Étiquette : littérature indienne (Page 1 of 2)

RAT Holi 2026

Comme désormais depuis quelques années, à l’approche du printemps et pour célébrer Holi, la fête hindoue des couleurs qui a eu lieu cette année le 4 mars, Hilde a organisé une semaine festive et en particulier un RAT du 6 au 8 mars 2026, avec au moins une lecture indienne ou un clin d’œil indien. Le RAT c’est un read-a-thon, un marathon de lectures mais pas que cela puisque ce sera l’occasion de relever des passages gourmands dans nos lectures, de s’évader livresquement en Inde et de cuisiner avec la Brigade des Marmitonnes d’Isabelle, le thème de ce dimanche étant « coloré » ou de visionner un film ou une série… Pour plus d’infos, n’hésitez pas à aller sur son blog ou sur Instagram (avec le fil de discussion des Étapes Indiennes). 

Alors que vais-je lire pendant ce RAT? J’ai d’ores et déjà prévu deux lectures: Les 1001 conditions de l’amour de Farahad Zama (éd. JC Lattès, mai 2012, 350 pages) pour la lecture commune pour le 23 mars 2026 avec Nathalie (qui l’a fini hier soir) et Hilde (qui l’a commencé hier soir) et Les fugitifs d’Abir Mukherjee (éd. Liana Levi, mai 2025, 409 pages). 

Ce billet de suivi sera actualisé tout le long du marathon et sera ponctué aussi par les passages sur les blogs et/ou réseaux sociaux des autres participantes.

Pour d’autres idées indiennes, les autres participantes: Hilde, Nathalie (IG), Isabelle, Audrey, L’Orouge (IG)…

Vendredi 6 mars 2026

Après le travail, j’ai commencé à lire Les 1001 conditions de l’amour de Farahad Zama, un roman contemporain dans lequel on retrouve les protagonistes du tome précédent, Le Bureau de mariage de M. Ali. Hier soir, je ne m’étais pas jointe à Nathalie et Hilde ayant terminé de lire Miséricorde de Jussi Adler-Ossen (éd. Le Livre de Poche, janvier 2013, 528 pages), le premier tome des Enquêtes du département V et dont j’avais regardé, l’été dernier, son adaptation en série (la première saison): Département Q, Les Dossiers oubliés qui transpose ce premier tome à Édimbourg et non plus au Danemark. 

Samedi 7 mars 2026

Réveillée très tôt, j’ai repris au chapitre 5 et fini de lire Les 1001 conditions de l’amour, un roman paru pour la première fois en 2009 et se déroulant à la même époque où il est question, comme dans le premier tome, de mariage entre coutumes et modernité, les possibilités offertes aux jeunes gens en âge de se marier étant fortement limitées sous le poids des traditions familiales. Dans ce nouveau tome, les clients du Bureau de mariage sont moins présents, le récit se concentrant sur le fils de M. Ali et sur son assistante, Aruna. Encore un bon moment de lecture! La fin du roman suppose une suite. Dommage que les tomes suivants n’aient pas été traduits en français! J’en reparle très vite le 23 mars prochain. 

Il est désormais temps d’aller déjeuner (du fish & chips), après avoir relevé de nombreux passages gourmands dans ma lecture. De son côté, Hilde est en train de lire Dictionnaire amoureux de l’Inde de Jean-Claude Carrière.

En début d’après-midi, une lecture hors thème avec le tome 3 de Spy x Family de Tatsuya Endo (éd. Kurokawa, février 2021, 194 pages), un manga shōnen à partir de 12 ans. J’étais curieuse de découvrir ce nouveau au vu de la fin du précédent et la visite du frère de Yor, Yuri qui cache lui aussi tout un pan de sa vie. Encore un bon voire très bon moment de lecture! De son côté, L’Orouge a lu un autre tome de ce manga. 

