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Point lecture hebdomadaire 2024 #19

En ce début de semaine, voici mon point lecture hebdomadaire avec un retour sur nos lectures (mais pas nos relectures) de la semaine dernière qui ont été moins nombreuses que prévues puisque nous avons profité du retour du beau temps et fait le pont.

Nos lectures du 6 au 12 mai 2024:

Des lectures jeunesse:

Avec mon mini lutin, il n’y a eu que des relectures soit prises dans nos bibliothèques soit empruntées à la médiathèque. Il a également relu des tomes de Mortelle Adèle.

Des lectures adulte:

  • (Romance historique) Désignées débutantes, Un duc pour Diana de Sabrina Jeffries (T1)

J’ai lu le tome 1 de la trilogie Désignées débutantes, Un duc pour Diana de Sabrina Jeffries (éd. J’ai lu pour elle, coll. Aventures & Passions, mai 2024, 384 pages), une romance historique se déroulant à Londres, au printemps 1811. Geoffrey Brookhouse, ingénieur roturier désormais Lord en ayant hérité, à 30 ans, le titre du duché, entend bien offrir à sa sœur cadette, Rosabel « Rosy », sa première saison. N’y connaissant rien au milieu aristocratique et encore moins aux usages d’une saison londonienne, il engage Elegants Occasions, une agence de bonnes manières créée 4 ans auparavant par les sœurs Harper, après le scandale de leurs parents (bien que leur père soit comte) qui a mis fin à toute velléité de mariage pour les deux plus jeunes, Diana et Verity et qui a poussé le mari de l’aînée, Eliza à s’engager dans l’armée. Lady Diana entend bien également apprendre les bonnes manières à Geoffrey. J’ai apprécié le duo formé entre Diana et Geoffrey, les deux ayant un fort tempérament et ne souhaitant, chacun pour des raisons propres (lui en raison des circonstances entourant de le décès de son père et elle préférant rester « vieille fille », à 24 ans, afin de garder son indépendance, ne croyant pas au mariage en raison de celui désastreux de ses parents), ne pas se marier malgré leur attirance. Un bon moment de lecture léger et non dénué d’humour!

  • (Romance historique) Les sœurs Chance, Abigail d’Anne Gracie (T1)

J’ai lu le tome 1 des Sœurs Chance, Abigail d’Anne Gracie (éd. J’ai lu pour elle, coll. Aventures & Passions, mai 2024, 384 pages), une romance historique se déroulant à Londres en 1816. Abigail Chantry âgée de 24 ans démissionne de son poste de gouvernante lorsqu’elle doit sauver sa sœur cadette, à peine âgée de 18 ans, Jane qui a été enlevée dans une maison close alors qu’elle quittait l’Institution Pillbury pour filles de ladys en détresse, non loin de Cheltenham, pour être conduite à son poste de dame de compagnie de l’épouse d’un pasteur. Elle est sauvée in extremis avant sa vente aux enchères grâce à l’aide de deux autres jeunes femmes, Damaris également enlevée, pauvre et éduquée orpheline de parents missionnaires et Daisy, servante dans les cuisines de la maison close.

Après un cambriolage raté en désespoir de cause pour soigner sa sœur malade, Abby fait la connaissance de Lady Beatrice Davenham, isolée et maltraitée par ses domestiques, son unique neveu ne semblant faire peu de cas d’elle, plus préoccupé par sa compagnie maritime en Extrême-Orient, après avoir hérité 10 ans auparavant, à à peine 18 ans, du titre de son oncle et de ses dettes, ce qu’il a caché à sa tante. Lady Beatrice décide de faire passer les 4 jeunes femmes pour ses nièces, les sœurs Chance. J’ai apprécié le caractère d’Abby ainsi que celle de Lady Beatrice tout comme sa relation avec son neveu. On retrouve comme dans la romance précédente la condition de la femme, en particulier du sort réservé à la femme mariée et aux veuves. Un bon moment de lecture léger même si parfois certaines situations étaient un peu trop modernes pour l’époque et si Max aurait pu être un peu plus charismatique, avec plus de répondants face aux si forts tempéraments que sont Abby et sa tante!

  • (Romance Steampunk) Aquilon: Rébellion de Nanie Bai (T2)

J’ai lu, en e-book, le second tome du diptyque Aquilon: Rébellion de Nanie Bai (éd. Caméléon, février 2023, 188 pages), une romance steampunk qui reprend là où le premier tome s’était arrêté. Revenue sur Aquilon avec Thomas, Penelope s’investie auprès de la rébellion, la Black Milice, menée par Stuart Perwick et entre, pour espionner une des familles des Quinze, comme domestique au sein de la famille Farewell comme Patty. Une lecture qui clôt avec son lot d’actions, de rebondissements et de révélations une intrigue originale! J’ai apprécié le personnage de Penelope Edenbrooke « Penie Hide » et sa jolie relation avec Thomas, leur vie étant aussi chamboulée que celle de la société aquilonienne et le sort des Primis. Pourra-t-elle compter sur les membres et même son ancien promis, Richard, le fils bégayant de Georges Tennings, sénateur d’Aquilon? Il y est ainsi question de libertés, de quête de soi et de mise en place de la démocratie. Elle veut sa vengeance sur le naufrage du Gloria et l’assassinat de ses parents. Une courte conclusion tout en rebondissements et enjeux politiques dans ce second tome, même si j’ai préféré le premier tome!

