Étiquette : solitude (Page 1 of 3)

Au fil des pages avec Satanés lapins!

Nous empruntons à la médiathèque Satanés lapins! de Ciara Flood (éd. Circonflexe, 2016), un album jeunesse à partir de 4 ans et qui a fait partie de la sélection CP du 29ème Prix des Incos en 2018. Monsieur Ours vit seul dans sa maison isolée loin de tout jusqu’à l’arrivée de nouveaux voisins, une famille de lapins qui ne cesse de venir le voir pour lui demander du miel ou échanger des livres par exemple. Cela met très en colère Monsieur Ours qui ne souhaite qu’une seule chose: voir sa vie redevenir comme avant, seul et sans ces satanés lapins. Et si pourtant leur présence lui était bénéfique?

Forcément, avec des personnages aussi diamétralement opposés (un ours grognon et solitaire et des lapins énergiques, envahissants mais bienveillants), l’humour fonctionne à merveille. Cela nous rappelle les amitiés d’Ours et Canard ou bien encore Bob & Marley. Il y est question d’amitié, de tolérance, de solidarité et de vivre ensemble malgré les différences de caractères… L’ours apprend ainsi qu’il est plus heureux en vivant avec des amis, même si cela lui a pris du temps de s’ouvrir aux autres. Les illustrations sont ainsi très jolies, se déclinant au fil des saisons et sont très expressives en retranscrivant les émotions ressenties comme la colère, la peur, la méfiance ou la joie de vivre. Mais même jusqu’à l’arrivée de ces nouveaux voisins, Monsieur Ours vivait-il vraiment tout seul? Car même si elle n’est pas un personnage à part entière de l’histoire, il est amusant de chercher sur chaque double page la petite souris grise qui vit dans la maison de l’ours. Coup de cœur pour cet album jeunesse à la fois tendre et drôle! Sur le même thème, nous avions déjà lu Chut! de Morgane de Cadier et de Florian Pigé.

Challenge Petit Bac d’Enna #11 Catégorie Animal: « Lapins »

Participation #13 au challenge Des livres (et des écrans) en cuisine de Bidib et Fondant

Au fil des pages avec Là où chantent les écrevisses

J’emprunte à la médiathèque, lors du Mois Américain, Là où chantent les écrevisses de Delia Owens (éd. du Seuil, 2020), un premier roman que j’avais déjà repéré dans les sorties littéraires de 2020 pour sa couverture et son titre intrigant. L’histoire débute par le décès mystérieux d’un jeune homme, Chase Andrews, en 1969 au pied d’une tour de guet dans les marais, à côté de la petite ville ségrégationniste de Barkley Cove, en Caroline du Nord. Puis retour dans le passé, en 1952 avec l’histoire d’une jeune enfant de 6 ans, Kya abandonnée par sa mère Ma et laissée à son père Pa, un homme alcoolique et violent, avec Jordie, l’un de ses frères un peu plus âgé qu’elle et qui ne s’est pas encore enfui, dans une cabane insalubre au fonds des marais. 

Les années passent et à 10 ans, Kya se retrouve définitivement seule, après le départ de son père, trouvant ses seules ressources en elle-même et dans les marais. Petit à petit, grâce à sa rencontre avec un  garçon un peu plus âgé qu’elle, Tate qui lui apprend à lire et à écrire, elle arrive à trouver sa place dans les marais. Elle apprend ainsi les sciences et à percer les mystères de la faune et de la flore des marais, ramassant des plumes par exemple, répertoriant les coquillages ou champignons, observant et notant les comportements des animaux et/ou en faisant des croquis ou des aquarelles, etc.

Mais la solitude continue de lui peser, année après année, avec son lot d’abandons comme lorsque Tate part à l’université pour ses études de biologiste et malgré la présence maternante à sa façon du couple de Noirs, Jumping et Mabel qui a veillé sur elle, d’autant que Kya reste pour la communauté blanche de Barkley Cove, la Fille des marais, cette sauvageonne pauvre et analphabète.