Puis à nouveau petit tour des blogs, Mylène ayant lu récemment Au nom de la justice de Vish Dhamija, je me suis rappelé que j’avais son roman précédent dans ma liseuse: Le Magnat (éd. Mera, avril 2024, 353 pages), un roman policier / thriller judiciaire indien. Prem Bedi, surnommé « Le Magnat », âgé de 53 ans et amateur de golf, est accusé par le beau-frère de son ex-femme, Rea dont il est divorcé depuis 12 ans de l’avoir assassinée, elle et son nouveau mari. J’ai donc commencé à le lire, en e-book jusqu’au chapitre 18 (p.148), les chapitres alternant les points de vue des différents personnages à la première personne du singulier (sauf celui de Prem pour le moment). Que s’est-il passé la nuit de ce double meurtre? Un cambriolage qui a mal tourné? Une vengeance de Prem si longtemps après un divorce houleux? Je continuerai ma lecture demain. 

Dimanche 8 mars 2026

Après le petit déjeuner, un petit tour des blogs et déjà envie de déjeuner avec les plats mijotés par la Brigade des Marmitonnes comme le shaak de patates douces et potimarron d’Isabelle ou des madeleines au chocolat chez Eimelle… Mais avant, je vais reprendre ma lecture du Magnat

Finalement, j’ai regardé sur Arte replay Nuits blanches, un film franco-italien en noir et blanc réalisé par Luchino Visconti et sorti en 1957 adaptant la nouvelle éponyme de Fiodor Dostoïevski et transposé dans un Livourne d’après-guerre et avec dans les rôles-titres Marcello Mastroianni (Mario), Maria Shell (Natalia) et Jean Marais (le locataire). 

Ce midi, après quelques courses et un passage chez le boucher, j’ai préparé pour ce midi un rogan josh en lien avec ma lecture d’hier soir, ce plat étant servi à Prem et Tej pour le dîner, la note de bas de page indiquant: « plat traditionnel à base d’agneau, de sauce tomate et d’épices, typique de la région du Cachemire au nord de l’Inde » (à la toute fin du chapitre 9, p.87).  Après le goûter (des crêpes), j’ai fait un billet sur ce plat: ici

Bonne fin de week-end à tous et à plus tard!

Participation #4 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #RAT

Au fil des pages avec Le destin d’Anjali

Pour la lecture commune du mois de février 2026 des Étapes Indiennes, j’ai lu Le destin d’Anjali de Hema Macherla (coll. 10/18, janvier 2025, 480 pages), un roman se déroulant dans les Indes britanniques, en 1919/1920. Mariée à 10 ans et désormais veuve à 16 ans, Anjali, une hindoue d’une caste aisée, est sauvée du sati par son père et son ami d’enfance de deux ans son aîné, Saleem qu’elle n’avait pas revu depuis de son mariage. Pendant sa fuite et ses années d’errance, elle multiplie les rencontres qui pourrait à nouveau la faire basculer. A qui se fier en attendant de pouvoir retrouver Saleem qui la recherche désespérément tout en conciliant son travail de chauffeur auprès d’un ingénieur anglais, M. Robert? Cette seconde chance lui permettra-t-elle d’avoir une vie heureuse? 

Les courts chapitres s’enchaînent très rapidement, alternant entre Anjali et Saleem qui se retrouvent séparés, sous fond de tensions politico-sociales vers l’indépendance de l’Inde (la répression des manifestations et le mot d’ordre de Gandhi pour la non-violence…). Il y est ainsi question de la condition de la femme et plus précisément du veuvage des jeunes femmes pour ne pas dire des fillettes, d’émancipation, droit à l’éducation, des droits des Indiens, d’inégalités sociales en raison de leur sexe, caste ou religion dans une société indienne sous domination britannique fort patriarcale et conservatrice, le poids des traditions pesant plus sur les apparences et le statut social que le sort des fillettes, de corruption des élites indiennes, de modernisation des infrastructures…

Mais très vite, cet aspect sociopolitique et historique fort intéressant se dilue au point d’être quasiment occulté si ce n’est pour se cristalliser dans les doutes bien trop rabâchés de Saleem, un indien de confession musulmane, en colère contre tous les Anglais qui oppriment le peuple indien mais à l’exception (peut-être que oui, peut-être que non) du sahib ingénieur qui se montre quand même très ouvert, serviable et généreux, lorsque ce n’est pas ses lamentations sur son amour à sens unique. 

