Étiquette : lecture adulte (Page 70 of 71)

Au fil des pages avec La tresse

Lors du RAT des Étapes Indiennes du premier week-end de juillet 2020, j’ai lu l’adaptation par l’autrice elle-même, Laetitia Colombani, en album jeunesse de son roman La tresse. Il s’agit de La tresse ou le voyage de Lalita de Laetitia Colombani et illustrée par Clémence Pollet (éd. Grasset Jeunesse, 2018), un album jeunesse à partir de 6 ans.

Dans cette adaptation pour les jeunes lecteurs, l’histoire reprend la partie indienne du roman tout en la développant avec une fin heureuse, à savoir l’histoire de Smita et de sa petite fille âgée de 6 ans, Lalita pour peut-être, au bout, briser la chaîne de leur statut de Dalits – d’Intouchables et de vivre dans de meilleurs conditions de vie comme le droit pour la fillette d’aller à l’école.

En effet, Smita refuse que sa fille subisse les mêmes discriminations et injustices qu’elle et son mari. Elle persuade ce dernier de demander à l’instituteur du village, un Brahmane, d’accepter leur fille dans sa classe. Mais malheureusement Lalita est rabaissée par l’instituteur à son rang d’Intouchable. La seule issue que Smita voit: la fuite sous la protection de Vishnou avec sa fille vers une autre ville du pays où une école pour tous les enfants a été ouverte. Arrivera-t-elle à briser le sort d’ordinaire réservé aux Intouchables, femmes de surcroît? Son mari viendra-t-il les rejoindre?

Les illustrations douces et très colorées tempèrent la dureté de la vie de la famille de Lalita, même si son histoire est moins sombre et plus optimiste que dans le roman puisqu’elle est adaptée pour de jeunes lecteurs. Dans le roman, l’intrigue se termine à la sortie de l’offrande au temple de Vishnou sur une fin ouverte, laissant leur sort entre les mains du lecteur. Du haut de ses 6 ans, Lalita est le personnage qui m’a le plus touché. Battue par l’instituteur pour qui elle n’avait pas sa place à l’école en tant qu’Intouchable, elle donne ses cheveux – cheveux considérés comme sa seule richesse – pour une divinité ou plutôt pour l’amour de sa mère qu’elle suit inconditionnellement malgré sa peur et le silence de cette dernière tout aussi inquiète mais déterminée à lui offrir une vie meilleure.

Cette adaptation permet ainsi d’aborder le système des castes en Inde qui perdure malgré son abolition il y a déjà une cinquantaine d’années et la difficulté que rencontre encore aujourd’hui un trop grand nombre d’enfants dans l’accès à l’instruction et à l’école.

Puis quelques jours plus tard, j’emprunte le roman court, La tresse de Laetitia Colombani (éd. Librairie Générale Française, coll. Livre de Poche, mai 2017, rééd. mai 2018, 237 pages), son premier roman classé comme roman feel-good. Il s’agit des destins croisés – qui s’entrelacent comme une tresse – de trois femmes:

  • en Inde, dans le village de Badlapur : Smita (et sa petite fille Lalita), une Dalit – une Intouchable trentenaire et mariée vivant dans la misère et les discriminations subies au quotidien par sa caste inférieure
  • en Sicile, à Palerme : Guilia, célibataire vivant son premier grand amour avec Kamaljit récemment régularisé, la vingtaine et qui travaille dans l’atelier familial, au bord de la faillite, de perruques fabriquées à partir de cheveux humains
  • et au Canada, à Montréal : Sarah, mère divorcée de trois enfants, avocate quadragénaire sur le point d’obtenir une promotion au sein d’un prestigieux cabinet et qui cache à son entourage son cancer du sein.

Pour chaque parcours de vie, il est question de la condition de la femme et plus largement d’une quête de liberté, entre espoirs et incertitudes. Malgré leurs conditions sociales fort différentes, chacune doit faire preuve de courage, de dignité et d’adversité envers les discriminations subies, que ce soit des discriminations dues à leur origine, à leur sexe ou à la maladie. Ce roman se lit facilement, en quelques heures, passant d’une vie à l’autre à chaque chapitre, sans pour autant qu’aucune ne se croise. Un lien unit pourtant ces trois femmes, un lien qui était résumé par une carte du monde dans la dernière page de l’album jeunesse et qui se lit en filigrane dans le résumé de la quatrième de couverture.

L’écriture est simple comme dans un feel-good, l’autrice forçant sur certains caractères des personnages de façon parfois trop répétitive voire même caricaturale. Je pourrai même y voir du cynisme puisque derrière l’offrande payante de Smita et Lalita, le Temple de Vishnou tire profit des cheveux en en faisant commerce.

