Étiquette : malédiction (Page 1 of 3)

Au fil des pages avec La Belle et la Bête

L’ayant acheté dès sa parution, j’ai lu, bien après mon mini lutin, La Belle et la Bête de Cécile Roumiguière et Benjamin Lacombe, d’après Gabrielle-Suzanne de Villeneuve (éd. Albin Michel Jeunesse, février 2025, 80 pages), un album jeunesse à partir de 9 ans se déroulant en Vénétie, en Italie. Après l’acte condamnable de son père de retour de Venise, un vieux marchand ruiné qui avait cueilli une rose dans le jardin du château de la Bête, sa fille, Belle, ne voit pas d’autres choix, que d’accepter l’ordre impérieux de la Bête de s’installer auprès de lui. Mais ce qu’elle découvre est bien différent de ce qu’elle s’attendait. Un amour est-il possible entre eux afin de briser la malédiction?

J’ai beaucoup apprécié cette réinterprétation réussie et magnifiquement illustrée du conte originel. Comme dans le conte originel de 1740 ou sa version plus connue de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont parue en 1756, il y est question d’apparences trompeuses, de solitude, d’amour qui se tisse petit à petit et non d’amour-passion, de nature humaine et de bestialité ou monstruosité… Le récit est entrecoupé d’un personnage mystérieux qui semble observer de loin, sur une gondole naviguant sur les canaux de Venise, au large de l’île de Murono à l’instar de nous lecteur, le rapprochement de la Belle et la Bête au sein d’un château figé par la magie dans une ambiance mortifère et hivernale.

Le duo autrice/illustrateur s’inspire également, comme l’aurait fait en son temps Mme de Villeneuve, sur la la famille des Gonsalvus, dont le père Petrus Gonsalvus (ou Pedro Ganzales ayant vécu, sans doute de 1537 à 1618 et offert, à l’âge de 10 ans au Roi Henri II) souffrait d’hypertrichose (une pilosité excessive) et dont le mariage avec une belle jeune femme, Catherine Raffelin. D’ailleurs, Belle découvre la vie de leur fille, Antonietta (ou Tognita) dans un livre de la bibliothèque de la Bête. On pourrait même remonter à l’histoire d’Amour et Psyché dans les Métamorphoses d’Apulée. 

Graphiquement, on retrouve l’univers foisonnant de Benjamin Lacombe, avec des aspects qui rappellent aussi le film de Jean Cocteau sorti en 1946 ou la version de Disney de 1991 ou de 2017. Un très bon moment de lecture avec une réécriture modernisant le conte originel avec la question du consentement et qui se termine sur un dossier fort instructif, comme toujours dans cette collection de classiques revisités de l’éditeur!

Participation #9 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Conte revisité

Participation #4 Le Mois Italien 2026 d’Eimelle #Venise

Participation #35 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Roman illustré

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Animal: « Bête »

Au fil des pages avec le tome 1 de Minecraft, le manga officiel: Voyage au bout du monde

Vivement incitée par mon mini gamer, j’ai lu le tome 1 de Minecraft, le manga officiel: Voyage au bout du monde de Kazuyoshi Seto (éd. Nobi Nobi!, avril 2025, 192 pages), un manga shōnen à partir de 8 ans. Depuis tout petit, Nico White n’a qu’un seul rêve: explorer Minecraft comme son père, un grand aventurier et quitter le village où il grandit auprès de sa mère plutôt que d’aller crafter. L’occasion se présente lorsqu’il découvre, en pleine attaque d’une horde de zombies, qu’il possède le même don que son père, à savoir repousser les limites du « craft » en créant des objets grâce à son imagination et sans l’aide d’établi. Mais son voyage au bout du monde sera-t-il aussi simple et sans dangers qu’il l’imagine depuis tout petit?