Certes, cela se lit vite mais le tout manque de profondeur, même l’aspect initiatique des deux jeunes adultes qui se révèlent bien naïfs et accordant bien trop facilement leur confiance ou les personnages eux-mêmes et est bien trop manichéen. Le style est parfois maladroit, en particulier dans certains dialogues qui s’adressent plus à nous lecteur qu’aux personnages entre eux. Malgré les thèmes abordés, j’ai trouvé l’ensemble trop superficiel, lisse et bien trop cousu de fils blancs, sans enjeux dramatiques puisque l’héroïne est finalement bien épargnée: un époux à 10 ans mais qui ne la touche pas, l’éduque et tient le rôle d’un second père, un ami d’enfance – amoureux transi qui la protège, même son père qui la sauve du sati alors qu’il ne s’était pas opposé au mariage organisé par sa seconde épouse et puis l’ingénieur anglais et marié, Mr Robert en homme (bien trop) parfait. 

Je n’ai pas non plus adhéré à cette idée sous-jacente que la violence de cette société patriarcale ne viendrait donc pas des hommes (si ce n’est en ne remettant pas en cause les traditions au nom des apparences sociales) mais des femmes elles-mêmes, les personnages lui ayant fait le plus de tort étant féminins (sa belle-mère, la courtisane et l’épouse anglaise), malgré de solides amitiés avec deux jeunes femmes aussi recluses qu’elle, Sita et Kalyani. 

Plus le récit avance, plus cela tourne à la romance sans grand intérêt, tant on se doute bien où tout cela va mener (surtout avec le titre anglais) et faisant presque fi du contexte historique, l’autrice terminant sur un happy end fort déconcertant et bien peu crédible pour l’époque! Une lecture très mitigée tant je m’attendais à lire un autre récit, pas forcément plus sombre mais moins romancée! J’aurai par exemple apprécié en savoir plus sur les enjeux autour de la construction des routes que supervise, en tant qu’ingénieur, M. Robert.

Sur la même période historique, je vous conseille les romans policiers historiques comme les enquêtes de Perveen Mistry (surtout le premier tome: Les veuves de Malabar Hill de Sujata Massey (éd. Charleston, janvier 2020, 495 pages)) ou celles de Sam Wyndham (le tome 1: L’attaque du Calcutta-Darjeeling d’Abir Mukherjee (éd. Liana Levi, octobre 2019, 464 pages)). Toutefois, cela m’a donné envie d’en savoir plus sur Kandukuri Veeresalingam, un réformateur indien (1848/1919) et le remariage des veuves.

J’ai enfin noté quelques passages gourmands: les plats cuisinés par Anjali comme « les plats préférés de Saleem – lentilles épicées aux tomates, riz et petites aubergines farcies de coco fraîche, piment vert et coriandre, ce qui ferait une garniture épicée pour les parathas. Pour le dessert, elle fit frire des vermicelles dans du ghi, ajoutant un peu de lait, de sucre et quelques pistils de safran. après quelques tours de bouillon, les vermicelles étaient cuits, et elle ajouta au mélange des noix de cajou et des pistaches torréfiées. En touche finale, elle saupoudra le tout d’un peu de cardamome fraîchement moulue » (p.396), les petits déjeuners que partagent Anjali et M. Robert… 

Pour d’autres avis sur ce roman avec les participantes à cette lecture commune, nos avis se rejoignant au point de se demander si nous aurions été plus indulgentes si le roman avait été classé pour adolescents: Hilde, Lilyblio (IG) et Mimie. 

