Étiquette : 18 ans et plus (Page 36 of 45)

Au fil des pages avec le tome 1 des Sœurs Mitford enquêtent

Pour la journée « Mitford sisters » du 7 juin 2022 du Mois Anglais, j’ai choisi une de mes lectures de mars 2021: le premier tome des Sœurs Mitford enquêtent, L’assassin du train de Jessica Fellowes (éd. du Masque, coll. Le livre de Poche, 2019, 496 pages), un roman policier à la jolie illustration de couverture qui se passe dans les années 20 en Angleterre et qui s’inspire de faits réels et de personnages ayant existé comme le meurtre non élucidé de Florence Nithinghale Shore et la famille Mitford.

En 1919, pour échapper à son oncle dangereux, Louisa Cannon se fait engager comme bonne d’enfants au sein de la maisonnée de la famille aristocratique Mitford, dans le manoir d’Asthall Manor. Elle se lie très vite d’amitié, malgré son statut de domestique, avec Nancy, la jeune fille aînée âgée de 18 ans, espiègle et à l’esprit romanesque. Après le crime mystérieux d’une infirmière âgée de la cinquantaine, Florence Nightingale Shore, à bord d’un train en plein jour, Louisa et Nancy décident de se lancer sur la piste du tueur. Qui aurait bien pu en vouloir à cette dame respectable et célèbre au point de la tuer?

J’ai vite démasqué le coupable par la tournure de phrase utilisée pour décrire une scène du train mais me restais à connaître son mobile. L’enquête est surtout celle de Louisa (et pas vraiment des Sœurs Mitford bien trop jeunes) qui n’est pas insensible au charme du jeune et attachant policier des chemins de fer en charge de l’enquête, Guy Sullivan qui rêve de travailler à Scotland Yard, est ainsi prétexte à décrire la société anglaise post-Première Guerre mondiale en pleine mutation: la vieille aristocratie essayant de maintenir les vieilles traditions, les rapports entre classes sociales, la condition de la femme, le sort des vétérans de guerre… Un moment de lecture agréable avant tout pour son ambiance d’après-guerre et qui se lit rapidement malgré certaines longueurs et une enquête sans réels rebondissements! Je lirai à l’occasion les tomes suivants s’ils sont disponibles à la médiathèque.

Participation #1 au Mois Anglais 2022 de Lou et Titine #Mitford Sisters

Participation #7 Challenge British Mysteries 2022 de Hilde et Lou #Roman policier

Challenge Petit Bac d’Enna #3 Catégorie Famille: « Sœurs »

Participation #41 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #Angleterre

Au fil des pages avec le tome 1 de Ténébreuse

J’ai lu le tome 1 du diptyque Ténébreuse de Hubert et Vincent Maillé (éd. Dupuis, 2021, 80 pages), une BD fantasy à partir de 15 ans selon l’éditeur et qui a été classée en adulte par ma médiathèque. Arzhur, un chevalier déchu est engagé par trois mystérieuses vieilles femmes pour sauver une jeune princesse en détresse. Mais la réalité est tout autre, Islen s’étant retirée de son plein gré dans le château noir avec ses animaux monstrueux. Les deux jeunes gens partent alors pour le château du père d’Islen. Quelle destinée les attend?

Côté scénario, l’histoire est bien moins classique qu’il n’y paraît, même si certains personnages sont un peu stéréotypés comme la belle-mère marâtre jalouse ou les parents d’Islen… J’ai retrouvé des thèmes récurrents chez Hubert dont j’avais lu l’année dernière Peau d’Homme. Il y est question du poids du regard de l’autre, d’héritage familial, de déterminisme, de libre arbitre, de rédemption ou bien encore de seconde chance. Le scénariste s’est amusé à prendre le contrepied des codes traditionnels des contes et légendes: un chevalier ingénu et bien naïf, une princesse féministe… Les trois vieilles m’ont fait penser aux Moires (les trois divinités grecques du destins) et aux trois sorcières de Macbeth, la mère d’Islen à la fée Mélusine et Islen entourée de rats au Joueur de flûte de Hamelin.

J’ai beaucoup apprécié les illustrations de Vincent Maillé qui m’ont rappelé le coup de crayon de Régis Loisel avec une ambiance médiévale, sombre et fantastique ou bien encore le film Willow de Ron Howard sorti en 1988. J’ai d’ailleurs lu après ma lecture que Vincent Maillé a illustré deux tomes du deuxième cycle de La Quête de l’oiseau du temps, Avant la quête. Il se dégage une grande complexité et expressivité du duo Arzhur/Islen, chacun devant vivre avec le poids de son passé et ses démons intérieurs. Un très bon moment de lecture dont les péripéties et rebondissements s’enchaînent rapidement et qui se finit en plein suspense épique! Le passé va-t-il se reproduire? J’ai hâte de découvrir le second et dernier tome qui paraîtra en septembre 2022, Hubert ayant pu l’écrire avant son décès en 2020.

Pour un autre avis sur ce tome 1: Bidib.

