Étiquette : chantage (Page 1 of 2)

Au fil des pages avec L’homme sous l’orage

J’ai lu L’homme sous l’orage de Gaëlle Nohant (éd. L’Iconoclaste, août 2025, 350 pages), un roman historique se déroulant au cours de l’hiver 1917, dans un riche domaine viticole de l’arrière-pays catalan, dans les Pyrénées, loin du Front qui s’enlise. Un soir d’orage, un visiteur demande asile à Isaure Saurel qui le congédie sèchement, malgré les liens autrefois partagés quand, avant la guerre, il était un peintre reçu au domaine. Prise de compassion pour ce déserteur, sa fille Rosalie, âgée de 19 ans, va le cacher, à l’insu de toute la maisonnée, dans le grenier. La présence de cet étranger n’est-il pas un trop grand risque encouru?

Le récit se lit très facilement et reste bien prévisible avec quatre personnages principaux déjà lus et relus dans un huis-clos qui fonctionne pourtant bien sous fond de quête de libertés, de dilemmes moraux et de vies brisées en temps de guerre: Isaure, la figure maternelle austère, digne et qui aspire à faire vivre le domaine viticole, son mari et son fils étant sur le Front, l’ingénue Rosalie et sa découverte du désir et des premiers émois amoureux, Théodore le déserteur qui n’a plus réussi à supporter les horreurs et absurdités de la guerre commises à Verdun et qui retrouve goût à la peinture et à la vie et Marthe, l’une des bonnes qui y voit l’occasion, par le chantage, d’avoir une vie meilleure, elle qui rêve d’une vie parisienne comme vendeuse élégante dans les Grands Magasins.

A la lecture de la quatrième de couverture qui mentionne « une jeune fille » comme une grande partie du roman, je pensais, à tort que c’était une enfant qui faisait le choix de cacher un déserteur et non une jeune femme (même si à l’époque la majorité était à 21 ans). Cela a biaisé mon attente du roman que j’avais repéré à sa parution, lors de la rentrée littéraire 2025.

Il y est ainsi question de la condition de la femme et d’émancipation féminine au cours de la Première Guerre mondiale, d’honneur et de lâcheté, du sort des blessés de guerre soignés à l’arrière, de chantage, du poids de la religion… J’ai apprécié qu’il n’y ait pas de jugement porté sur les personnages, chacun tentant de survivre comme il le peut, nécessité faisant loi. Il y est aussi question d’Art, de création artistique mise à mal par la guerre.

Un bon moment de lecture qui aurait pu s’arrêter avant les chapitres se déroulant plus tard et l’épilogue bien trop heureux voire mièvre à mon goût! J’aurai préféré une fin ouverte, la venue de ce déserteur restant alors une parenthèse émancipatrice à l’instar de ces femmes et/ou mères de soldats qui ont pu s’affirmer le temps de la guerre malgré la douleur de leur absence et l’angoisse de la perte et qui sont retournées à leur « place d’avant » à leur retour, sur les injonctions patriarcales et religieuses de la société!

Pour un autre avis sur ce roman: Nathalie (bien plus enthousiaste que moi). 

Participation #2 Challenge Pages de la Grande Guerre 2026 de Nathalie #La vie à l’arrière

Au fil des pages avec Le secret de Briar’s Hall (T4)

J’ai lu, en e-book, Le secret de Briar’s Hall, une enquête de Loveday & Ryder de Faith Martin (éd. Harper Collins, juin 2021, 285 pages), le tome 4 de cette série « cosy mystery » se déroulant à Oxford, en avril 1961. Au cours de la chasse aux œufs de Pâques organisée pour les enfants du village sur la propriété de Briar’s Hall, un des enfants, Eddie Proctor âgé de 11 ans, disparaît. Son corps est retrouvé dans un puits. Est-ce vraiment un accident tragique? A la demande du propriétaire du manoir, Martin de Lacey, le Dr Clement Ryder est autorisé à rouvrir l’enquête assistée de la jeune stagiaire de police, Trudy Loveday. Qui aurait voulu s’en prendre à la victime dont le père est un des ouvriers agricoles du domaine et qui était un ami d’Emily de Lacey, la fille du propriétaire, les deux enfants s’amusant à jouer aux espions sur la propriété? Et si leurs jeux d’enfants avaient mal tournés? 