Participation #3 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Inde des années 20

Au fil des pages avec Les 7 vies extraordinaires de Devi Kumari

Pour une lecture commune avec Hilde dans le cadre de son challenge Les Étapes Indiennes 2026, j’ai lu, en e-book, Les 7 vies extraordinaires de Devi Kumari de Vikas Swarup (éd. Belfond, octobre 2025, 386 pages), un roman contemporain se déroulant en Inde. Une jeune femme de 25 ans, Devi Kumari doit confesser face caméra ses crimes qui ont jalonné sa courte vie à son ravisseur masqué ayant mis sa vie aux enchères, les potentiels « acheteurs » étant des individus qu’elle a croisés dans sa vie et qui réclament vengeance. Qu’est-il arrivé à cette jeune femme? Qui est son ravisseur? Fait-il partie de celles et ceux qu’elle aurait lésés, de près ou de loin, par ses actions?

La dureté du prologue accrocheur donne le ton avec l’enlèvement en pleine rue de Mumbai (anciennement Bombay) d’une esthéticienne et nous entraîne dans un véritable page-turner, l’intrigue étant immédiatement prenante. Chaque épisode de la vie de la jeune femme donne envie de connaître la suite d’autant que chaque fin de chapitre se replace au moment de sa captivité auprès d’un ravisseur qui prend un malin plaisir à faire monter les enchères sur sa vie de plus en plus sur la sellette, à l’instar d’une Shéhérazade des Mille et une nuits

A travers le personnage principal féminin, c’est l’évolution de la société indienne contemporaine qui est dépeinte, en critique sociale, par l’auteur sur 25 ans, de la fin des années 90 à nos jours, en passant même par la période de pandémie Covid-19 et à travers tout le pays, chaque nouvelle identité de la jeune femme entraînant un changement de lieu de vie. Rien ne semble avoir épargné la jeune femme qui malgré son jeune âge et ses différentes identités a vécu tellement de choses, faisant des choix plus ou moins discutables pour survivre et échapper à la violence et à la misère (pauvreté dans un bidonville, orpheline à la rue, mendicité avec son chien, détention dans un centre de surveillance pour jeunes filles, membre d’une secte, faussaire, infirmière dans un hôpital…). 

Certes, tout est fait pour donner envie aux lecteurs de savoir la suite et l’intrigue repose par moment sur une rencontre fortuite fort à propos ou retournement de situation arrivant à point nommé, pour ne pas dire facilités scénaristiques, pour entretenir la tension dramatique. Cela n’a pourtant pas gêné ma lecture tant je me demandais ce que la jeune femme allait devoir encore inventer pour prendre en main son avenir en franchissant ou non la ligne rouge ou en liant certaines amitiés qui peuvent, à tout moment, se retourner contre elle. 

Devi se révèle être pleine de ressources, résiliente face aux épreuves traversées et apprenant de ses expériences passées, plus ou moins éprouvantes ou légales, ne se laissant pas rabaisser à un statut de victime défavorisée. De nombreux thèmes sont ainsi abordés, de façon plus ou moins détaillée: enfants des rues, mères porteuses, inégalités sociales, corruption et impunité au sein des élites ou de la police, pouvoir de l’argent, influence alarmante des gourous, criminalité organisée, émancipation féminine, voyeurisme, marchandisation de la souffrance et des corps, quête d’identité, émancipation féminine et plus largement condition de la femme dans une société patriarcale… Un bon moment de lecture avec ce page-turner, à la fois film roman Bollywood, roman d’apprentissage et thriller psychologique!

Je n’ai pas lu les autres romans de cet auteur ni vu l’adaptation en film de l’un d’entre eux, Slumdog Millionaire. Je compte bien les découvrir dès que se faire se peut en commençant peut-être par Meurtre dans un jardin indien, un roman policier disponible à ma médiathèque en ce moment. 

Pour d’autres avis sur ce roman: Hilde (qui a tout autant apprécié que moi). 

