Catégorie : Mini lecteur (Page 1 of 279)

Au fil des pages avec Hypericon

Attirée par l’illustration de couverture, j’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, Hypericon de Manuele Fior (éd. Dargaud, novembre 2022, 144 pages), un roman graphique qui suit Teresa, une brillante étudiante italienne qui décroche une bourse pour un poste à Berlin, en 1998, pour participer à la préparation d’une grande exposition sur la découverte du tombeau de Toutankhamon. Victime d’insomnies chroniques, elle se plonge chaque nuit dans la lecture du journal d’Howard Carter, un égyptologue américain qui a découvert ce tombeau en 1929. Elle rencontre également Ruben, un jeune italien comme elle et issu d’une famille aisée qui fréquente l’underground berlinois. L’attirance est immédiate. Mais peut-elle durer?

Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman graphique, à la fin de ma lecture qui alterne deux temporalités. Il s’agit d’une tranche de vies avec la romance passionnée de Teresa et de Ruben, aux personnalités bien différentes (elle introvertie, anxieuse et studieuse et lui insouciant et profitant de l’instant présent) mais sans qu’il n’y ait réellement d’intrigue, le fil conducteur étant l’hypericon, une plante appelée également le millepertuis, et qui va permettre à la jeune femme de soigner ses insomnies. Je ne m’attendais pas non plus aux planches très crues de leurs ébats sexuels et qui, selon moi, n’apportent rien. J’ai surtout apprécié le graphisme, la partie archéologique et la problématique autour du temps entre passé et futur mais qui n’a été malheureusement que survolée. Une lecture bien décevante! 

Au fil des pages avec La danse du temps

J’ai lu La danse du temps d’Anne Tyler (éd. Phébus, avril 2019, 272 pages), un roman contemporain se déroulant à quatre moments-clés de la vie de Willa Drake, à 11 ans en 1967 (après une nouvelle dispute entre sa mère et son père), à 21 ans en 1977 (abandonnant ses études pour se marier), à 41 ans en 1997 (au décès de son premier époux lors d’un accident de la route) puis à 61 ans, en 2017 (ayant refait sa vie, auprès de son second époux, un avocat golfeur à la retraite). Lorsqu’elle reçoit un appel téléphonique de la voisine de Denise, l’ex-petite amie de son fils aîné, Sean, lui annonçant, par erreur, que sa petite-fille de 9 ans, Cheryl, a besoin d’elle le temps que la jeune femme soit hospitalisée après avoir reçu une balle à la jambe, Willa décide immédiatement de quitter sa vie confortable et monotone à Phoenix, en Arizona et de s’occuper de la fillette, à Baltimore, dans le Maryland, le temps de la guérison de Denise. Même si son attitude déconcerte son second mari, Peter qui vient avec elle, n’est-il jamais trop tard pour choisir sa vie?

Le roman se décompose en deux parties, même si la première est bien plus courte avec des sauts dans le temps (ces moments dans le passé permettant de dresser le portrait d’une femme sans volonté propre et bien passive face aux événements et rencontres jalonnant sa vie) jusqu’à cet appel téléphonique, en 2017 qui est sur le point de faire basculer son quotidien. Mais est-ce vraiment le cas?  Au fil de cette danse du temps, je me suis demandée quand Willa allait enfin prendre sa vie en main. Pour autant, est-ce si simple de changer de caractère du jour au lendemain? Est-ce seulement possible? La vie vaut-elle de prendre des risques pour être pleinement vécue?

Comme dans Trois jours en juin (éd. Phébus, mai 2025, 240 pages), il ne se passe finalement pas grand chose et j’ai eu de la peine pour cette vie gâchée, même si elle ne semble pas vraiment prendre conscience de ce à quoi elle a renoncé pour ne pas faire de vague et éviter toute instabilité affective et matérielle que lui faisait subir, enfant, une mère impulsive et violente. On y retrouve des thèmes récurrents chez cette autrice: le temps qui passe, la classe moyenne américaine, la famille, les (mauvais) choix de vie… Willa n’a pas su trouver un mari aimant ni réussi à tisser de liens forts avec sa sœur cadette ou même ses deux fils. Elle reste à distance de la vie et des autres. Une lecture en demi-teinte tant j’ai attendu, jusqu’à la toute dernière page, l’épiphanie de cette femme qui laisse les autres décider pour elle!