J’ai apprécié retrouvé ce duo d’enquêteurs sur une enquête plus complexe qu’ils ne le pensaient. Arriveront-ils à démêler le vrai du faux tout en surmontant leurs problèmes personnels? Que cache l’hostilité de la gouvernante, Mme Roger qui les tient loin de la jeune Emily? Doivent-ils également regarder du côté de la rivalité entre Martin de Lacey et son cousin Oliver, professeur à l’université d’Oxford enseignant dans le domaine du nucléaire, les deux courtisant la même jeune femme, Melle Chandler, une riche héritière américaine? 

Derrière l’enquête qui prend son temps, on découvre un peu plus la société anglaise des années 60, notamment à travers la condition de la femme, l’homosexualité (Trudy restant bien naïve sur ce sujet) ou l’arrivée des postes de télévision au sein des foyers, le programme nucléaire en pleine Guerre froide… Mais j’ai trouvé que l’autrice s’épanchait un peu trop à mon goût sur les craintes du Dr Ryder autour de sa maladie de Parkinson ou sur les réticences des parents de Trudy à la voir exercer son métier de policière plutôt que de se marier avec son ami d’enfance, Brian. Malgré leur amitié et le respect mutuel, ni le Dr Ryder ni Trudy n’ose se confier l’un à l’autre. Le feront-ils dans les prochains tomes? Encore une lecture bien agréable! Je lirai la suite en espérant que l’intrigue soit plus prenante que celle-ci.

Participation #12 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Cosy mystery

Au fil des pages avec Le Magnat

Pendant le RAT Holi du week-end dernier, j’ai lu, en e-book, Le Magnat de Vish Dhamija (éd. Mera, avril 2024, 353 pages), un thriller judiciaire indien contemporain. Prem Bedi, surnommé « Le Magnat », âgé de 53 ans et amateur de golf, est accusé par Manish Desai, le beau-frère de son ex-femme, Rea dont il est divorcé depuis 12 ans de l’avoir assassinée, elle et son nouveau mari, Mahesh Desai. Toutes les preuves le désignent coupable. Alors que s’est-il passé la nuit de ce double meurtre? Un cambriolage qui a mal tourné? Une vengeance de Prem si longtemps après un divorce houleux? Et quel serait le mobile? L’argent d’une assurance-vie alors qu’il est déjà si riche et si puissant? Lui qui apparaît si impassible pendant l’enquête puis le procès et qui a choisi un jeune Avocat sans véritable expérience, contrairement à Manish qui se cache derrière la figure éplorée du frère endeuillé tout en tentant de tirer les ficelles à son avantage. Est-ce l’œuvre d’un concurrent de Prem afin de nuire à ses affaires prospères? 

Les chapitres alternent les points de vue des différents personnages à la première personne du singulier. J’ai apprécié la façon dont on se met en branle une fois le double meurtre découvert, le rôle de chacun des personnages participant à l’enquête et la façon dont l’auteur décrit les mécanismes et rouages judiciaires: le commissaire adjoint Ranjeet Dutta, le policier en charge du dossier et le commissaire Mathur, son supérieur hiérarchique corrompu, le frère et future partie civile malhonnête et opportuniste qui y gagnerait si Prem était condamné, Gajpati Apte le procureur carriériste à l’origine de l’ouverture du procès, le juge Chowdhary d’un côté et de l’autre, l’entourage de Prem: Tej Malhotra, son ami et associé qui ne peut s’empêcher d’être inquiet, son avocat Rohan Malhotra qui est convaincu de son innocence, sa cousine Veena et Prem lui-même.