Participation #1 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #LC

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Prénom: « Devi »

Participation #4 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller psychologique

Au fil des pages avec Femme pour moitié

J’ai lu, le mois dernier, pour une lecture commune avec Hilde et Jostein dans le cadre des Étapes Indiennes, Femme pour moitié de Perumal Murugan (éd. Gallimard, janvier 2025, 224 pages), un court roman paru pour la première fois en 2010  et se déroulant dans un village modeste du Tamil Nadu, dans le Sud de l’Inde, au sein d’un couple de paysans sans enfants, dans les années 40. Kali et Ponna, respectivement âgés de 30 et 28 sont mariés depuis 12 ans mais n’ont jamais pu devenir parents. L’amour qui les unit sera-t-il suffisamment fort face à la pression sociétale et familiale d’avoir une descendance? Las de subir, au quotidien, les moqueries, médisances et humiliations de leur entourage, ils multiplient les offrandes, rituels comme le dangereux tour de la Pierre Stérile pour mettre fin aux superstitions, malédictions et commérages… Mais doivent-ils suivre les derniers conseils en date de leur famille incitant la jeune femme à se rendre au festival en l’honneur d’Ardhanarishvara, dieu à demi-femme au cours duquel les conventions sociales sont abolies? Ou au contraire, seront-ils capable de suivre l’exemple de l’oncle de Kali, Nallaiyam, désormais âgé et toujours célibataire, qui a fait fi des ragots et de sa mise à l’écart du fait de son choix de vie?

Il y est ainsi question de l’infertilité au sein du couple, du poids des mœurs, de la religion et des coutumes dans l’Inde rurale à avoir une descendance, d’héritage, de répudiation de la femme ou d’adoption… L’auteur nous offre surtout le point de vue du mari, Kali et de ses questionnements sur leur impossibilité à concevoir un enfant (cela viendrait-il de lui ou de Ponna?), sur son mariage alors qu’il a choisi une femme qu’il a toujours aimée et qu’il désire toujours autant après des années de mariage (pourrait-il la répudier et vivre sans elle ou en prenant une seconde épouse?). Pourquoi ce couple ne pourrait-il pas être heureux sans enfants?

La vie simple de ce couple contraste avec la dureté du regard critique de leur entourage, leur colère et impuissance se reflétant dans un langage parfois cru et grossier qui contraste avec des passages plus poétiques de leur routine quotidienne, rurale et au cœur d’une Nature apaisante, auprès des animaux de la ferme et nous plongeant dans leur intimité. Au fil des des stigmatisations successives, le couple se fissure et le drame semble inéluctable tant la pression des traditions pèse sur ce couple sans enfants. Un bon moment de lecture dramatique et émouvant, construit comme une fable et abordant un thème universel et tabou qui a valu, pour l’auteur, des menaces de mort et son retrait de la vie littéraire, pendant plusieurs années! Même dans notre société actuelle, le regard porté sur les célibataires ou les couples sans enfants reste malheureusement tout aussi intrusif, blessant voire oppressant. 

J’ai également noté quelques passages gourmands accompagnés ou non d’alcool (comme des bouteilles d’arack ou du vin de palme) comme par exemple « des kachayam à la farine de riz et des pakkoda épicés », « du curry aux lentilles et beignets aux piments », « du puttu bien chaud dans une assiette de feuilles. Quatre gros tronçons, avec un curry de légumes »… 

Pour d’autres avis sur ce roman: Hilde et Jostein.

Participation # Challenge Les Étapes Indiennes 2025 de Hilde #LC

Participation # Challenge Contes & Légendes 2025 de Bidib #Hindouisme

Participation # Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2025 de Bidib et Fondant #Cuisine indienne

Participation # (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Inde

Au fil des pages avec Chârulatâ

Pour une lecture commune proposée par Hilde dans le cadre de son challenge Les Étapes Indiennes 2025, j’ai lu Chârulatâ de Rabindranath Tagoré (éd. Zulma, février 2009, 128 pages), un court roman paru pour la première fois en 1901 sous le titre Le Nid gâché, l’auteur bengali ayant reçu le Prix Nobel de littérature en 1913. Le titre actuel choisi par la maison d’édition est celui repris du film indien de Satyajit Ray sorti en 1964 mais je préfère le titre originel.