Devenue une jeune femme, Kya cherche, malgré ses peurs et sa timidité, à rompre cette solitude en se laissant alors séduire par Chase, leurs deux vies s’entremêlant irrémédiablement. Y a-t-il un lien entre cette toute jeune fille abandonnée dans les marais et ce décès survenu des années plus tard et qui a tout l’air d’être un meurtre?

L’autrice alterne entre des chapitres suivant le déroulement de l’enquête sur le décès de Chase et ceux consacrés à la vie de Kya dans les marais sur une vingtaine d’années. Je me laisse plongée dans l’atmosphère si particulière des marais, dans cette Nature tour à tour hostile et bienveillante. Kya est une héroïne très attachante, très forte malgré son jeune âge et sa solitude et qui fait preuve d’incroyables capacités d’adaptation en arrivant à trouver des moyens de survivre et de manger, son père lui ayant laissé un moyen de locomotion indispensable, une petite barque à moteur. Kya arrivera-t-elle à avoir ce petit bout de bonheur malgré tout? Coup de cœur pour ce roman mélangeant roman policier, roman initiatique, romance avec un trio amoureux et roman naturaliste! J’aurai pu le choisir tant pour les journées « Nature » que « First Ladies » ou encore « Roman policier », voire même « Désir » de ce Mois Américain.

Pour d’autres avis sur ce roman: Eva, Sabrina et Carine

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Le Mois Américain de Titine #roman policier

Challenge Petit Bac d’Enna #10 Catégorie Animal: « Écrevisses »

Au fil des pages avec Bulle d’été

Nous empruntons à la médiathèque Bulle d’été de Florian Pigé (éd. HongFei, 2019), un album jeunesse à partir de 7 ans selon l’éditeur voire même avant. Un jeune garçon passe les vacances d’été seul, se créant sa propre bulle d’été – ce temps suspendu dans les rêveries, le dessin, le vélo et la nature jusqu’au jour de la rentrée des classes. Parviendra-t-il à vaincre sa timidité et parler à Lily, jeune fille croisée tout l’été mais à qui il n’a jamais osé parler?

Les illustrations aux crayons de couleurs sont superbes, poétiques et douces, de cette douceur enfantine de fin d’été avant le moment quelque peu stressant de la reprise de l’école. Le texte court, parfois même absent, accompagne à merveille les illustrations qui transcrivent l’imagination débordante de ce jeune garçon s’épanouissant dans sa bulle d’été. En effet, elle lui permettra de grandir en toute liberté et simplicité tout en vivant ses premiers émois amoureux. Coup de cœur pour cet album jeunesse, l’auteur le dédiant « à la douceur de l’ennui et au plaisir de rêver »!

Au fil des pages avec Pomelo et la grande aventure

Nous empruntons à la médiathèque Pomelo et la grande aventure de Ramona Bàdescu et Benjamin Chaud (éd. Albin Michel Jeunesse, 2012), un album jeunesse au grand format à l’italienne et à partir de 5 ans. Pomelo, un petit éléphant rose à la longue trompe, prépare son lourd sac-à-dos pour partir à l’aventure. Jetant au hasard un caillou qui lui ouvre la route à suivre, il avance optimiste, avec une certaine naïveté et plein d’interrogations. En chemin, il doit surmonter de nombreux obstacles tels que la pluie, la solitude ou sa rencontre avec un rat arnaqueur. Puis il y aura également de belles rencontres avec un Papamelo accueillant et paternel. Et qui sait même l’amour avec une intrigante étoile de mer?

Ce n’est pas la première histoire de Pomelo mais c’est la première que nous lisons et nous avons hâte de lire les autres, notamment pour savoir qui est Gigi. Nous nous laissons emporter dans cette aventure drôle, tendre et rocambolesque avec de magnifiques illustrations de Benjamin Chaud (dont nous reconnaissons immédiatement le coup de crayon) et un texte de Ramona Bàdescu parfois enfantin et parfois plus grave (« Pomelo voit bien qu’il traverse des paysages mythiques, mais ce qu’il voit surtout, c’est qu’il a brûle-brûle aux papattes »). Les plus jeunes lecteurs y verront surtout l’aventure avec la découverte du monde tandis que les plus âgés seront plus marqués par cette mélancolie qui accompagne Pomelo jusqu’à la chute heureuse vers d’autres aventures. Coup de cœur pour cet album jeunesse singulier, drôle et poétique! Quelle belle leçon de vie que nous offre Pomelo!

