Étiquette : 18 ans et plus (Page 26 of 45)

Au fil des pages avec Les enfants du blizzard

J’ai lu Les enfants du blizzard de Melanie Benjamin (éd. Albin Michel, novembre 2023, 400 pages), un roman historique retraçant un terrible fait divers américain et qui a coûté la vie à de nombreux enfants, à travers des personnages fictifs. Le 12 janvier 1888, la journée a commencé par un redoux inattendu dans les plaines du Nebraska et Dakota, invitant les fermiers et les écoliers à sortir avec des habits plus légers, sans leurs longs manteaux d’hiver. Mais, à l’heure de la sortie des classes, un blizzard s’abat sur la région, obligeant de jeunes institutrices, comme Raina et Gerda Olsen, deux sœurs d’à peine 16 et 18 ans qui vont devoir faire un bien difficile choix pour sauver leurs élèves, les garder dans l’école au risque de manquer de bois de chauffage ou les renvoyer chez en espérant qu’ils survivent ou qu’ils ne meurent pas de froid piégés dans le blizzard. Pour ceux qui survivront, comment continuer à vivre après un tel événement?

Le roman se décompose en deux parties, la première prenante, tout en tension, survie et suspense, est une course contre la montre contre le blizzard puis la seconde partie, plus introspective et journalistique à partir de la moitié du livre (chapitre 12) qui s’attache aux conséquences pour les survivants, entre syndrome du survivant, culpabilité, remords, volonté de s’en sortir et espoir à travers la « cagnotte des héroïnes ». J’ai bien plus apprécié la première partie que la seconde qui se focalise plus sur le journaliste Gavin Woodson en pleine épiphanie et qui collecte pour son journal, l’Ohama Daily Bee, les témoignages des survivants alors qu’il a participé, article de presse après article de presse pour le compte des compagnies ferroviaires, des promoteurs et du gouvernement américain, à faire venir en nombre des familles d’immigrés, souvent du Nord de l’Europe (Scandinavie, Norvège par exemple), séduites par les promesses d’une vie meilleure. On découvre également le sort des deux sœurs institutrices (Raina considérée comme une héroïne tandis que Gerda culpabilisant d’avoir choisi de passer cet après-midi là avec son amoureux Tiny), de l’une des élèves de Raina, Anette âgée de 10 ans et d’autres familles de fermiers. 

Il y est ainsi question des conditions de vie rudes et précaires surtout des fermiers immigrés (un peu des Indiens dans les réserves ou des afro-américains) devant faire face aux préjugés et au climat dans l’Ouest américain, des politiques américaines afin de peupler ces futurs États à tout prix ou bien encore de la négligence et corruption dans le Service des transmissions météorologiques, des opportunités offertes aux enfants de ces familles d’immigrés, les garçons n’ayant pas vraiment le choix en continuant à gérer des terres durement acquises, au prix du sang et des sacrifices de leurs aînés…

Un bon voire très bon moment de lecture, les choix faits dans ce roman pouvant très bien se représenter à notre époque de déréglementation climatique! Même si, en France, des protocoles ont été mis en place dans les écoles en cas d’alerte rouge avec des exercices de mise en situation, que ce soit en cas de séisme, de risque pluies-inondations…

Cela m’a fait d’ailleurs penser à d’autres fermiers américains et à une autre époque, ceux du Dust Bowl dans les années 30 (Les raisins de la colère de John Steinbeck ou Jours de sable d’Aimée de Jongh).

Malgré ce récit difficile, j’ai quand même noté quelques passages gourmands lorsque Gavin se rend au Gilded Lily, un bar tenu par Ollie Tenant « Old Lieutenant » qui sert par exemple, à « l’heure du déjeuner, les sempiternels œufs durs, betteraves au vinaigre et langue de bœuf en tranches » (p.21).

Challenge Petit Bac d’Enna #1 Catégorie Personne humaine: « Enfants »

Participation #2 (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2024 de Bidib #États-Unis

Participation #3 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2024 de Bidib et Fondant #Cuisine de l’Ouest américain

Au fil des pages avec Noël, lutin glacé et voisin rôti!