Ces lectures font partie de l’Étape Indienne n°6 « Politique sociale (corruption, critique de la société…) » et plus précisément n°6.1 « Les Intouchables ». Pour d’autres avis sur le roman: Hilde, Blandine et Nath Sci et pour un autre avis sur l’album jeunesse: Mya Rosa.

étapes indiennes, inde, lectures

Participation #3 aux Étapes Indiennes de Hilde #RAT et #Étape n°6.1

Challenge Petit Bac d’Enna #8 et 9 Catégorie Objet: « Tresse »

Au fil des pages avec Des vents contraires

Je viens de terminer de lire l’un de mes derniers emprunts à la médiathèque, Des vents contraires d’Olivier Adam (éd. Points, 2008, rééd. 2010, 288 pages), un roman court que j’ai bien apprécié et qui est le premier lu de cet auteur. Ce roman décrit une famille à la dérive après le départ inattendu de la mère.

Il y a un an déjà, Sarah est partie du jour au lendemain en laissant tout derrière elle et sans plus jamais donner le moindre signe de vie. Elle laisse derrière elle son mari, Paul Anderen et leurs deux jeunes enfants, Clément et Manon, respectivement âgés de 9 et 4 ans. Quittant sa maison dans la banlieue parisienne lui rappelant bien trop la disparue, Paul repart vivre avec les deux enfants auprès de son frère Alex et de son femme, Nadine à Saint-Malo, ville de son enfance. Que la vie est dure pour cette famille qui tente malgré tout de se reconstruire et de vivre! Chacun attend à sa façon le retour de Sarah, que ce soit Paul ou ses enfants si attachants, ayant grandi trop vite par ce départ. Saint-Malo leur sera-t-il salutaire?

J’ai mis quelques pages pour m’imprégner du style d’écriture d’Olivier Adam: des phrases longues, sans vraiment de ponctuation, mélangeant style direct parfois cru et indirect… Puis une fois adopté, ce style particulier donne son tempo à la lecture, me plongeant dans les états d’âme du narrateur, cet homme ayant perdu pied et sombré dans l’alcoolisme (incompréhension, tristesse, colère, résignation, bonheur, espoir se mélangeant inlassablement), raccroché à la vie par l’amour inconditionnel qu’il porte à ses enfants. Et cette question qui revient sans cesse: pourquoi est-elle partie comme ça? Et comme les flots de la mer et le tourbillon du vent, il y a l’alternance de noirceur et d’espoir avec des destins mêlés de personnes de tout âge aussi malmenées par la vie que lui et ses enfants, chacun portant son lot de souffrances : un père séparé de son fils, un mari trompé, des enfants projetés bien trop tôt dans des préoccupations d’adulte, etc. Sans oublier Saint-Malo et la mer, bien plus que le cadre de vie de l’histoire, des personnages à part entière. Il y a une omniprésence charnelle de cette mer comme de Sarah, la mère absente.

C’est une histoire touchante qui reflète pourtant la vie réelle de bien des familles, en cas de disparition/séparation comme en témoignent le flux continu d’affaires devant les Juge aux Affaires Familiales, Tribunaux pour Enfants ou dans le pire des cas, les Tribunaux correctionnels ou Cours d’Assises… Un bon moment de lecture malgré parfois des facilités dans l’histoire (des rencontres de Paul qui arrivent bien trop à propos) ou des erreurs commises dans la procédure pénale (et non, en France, le retrait par la victime de sa plainte en matière familiale n’entraîne pas son classement, le Procureur de la République étant détenteur de l’opportunité des poursuites)! Il ne me reste plus qu’à voir le film adapté de cette histoire mais aussi à lire d’autres romans de cet auteur comme par exemple Je vais bien, ne t’en fais pas (déjà vu en film).

Challenge Petit Bac d’Enna #7 Catégorie Son: « Vents »

Au fil des pages avec Konbini

Lors du RAT des Étapes Indiennes, je n’ai pas lu que des histoires indiennes mais ai fait une escale au Japon avec Konbini également paru sous le titre La fille de la supérette de Sayaka Murata (éd. Denoël, 2018), un roman court que j’aurai voulu emprunter pour le Mois au Japon 2020 et qui a obtenu le Prix Akutagawa en janvier 2016 (prix littéraire japonais qui récompense les auteurs débutants de nouvelles ou de romans courts). À 36 ans, Keiko Furukuna est célibataire et occupe un emploi précaire depuis ses 18 ans, celui de vendeuse à temps partiel dans un konbini. Un jour, un nouveau vendeur est embauché, Shiraha, un célibataire de 35 ans qui semble aussi perdu qu’elle.