Même si je ne suis pas un joueuse aguerrie de Minecraft comme mon mini gamer, j’ai pu retrouver l’univers cubique du jeu vidéo sans difficultés. L’auteur rappelle à plusieurs reprises les principes de base du jeu vidéo (ce qu’il ne fera plus dans les tomes suivants ou en tout cas beaucoup moins, dixit mon mini lutin qui a déjà lu les 7 autres tomes parus, le prochain étant prévu le 1er juin 2026). Ce premier tome se présente, en effet, comme un tome introductif qui reprend les codes du jeu avec le craft et les différents personnages que l’on peut rencontrer. Certes, cela reste classique mais je peux comprendre pourquoi il a tant plu à mon mini lutin avec ce récit initiatique, beaucoup d’actions et de rebondissements non dénués d’humour et de l’amitié avec un duo aux caractères bien différents qui se forme entre le jeune garçon qui a soif d’aventures et bien insouciant et Grey, chacun des deux apprenant sur soi et à être bien meilleur qu’il ne le pensait. Une bonne façon de prolonger l’immersion Minecraft pour tous les fans du jeu vidéo (plutôt que Minecraft le film)!

Pour la première fois sur le blog, l’avis du mini lutin avec les illustrations qu’il a choisies: Nico part à l’aventure âgé de 10 ans. Peu après son départ, il rencontre un zombie victime d’une malédiction, nommé Grey. Peut-il lui faire confiance? J’ai aimé quand Nico monte sur un creeper (créature verte qui explose quand on est près d’elle) à l’âge de 5 ans. Les thèmes sont les suivants: aventure, mystère, découverte et l’entraide. Nico est sympa mais il fait trop confiance aux gens même s’il ne les connaît pas. Le livre m’a plu et j’ai eu envie de lire la suite. Il y a les même créatures que dans le jeu (zombies, squelettes, creepers…).

Participation #7 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Manga shōnen

Participation #27 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Manga Shōnen

Au fil des pages avec Maudite poupée

J’ai voulu emprunter, à nouveau, à notre médiathèque Maudite poupée d’Amélie Antoine (éd. Casterman, coll. Hanté, avril 2021, 95 pages), un roman jeunesse d’horreur à partir de 10 ans que j’avais lu en octobre 2023, après l’avoir repéré chez des copinautes lors de leur lecture commune en 2021 et que je voulais faire découvrir à mon mini sorcier pour Halloween. Mais il n’y était plus. Je l’ai trouvé en e-book mais avec une couverture plus inquiétante pour un lectorat adolescent, à partir de 12 ans (rééd. mars 2024)  et que je trouve moins réussie que la précédente. 

Thaïs et Margot, d’un an sa cadette, sont deux sœurs inséparables jusqu’à un jour d’été, avant l’entrée au collège de Margot, où cette dernière achète dans un vide-grenier une poupée en porcelaine qu’elle ne lâche plus et qu’elle appelle Rosemonde. Très vite, d’inquiétants évènements ont lieu. Seule Thaïs s’en aperçoit. Margot est-elle vraiment en danger?

J’ai trouvé bien amené les éléments de l’intrigue, la tension inquiétante s’installant petit à petit au fil des pages, nous sentant aussi déstabilisée que Thaïs face à la transformation de sa sœur depuis l’achat de la poupée. Cauchemar ou sinistre réalité? Dans une atmosphère fantastique et horrifique, il y est ainsi question du passage de l’enfance à l’adolescence, de liens entre sœurs et frère… Un bon moment de lecture avec cette histoire un brin effrayante d’une poupée en porcelaine possédée, surtout pour les plus jeunes lecteurs qui apprécieront se faire un peu peur!

Pour d’autres avis sur ce roman jeunesse: Hilde, Blandine et MyaRosa.

Participation # Challenge Halloween 2025 de Hilde et Lou #Poupée possédée

Challenge Petit Bac d’Enna #6 Catégorie Objet: « Poupée »

Participation #8 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Roman jeunesse

Au fil des pages avec Ce que révèlent les roses

En décembre dernier, j’ai lu, en e-book, Ce que révèlent les roses de Romane Clessie (éd. Autoédition, octobre 2023, 348 pages), une réécriture du conte de La Belle et la Bête avec la romance slow burn se déroulant en Bretagne, entre le duc Évan de Kastel, un jeune homme maudit en 1825 et Éléanor, une jeune femme éprise de liberté et d’indépendance qui se retrouve piégée au sein du domaine oublié de Talmadenn, après avoir fui le jour de son mariage arrangé, en 1910, son futur époux, le riche et cruel comte Gwendal de Donval. Et si l’audace et la compassion de la jeune femme réussissaient à briser la malédiction de la sorcière Morgane dont le fantôme vengeur hante les lieux?

