Étiquette : littérature danoise

Au fil des pages avec Miséricorde (T1)

J’ai lu Miséricorde de Jussi Adler-Ossen (éd. Le Livre de Poche, janvier 2013, 528 pages), le premier tome des Enquêtes du département V et dont j’avais regardé, l’été dernier, son adaptation en série télévisée: Département Q, Les Dossiers oubliés qui transpose, dans la première saison, ce premier tome à Édimbourg. Dans ce premier tome, après une intervention qui a mal tourné quelques mois plus tôt, Carl Mørck a bien des difficultés à reprendre son métier de policier, refusant toute aide psychologique. Face à son caractère insupportable, le voici promu à la tête du Département V afin d’élucider des affaires non résolues, sans véritable équipe ni locaux adaptés puisqu’il se retrouve dans les sous-sols du commissariat avec pour seul assistant Hafez el Assad, réfugié syrien et homme à tout faire qui se révèle plein de ressources. Ils vont alors s’intéresser au cas de Merete Lyyngaard, une jeune femme qui incarnait l’avenir politique du Danemark et qui a disparu, cinq ans plus tôt en 2002, sans que son corps n’ait été retrouvé et laissant derrière elle son frère cadet, Oluf. Que lui est-il arrivé? 

Le récit alterne entre le passé avec la séquestration de Merete Lyyngaard (et ses terribles conditions de détention) et le présent avec la reprise de l’affaire par Carl Mørck et Hafez el Assad, duo improbable et qui s’avère bien plus efficace que leurs prédécesseurs qui ont eu à connaître de cette disparition. Carl est un flic blasé et qui culpabilise de la façon dont il a réagi lors de la fusillade qui a grièvement blessé l’un de ses collègues et ami et tué un autre. Sa vie personnelle est également chaotique, séparée de sa femme tout en élevant son beau-fils adolescent. On se demande bien comment il arrivera à résoudre cette enquête tant il semble démotivé. Heureusement, il peut compter sur Hafez dont le passé reste bien mystérieux et qui est bien plus aimable que Carl, en particulier avec les femmes. Comme nous lecteur nous savons déjà que Merete est toujours en vie, le ressort dramatique repose surtout sur la découverte des indices qui vont leur permettre de retrouver sa trace, sous fond de rivalités policières et d’enjeux politiques. Sera-t-elle encore en vie à ce moment-là? Qui peut bien vouloir la séquestrer depuis autant de temps?

Ma lecture a été fortement biaisée par le fait que j’avais regardé la première saison de la série qui reprend la même structure narrative et que je savais donc tous les tenants et aboutissants de cette première enquête. J’ai d’ailleurs plus apprécié la série que ce premier tome, en particulier au niveau des personnages (surtout celui de Carl que j’ai trouvé bien trop fumiste et sexiste dans le roman) même s’il y a quelques libertés prises qui apportent plus de profondeur et de cohérence dans la série. La série britannique comporte pour le moment une première saison de 9 épisodes et est diffusée depuis mai 2025 avec dans les rôles-principaux Matthew Good (Carl Morch), Chloe Pirrie (Merritt Lingard devenue procureure et non plus femme politique), Alexej Manvelof (Akram Salim) et Leah Byrne (Rose Dickson). Un très bon moment de visionnage avec la série et un bon moment de lecture avec ce premier tome! J’hésite à lire le tome suivant, Profanation, une seconde saison étant annoncée. 

Au passage, je valide la case « Vengeance » du bingo meurtrier du challenge Un hiver Polar 2026.

Pour d’autres avis: Marine (pour la série) et Eimelle (pour le roman).

Participation #9 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller

Au fil des pages avec La fille sans peau

Pour la lecture commune du 10 février 2026 proposée par Alexandra dans le cadre de son challenge Un hiver polar 2026, j’ai lu le premier tome d’une trilogie, La fille sans peau de Mads Peder Nordbo (éd. Actes Sud, janvier 2020, 380 pages), un roman policier contemporain – un arctic noir – se déroulant au Groenland. En août 2014, Matthew Cave, un journaliste récemment arrivé à Nuuk est dépêché par son journal pour couvrir un événement hors du commun: la découverte d’une momie qui serait celle d’un Viking et permettrait d’en savoir plus sur les premiers colons de l’île. Mais dès le lendemain, le corps momifié a disparu et le policier en charge de sa sécurité a été retrouvé mort éviscéré comme un phoque. Et si tout cela avait un rapport avec des affaires non résolues avec le même modus operandi survenues en novembre 1973, les quatre victimes étant des pères incestueux? Le jeune homme pourra-t-il faire confiance à Tupaarnaq, une jeune femme entièrement tatouée et récemment libérée de prison après avoir purgé une peine de 12 ans pour le quadruple meurtre de sa famille? Que lui révélera le journal du policier, Jakob Petersen ayant enquêté en 1973 qu’on lui a confié?

Même si certains aspects sont particulièrement glauques et glaçants, le tout reste pourtant confus et sans véritables explications, et même de moins en moins crédible plus l’enquête du journaliste avance. Comme il s’agit d’un premier tome d’une trilogie et donc comme tout tome introductif, l’auteur laisse en suspens certaines intrigues secondaires pour sans doute y revenir plus tard dans les tomes suivants comme le passé du père de Matthew, un militaire américain disparu dans les années 90 ou celui de Tupaarnaq qui n’a pas tout révélé de son histoire… Il y a plusieurs pistes de réflexion et d’hypothèses qui restent très superficielles, avec deux enquêteurs, à 41 ans d’intervalle, qui m’ont paru un peu trop similaires dans leur attitude.

D’autre part, cette surenchère de violence sordide m’a paru inutile tant elle n’a, au fond, que peu d’incidences sur les raisons des meurtres perpétrés si ce n’est, à appuyer, sur la nature « méprisable » des Groenlandais, affichant un racisme qui m’a déplu (pauvreté chez les autochtones rimant avec alcoolisme, violences et inceste). Pêle-mêle, il y est ainsi question d’inégalités et discriminations sociales entre Inuits et Danois, d’inceste, de pauvreté, de misère sociale, d’expérimentations médicales, d’enjeux politiques autour de l’autonomie de l’île, de chasse aux phoques, de corruption, de disparitions d’enfants…

J’ai regretté que ces thèmes n’aient pas été abordés de façon plus poussée et réaliste, en particulier l’impact des politiques danoises sur la population autochtone par exemple avec des déplacements forcés pour les sédentariser et les campagnes de stérilisation forcée… Une lecture très mitigée et qui ne m’a pas donné envie de lire la suite, même si le tome 2, Angoisse glaciale est disponible à ma médiathèque et que le troisième tome, La femme au masque de mort n’a pas encore été traduit en français.

Au passage, je valide la case « Tueur en série » du bingo meurtrier du challenge Un hiver Polar 2026.

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Alexandra (plus enthousiaste que moi), Athalie (déçue), Line (qui a réussi à aller au bout de sa lecture malgré la dureté du roman), Anne-yes

Participation #6 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #LC

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