Keiko ne vit que par et pour son travail au sein du konbini, sorte de supérette japonaise ouverte 24h/24. Elle est pourtant mal considérée par son entourage. Une jeune femme de son âge devrait être déjà mariée et avoir un « vrai » travail. Sous la pression sociale et pour se conformer aux exigences de la société, elle décide de passer un arrangement particulier avec Shiraha en se faisant passer pour un couple. Keiko arrivera-t-elle à trouver un sens à sa vie et accepter sa différence, loin du regard des autres et des traditions?

L’autrice, du même âge que son héroïne lorsqu’elle a écrit ce roman en 2016, nous plonge dans la société japonaise en en faisant une critique sociale. Elle dresse le portrait de deux anti-héros qui ont du mal à se fondre dans la société, mais le faut-il? Keiko qui dans son incompréhension du monde, froide et presque robotique, semble atteinte d’une maladie de l’ordre de l’autisme et est attachante dans sa quête de soi. De son côté, Shiraha est aussi désœuvré mais très antipathique. Se pose alors la question de la place de l’individu dans la société actuelle, en particulier pour les personnalités différentes? Un bon moment de lecture avec ce roman court, avec parfois des maladresses d’écriture, qui pose des questions existentielles.

Pour d’autres avis sur ce roman: Hilde et Rachel.

P’tit récap du Mois Anglais 2020

Ce mois de juin 2020 a été synonyme de Mois Anglais, challenge organisé par Lou, Titine et Lamousmé et auquel j’ai participé pour la première fois. Que de lectures, échanges et découvertes anglaises! J’ai pris plaisir à relire des auteurs et à en découvrir d’autres grâce aux posts et billets d’autres participants.

Il y avait un programme facultatif en duo certains jours avec d’autres challenges comme le Challenge British Mysteries de Lou et Hilde et Les Gourmandises de Syl. J’en ai lu certains mais je n’ai pas eu le temps de tout chroniquer. Comme pour chaque challenge, il y a surtout de la littérature jeunesse.

  • 3 juin: Un roman policier d’Agatha… Christie ou Raisin (avec le Challenge British Mysteries): Le tome 1 d’Agatha Raisin, La quiche fatale de M.C. Beaton (LU)
  • 6 juin: Londres en littérature mais pas que!: Miss Dalloway de Virginia Woolf (RELU)
  • 9 juin 2020: Romancière anglaise au choix: Jane Austen avec Orgueil et préjugés (RELU) et Emma (LU)
  • 13 juin: Lecture jeunesse: La potion magique de Georges Bouillon de Roald Dahl (RELU)
  • 26 juin: Une bande-dessinée: Dans la tête de Sherlock Holmes, T1, L’Affaire du Ticket Scandaleux de Cyril Lieron & Benoît Dahan, d’après Arthur Conan Doyle (LU)
  • 29 juin: Barbara Pym: Des femmes remarquables (EN COURS).

Sans oublier le marathon de lectures du 12 au 14 juin 2020: le RAT du Mois Anglais au cours duquel nous avons dégusté des scones fait maison et aussi tous les posts relayés sur Instagram sous @lemoisanglais ou sur le groupe facebook.

Il y a eu également d’autres lectures jeunesse:

Je continue aussi sur juillet pour lire les autres emprunts de la médiathèque comme Des femmes remarquables de Barbara Pym que je viens de commencer ou Rebecca de Daphné du Maurier. De cette autrice, j’avais lu il y a de ça bien 15 ans la nouvelle Les oiseaux. Et aussi pour rédiger mes billets en retard…

Et peut-être que je ferai d’autres emprunts sans attendre le Mois Anglais 2021 n’ayant pu emprunter par exemple Les aventures de Cluny Brown de Margery Sharp, Le passé de Tessa Hadley, Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman, La prisonnière du temps de Kate Morton, les tomes 2 et suivants d’Agatha Raisin de M.C. Beaton, Paddington de Michael Bond, les tomes 3 et suivants d’Enola Holmes de Nancy Springer… Et bien d’autres encore repérés ou non chez d’autres participants.

Le Mois Anglais de Lou, Titine et Lamousmé

RAT du Mois Anglais 2020

Ce jour, 12 juin 2020 commence le RAT du Mois Anglais qui est prévu jusqu’au 14 juin 2020 minuit. Encore un bon moment de lecture partagée tout ce week-end mais pas que! Dans ma PAL, il y a surtout des relectures mais de livres que j’ai lus il y a plus de 15 ou même plus de 20 ans pour certains. J’espère pouvoir compléter mes choix par un passage à la médiathèque dans le week-end.

Des mini-challenges sont proposées par les organisatrices, Lou et Titine:

  • Défi 1 : Partager un tea time de lecteur / lectrice en photos
  • Défi 2 : Lire 9 titres différents, autant de titres que de bougies à souffler pour le Mois anglais
  • Défi 3 : Lire un titre en VO. 