Au fil des pages avec Miss Charity

Début mars, j’ai emprunté à la médiathèque Miss Charity de Marie-Aude Murail et illustré par Philippe Dumas (éd. L’école des loisirs, 2008, rééd. 2013), un roman jeunesse à partir de 13 ans. Cela faisait déjà quelques temps que j’avais repéré ce roman et dans l’incertitude du confinement qui semblait s’annoncer, je me suis dit que ce roman de plus de cinq pages pourrait rejoindre ma PAL. Je commence à le lire le week-end dernier. Et l’histoire me diriez-vous?

Nous suivons la vie de Charity  Tiddler  dans les années 1880, une petite fille de 5 ans au début du roman, et ce sur plus de vingt ans. Appartenant à la haute société londonienne, Charity apprend très tôt à bien se tenir en société pour ne pas contrarier ses parents tout en se créant son propre imaginaire. En effet, dans la nursery du troisième étage de la maison londonienne, Charity se construit une ménagerie avec une première petite souris sauvée qui sera rejointe par d’autres animaux blessés ou échappant à la casserole. Elle peut compter sur Tabitha, sa bonne écossaise et puis sur sa  gouvernante française, Mademoiselle Blanche Legros qui lui fait découvrir l’aquarelle. 

Quittant Londres chaque été pour la campagne anglaise, à Dingley Bell, auprès de ses cousins – Ann, Lydia et Philip  Beltram et d’un ami de la famille, Kenneth Ashley, Charity peut se consacrer pleinement à l’étude de la Nature, d’abord esthétiquement puis le plus scientifiquement possible, comme l’anatomie des animaux, les champignons… Elle reste toujours une jeune fille puis une jeune femme marginale et solitaire mais qui s’épanouit dans son univers rempli d’animaux et qui continue d’apprendre par cœur l’œuvre de William Shakespeare et de remplir ses carnets de dessins. Arrivera-t-elle à trouver sa voie?

Au fil des pages, cette petite fille qui grandit, d’année en année, avec sa ménagerie me fait de plus en plus penser à une célèbre autrice de livres pour enfants ayant vécu au XIXe siècle: Beatrix Potter. Librement inspiré de sa vie, ce roman est captivant. Il y est aussi question de la condition de la femme au XIXe siècle, Charity détonnant par exemple avec ses cousines qui ne pensent qu’à faire un bon mariage et qui ose, dans la sphère bien pensante de la haute société anglaise de l’époque victorienne, vouloir gagner sa vie en travaillant et être indépendante.

Contrairement à Ma vie a changé que j’avais lu il y a quelques mois et dont je ne garde qu’un avis mitigé, j’ai vraiment apprécié ici le style d’écriture de Marie-Aude Murail, avec cet humour so british qui me rappelle mes lectures de Jane Austen. La narration à la première personne est celle du roman, même si  le texte reprend la forme d’une pièce de théâtre dans ses dialogues (ce qui n’est pas surprenant tant le théâtre est omniprésent dans l’histoire avec Shakespeare, le métier de comédien de Kenneth, Oscar Wilde ou encore Bernard Shaw). Le texte est également ponctué de nombreuses illustrations à l’aquarelle de Philippe Dumas qui complètent la fantaisie de l’héroïne, notamment en donnant vie à ses animaux comme Master Peter ou le canard Cook. Finalement, j’ai lu en une journée ce roman, laissant dernière moi, presque à regret, la vie de Miss Charity. Quoique, j’ai déjà repéré son adaptation en BD, un premier tome de Loïc Clément et Anne Montel, L’enfance de l’art, étant sorti en février 2020. Coup de cœur pour cet roman jeunesse!

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