Ma lecture en cours:

(Roman choral) Mississippi d’Hillary Jordan

J’avais prévu de lire cette semaine le premier tome de la dernière pentalogie parue d’Aki Shimazaki, Suzuran, la troisième enquête de Perveen Mistry, Le Prince de Bombay de Sujata Massey et le second tome du diptyque YA De Lune et de sang avant de m’apercevoir que je devais rendre mardi prochain à la médiathèque Mississippi d’Hillary Jordan (éd. 10/18, juin 2011, 365 pages), un roman choral – le premier de l’autrice paru pour la première fois aux États-Unis en 2008 – repéré chez Nathalie, en février dernier, pendant l’AAHM Challenge et qui se déroule dans l’après-guerre, dans les années 40, dans une Mississippi ségrégationniste, autour de 2 familles, l’une blanche, Henry McCallan, le frère aîné ayant acheté une ferme pour cultiver du coton, y vivant avec sa femme, Laura, leurs deux petites filles, son père Pappy et son frère cadet, Jamie, aviateur pendant la Seconde Guerre Mondiale et l’autre noire, des métayers sur sa ferme, Florence et Hap Jackson ainsi que leur fils aîné, Ronsel. J’ai commencé à le lire jusqu’à la page 112, le récit étant bien sombre, la tension narrative et le drame couvant. Pour le moment, j’apprécie ce roman, chaque chapitre étant sous le point de point de l’un des 6 personnages principaux. J’ai d’ailleurs vu qu’il avait été adapté en film, Mudbound que je regarderai par la suite.

Cette semaine c’était une Semaine à mille pages organisée par Le pingouin vert sur IG chaque mois tout au long de l’année 2024. Alors combien ai-je lu de pages cette semaine?  1.067 pages lues sans compter les livres jeunesse lus ou non avec mon mini lutin.

Au fil des pages avec Tant de nuances de pluie

J’ai lu Tant de nuances de pluie d’Asha Lemmie (éd. HarperCollins, coll. Au gré du monde, octobre 2023, 534 pages), le premier roman de l’autrice dont l’histoire se déroule dans le Japon de l’après-guerre, de 1948 à 1964. Secret honteux et scandaleux de la famille, Nori Kamiza est née d’un adultère de sa mère avec un Afro-américain et du fait de son métissage est abandonnée par sa mère, à 8 ans à sa grand-mère maternelle, une princesse impériale japonaise dans la vaste demeure familiale. Cachée au grenier, elle subit  les coups de sa grand-mère, les piques culpabilisantes et les bains à l’eau de javel afin d’éclaircir sa peau ainsi que le lissage de ses cheveux crépus.

Elle semble résignée à son sort jusqu’à l’arrivée, à l’hiver 1851, d’Akira, son demi-frère aîné légitime, futur héritier de la famille et musicien renommé âgé de 15 ans qui défie leur grand-mère et insuffle un peu de vie, d’espoir et d’amour fraternel à la jeune fille qui en retour lui voue une admiration sans bornes (parfois ambiguë) tout en l’initiant à la musique et en lui apprenant à jouer du violon. Nori laissera-t-elle le poids des traditions familiales l’emporter sur sa soif de liberté et d’amour? Sera-t-elle assez forte pour tenir tête à sa grand-mère comme Akari et comme n’avait pas réussi à le faire leur mère?

Il y est ainsi question de la société japonaise d’après-guerre, les nobles familles impériales comme celle sa grand-mère tentant de maintenir les anciennes traditions face à la modernité et au mode de vie américain, de racisme, d’inégalités sociales, de secrets de famille, du poids des apparences et des préjugés, de la condition de la femme, d’émancipation, de deuil, d’éveil à la musique et à la Nature…

Marcin Piwowarski IG

J’ai apprécié le personnage de Nori dont nous suivons le dur passage à l’âge adulte, combattive et attachante qui, malgré les déceptions et trahisons de personnes en qui elle avait donné sa confiance, cherche sa place dans la société et ne semble pas abandonner l’espoir d’une vie meilleure, malgré les machinations de sa grand-mère, les mois d’absence d’Akari parti en Europe pour ses compétitions de musique, son retour avec des amis anglais, Will et sa cousine Alice ou la découverte des carnets intimes de sa mère…

Un bon moment de lecture avec ce roman choral d’apprentissage malgré une fin abrupte et bien pessimiste, l’histoire s’arrêtant sans que je ne m’y sois attendue! Le passé se répétera-t-il? J’aurai bien continué à tourner quelques pages supplémentaires avec un épilogue plutôt que cette fin ouverte.