Participation #18 Challenge Contes & Légendes 2022 de Bidib

Participation #40 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #France

Au fil des pages avec La Marche de Mina

Avec retard pour la LC du 15 avril 2022, j’ai lu La Marche de Mina d’Yoko Ogawa (éd. Actes Sud, 2008, 318 pages), un roman initiatique dans lequel Tomoko, désormais adulte se souvient lorsqu’elle a vécu, pendant un an (entre 1972 et 1973), dans la maison d’Ashiya chez son oncle et sa tante, après le décès de son père, sa mère ne pouvant s’occuper d’elle compte-tenu d’une formation professionnelle qu’elle suit, lorsqu’elle était âgée de 12 ans. Elle s’était alors fortement liée d’amitié avec sa cousine, Mina, d’un an plus jeune qu’elle.

Le rythme lent va bien avec l’histoire pleine d’anecdotes et de souvenirs d’enfance de Tomoko à un âge charnière, celui du passage de l’enfance à l’adolescence et qui se mélange avec des faits historiques marquants de l’année 1972 comme le décès d’un célèbre écrivain japonais, Yasunari Kawabata ou les JO de Munich (prise d’otages d’athlètes israéliens et médaille d’or pour les Japonais en volley-ball masculin) et qui amène la jeune fille d’alors à se questionner sur l’étranger, la question des origines ou bien encore ses premiers émois amoureux.

Un bon moment de lecture teinté de nostalgie et de doux sentiments auprès des habitants de la maison d’Ashiya avec chacun leur personnalité excentrique (son oncle très souvent absent et qui semble avoir une double vie mais chaleureux quand il est là, sa tante qui fume trop et qui boit en cachette du whisky, la grand-mère Rosa, allemande et coquette, Madame Yodena qui s’occupe de tout dans la maisonnée, Pochiko l’hippopotame nain ou bien encore sa cousine Mina, asthmatique et précoce, dévorant les livres et collectionnant les boîtes d’allumettes illustrées sur lesquelles elle invente des histoires (parfois étranges et bien surprenantes pour une jeune fille de son âge) comme celle de l’éléphant sur une bascule, celle des deux hippocampes tentant de rejoindre la lune bleue ou bien encore celle de l’ange avec son nécessaire de couture en train de recoudre ses ailes…)!

Sans oublier de nombreux passages gourmands pour le challenge Des livres (et des écrans) en cuisine: le dîner à l’occidental préparé par le personnel de l’hôtel des monts Rokko: « agneau mijoté au vin rouge garni de truffes » et en dessert « un bavarois à la fraise des bois » (p.101) ou des plats typiquement japonais comme la cuisine de Madame Yoneda (p.134) comme par exemple un pique-nique avec « des boulettes de riz et de thé d’orge grillé glacé (…) Toutes les boulettes dont le panier était plein, fourrées au saumon, aux prunes confites et aux flocons de poisson séchés » (p.187/188)… Toutefois, je ne tenterai pas de boire, ne serait-ce qu’une goutte, de Fressy, « une boisson rafraîchissante au radium » (p.17/18) commercialisée par la société familiale de boissons de l’oncle de Tomoko.

Pour d’autres avis avec cette LC autour d’un livre d’Yoko Ogawa: Hilde et Katell avec Petites Boîtes, Rachel avec Le musée du silence.

Participation #8 Un Mois au Japon 2022 de Hilde et Lou #LC autour d’Yoko Ogawa

Participation #21 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2022 de Bidib et Fondant #Cuisine japonaise

Participation #39 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #Japon

Au fil des pages avec Les Terriens

En novembre 2021, j’avais lu Les Terriens de Sayaka Murata (éd. Denoël, 2021, 242 pages), un roman japonais bien plus sombre et noir que ne le laisse supposer le hérisson tout mignon de la couverture. Je retrouve dès les premières pages le style et les préoccupations sociétales que l’autrice avait déjà abordées dans Konbini (le poids de la famille et de la société japonaise, le conformisme social, le bonheur…).

Natsuki, une jeune fille âgée de 10/11 ans se réfugie dans son monde imaginaire, avec pour seul ami sa peluche hérisson doté de pouvoirs magiques, Pyûto. Elle est une mahô shôjo (une magicienne pouvant jeter des sorts avec sa baguette magique pour sauver le monde comme Sailor Moon par exemple) pour affronter la maltraitance subie par sa mère qui la rabaisse et la frappe quotidiennement ou les viols subis par le professeur de ses cours privés. Comme chaque année, en été, pour le festival de l’O-Bon, elle retrouve chez ses grands-parents, dans la haute montagne d’Akishina, son cousin du même âge, Yû qui est lui aussi spécial qu’elle: il est un extraterrestre attendant le retour de son vaisseau spatial pour regagner sa planète, Pohapipinpobopia. Ils se font la promesse de survivre, quoi qu’il arrive.

De cette première partie, j’ai trouvé touchant et révoltant ce que subit Natsuki, enfant victime qui ne trouve aucun adulte ni ami pour l’aider au point de songer au suicide. Il m’est revenue en tête un principe d’éducation bienveillante selon lequel il ne faut pas coller d’étiquette à un enfant, Natsuki se déclarant la poubelle de sa famille ou bien encore Yû que sa mère suicidaire traite d’extraterrestre.

