Étiquette : courage (Page 1 of 3)

Au fil des pages avec La bulle

Courant août, intriguée par la couverture, j’avais emprunté à la médiathèque La bulle de Timothée de Fombelle et Éloïse Scherrer (éd. Gallimard Jeunesse, 2015), un album jeunesse à partir de 7 ans et recommandé par l’Éducation Nationale en classe de 6ème. Misha est une petite fille qui vit depuis toujours avec une grosse bulle noire qu’elle seule peut voir et qui lui pèse. Quoi qu’elle fasse, cette bulle de noirceur ne la quitte jamais. Un soir d’automne, elle décide de pénétrer à l’intérieur pour s’y confronter et surmonter sa colère, ses peurs et ses angoisses. Comment sortira-t-elle de ce voyage initiatique et fantastique?

Les illustrations d’Éloïse Scherrer sont magnifiques et très poétiques. Elles plongent le lecteur dans la bulle bien angoissante et merveilleuse de Misha. C’est un incroyable monde d’heroic fantasy dans lequel pénètre la petite fille avec ses épreuves et ses créatures fantastiques. Elle fera alors preuve d’un grand courage. Coup de cœur pour cet album jeunesse qui invite à une introspection personnelle, à s’aimer et à avoir confiance en soi! En ces temps de reconfinement, cette histoire pourra parler au lecteur de tout âge pour chasser les idées noires, surmonter ses craintes et angoisses, qu’elle soient enfantines ou non, apprivoiser sa peur et faire face au monde qui nous entoure.

Challenge Petit Bac d’Enna #12 Catégorie Son: « La »

Au fil des pages avec Il n’y a pas de dragon dans cette histoire

Nous empruntons à la médiathèque Il n’y a pas de dragon dans cette histoire de Lou Carter et Deborah Allwright (éd. Circonflexe, 2018), un album jeunesse à partir de 4 ans et qui a été Lauréat du 31ème Prix des Incos en 2020 dans la sélection CE1.  Un dragon en a assez d’être le méchant de son histoire et voudrait en être le héros. Il s’en va alors à la recherche d’un personnage de contes à sauver. Mais aucun n’accepte son aide au motif qu’il n’y a pas de dragon dans son histoire, que ce soit Boucle d’Or ou les trois petits cochons par exemple. Mais lorsque le dragon tente d’aider Jacques (et le haricot magique), il se fait attraper par l’ogre et tout dérape. Pourra-t-il finalement être le héros de son histoire?

L’histoire est originale et très drôle tant dans son texte – le narrateur interpelant le jeune lecteur – que dans sa mise en page avec des illustrations très colorées, dynamiques et avec des personnages très expressifs. Jouant avec son titre d’album, il y a pourtant bien un dragon dans cette histoire, un dragon qui se révèle très attachant dans sa quête de faire le bien autour de lui, faisant fi de sa nature de méchant et de ses doutes. Voir le dragon passer de conte en conte nous rappelle d’ailleurs Glouton, Le croqueur de livres d’Emma Yarlett et la mise en abîme – le dragon lisant tout en la changeant sa propre histoire – Une fois encore d’Emily Gravett. Il y est question d’aventure, de transcender sa condition, de confiance en soi et d’entraide.  Il est aussi amusant pour le lecteur de rechercher les nombreuses références aux contes traditionnels dont certaines ne sont pas évidentes, comme le conte tiré de la « vraie fin » de l’histoire (et dont je reparlerai très prochainement). Coup de cœur pour cet album jeunesse que je choisis pour le samedi « Albums » du 24 octobre 2020 du Challenge Halloween!

Challenge Halloween de Hilde et Lou #Ogre

Participation #53 Contes & Légendes 2020 de Bidib #Au pays des Ogres

Challenge Petit Bac d’Enna #12 Catégorie Amour et relations amoureuses: « Histoire »

Au fil des pages avec Le train fantôme

J’emprunte à la médiathèque pour le Challenge Halloween 2020 un album jeunesse que j’avais repéré lors du challenge de l’année dernière: Le train fantôme de Didier Lévy et Pierre Vaquez (éd. Sarbacane, 2019), un album jeunesse à partir de 7 ans selon l’éditeur. Lina, une petite fille de 8 ans part à la recherche de son grand frère adolescent, Jonas, qui s’est enfui de la maison après une énième dispute avec leurs parents. Le trouvera-t-elle dans l’ancienne fête foraine abandonnée où il a l’habitude d’aller? S’y rendant, elle monte dans un wagon d’un étrange train fantôme.

Les illustrations en noir et blanc de Pierre Vaquez sont magnifiques et sombres, rendant plus dramatique et cauchemardesque le parcours de la petite fille pour retrouver son frère sain et sauf. La petite fille est pleine de vie et très courageuse, puisant sa force dans l’amour qui l’unit à son frère aîné. Derrière cette recherche, l’histoire aborde un thème plus difficile et qui ne sera pas forcément compris par les plus jeunes lecteurs, le mal-être de Jonas, sa fugue et sa tentative de suicide. Un très bon moment de lecture malgré son thème parfait en ce mois halloweenesque!

Challenge Halloween de Hilde et Lou #Monstres et fantômes

Au fil des pages avec Les trois grains de riz

Nous empruntons à la médiathèque Les trois grains de riz d’Agnès Bertron-Martin et Virginie Sanchez (éd. Flammarion, coll. Père Castor, 2002), un album jeunesse à partir de 3 ans. Petite Sœur Li se rend au marché pour vendre le riz récolté par ses parents. Mais en chemin, elle croise des animaux dont un redoutable dragon qui veut lui prendre tout son riz. Comment réussira-t-elle à s’en sortir?