Attirée par le titre accrocheur et rigolo, j’ai lu Noël, lutin glacé et voisin rôti! de Thalyssa Delaunay (éd. Hugo Poche, octobre 2023, 393 pages), une romance contemporaine de Noël se déroulant dans un petit village d’Alaska. Lily Mackenzie et Montgomery Paterson sont voisins depuis que le jeune homme de 27 ans s’est installée, il y a 3 ans, dans le chalet de sa tante Addie. Après un malheureux accident de voiture de la part de Montgomery, Lily lui en veut et a la rancune tenace autant qu’elle déteste Noël. Et si ce Noël allait pourtant leur permettre de revoir leurs sentiments, Lily accueillant dans son chalet en travaux sa sœur Viviane, son mari et ses jumeaux de 15 ans et Montgomery ayant retrouvé la garde de sa petite fille de 4 ans, Mia qui était en foyer?

Certes, il y a bien une chouette ambiance de Noël, de la solidarité amicale et familiale et de jolies valeurs portées par le clan Mackenzie et Paterson. Mais cela n’a pas été suffisant pour moi, malgré l’alternance des points de vue Lily/Montgomery, le début avec leurs chamailleries par décorations interposées, la jeune femme se laissant petit à petit attendrir face à la bouille adorable de Mia et de nombreuses références rigolotes à la pop culture.

L’histoire en elle-même ne m’a pas emballée plus que ça, l’âge des personnages ne correspondant pas avec leurs réactions et réparties, surtout la petite fille qui n’aurait que 4 ans et qui est fan de Shrek. Je n’ai pas retrouvé non plus de véritable alchimie typique du trope « ennemies to lovers », les personnages étant peu approfondis et les thèmes plus profonds trop survolés et manquant de maturité. Ce qui m’a également déstabilisé, c’est que j’ai eu du mal à croire que cette histoire se déroulait en Alaska. Je l’aurai plutôt vue en France surtout quand on se penche sur la relation Montgomery/Mia. La question de la filiation et de la reconnaissance de paternité dans le cas d’un accouchement sous X de la mère aurait été plus pertinente.

Petit aparté judiciaire (risque de spoil): si l’histoire s’était déroulée en France, Montgomery aurait eu 2 mois pour revenir sur sa décision de reconnaître sa fille puisqu’il avait connaissance de la date et du lieu de l’accouchement, malgré une naissance prématurée mais pas autant d’années après. En effet, dans les faits, il est souvent bien difficile pour un père de le faire car le délai est très court: 2 mois à partir de la naissance. Le délai passé, il n’aurait pas eu cette seconde chance avec sa fille, ayant perdu ses droits de père, sa fille ayant été alors entretemps reconnue pupille de l’État ou adoptée. 

Participation #23 Challenge Il était 11 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #Romance de Noël

Participation #21 Challenge Christmas Time 2023 de MyaRosa #Romance de Noël

Challenge Petit Bac d’Enna #2 Catégorie Adjectif: « Glacé »

Au fil des pages avec Notre (fabuleuse) désastreuse Christmas Party

J’ai lu la seconde lecture commune pour le challenge Il était 11 fois Noël et qui a été choisie lors d’un sondage sur le forum interactif du Chalet: Notre fabuleuse désastreuse Christmas Party d’Émilie Parizot (éd. Hugo Poche, octobre 2023, 300 pages), une romance contemporaine de Noël se déroulant à Chicago. En ce 3 novembre, Samuel Barvissi, le patron loufoque et fan incontesté de Noël de la société Warm Me Up commercialisant des doudounes hors de prix charge son assistante de direction, Blair Miller de la décoration des locaux de l’entreprise mais aussi et surtout d’assister Sonny Harvey, un organisateur d’événements, engagé pour la soirée d’entreprise de Noël, une grandiose Christmas Party du 20 décembre. Les deux arriveront-ils à s’entendre, se faire confiance et à satisfaire les demandes exubérantes de Samuel? 

Il s’agit d’un slow burn dans le milieu professionnel, Blair et Sonny devant collaborer quelques semaines pour organiser une Chritmas Party pour les employés et n’osant pas succomber à leur attirance mutuelle afin de ne pas mettre en péril leur job, leurs secrets et leurs mensonges, les deux ayant la vingtaine et étant au début de leur vie professionnelle. Leur duo est attachant et l’alchimie entre les deux fonctionne très bien, chacun avec son caractère propre: d’un côté, une jeune femme indépendante, résiliente, franche, un brin Grinch, n’ayant pas sa langue dans sa poche et avec un humour un brin cassant et de l’autre côté, un jeune homme charmeur, fleur bleue, adepte de Noël mais qui cache bien son petit caractère aussi. J’ai apprécié d’avoir le double point de vue, les chapitres alternant entre Blair et Sonny.