Cela met bien en évidence le fait que la vérité judiciaire n’est pas la Vérité, le doute profitant à l’accusé et la charge de la preuve incombant à l’accusation. Entre manipulations, intrigues et fausses apparences, le doute est-il vraiment permis? A travers ce procès judiciaire et médiatique qui permettra ou non d’innocenter Prem, il y est ainsi question de critique du système judiciaire indien: corruption au sein de la police indienne, d’impunité des puissants, de la couverture médiatique des procès… Il y est d’ailleurs surtout affaire d’hommes dans ce roman, le regard porté sur les femmes étant peu flatteur. 

Mais l’ensemble reste très prévisible et peu original, tant on se doute bien de l’identité du coupable et quand on connaît les ressorts judiciaires d’un procès. Cela m’a d’ailleurs fait penser au fait qu’il arrive très fréquemment en matière de grand banditisme ou de trafics de drogue qu’un Avocat commis d’office soit choisi par le mis en cause au moment de son placement en garde à vue afin de garder l’apparence de respectabilité et de novice en matière criminelle, même si personne n’est dupe. Une lecture qui se lit facilement mais en demi-teinte! Toutefois, je lirai quand même Au nom de la justice, en espérant qu’il n’y ait pas un problème de traduction comme ici avec des coquilles et mots manquants à de trop nombreuses reprises et au style bien trop sommaire. 

Petit aparté judiciaire: Dans ce roman, on est tellement loin de la procédure pénale applicable en France que je n’ai pas réussi à croire à cette enquête, tant j’ai été parasitée par ce qui se fait en France: procédure inquisitoire et non accusatoire comme en Inde, ce qui a des conséquences bien différentes sur le régime de la preuve, notamment au regard du principe du contradictoire au stade de la phase d’instruction puis en cas de renvoi, du procès d’assises et même si l’auteur insiste sur la corruption au sein de la Justice indienne. Dans sa note finale, l’auteur apporte quelques éclaircissements sur les sources légales et juridiques qui l’ont conduit à imaginer ce roman. J’ai ainsi vu en essayant de les retrouver sur Internet qu’une réforme d’envergure avait eu lieu en Inde en 2024 en modernisant entre autres le Code pénal et le système de la preuve issue de la colonisation britannique et du droit commun de la Common Law. 

Participation #6 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Thriller judiciaire

Participation #11 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller judiciaire indien

Au fil des pages avec Celui qui ment le premier

J’ai lu Celui qui ment le premier d’Ashley Elston (éd. Actes Sud, septembre 2025, 400 pages), un roman contemporain d’espionnage. Sur les ordres de son mystérieux et redoutable employeur, M. Smith, une jeune femme se voit confier comme nouvelle mission de se rendre en Louisiane et d’enquêter sur Ryan Sumner, un célibataire de 30 ans et ses activités illégales. Le temps de sa mission, elle devient sa petite amie sous l’identité d’Evie Porter, au point parfois d’oublier que sa relation de couple est un mensonge et que tout est faux et ne pourra durer. Mais un jour, elle se retrouve face à une femme qui lui ressemble étrangement et qui se présente sous sa véritable identité – Lucca Marino – qu’elle a tenu à garder secrète depuis plus de 10 ans. Serait-ce M. Smith ou Ryan qui aurait envoyé cette jeune femme la surveiller? Qui manipule qui? Sa mission est-elle compromise alors qu’aucun échec ne lui serait permis? Sa vie serait-elle en danger? 

Le roman alterne entre flashbacks dans le passé délinquantiel de l’héroïne et le présent auprès de sa nouvelle mission pas vraiment légale, entretenant le suspense au point que je voulais connaître la fin. En effet, au fil des chapitres, je me suis plus laissé emporter par l’intrigue entre faux-semblants et trahisons, me demandant surtout comment l’autrice (et non l’héroïne) allait donner du sens à tous ces mensonges et retournements de situation, tant chaque chapitre dans le passé enfonçait davantage Evie dans sa fausse identité. Un bon moment de lecture dans l’ensemble qui m’a autant diverti qu’un petit (télé)film d’espionnage, même s’il y a des facilités scénaristiques ou invraisemblances comme son amitié avec Devon (qui lui permet de venir à bout de nombreuses situations sans que la vie de son ami ne soit inquiété par Mr Smith) ou l’happy-end un peu trop mielleux à mon goût!