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Musique: « Danse »

Throwback Thursday Livresque: Des cœurs sur la couverture

TTL n°352 chez Carole #Des cœurs sur la couverture

Ce jeudi 12 février 2026, je participe au Throwback Thursday Livresque, un rendez-vous livresque initialement chez Bettie Rose Books et repris depuis par Carole, les liens étant à déposer chez My-Bo0ks. Le principe est de partager chaque jeudi un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Cette semaine, le thème est « Des cœurs sur la couverture (au moins 2) ».

Il n’a pas été aisé de trouver des illustrations de couverture avec plusieurs cœurs et j’ai failli changer le thème du jour avec le mot « cœur » dans le titre mais finalement, après une longue recherche dans nos étagères, voici ce que nous avons trouvé avec mon mini lutin: 

  • Noël, lutin glacé et voisin rôti! de Thalyssa Delaunay (éd. Hugo Poche, octobre 2023, 393 pages), une romance contemporaine de Noël se déroulant dans un petit village d’Alaska, entre deux voisins, Lily Mackenzie et Montgomery Paterson et qui vaut surtout pour son illustration de couverture et son titre qui m’avaient immédiatement attirée
  • le tome 10 de Mortelle Adèle, Choubidoulove de Mr Tan et et Diane Le Feyer (éd. Bayard Jeunesse, mai 2016, 80 pages), une BD jeunesse qu’adore mon mini lutin, la petite fille étant tiraillée entre les bêtises et Ludovic dont elle est amoureuse, Geoffroy n’ayant pas dit non plus son dernier mot
  • J’aime pas les bisous de Nadine Monfils et Claude K. Dubois (éd. Mijade, août 2010, 24 pages), un album jeunesse à partir de 3 ans avec une petite fille qui ne supporte les bisous incessant de sa mère et qui se demande si adopter un chien ne serait pas la solution

Et vous, quel livre auriez-vous choisi pour cette thématique? La semaine prochaine, le thème sera: « le mot « Amour » (en français) dans le titre ».

Au fil des pages avec le tome 1 de Spy x Family

J’ai lu le tome 1 de Spy x Family de Tatsuya Endo (éd. Kurokawa, septembre 2020, 208 pages), un manga shōnen à partir de 12 ans. Orphelin de guerre et le plus grand espion de Westalis, Twilight ne peut agir seul et doit impérativement se créer une fausse famille afin de mener à bien sa prochaine mission d’infiltration au sein de la plus prestigieuse école privée Eden dans laquelle est scolarisé le fils d’un politicien extrémiste d’Ostania qu’il doit approcher. Mais tout ne se passe pas comme prévu: se faisant passer pour Loid Forger, un psychiatre, il ignore que son identité d’espion n’est pas un secret pour Anya, la petite fille orpheline et télépathe qu’il adopte et que Yor Briard, sa fausse épouse est loin d’être aussi timide et la discrète fonctionnaire de mairie de 27 ans qu’elle le prétend puisqu’elle est une redoutable tueuse professionnelle sous le nom de code Princesse Ibara. Arriveront-ils à se faire passer pour une véritable famille? Anya réussira-t-elle l’examen d’entrée dans cette école élitiste et très conservatrice?

J’ai bien apprécié découvrir ce premier tome très rythmé et qui allie humour et espionnage. Le monde imaginé par le mangaka rappelle celui de la Guerre froide avec la division entre deux grands pays: Westalis et Ostania dont la capitale est Berlint, la paix restant très précaire. Sous couvert d’une fausse famille, il y est question d’éducation, de parentalité, de relations amoureuses, de célibat, de solitude, de libertés… Les rebondissements, gags, quiproquos et faux-semblants s’enchaînent tant le trio est atypique et attachant, chacun étant solitaire à sa façon. J’ai trouvé réussie la façon dont est introduit chacun des personnages de cette fausse famille.