Sans oublier les personnages secondaires avec en tête le patron de la société Warm Me Up. Sans trop spoiler l’histoire, il m’a très vite fait penser, avec son côté excentrique et son idée de Christmas Party, à Bilbon Sacquet. Mais je n’en dirai pas plus sauf que j’avoue, qu’avec ses idées complètement farfelues, il m’aurait vite fatiguée si j’avais dû travailler au quotidien avec lui.

Un très bon moment de lecture qui est pour le moment la romance de Noël que j’ai préférée cette année! J’avais d’ailleurs apprécié de cette autrice Ça reste entre nous (éd. Autoédition, avril 2022, 390 pages).

Pour d’autres avis sur cette romance de Noël: Au fil des pages, Samarian, LilasViolet, Le temps qui file.

Participation #21 Challenge Il était 11 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #LC/Romance de Noël

Participation #20 Challenge Christmas Time 2023 de MyaRosa #Romance de Noël

Challenge Petit Bac d’Enna #1 Catégorie Adjectif: « Désastreuse »

Au fil des pages avec Un chant de Noël, une histoire de fantômes

J’ai lu Un chant de Noël, une histoire de fantômes de José Luis Munuera (éd. Dargaud, novembre 2022, 80 pages), une BD adulte adaptant la nouvelle éponyme de Charles Dickens parue pour la première fois en 1843. A Londres, en ce 24 décembre 1843, tout le monde se prépare à fêter Noël si ce n’est Elizabeth Scrooge, une riche et intelligente femme d’affaires égoïste, capitaliste, avare, hautaine, ambitieuse et misanthrope. La jeune femme célibataire se décrit, quant à elle, comme ayant l’esprit pratique, les festivités de Noël n’étant que futilités et pertes d’argent, donnant à contre-cœur son jour de congé à son employé Bob Cratchit. La veille de Noël, trois esprits viennent lui rendre visite, comme le lui avait annoncé quelques instants plus tôt le spectre de son ancien associé décédé 7 ans auparavant: celui des Noëls passés, du Noël présent et des Noëls futurs. Cette rencontre permettra-t-elle à la jeune femme de revoir sa philosophie de vie? Ou restera-t-elle inflexible face à ces esprits?

J’ai beaucoup apprécié cette réécriture moderne et féministe de la nouvelle originelle, le personnage de Scrooge et de son neveu devenant des femmes, ce qui permet de s’interroger à la fois sur la condition de la femme et des inégalités sociales à l’époque victorienne et en en permettant une « morale » plus nuancée et subtile que celle du conte originel.

En faisant du personnage principal une femme, José Luis Munuera apporte, en effet, un regard moderne sur un débat sociétal qui perdure pourtant encore un peu trop souvent aujourd’hui, comme s’il n’y avait que deux figures possibles de la femme, le choix se réduisant alors entre carrière professionnelle et vie privée, la réussite professionnelle de la femme ne pouvant se réaliser qu’au détriment d’une vie de famille et inversement et non en recherchant un équilibre entre les deux ou tout autre épanouissement personnel; ce qui ressort de l’opposition entre Scrooge et sa nièce qui s’est mariée par amour.

De même pour les inégalités sociales, Scrooge soutenant que les pauvres étant coupables de l’être et « méritant » leur sort, comme Cratchit et sa famille nombreuse qui, malgré des revenus très modestes, a 6 enfants dont le dernier malade et qui va dépenser ses maigres économies, et même s’endetter, pour fêter Noël en famille.

Il y est ainsi question d’esprit de Noël, de famille, de choix de vie, de résilience, le passé de la jeune femme ayant influencé ce qu’elle est devenue et forgé ses convictions profondes.

J’ai également été conquise par les dessins de José Luis Munuera que ce soit pour décrire une ville enneigée avec ses miséreux ou pour retranscrire l’ambiance fantastique et magique des 3 esprits de Noël. Il y a un côté un peu Peter Pan dans l’allure d’Elizabeth Scrooge, prise dans les limbes du temps, les 3 esprits tentant de lui ouvrir les yeux sur ce qui est bon ou juste afin de s’éviter une mort solitaire. 

J’allais écrire un très bon moment de lecture mais finalement je choisis que c’est un coup de cœur pour cette bande dessinée! Je l’ai lue en version consultable en ligne grâce à  ma médiathèque mais j’ai vu que la version papier est de nouveau disponible alors je l’ai empruntée avant-hier car certaines doubles pages rendent bien mieux en version papier.