Participation #3 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller d’espionnage

Au fil des pages avec La maîtresse de Bhatia House (T4)

J’ai lu la quatrième enquête de Perveen Mistry, La maîtresse de Bhatia House de Sujata Massey (éd. Charleston, septembre 2025,  560 pages), un roman policier se déroulant à Bombay, en été 1922, peu de temps avant le début des pluies de mousson. Sa belle-sœur venant d’accoucher d’une petite fille, Perveen se charge d’apporter son don lors d’une levée de fonds en vue de la construction d’un hôpital pour femmes et organisée au domicile de la famille Bhatia, une riche famille gujaratie dont le patriarche, Sir Dwarkanath a fait fortune dans la pierre de construction et vivant à Ghatkopar, en dehors de Bombay. Mais lors de la réception, un incident se produit: les vêtements du petit-fils et héritier de la famille Bhatia prennent feu. Le jeune garçon est sauvé par son ayah, Sunanda. Mais le lendemain, Perveen est surprise de la découvrir parmi un groupe d’individus arrêtés, la jeune femme de 20 ans étant accusée d’avoir bu une tisane censée provoquer un avortement. La procédure lui paraît inhabituelle d’autant que le plaignant à l’origine de son arrestation est introuvable. Pourra-t-elle prouver l’innocence de Suranda?

J’ai apprécié retrouvé Perveen Mistreen, juriste et associée dans le cabinet d’Avocat de son père, qui se retrouve une nouvelle fois mêlée à une affaire de complots et d’enjeux familiaux et politiques qui mettent sa vie en danger. En voulant aider la jeune ayah, la jeune femme se retrouve à enquêter sur une précédente réception de la famille Bhatia, un empoisonnement, des faits de corruption, un incendie volontaire… Pourquoi s’en est-on pris à Suranda? Quelle information si importante détient-elle sans le savoir?

J’ai trouvé l’enquête mieux ficelée que dans le tome précédent avec de multiples ramifications qui touchent au fonctionnement même de la société indienne de l’époque. Nous découvrons le Bombay cosmopolite et patriarcal des années 20, sous domination britannique, avec les communautés parsie, gujaratie ou juive avec le personnage Miriam Penkar, première femme gynécologue et choisie pour être directrice du futur hôpital pour femmes. Il y est ainsi question de la condition de la femme, de ses droits, de sa place dans la société (maternité, criminalisation de l’avortement, accès aux soins et à la Justice en cas de violences faites aux femmes, dépression post-partum, émancipation…), de corruption, de chantage, d’inégalités sociales au sein d’une Inde marquée par l’expansionnisme britannique se heurtant aux États princiers, d’hypocrisie…

Perveen est toujours tiraillée entre les conventions sociales et familiales et ses aspirations d’émancipation féminine, tant sur le plan professionnel que privé. Elle ne peut toujours pas exercer pleinement comme Avocate pour défendre Sunanda au point de ne pas respecter, au départ, toutes les règles déontologiques de sa profession et pouvant mettre à mal sa réputation et celle de sa famille. Elle doit aussi taire ses sentiments à l’égard de Colin Sandringham, leur relation mixte se faisant en secret, ce dernier ayant tout quitté pour rejoindre Perveen. Un bon moment de lecture avec cette nouvelle enquête, malgré quelques longueurs et même si j’ai parfois trouvé le ton et des réflexions de Perveen un peu trop modernes pour l’époque! Je serai au rendez-vous pour le tome 5.

Participation #9 Challenge Les Étapes Indiennes 2025 de Hilde #Indes britanniques

Challenge Petit Bac d’Enna #4 Catégorie Métier: « Maîtresse »

Participation # (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #États-Unis

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