Un bon voire très bon moment de lecture avec cette comédie d’espionnage, ayant bien évidemment pas tenu du compte du fait improbable qu’un tel espion n’ait rien vu venir! A noter toutefois, que pour les plus jeunes, les scènes d’action peuvent être assez violentes et sanglantes avec un espion et une tueuse à gages (mon mini lutin attendra encore pour les lire). En attendant de lire la suite, j’ai visionné le premier épisode de son adaptation en anime qui reprend quasiment plan par plan les cases du manga et que j’ai trouvé tout aussi réussi. 

La BD de la semaine chez Fanny pour cette semaine

Participation #17 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Manga Shōnen

 

Au fil des pages avec La fille sans peau

Pour la lecture commune du 10 février 2026 proposée par Alexandra dans le cadre de son challenge Un hiver polar 2026, j’ai lu le premier tome d’une trilogie, La fille sans peau de Mads Peder Nordbo (éd. Actes Sud, janvier 2020, 380 pages), un roman policier contemporain – un arctic noir – se déroulant au Groenland. En août 2014, Matthew Cave, un journaliste récemment arrivé à Nuuk est dépêché par son journal pour couvrir un événement hors du commun: la découverte d’une momie qui serait celle d’un Viking et permettrait d’en savoir plus sur les premiers colons de l’île. Mais dès le lendemain, le corps momifié a disparu et le policier en charge de sa sécurité a été retrouvé mort éviscéré comme un phoque. Et si tout cela avait un rapport avec des affaires non résolues avec le même modus operandi survenues en novembre 1973, les quatre victimes étant des pères incestueux? Le jeune homme pourra-t-il faire confiance à Tupaarnaq, une jeune femme entièrement tatouée et récemment libérée de prison après avoir purgé une peine de 12 ans pour le quadruple meurtre de sa famille? Que lui révélera le journal du policier, Jakob Petersen ayant enquêté en 1973 qu’on lui a confié?

Même si certains aspects sont particulièrement glauques et glaçants, le tout reste pourtant confus et sans véritables explications, et même de moins en moins crédible plus l’enquête du journaliste avance. Comme il s’agit d’un premier tome d’une trilogie et donc comme tout tome introductif, l’auteur laisse en suspens certaines intrigues secondaires pour sans doute y revenir plus tard dans les tomes suivants comme le passé du père de Matthew, un militaire américain disparu dans les années 90 ou celui de Tupaarnaq qui n’a pas tout révélé de son histoire… Il y a plusieurs pistes de réflexion et d’hypothèses qui restent très superficielles, avec deux enquêteurs, à 41 ans d’intervalle, qui m’ont paru un peu trop similaires dans leur attitude.

D’autre part, cette surenchère de violence sordide m’a paru inutile tant elle n’a, au fond, que peu d’incidences sur les raisons des meurtres perpétrés si ce n’est, à appuyer, sur la nature « méprisable » des Groenlandais, affichant un racisme qui m’a déplu (pauvreté chez les autochtones rimant avec alcoolisme, violences et inceste). Pêle-mêle, il y est ainsi question d’inégalités et discriminations sociales entre Inuits et Danois, d’inceste, de pauvreté, de misère sociale, d’expérimentations médicales, d’enjeux politiques autour de l’autonomie de l’île, de chasse aux phoques, de corruption, de disparitions d’enfants…

J’ai regretté que ces thèmes n’aient pas été abordés de façon plus poussée et réaliste, en particulier l’impact des politiques danoises sur la population autochtone par exemple avec des déplacements forcés pour les sédentariser et les campagnes de stérilisation forcée… Une lecture très mitigée et qui ne m’a pas donné envie de lire la suite, même si le tome 2, Angoisse glaciale est disponible à ma médiathèque et que le troisième tome, La femme au masque de mort n’a pas encore été traduit en français.

Au passage, je valide la case « Tueur en série » du bingo meurtrier du challenge Un hiver Polar 2026.

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Alexandra (plus enthousiaste que moi), Athalie (déçue), Line (qui a réussi à aller au bout de sa lecture malgré la dureté du roman), Anne-yes

Participation #6 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #LC

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