Jusqu’à maintenant, 21 heures passées, je n’ai pas vraiment lu si ce n’est des albums jeunesse : Le bison de Catharina Valckx, L’enfant, la baleine et l’hiver de Benji Davies, Pomelo et la Grande Aventure de Ramona Bàdescu et Benjamin Chaud,  Nous avons rendez-vous de Marie Dorléans, Les Pirates de Valérie Guidoux et Charlie pOp et Allons chercher le printemps de Laura Hedon. Ouf, il y a en un qui est dans le thème anglais, celui de Benji Davies.

Avant ma soirée lecture, un petit tour chez les autres participants: Lou, Bidib, Lilas, Blandine, Alexielle, Martine , Nathchoco, George, Touloulou et Myrtille et L’orouge. Et aussi les pompons so british de FondantGrignote!

Pour terminer la soirée, je n’ai pas encore décidé dans quelle lecture je vais me plonger. Je vous en dirai plus demain. J’ai même oublié de faire une photo de ma PAL pour ce week-end. Je la rajouterai demain aussi.

Samedi 13 juin 2020, c’est reparti pour une journée de marathon. Hier soir, j’ai finalement choisi une lecture jeunesse que j’avais déjà lue quand j’étais au collège (il y a longtemps donc…): La potion magique de Georges Bouillon de Roald Dahl (117 pages). Ce matin, je chronique ce roman jeunesse pour la journée « Lecture jeunesse » du Mois Anglais.

En ce début d’après-midi, nous relisons deux albums jeunesse qui reflètent le temps pluvieux d’aujourd’hui: Elmer de David McKee et La belle journée d’Astrid Desbordes et Marc Boutavant.

Au cours de l’après-midi, après avoir fait un tour chez les autres participants et bien avant l’heure du Tea Time, nous passons dans la cuisine pour faire des scones en utilisant la recette d’Enna (et heureusement j’avais l’ingrédient ultime bien que facultatif, le marmiton!). Pour une première fois, je suis contente du résultat. Une petite touche anglaise à nos plats de ce week-end!

Puis la fin d’après-midi passe avec des averses par intermittence. Nous choisissons de jouer à des jeux de société, un jeu de dominos version « Cars » et le jeu « Au feu les pompiers! ».

Après le repas, place aux deux histoires du soir: La belle journée déjà lu dans l’après-midi et Mélie d’Isabelle Maquoi et Quentin Gréban.

  En soirée, je relis Miss Dalloway de Virginia Woolf. Je retrouve avec plaisir la vie de Miss Dalloway en plein préparatif de sa soirée mondaine à Londres.

Dimanche 14 juin 2020, nous nous réveillons sous un beau soleil. Après le petit déjeuner (des scones à la confiture de fraises mais avec du café), nous faisons notre sélection d’albums jeunesse pour le thème « Oiseaux » de cette semaine du #challenge52albumsjeunesse sur Instagram. Alors forcément, nous en relisons plusieurs: La nuit de Berk, À table!, Je suis un lion et Un peu perdu. Plouk nous donne aussi envie de relire Les souris vont à la pêche de Haruo Yamashita et Kazuo Iwamura. Y en a-t-il un qui rentre dans la thématique du Mois Anglais? Allez, je dis oui avec la la dégustation de biscuits autour d’une tasse de thé d’Un peu perdu, même si Chris Haughton est Irlandais… 

Puis un petit tour chez les autres participants: que de lectures et de gourmandises anglaises! Ce qui me donne envie de refaire une fournée de scones. En même temps, il est bientôt midi…

Cet après-midi, au vu du temps encore bien ensoleillé, point de lectures. Nous partons nous balader au Fort de la Revère, sur le sentier allant jusqu’à La Turbie. Nous voyons d’ailleurs au loin le Trophée d’Auguste mais faisons demi-tour à la balise n°643. C’est un endroit que nous apprécions beaucoup, même si nous voulions au départ aller à la plage de Villefranche-sur-Mer. Mais vu le monde, nous avons fait demi-tour, mon seul regret étant de ne pas avoir pris mon appareil photo. La vue est magnifique et beaucoup de papillons volètent.

Vers 19h00, nous sommes de retour chez nous. Puis après une bonne douche et un bon repas, c’est l’heure des histoires du soir: Les Pirates de Valérie Guidoux et Charlie pOp et La chenille qui fait des trous d’Éric Carle.

En soirée, après un petit tour chez les autres participants et la mise à jour de mon billet, je continue un peu Miss Dalloway de Virginia Woolf. Un bien chouette week-end de marathon placé sous le signe des scones… euh de la lecture (un peu) anglaise!

Le Mois Anglais de Lou et Titine  #RAT

« Older posts Newer posts »

© 2026 JOJO EN HERBE

Theme by Anders NorenUp ↑