Il y est question d’amitié, de courage, de générosité et de partage. Les illustrations sont magnifiques. Un bien joli conte-randonnée qui nous plonge dans la culture chinoise avec des animaux emblématiques comme le panda! Avec cet album jeunesse, je participe au jeu de pistes du Mois des Contes et Légendes de Bidib pour la piste n°4, « Escale en Asie ».

Participation #46 Contes & Légendes 2020 de Bidib #Escale en Asie

Challenge Petit Bac d’Enna #10 Catégorie Mot au pluriel: « Grains de riz »

Au fil des pages avec La tresse

Lors du RAT des Étapes Indiennes du premier week-end de juillet 2020, j’ai lu l’adaptation par l’autrice elle-même, Laetitia Colombani, en album jeunesse de son roman La tresse. Il s’agit de La tresse ou le voyage de Lalita de Laetitia Colombani et illustrée par Clémence Pollet (éd. Grasset Jeunesse, 2018), un album jeunesse à partir de 6 ans.

Dans cette adaptation pour les jeunes lecteurs, l’histoire reprend la partie indienne du roman tout en la développant avec une fin heureuse, à savoir l’histoire de Smita et de sa petite fille âgée de 6 ans, Lalita pour peut-être, au bout, briser la chaîne de leur statut de Dalits – d’Intouchables et de vivre dans de meilleurs conditions de vie comme le droit pour la fillette d’aller à l’école.

En effet, Smita refuse que sa fille subisse les mêmes discriminations et injustices qu’elle et son mari. Elle persuade ce dernier de demander à l’instituteur du village, un Brahmane, d’accepter leur fille dans sa classe. Mais malheureusement Lalita est rabaissée par l’instituteur à son rang d’Intouchable. La seule issue que Smita voit: la fuite sous la protection de Vishnou avec sa fille vers une autre ville du pays où une école pour tous les enfants a été ouverte. Arrivera-t-elle à briser le sort d’ordinaire réservé aux Intouchables, femmes de surcroît? Son mari viendra-t-il les rejoindre?

Les illustrations douces et très colorées tempèrent la dureté de la vie de la famille de Lalita, même si son histoire est moins sombre et plus optimiste que dans le roman puisqu’elle est adaptée pour de jeunes lecteurs. Dans le roman, l’intrigue se termine à la sortie de l’offrande au temple de Vishnou sur une fin ouverte, laissant leur sort entre les mains du lecteur. Du haut de ses 6 ans, Lalita est le personnage qui m’a le plus touché. Battue par l’instituteur pour qui elle n’avait pas sa place à l’école en tant qu’Intouchable, elle donne ses cheveux – cheveux considérés comme sa seule richesse – pour une divinité ou plutôt pour l’amour de sa mère qu’elle suit inconditionnellement malgré sa peur et le silence de cette dernière tout aussi inquiète mais déterminée à lui offrir une vie meilleure.

Cette adaptation permet ainsi d’aborder le système des castes en Inde qui perdure malgré son abolition il y a déjà une cinquantaine d’années et la difficulté que rencontre encore aujourd’hui un trop grand nombre d’enfants dans l’accès à l’instruction et à l’école.

Puis quelques jours plus tard, j’emprunte le roman court, La tresse de Laetitia Colombani (éd. Librairie Générale Française, coll. Livre de Poche, rééd. 2018), son premier roman classé comme roman Feel Good. Il s’agit des destins croisés – qui s’entrelacent comme une tresse – de trois femmes:

  • en Inde, dans le village de Badlapur : Smita (et sa petite fille Lalita), une Dalit – une Intouchable trentenaire et mariée vivant dans la misère et les discriminations subies au quotidien par sa caste inférieure
  • en Sicile, à Palerme : Guilia, célibataire vivant son premier grand amour avec Kamaljit récemment régularisé, la vingtaine et qui travaille dans l’atelier familial, au bord de la faillite, de perruques fabriquées à partir de cheveux humains
  • et au Canada, à Montréal : Sarah, mère divorcée de trois enfants, avocate quadragénaire sur le point d’obtenir une promotion au sein d’un prestigieux cabinet et qui cache à son entourage son cancer du sein.

Pour chaque parcours de vie, il est question de la condition de la femme et plus largement d’une quête de liberté, entre espoirs et incertitudes. Malgré leurs conditions sociales fort différentes, chacune doit faire preuve de courage, de dignité et d’adversité envers les discriminations subies, que ce soit des discriminations dues à leur origine, à leur sexe ou à la maladie. Ce roman se lit facilement, en quelques heures, passant d’une vie à l’autre à chaque chapitre, sans pour autant qu’aucune ne se croise. Un lien unit pourtant ces trois femmes, un lien qui était résumé par une carte du monde dans la dernière page de l’album jeunesse et qui se lit en filigrane dans le résumé de la quatrième de couverture.

L’écriture est simple comme dans un Feel Good, l’autrice forçant sur certains caractères des personnages de façon parfois trop répétitive voire même caricaturale. Je pourrai même y voir du cynisme puisque derrière l’offrande payante de Smita et Lalita, le Temple de Vishnou tire profit des cheveux en en faisant commerce.

Ces lectures font partie de l’Étape Indienne n°6 « Politique sociale (corruption, critique de la société…) » et plus précisément n°6.1 « Les Intouchables ». Pour d’autres avis sur le roman: Hilde, Blandine et Nath Sci et pour un autre avis sur l’album jeunesse: Mya Rosa.

étapes indiennes, inde, lectures

Participation #3 aux Étapes Indiennes de Hilde #RAT et #Étape n°6.1

Challenge Petit Bac d’Enna #8 et 9 Catégorie Objet: « Tresse »

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