J’ai lu, en e-book, Des gens comme il faut de Florence Chataignier (éd. Le Cherche Midi, mai 2024, 243 pages), un court premier roman « autobiographique » et dont l’illustration de couverture est une photographie personnelle de l’autrice. Au décès de son père, Fleurianne « Fleur » Cannelier entame un long processus de deuil en descendant, chaque jour, à la cave, ouvrir les boîtes et cartons de son passé remplis de lettres, photos, coupures de presse ou autres objets conservés, pour ne pas dire accumulés. Se replonger dans ses souvenirs est douloureux pour cette quadragénaire tant sa famille avait l’obsession des apparences et peu d’affections. Quelle vérité cherche-t-elle à découvrir en remontant le fil du temps?
Malgré son aspect autobiographique, je ne me suis pas attachée à cette famille dysfonctionnelle et pourtant tristement banale, entre un père Jean Cannelier homosexuel refoulé mais éphébophile, une mère Madeleine volage et dépressive de 15 ans sa cadette, une sœur ainée, Apolline « Nine » la rebelle droguée mais préférée du père et la narratrice qui est, si je puis dire, la mieux lotie avec sa santé fragile, ses TOC et sa soif d’exemplarité en réponse aux imperfections de sa famille et qui n’était pas le fils tant attendu du père. Sans oublier un mariage fondé sur une différence de classe sociale: une Chti (de Cambrai) dans une famille bourgeoise et parisienne, tenant à son étiquette sociale à défaut d’être fortunée.
Au fil des « caves » et non des chapitres, on suit Fleur dans un passé reconstitué, sans qu’elle soit omnisciente mais quand même suffisamment, de l’histoire parentale: ses grands-parents, son père et sa mère où se mélangent ses propres souvenirs, confidences et secrets de famille – de Polichinelle pour la plupart dans les années 70/80, avec une touche faussement (inutilement) scabreuse et provocatrice à l’image de la photo de couverture. Connaît-on vraiment ses parents? Il y est ainsi question de deuil, de souvenirs d’enfance, d’héritage, de transmission, de faux-semblants, de rendez-vous manqués avec ce couple parental si mal assorti…
Je n’ai pas non plus apprécié son style d’écriture, trop ampoulé avec pourtant des phrases courtes et l’emploi d’expressions qui m’ont fait souvent lever les yeux tant c’était pompeux ou juste inséré pour faire mouche mais qui m’ont semblé finalement bien fade et artificiel (comme le « chevillé au corps » employé deux fois) ou pour marquer la distance avec ses parents, le fait de les appeler par leurs prénoms et sans émotions palpables. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur si ce n’est que la quadragénaire ouvre des boîtes dans sa cave dans laquelle, au fil des mois, un arbre improbable surgit. Même cette métaphore de l’arbre, je l’ai trouvée ratée et me rappelant trop le nénuphar dans L’Écume des jours de Boris Vian.
Après ma lecture, des questions demeurent. Par exemple, quelle est la part autobiographique et qui restera en héritage à ses enfants? Quelle trace fictive et déconstruite cela laissera-t-il d’elle envers eux? Ce roman aurait-il été publié si l’autrice ne travaillait pas dans le monde audiovisuel? Une lecture bien peu originale, ennuyante et qui sera vite oubliée tant le propos est éculé: « la vérité n’existe pas, il ne reste que la mémoire des sentiments »!
Enfin, il y est question d’un stage de la narratrice effectuée dans un orphelinat en Inde mais de façon tout aussi fugace, superficiel et parcellaire dans les méandres des souvenirs de la narratrice et dont elle conservera une statue de Ganesh dans la cave, comme pour mieux refléter son exemplarité et témoigner, sans doute, pour ses enfants, qu’elle n’a pas fait d’écarts de conduite, envers celui qui sera son futur époux.

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