Cette courte histoire se déroule dans une riche demeure bengali disposant d’un gynécée, réservée aux femmes. Chârulatâ est une jeune femme mariée, très jeune, depuis de nombreuses années avec Bhupati qui la délaisse pour son travail. Ce couple dont le mariage a été arrangé est sans enfants. Face à l’ennui de son épouse, Bhupati fait venir chez eux son cousin Amal, un jeune étudiant qui rêve d’une carrière littéraire et Mandakini, la femme du frère de Chârulatâ. Très vite, une complicité se crée entre Chârulatâ et Amal qui se retrouvent dans le jardin autour d’un projet d’écriture. L’attirance intellectuelle se transforme alors en passion amoureuse pour la jeune femme. Le drame est-il inéluctable? Une seconde chance est-elle possible pour les époux?

L’auteur dépeint, avec une certaine ironie, l’évolution des sentiments au sein de ce triangle amoureux, au cœur d’une famille élargie, ce qui fit scandale lors de sa parution, même si tout est bien chaste et tout en retenue. Chârulatâ semble acculée, face à un époux distrait, naïf et absorbé dans son travail au sein du journal de langue anglaise qu’il a fondé et à un cousin qui lui témoigne un peu d’attention dont elle n’est pas coutumière et une passion commune pour la littérature. Il y est ainsi question de relation de couple au sein d’un mariage arrangé, de passion, de désespoir amoureux, de jalousie, de la condition de femme à l’époque du Raj britannique, son époux étant plus tourné vers l’Occident – l’Angleterre alors qu’elle, est confinée aux traditions et habitudes culturelles indiennes qui la cantonnent à un rôle d’épouse soumise et qui tente pourtant, au contact du cousin de son mari, de s’émanciper à travers la littérature et l’écriture en se découvrant un certain talent dans la composition de textes, bien plus qu’Amal…

Malgré des réactions souvent exagérées voire théâtrales, la jeune femme se révèle plus attachante qu’il n’y paraît dans une société indienne de la fin du XIXe siècle qui la cantonne à un rôle d’épouse soumise. Elle ne sait pas gérer ses émotions, ses premiers émois amoureux non partagés, entre complicités, malentendus et trahisons. De son côté, Bhupati est très paternaliste plutôt qu’époux, réalisant trop tard que son épouse est devenue une femme. Peut-être qu’in fine cela dénonce les mariages arrangés où aucun ne peut s’épanouir. Certains biographes de l’auteur ont vu des éléments autobiographiques dans ce roman, ce dernier ayant été proche de l’une de ses belles-sœurs plus âgées que lui et qui partageait ses goûts littéraires et qui s’était suicidée, à 25 ans, peu de temps après son mariage arrangé avec Mrinalini Devi une fillette de 10 ans alors qu’il avait 22 ans.

Cette lecture m’a permis de découvrir cet auteur dont ce roman est à remettre dans le contexte de l’époque même si malheureusement, en Inde, comme dans d’autre pays, le mariage arrangé des enfants est toujours une triste réalité. J’ai également apprécié le rapprochement intellectuel via le goût de la littérature et de l’écriture et la tentative d’émancipation féminine avant que tout bascule. Pour prolonger ma lecture, j’ai prévu de regarder le film de 1964.

C’est également une participation pour le Challenge 2025 sera classique, le thème de juillet étant les classiques indiens.

Pour d’autres avis sur ce roman: Hilde (IG), Lou, Ewa (IG) et Books&City (IG).

Participation #6 Challenge Les Étapes Indiennes 2025 de Hilde #LC

Participation #8 Challenge 2025 sera classique aussi! de Nathalie #Roman indien

Participation #21 (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Inde

 

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