Étiquette : adultère (Page 1 of 4)

Au fil des pages avec La dame au petit chien

En lecture commune avec Nathalie et Isabelle, j’ai lu La dame au petit chien d’Anton Tchekhov (éd. Le Livre de Poche, rééd. juin 2025, 30 pages), une nouvelle russe parue pour la première fois en décembre 1899 et se déroulant à Yalta avec la liaison entre Dmitri Dmitrich Gourov, un banquier moscovite de moins de quarante ans et Anna Serguéievna von Diederitz, âgée de 25 ans et vivant à Saint-Pétersbourg, la « dame au petit chien », un loulou blan, tous deux mariés. Et si une liaison sans lendemain ne l’était finalement pas?

On y suit avant tous les conséquences de cette liaison du point de Gourov qui contre attente se retrouve à « aimer » pour la première fois de sa vie alors qu’il ne pensait à vivre une énième liaison frivole, s’amusant de séduire des femmes pour mieux les rejeter. J’ai apprécié le style d’écriture et lire cette nouvelle sur une histoire pourtant maintes et maintes fois lue et dont j’ai apprécié tourner les pages. Une vie est-elle possible entre ce séducteur repenti et cette jeune femme malheureuse en ménage? Un très courte nouvelle avec une fin très ouverte! On peut s’imaginer une fin plus cynique, un coureur de jupon prix à son propre piège et rejetée par la jeune femme ou une nouvelle vie à deux, l’amour triomphant…

* * *

Puis j’ai lu la seconde nouvelle, plus longue, de mon édition et parue pour la première fois en 1894: Au royaume des femmes (58 pages), lors d’un Noël vécu par Anna Akimovna, une riche héritière et orpheline d’une usine sidérurgique, âgée de 25 ans et célibataire, victime du syndrôme de l’imposteur, ne se sentant ni à sa place à la tête de l’usine qu’elle a héritée et se sentant profondément seul, au point d’envisager un de ses salariés, Piménov.

La jeune femme est touchante et finalement profondément humaine, rêvant à un mariage d’amour et les moyens d’être à la hauteur de ses nouvelles responsabilités qui la terrifie, se cachant derrière l’image d’une généreuse bienfaitrice. Elle se sent terriblement seule, même en cette période de Noël, les gens défilant chez elle pour lui présenter ses vœux et obtenir leurs étrennes.

On retrouve également dans cette nouvelle la question sur l’amour et sur le sens de la vie. Un bon voire très moment de lecture également même si l’auteur laisse le lecteur avec autant de peu de réponses que l’héroïne sur son futur! J’ai apprécié ce personnage féminin, « une femme fin de siècle ». Comme surmontera-t-elle sa nature pusillanime et être plus audacieuse? Parviendra-t-elle à gérer l’usine? Finira-t-elle par se marier par amour? Ou se fera-t-elle abuser par un mari qui dilapidera sa fortune ou par des salariés, comme le directeur de l’usine corrompu? Cela m’a donné envie de lire d’autres écrits « tranches de vie » de Tchekhov. 

Pour d’autres avis sur La dame au petit chien: Nathalie et Isabelle

Participation #2 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #nouvelles russes (1899 et 1894)

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Animal: « Chien »

Participation #13 Challenge il était 13 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #Nouvelle

Participation #11 Challenge Christmas Time 2025 de MyaRosa #Nouvelle

Participation #1 Le Mois Russe 2025 de Bianca #Nouvelle

Au fil des pages avec La maîtresse de Bhatia House (T4)

J’ai lu la quatrième enquête de Perveen Mistry, La maîtresse de Bhatia House de Sujata Massey (éd. Charleston, septembre 2025,  560 pages), un roman policier se déroulant à Bombay, en été 1922, peu de temps avant le début des pluies de mousson. Sa belle-sœur venant d’accoucher d’une petite fille, Perveen se charge d’apporter son don lors d’une levée de fonds en vue de la construction d’un hôpital pour femmes et organisée au domicile de la famille Bhatia, une riche famille gujaratie dont le patriarche, Sir Dwarkanath a fait fortune dans la pierre de construction et vivant à Ghatkopar, en dehors de Bombay. Mais lors de la réception, un incident se produit: les vêtements du petit-fils et héritier de la famille Bhatia prennent feu. Le jeune garçon est sauvé par son ayah, Sunanda. Mais le lendemain, Perveen est surprise de la découvrir parmi un groupe d’individus arrêtés, la jeune femme de 20 ans étant accusée d’avoir bu une tisane censée provoquer un avortement. La procédure lui paraît inhabituelle d’autant que le plaignant à l’origine de son arrestation est introuvable. Pourra-t-elle prouver l’innocence de Suranda?