Participation # Un Mois au Japon 2024 de Hilde et Lou #Roman historique

Participation #9 (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2024 de Bidib #États-Unis

Au fil des pages avec La tresse

Lors du RAT des Étapes Indiennes du premier week-end de juillet 2020, j’ai lu l’adaptation par l’autrice elle-même, Laetitia Colombani, en album jeunesse de son roman La tresse. Il s’agit de La tresse ou le voyage de Lalita de Laetitia Colombani et illustrée par Clémence Pollet (éd. Grasset Jeunesse, 2018), un album jeunesse à partir de 6 ans.

Dans cette adaptation pour les jeunes lecteurs, l’histoire reprend la partie indienne du roman tout en la développant avec une fin heureuse, à savoir l’histoire de Smita et de sa petite fille âgée de 6 ans, Lalita pour peut-être, au bout, briser la chaîne de leur statut de Dalits – d’Intouchables et de vivre dans de meilleurs conditions de vie comme le droit pour la fillette d’aller à l’école.

En effet, Smita refuse que sa fille subisse les mêmes discriminations et injustices qu’elle et son mari. Elle persuade ce dernier de demander à l’instituteur du village, un Brahmane, d’accepter leur fille dans sa classe. Mais malheureusement Lalita est rabaissée par l’instituteur à son rang d’Intouchable. La seule issue que Smita voit: la fuite sous la protection de Vishnou avec sa fille vers une autre ville du pays où une école pour tous les enfants a été ouverte. Arrivera-t-elle à briser le sort d’ordinaire réservé aux Intouchables, femmes de surcroît? Son mari viendra-t-il les rejoindre?

Les illustrations douces et très colorées tempèrent la dureté de la vie de la famille de Lalita, même si son histoire est moins sombre et plus optimiste que dans le roman puisqu’elle est adaptée pour de jeunes lecteurs. Dans le roman, l’intrigue se termine à la sortie de l’offrande au temple de Vishnou sur une fin ouverte, laissant leur sort entre les mains du lecteur. Du haut de ses 6 ans, Lalita est le personnage qui m’a le plus touché. Battue par l’instituteur pour qui elle n’avait pas sa place à l’école en tant qu’Intouchable, elle donne ses cheveux – cheveux considérés comme sa seule richesse – pour une divinité ou plutôt pour l’amour de sa mère qu’elle suit inconditionnellement malgré sa peur et le silence de cette dernière tout aussi inquiète mais déterminée à lui offrir une vie meilleure.

Cette adaptation permet ainsi d’aborder le système des castes en Inde qui perdure malgré son abolition il y a déjà une cinquantaine d’années et la difficulté que rencontre encore aujourd’hui un trop grand nombre d’enfants dans l’accès à l’instruction et à l’école.

Puis quelques jours plus tard, j’emprunte le roman court, La tresse de Laetitia Colombani (éd. Librairie Générale Française, coll. Livre de Poche, mai 2017, rééd. mai 2018, 237 pages), son premier roman classé comme roman feel-good. Il s’agit des destins croisés – qui s’entrelacent comme une tresse – de trois femmes:

  • en Inde, dans le village de Badlapur : Smita (et sa petite fille Lalita), une Dalit – une Intouchable trentenaire et mariée vivant dans la misère et les discriminations subies au quotidien par sa caste inférieure
  • en Sicile, à Palerme : Guilia, célibataire vivant son premier grand amour avec Kamaljit récemment régularisé, la vingtaine et qui travaille dans l’atelier familial, au bord de la faillite, de perruques fabriquées à partir de cheveux humains
  • et au Canada, à Montréal : Sarah, mère divorcée de trois enfants, avocate quadragénaire sur le point d’obtenir une promotion au sein d’un prestigieux cabinet et qui cache à son entourage son cancer du sein.

Pour chaque parcours de vie, il est question de la condition de la femme et plus largement d’une quête de liberté, entre espoirs et incertitudes. Malgré leurs conditions sociales fort différentes, chacune doit faire preuve de courage, de dignité et d’adversité envers les discriminations subies, que ce soit des discriminations dues à leur origine, à leur sexe ou à la maladie. Ce roman se lit facilement, en quelques heures, passant d’une vie à l’autre à chaque chapitre, sans pour autant qu’aucune ne se croise. Un lien unit pourtant ces trois femmes, un lien qui était résumé par une carte du monde dans la dernière page de l’album jeunesse et qui se lit en filigrane dans le résumé de la quatrième de couverture.

L’écriture est simple comme dans un feel-good, l’autrice forçant sur certains caractères des personnages de façon parfois trop répétitive voire même caricaturale. Je pourrai même y voir du cynisme puisque derrière l’offrande payante de Smita et Lalita, le Temple de Vishnou tire profit des cheveux en en faisant commerce.

Ces lectures font partie de l’Étape Indienne n°6 « Politique sociale (corruption, critique de la société…) » et plus précisément n°6.1 « Les Intouchables ». Pour d’autres avis sur le roman: Hilde, Blandine et Nath Sci et pour un autre avis sur l’album jeunesse: Mya Rosa.

étapes indiennes, inde, lectures

Participation #3 aux Étapes Indiennes de Hilde #RAT et #Étape n°6.1

Challenge Petit Bac d’Enna #8 et 9 Catégorie Objet: « Tresse »

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