Comment se construire et survivre pour des enfants face à de telles violences (physiques, sexuelles, psychologiques)? Les deux cousins tentent de ne pas finir Terrien dans la grande Fabrique à humains où chaque adulte devient un outil en travaillant et/ou en procréant. Mais le soir des funérailles du grand-père, les deux cousins amoureux l’un de l’autre sont séparés par leur famille. 

Puis nous sommes projetés 23 ans plus tard, avec le retour de Natsuki avec son mari Tomoomi dans la maison familiale d’Akishina et ses retrouvailles avec son cousin Yû. Natsuki a fait un mariage arrangé avec Tomoomi (mariage sans sexe et sans enfants), ce que leurs parents respectifs découvrent et condamnent. Akishina sera-t-il comme autrefois une bulle salvatrice? A partir de ce moment-là, le roman bascule petit à petit dans la folie et l’horreur jusqu’au dégoût (tentative d’inceste, cannibalisme). Un roman étrange et dérangeant!

Participation #5 Un Mois au Japon 2022 d’Hilde et Lou #Roman

Participation #29 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #Japon

Au fil des pages avec Le serveur de Brick Lane

Lors du RAT indien et gourmand, j’ai lu Le serveur de Brick Lane d’Ajay Chowdhury (éd. Liana Levi 2021, 301 pages), un roman policier se déroulant à l’époque contemporaine. Après avoir été démis de ses fonctions de sous-inspecteur de police à Calcutta à la suite de l’enquête dont il était chargé sur le meurtre d’Asif Khan, un acteur star de Bollywood trois mois plutôt, Kamil, trentenaire, pense avoir mis de côté son passé en devenant serveur dans le restaurant tenu par les époux Saibal et Maya Chatterjee, dans le quartier londonien de Brick Lane et chez qui il vit avec leur fille Anjoli. Mais le décès d’un riche entrepreneur et ami de son père et de Saibal, Rakesh Sharma lors de sa soirée d’anniversaire pour laquelle il est de service vient tout changer. Très vite, Neha, la seconde épouse de Rakesh est arrêtée par la police. A la demande de la famille Chatterjee qui considère Neha comme leur fille, Kamil commence à enquêter sur Rakesh, assisté par Anjoli; ce qui l’amène à remettre en question l’image qu’il portait sur son père dont il a embrassé comme lui la même carrière de policier. Et si les deux affaires étaient liées?

Les chapitres alternent entre le passé trois mois plus tôt à Calcutta de Kamil alors policier et fiancé à  et son présent ou passé proche à Londres en tant que serveur dans un restaurant indien. Je me suis laissée prendre par l’intrigue qui permet d’aborder des thèmes actuels comme par exemple la corruption en Inde des élites politiques et de la police, les violences policières, le poids des traditions familiales, les préjugés ou bien encore la double culture indienne/anglaise sur les jeunes générations…

J’ai également apprécié le duo formé par Kamil, un sous-inspecteur de police intègre, honnête, un brin naïf, fleur bleue et amateur d’Hercule Poirot dont il partage avec lui la moustache et par Anjoli, diplômée d’un Master de psychologie, parfois un peu trop directe et fonceuse, vivant dans sa double culture tout en s’assumant comme en témoignent ses tee-shirts à messages.

Un très bon moment de lecture qui se termine sur une fin à la Hercule Poirot où la famille prime sur la vérité et la Justice! J’ai lu qu’une adaptation par la BBC était prévue et que ce roman pourrait très bien faire partie d’une série livresque mettant en scène le duo Kamil/Anjoli.

Curry indien

Pour le challenge Des livres (et des écrans en cuisine), j’ai enfin noté beaucoup de références à la cuisine indienne tout au long du roman, notamment les passages dans le restaurant des époux Chatterjee, le Tandoori Knights comme par exemple le menu pour la fête d’anniversaire de Rakesh Sherma (p.12) composé d’amuse-gueules (beignets de pomme de terre aloo tikki chat, beignets de fromage poneer pakoda, beignets de poissons et brochettes de poulet boti), de plat principal (côtelettes d’agneau tandoori, agneau biryani, poulet tandoori, pommes de terre mutter, brochettes malai, daal makhani avec des naans, de la raita pour la sauce) et de desserts (shahi tukda, gulab jamun et gajar ka Halwa…), ou bien encore dans un restaurant de Calcutta, chez Nizam et dans lequel Kamil fait découvrir à Anjoli des duto mutton Kathi roll accompagnés de nimbu pani c’est-à-dire des brochettes roulées et de la citronnade sucrée-salée (p.263/264). Cela m’avait d’ailleurs donné envie de manger un curry indien à base de poulet.

Participation #2 Les Étapes Indiennes 2022 de Hilde et Blandine #Roman policier

Participation #4 Challenge British Mysteries 2022 de Hilde et Lou #Roman policier

Participation #11 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2022 de Bidib et Fondant #Cuisine indienne

Participation #25 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #Inde

Challenge Petit Bac d’Enna #2 Catégorie Lieu: « Brick Lane »

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