Cette lecture entre, avec un peu/beaucoup de retard (ou d’avance!) pour Noëlloween et le challenge British Mysteries, avec ces esprits mystérieux et bienveillants malgré leur apparence un peu inquiétant, surtout celui du Noël présent lorsqu’il vit ses derniers instants. Sans oublier des bulles gourmandes pour le challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2024 avec l’esprit du Noël présent et la dinde de Noël.

C’est aussi une participation au challenge Contes & Légendes 2024 de Bidib (conte de Noël).

Pour d’autres avis sur cette BD: Hilde et Chicky Poo.

Participation #20 Challenge Il était 11 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #BD de Noël

Participation #19 Challenge Christmas Time 2023 de MyaRosa #BD de Noël

Participation#2 Challenge 2024 sera classique aussi! de Nathalie #Conte de Noël

Participation #2 (Parcours illustré) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2024 de de Bidib#Espagne

Participation #1 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2024 de Bidib et Fondant #Réveillon de Noël

Au fil des pages avec Noël, avalanche et hésitations

J’ai lu, en e-book, Noël, avalanche et hésitations de Rose Mia (éd. Hugo Poche, octobre 2021, 357 pages), une romance contemporaine de Noël se déroulant dans un petit village des Alpes, en bas d’une station de ski. En ce soir de réveillon de Noël, Lila a hâte de finir sa journée de travail de caissière du magasin d’altitude d’Avoriaz, Tip Top Shop, pour passer la soirée en famille, en fan de Noël mais c’est sans compter sur un dernier client de dernière minute, Mathieu, un médecin urgentiste tatoué fraîchement arrivé dans l’hôpital local et qui se serait bien passé de Noël. Mais soudain, les voilà tous les deux victimes d’une avalanche qui les piège dans la supérette en partie détruite en attendant l’arrivée des secours, l’un des secouristes n’étant que l’ami d’enfance de Lila, Julien avec qui elle entretient une relation adultérine, celui-ci étant déjà fiancé. Cette nuit passée dans la salle de repos de la supérette ne sera-t-elle qu’une parenthèse enchantée pour ces deux cœurs en souffrance?

J’ai bien plus apprécié la première partie, lorsque les deux sont bloqués par l’avalanche que la seconde (à partir du chapitre 15), se déroulant sur les semaines suivantes, moins fluide et linéaire, avec des longueurs et ellipses temporelles tout en étant en même trop rapide. Cette romance de Noël aurait pu être une simple nouvelle, s’arrêtant à la fin de cette première partie, avec une fin ouverte sur l’après-sauvetage, laissant libre cours à l’imagination du lecteur sur ce rapprochement inattendu. Cela m’a donné l’impression que l’autrice ne savait pas trop comment faire repartir son histoire.

Le temps de l’avalanche, leur rapprochement se fait en douceur et est tout mignon, entre la pétillante Lila et le solitaire grognon Mathieu, sur le trope « sunshine/grumpy ». Tout semble alors pouvoir être possible jusqu’à ce que les secours arrivent et que la vie reprenne son cours. Mais est-ce possible pour chacun des deux de reprendre leur vie telle qu’elle était? Elle en étant la seconde femme, celle cachée et qui végète dans un poste de caissière au lieu de développer sa chaîne YouTube d’influenceuse « Kitchen Desastre » et lui en fuyant, sans cesse, toute relation, passant d’un hôpital à un autre et d’une femme à une autre?

Les péripéties de la seconde partie (qui correspondent bien aux « hésitations » du titre) ne m’ont pas plus emballées que cela, un peu trop convenues et décousues à mon goût. Certes, c’est sans doute dû au fait qu’il y ait un triangle amoureux, trope dont je ne raffole pas, même si la jeune femme va très (trop) vite faire son choix, se révélant bien plus entreprenante et déterminée qu’auparavant tandis que le jeune homme a bien du mal à tisser des liens sociaux et amicaux comme avec son collègue de travail, Thomas. Il y est ainsi question de choix de vie tant dans sa vie personnelle que professionnelle, de passé familial douloureux, d’apparence trompeuse, de droit de vivre et d’aimer… Un moment de lecture plaisant, bien qu’inégal, avec sa dose d’humour et de feel-good!

Participation #18 Challenge Il était 11 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #Romance de Noël

Participation #17 Challenge Christmas Time 2023 de MyaRosa #Romance de Noël

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