Maurel (éd. Dupuis, mai 2025, 64 pages), une BD jeunesse à partir de 9 ans selon l’éditeur. Depuis le décès de sa sœur jumelle Lison lorsqu’elles avaient 11 ans dans un accident de voiture, Colette continue de vivre dans son ombre allant jusqu’à pratiquer la danse classique comme le faisait Lison, avant tout pour faire plaisir à sa mère qui a gardé des séquelles de l’accident et qui a tendance à la surprotéger. Mais un jour, poussée par des cochons en fuite dans la rue, l’adolescente de 14 ans trouve refuge, avec son ami Elias, dans une salle de boxe. Et si ce sport était sur le point de bouleverser sa vie, comme le lui suggère son ombre qui ne la quitte plus depuis le décès de sa sœur jumelle et qui la pousse à prendre des risques afin de réaliser ses rêves? Comment assumer ce choix face au refus parental?

J’ai apprécié ce récit initiatique où il est question de deuil, d’affirmation de soi, d’amitié, de droit à la différence ou bien encore de relations familiales au cours de l’adolescence, de résilience… Graphiquement, les bulles sont pleines de pep’s, colorées et aux visages expressifs, Colette passant par tout un tas d’émotions dans sa prise de confiance en soi et son besoin de vivre pour elle-même et non plus dans l’ombre de sa sœur décédée. L’adolescente est très attachante. Un bon voire très bon moment de lecture! J’espère pouvoir lire le second tome rapidement, lorsqu’il sera disponible à ma médiathèque.

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Nathalie, Eimelle (qui a aussi lu le tome 2) et Moka.

Participation #33 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #BD jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Pronom personnel Sujet: « Tu »

 

Au fil des pages avec Celui qui revient

J’ai lu Celui qui revient de Han Kang (éd. Le Livre de Poche, décembre 2024, 264 pages), un court roman paru pour la première fois en 2014 sous le titre Human Acts et pour lequel l’autrice coréenne a reçu le Prix Nobel de littérature en 2024. Au lendemain de la répression du mouvement populaire regroupant étudiants, lycéens, syndicalistes et tout autre citoyen coréen opposé à loi martiale, le jeune Tongho erre parmi les cadavres à la recherche de son ami disparu, un lycéen avec qui il avait manifesté la veille, comme d’autres proches de disparus. Un peu plus tard, Kim, travaillant dans une maison d’édition, tente de faire échapper un texte à la censure. Comment tout cela a pu arriver? Et comme continuer à vivre?

J’ai été déstabilisée au départ par le style d’écriture et l’emploi de la deuxième personne du singulier (un « tu » mettant par moment mal à l’aise , peu courant et que l’autrice n’a pas utilisée à chaque changement de narration) et le peu de repères chronologiques si ce n’est le quatrième de couverture qui mentionne le printemps 1980. Mais une fois habituée et renseignements historiques pris sur Internet, j’ai lu d’une traite ce récit qui s’ancre dans le soulèvement de Gwangju mais dont le propos est malheureusement intemporel.

L’autrice questionne sur la nature humaine (le pire et le meilleur de l’être humain), sur le sens de la vie et de la mort, sur la liberté face à l’oppression, la culpabilité des survivants… Avec le destin tragique de différents protagonistes qui s’entrecroisent au cours de ce soulèvement, le récit nous associe à cet espoir avorté de démocratie après le coup d’État du général Chun Doo-hwan, de l’espoir de liberté de la jeunesse coréenne réprimandé dans le sang, aux souffrances et traumatismes vécues pendant et après la répression avec la crainte d’être arrêté, torturé et tué à tout moment, l’autrice ne nous épargnant pas, par exemple, les actes de tortures pratiqués.

On y suit l’identification et le traitement des cadavres au lendemain de la répression militaire, une âme encore attachée à son corps parmi les nombreux cadavres entassés avant d’être jetés dans des fosses communes, l’attente des derniers manifestants retranchés, bien trop jeunes, avant l’assaut de l’armée, le deuil puis le devoir de mémoire des survivants au lendemain puis des années après… Une lecture forte au style épuré et dont j’ai apprécié l’épilogue en abîme!

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Déplacement: « Revient »

 

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