Au fil des jours, Éléanor tente de percer les nombreux mystères et secrets de cet étrange lieu figé dans le temps dont personne ne peut s’échapper. Peut-elle se fier à ce que lui révèlent les roses du jardin? Malgré leurs dérangeantes vérités, peut-elle faire confiance au duc? Celui parviendra-t-il à se pardonner un jour son passé qui lui est rappelé, tous les jours, par les stigmates et cicatrices béantes sur son visage qui l’enlaidit et le rend effrayant? Car est-il toujours le même jeune homme qui doit expier à jamais ses erreurs et méfaits de jeunesse lorsqu’il a trahi Morgane? De par sa force de caractère et sa curiosité malgré la peur et les interdits d’Évan, la jeune femme trouve petit à petit sa place et apporte le souffle émancipateur permettant à un homme brisé et résigné de se pardonner. 

Il y est ainsi question de rédemption, d’amour sous fond de voyage dans le temps, d’apparences trompeuses, de seconde chance, de la condition de la femme, d’émancipation féminine… J’apprécie toujours autant le style d’écriture de cette autrice ainsi que l’univers imaginé dans cette réécriture moderne et sombre avec en particulier les domestiques du domaine, comme Mim et Oli, transformés en petits êtres végétaux, victimes eux-aussi de la malédiction et qui sont touchants. Un bon voire très bon moment de lecture! 

Participation #11 Challenge Contes & Légendes 2025 de Bidib #Conte revisité

Participation #9 Challenge 2025 sera classique aussi! de Nathalie #Conte revisité

Au fil des pages avec Moi, Méduse

J’avais lu le 5e tome de cette collection mythologique: Moi, Méduse de Sylvie Baussier (éd. Scrineo, coll. Mythologie, janvier 2021, 112 pages), un court roman jeunesse à partir de 10 ans avec dans les premières pages de jolies illustrations en noir et blanc de Tristan Gian et qui se place du point de vue des monstres de la mythologie grecque et non des héros mais ne prends le temps de le chroniquer que ce mois-ci.

Très belle jeune fille dont on loue la beauté de la longue chevelure brune ondulée, Méduse ne se sent pas prête à se marier et refuse tout demande au point d’être considérée comme une humaine orgueilleuse, rendant fou de désir Poséidon, un de ses nombreux prétendants dont elle repousse, comme elle peut, les avances et provoquant la jalousie d’Athéna. Mais alors qu’elle est violée par Poséidon dans un temple dédié à Athéna, cette dernière punit Méduse en la transformant en un monstre hideux, sa chevelure devenant des serpents et pouvant transformer en statue quiconque croise son regard.

Comme lors de ma lecture de Moi, Charybde, piégée avec Scylla (éd. Scrineo, coll. Mythologie, février 2022, 111 pages), j’ai, une nouvelle fois, apprécié le parti pris de l’autrice qui se place du point de vue de Méduse, bien plus victime du Destin, des manigances et jalousies des Dieux et Déesses (ici la jalousie d’Athéna et le désir non réciproque de Poséidon) que « monstre » qui pétrifie les hommes de son regard, surtout au regard de la mythologie grecque et des droits de la femme. Persée est son pendant masculin qui, lui en tant que « héros », a le soutien et la protection des divinités, en particulier d’Athéna. Comme dans les autres tomes de cette collection, il y a la fin un petit dossier documentaire sur le mythe de Méduse ainsi qu’un cahier de jeux sur la compréhension de l’histoire. Un bon moment de lecture instructif et qui questionne sur la condition de la femme dans la Grèce antique!

Participation #8 Challenge Contes & Légendes 2025 de Bidib#Mythologie grecque

Challenge Petit Bac d’Enna #2 Catégorie Animal: « Méduse »

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