J’ai apprécié retrouvé Perveen Mistreen, juriste et associée dans le cabinet d’Avocat de son père, qui se retrouve une nouvelle fois mêlée à une affaire de complots et d’enjeux familiaux et politiques qui mettent sa vie en danger. En voulant aider la jeune ayah, la jeune femme se retrouve à enquêter sur une précédente réception de la famille Bhatia, un empoisonnement, des faits de corruption, un incendie volontaire… Pourquoi s’en est-on pris à Suranda? Quelle information si importante détient-elle sans le savoir?

J’ai trouvé l’enquête mieux ficelée que dans le tome précédent avec de multiples ramifications qui touchent au fonctionnement même de la société indienne de l’époque. Nous découvrons le Bombay cosmopolite et patriarcal des années 20, sous domination britannique, avec les communautés parsie, gujaratie ou juive avec le personnage Miriam Penkar, première femme gynécologue et choisie pour être directrice du futur hôpital pour femmes. Il y est ainsi question de la condition de la femme, de ses droits, de sa place dans la société (maternité, criminalisation de l’avortement, accès aux soins et à la Justice en cas de violences faites aux femmes, dépression post-partum, émancipation…), de corruption, de chantage, d’inégalités sociales au sein d’une Inde marquée par l’expansionnisme britannique se heurtant aux États princiers, d’hypocrisie…

Perveen est toujours tiraillée entre les conventions sociales et familiales et ses aspirations d’émancipation féminine, tant sur le plan professionnel que privé. Elle ne peut toujours pas exercer pleinement comme Avocate pour défendre Sunanda au point de ne pas respecter, au départ, toutes les règles déontologiques de sa profession et pouvant mettre à mal sa réputation et celle de sa famille. Elle doit aussi taire ses sentiments à l’égard de Colin Sandringham, leur relation mixte se faisant en secret, ce dernier ayant tout quitté pour rejoindre Perveen. Un bon moment de lecture avec cette nouvelle enquête, malgré quelques longueurs et même si j’ai parfois trouvé le ton et des réflexions de Perveen un peu trop modernes pour l’époque! Je serai au rendez-vous pour le tome 5.

Participation #9 Challenge Les Étapes Indiennes 2025 de Hilde #Indes britanniques

Challenge Petit Bac d’Enna #4 Catégorie Métier: « Maîtresse »

Participation # (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #États-Unis

Au fil des pages avec Mon mari

J’ai lu Mon Mari de Maud Ventura (éd. L’Iconoclaste, août 2021, 355 pages), le premier roman de l’autrice après avoir lu, en mars dernier, son second, Célèbre. La narratrice, âgée de 40 ans nous parle de son mari depuis 15 ans et de la façon dont elle vit leur relation au quotidien. Son mari passe avant tout et est le centre de son être. Elle se dit passionnément amoureuse au point que cela soit un problème pour elle: elle ne cesse de décortiquer leur moindre interaction, fait et geste, de peur de le perdre à tout instant. Cet amour est-il encore réciproque? Sa vie de famille semble, pourtant, vu de l’extérieur, parfaite, à tout le moins, accomplie: un double emploi de professeur d’anglais et de traductrice pour une maison d’édition, un mari aimant et attentionné et mère de deux enfants. Elle se raconte sur une semaine de leur vie. Serait-ce la dernière avant qu’il ne la quitte réellement? 

Dès les premières pages et sur un ton aussi ironique et grinçant que son second roman, on sent que quelque chose n’est pas sain et ne tourne pas rond pour la narratrice dont on ignorera jusqu’à la fin son prénom tout comme celui de son mari. Contrairement à ce que laisse penser l’illustration de couverture vintage (très année 50/60), cette quadragénaire semble loin de l’image douce et docile d’une épouse modèle qui veut plaire à son mari. Ne dit-on pas « qui aime bien châtie bien »? Cette fois, il est question d’obsession amoureuse, de dépendance affective, d’amour maladif conduisant aux portes de la folie, de la jalousie, le point de bascule entre amour et haine pouvant se rompre à tout moment. Son amour pour son mari ne vire-t-il pas, en effet, à la folie? 

J’ai, une nouvelle fois, apprécié le style d’écriture de l’autrice ainsi que le portrait psychologique sans concessions de la vie de couple qu’elle dresse.  Au fil des pages, le malaise s’installe et la tension monte, chaque jour de la semaine étant associée à une couleur et à une myriade d’émotions qui la submergent tantôt de joie, de tristesse, de jalousie, de peur, de doutes, de surveillance et de punitions… Mais qui manipule qui? Peut-on véritablement parler d’amour dans cette relation de couple basée sur un rapport de force toxique? Un bon voire très bon moment de lecture avec ce roman domestique, proche d’un thriller psychologique sans l’être vraiment et à l’épilogue surprenant! 

