Étiquette : démon

Au fil des pages avec Lubie

Attirée par la magnifique illustration de couverture, j’ai emprunté à la médiathèque Lubie de Frédéric Clément (éd. Albin Michel Jeunesse, 2012), un album jeunesse à partir de 8 ans et sous-titré Le peintre des fleurs et son grain de folie. L’auteur-illustrateur s’inspire de la vie du peintre flamand, Jan Brueghel (1568/1625).

 Orphelin depuis ses 10 ans et élevé par sa grand-mère qui l’initie à l’aquarelle, le jeune peintre arrive enfin, en ce début du XVIIe siècle, à vivre de son art, son talent désormais reconnu comme ce fut le cas auparavant pour son père, l’illustre peintre Pieter Brueghel. Il se remémore alors les années passées au cours desquelles il n’arrivait pas à vendre ses peintures et à trouver les bons pigments de couleur à utiliser pour ses natures mortes, en particulier le rouge.

En effet, chaque année, à son anniversaire et aux premiers coquelicots de l’été, Lubie, une petite démone revient le hanter et le pousse à utiliser le pot de peinture rouge « sang-dragon » offert par son défunt père. Mais à chaque fois, Jan utilise un autre rouge, bien trop fade, acheté auprès de la petite marchande de couleurs du tableau de son père, Jeux d’enfants (1560). Et si seul le rouge « sang-dragon » permettait de faire exploser le talent du peintre – son petit grain de folie?

 Il y est question de création artistique, de tâtonnement et de persévérance du peintre dans son processus créatif, en particulier du choix de la couleur utilisée et de la difficulté de Jan Brueghel de trouver sa propre cohérence artistique et de se démarquer de son héritage paternel. Lubie, la petite démone, personnifie à merveille ce souffle créatif en murmurant à l’oreille du peintre et en le poussant dans ses derniers retranchements pour produire une œuvre d’art.

J’ai bien apprécié les illustrations – mélange de photographies de Vincent Tessier, de peintures à l’huile et de mises en scène avec des petits objets comme des fleurs ou fruits séchés, insectes morts ou bien encore pigments de couleur… Frédéric Clément a reproduit avec poésie et minutie la peinture baroque flamande, en particulier les natures mortes de fleurs du XVIIe siècle. Il se dégage des illustrations à la fois une austérité et une poésie fantasque dans un jeu d’ombres et de lumières captivant. Un très bon moment de lecture!

Participation #82 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #France

Au fil des pages avec Entre neige et loup

Déjà en janvier 2020 puis encore cette année, en février, j’ai lu Entre Neige et Loup d’Agnès Domergue et Hélène Canac (éd. Jungle, 2019), une BD jeunesse à partir de 7 ans. Je ne prends qu’aujourd’hui le temps d’en parler dans un billet, tout en ayant pris plaisir à le relire une nouvelle fois – une lecture un peu différente car empreinte de tout ce que j’ai pu lire ces dernières semaines sur le folklore japonais et faisant ainsi résonner plus distinctement l’épigraphe de la BD, un célèbre haïku de Matsuo Bashô.

Élevée par son père, Lila vit cloitrée dans sa maison, sur une île enneigée. Depuis son plus jeune âge, son père la protège d’une malédiction et d’un démon. Un jour qu’il s’absente plus longuement, Lila l’imagine déjà prisonnier du démon et décide de partir à sa recherche. Accompagnée de son chat Bambou et de ses deux grenouilles, Mochi et Moshi, la jeune fille découvre alors une forêt endormie sous la neige, peuplée de jizos énigmatiques et d’un loup blanc. Et si en retrouvant son père elle en apprenait plus sur sa mère?

L’histoire, certes classique, est poétique, douce et d’une candeur enfantine, notamment dans la relation de Lila avec ses animaux de compagnie et dans sa découverte du monde. Les magnifiques illustrations d’Hélène Canac accompagnent à merveille la quête initiatique de la jeune héroïne, intrépide et courageuse, qui se découvre des dons magiques. La recherche de son père lui permettra, en effet, de se souvenir de sa petite enfance avec sa mère et d’en apprendre plus sur l’identité du démon. Son parcours n’est pas sans embûches et est fait de rencontres avec des jizos parlant en haïkus. Nous sommes ainsi plongés dans le monde de l’enfance empreint du folklore japonais et rempli de mystères, de magie et de Yokaï avec même un Totoro en arrière-plan d’une case.

Sous une intrigue fantastique, il est aussi question, au travers de la relation parent/enfant, du fait de grandir pour un enfant et pour le parent de l’accompagner dans cette autonomie avec son lot d’erreurs et de succès tant pour l’enfant que pour le parent. Un très bon moment de lecture avec cette BD jeunesse fantastique qui ravira les jeunes lecteurs!

Pour d’avis sur cette BD jeunesse: Chicky Poo et Hilde.

Participation #21 Un mois au Japon 2021 de Hilde et Lou #BD jeunesse

challenge 2021 lire au féminin

Participation #27 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Autrices/Illustratrices européennes

Challenge Petit Bac d’Enna #9 Catégorie Météo: « Neige »

Participation #40 au Challenge Contes & Légendes 2021 de Bidib

Participation #49 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine de Bidib et Fondant

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