Pour d’autres avis sur ce roman: Nathalie et Enna (en version audio).

 

Au fil des pages avec La mort en face

J’ai lu, en e-book, La mort en face d’Antonio Lanzetta (éd. Mera Editions, novembre 2024, 262 pages), un roman policier contemporain avec une touche de paranormal se déroulant à Salerne et sous-titré « La folie cache parfois de sombres vérités », pour une lecture commune facultative proposée par Eimelle dans le cadre d’Un mois en Italie 2025. Le corps sans vie d’Elena, une étudiante de 19 ans, est retrouvée sur une plage de Salerne. Le commissaire Massimo Trotta est chargé de l’enquête. Il fait appel à Lidia Basso, psychologue, professeure de psychologie à l’université et consultante auprès de la police. Les deux se considèrent comme frère et sœur depuis qu’ils ont été confiés enfants à la même famille d’accueil. Leur enquête les conduit auprès d’un adolescent de 17 ans, Matteo, placé dans un établissement pédopsychiatrique depuis 10 ans, après avoir survécu à la « ferme de l’horreur » et qui dessine, depuis le soir du meurtre, la jeune femme assassinée. Les deux affaires seraient-elles liées?

Je ne m’attendais pas à l’aspect paranormal de l’enquête qui apparaît pourtant dès le premier chapitre et qui m’a fait penser à un mélange entre Sixième Sens et Le Silence des Agneaux. Le roman alterne les points de vue entre le garçon (réalité ou cauchemars?) et Lidia. Les courts chapitres addictifs s’enchaînent, nous plongeant dans le passé sombre, violent, douloureux et traumatique de chacun des protagonistes.  Il y est ainsi question de maladies mentales, de violences intrafamiliales, de résilience, de maltraitance… Un bon moment de lecture dans l’ensemble sous fond de parapsychologie même si j’ai trouvé que la fin ouverte ne répondait pas à toutes les questions laissées en suspens et était un peu précipitée! Peut-être le début d’une nouvelle série policière avec ce duo d’enquêteurs.

Pour d’autres avis sur ce roman policier: Eimelle.

Participation #4 Le Mois Italien 2025 d’Eimelle #LC

Participation # (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Italie

Challenge Petit Bac d’Enna #4 Catégorie Crimes et Justice: « Mort »

Au fil des pages avec Le vent passe et la nuit aussi

J’ai lu Le vent passe et la nuit aussi de Milena Agus (éd. Liana Levi, janvier 2025, 176 pages), un court roman d’apprentissage se déroulant à Cagliari, en Sardaigne, pour une lecture commune facultative proposée par Eimelle dans le cadre d’Un mois en Italie 2025. Cosima, une lycéenne, « littérature » sa vie, revendiquant le droit de rêver, prenant pour précepte les propos de sa professeure de littérature. Elle enchante ainsi son quotidien au sein d’une famille pauvre en l’enjolivant de ses lectures favorites, que ce soit avec son meilleur ami ou le voisin de sa grand-mère qu’elle rejoint tous les week-ends dans un petit village côtier pour réviser, le berger Costantino Sole de 10 ans son aîné. Mais à force de rêver sa vie, ne passe-t-elle pas à côté de ce qu’elle lui offre déjà? Sa façon d’être au monde ne lui permettrait-elle pas d’en faire son métier?

Il y est ainsi question du pouvoir de la lecture et de l’écriture, de quête initiatique, de la complexité des liens familiaux, d’amitié, d’éveil au sentiment amoureux, de transmission… La jeune femme, à peine majeure, se révèle naïve et poétique, en pleine apprentissage de la vie, trouvant sa source d’inspiration dans les livres et faisant l’expérience de ses premiers émois amoureux. Elle est également bien entourée, que ce soit par son meilleur ami ou la professeure de littérature. Mais elle ne m’a pas autant touché que Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery (éd. Monsieur Toussaint Laventure, 2020, 384 pages) par exemple.

Cette lecture commune m’aura permis de découvrir cette autrice italienne mais aussi une autre dont ce roman rend hommage, Grazia Deledda, Prix Nobel de littérature en 1926 et dont le titre de ce roman s’inspire d’une citation de l’un de ses romans. Une lecture certes agréable qui fait la part belle à l’imagination et à la lecture mais qui se lit vite et déjà vue et revue!

Pour d’autres avis sur ce roman: Eimelle.

Participation #3 Le Mois Italien 2025 d’Eimelle #LC

Participation #11 (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Italie

 

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