Étiquette : littérature française (Page 1 of 5)

Au fil des pages avec le tome 1 des Lurons de la forêt

Nous avons lu le tome 1 des Lurons de la forêt d’Anthony Martinez (éd. L’École des Loisirs, février 2024, 84 pages), un album jeunesse sous-titré « une comédie en V actes » à partir de 5/6 ans. Dans la forêt, on suit les aventures loufoques, sous forme de saynètes et d’un interlude, d’une bande d’animaux attachants et avec leur propre caractère qui se chamaillent ou qui s’entraident, l’auteur ayant voulu rendre hommage à Marcel Pagnol et aux Fables de La Fontaine. Le timide écureuil parviendra-t-il à se faire entendre face aux autres animaux qui pensent l’aider dans son empilement de bois? Le lapin arrivera-t-il à conserver son calme alors que les autres animaux le pensent énervé? Le renard arrivera-t-il à être suffisamment rusé pour attraper la poule? La chenille se fera-t-elle discrète dans son cocon? La cigogne réalisera-t-elle son rêve de voyager en bateau? 

Nous avons bien rigolé avec ce premier tome. Les illustrations complètent à merveille le texte en mettant en scène des animaux très expressifs et remplis de détails donnant sens à l’histoire, comme le sanglier bleu à l’accent du Sud ou le cerf, drôle de shérif de la forêt… On comprend mieux pourquoi l’éditeur a présenté ce livre comme à mi-chemin entre le texte de théâtre et l’album illustré. Un bon voire très bon moment de lecture rigolo mêlant humour absurde et comique de répétition et qui se prête bien à une lecture à voix haute! Sans oublier le clin d’œil à Astérix et Obélix. Il nous faut désormais dénicher les deux autres tomes parus. 

Participation #37 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #5 Catégorie Lieu: « Forêt »

Au fil des pages avec La Belle et la Bête

L’ayant acheté dès sa parution, j’ai lu, bien après mon mini lutin, La Belle et la Bête de Cécile Roumiguière et Benjamin Lacombe, d’après Gabrielle-Suzanne de Villeneuve (éd. Albin Michel Jeunesse, février 2025, 80 pages), un album jeunesse à partir de 9 ans se déroulant en Vénétie, en Italie. Après l’acte condamnable de son père de retour de Venise, un vieux marchand ruiné qui avait cueilli une rose dans le jardin du château de la Bête, sa fille, Belle, ne voit pas d’autres choix, que d’accepter l’ordre impérieux de la Bête de s’installer auprès de lui. Mais ce qu’elle découvre est bien différent de ce qu’elle s’attendait. Un amour est-il possible entre eux afin de briser la malédiction?

J’ai beaucoup apprécié cette réinterprétation réussie et magnifiquement illustrée du conte originel. Comme dans le conte originel de 1740 ou sa version plus connue de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont parue en 1756, il y est question d’apparences trompeuses, de solitude, d’amour qui se tisse petit à petit et non d’amour-passion, de nature humaine et de bestialité ou monstruosité… Le récit est entrecoupé d’un personnage mystérieux qui semble observer de loin, sur une gondole naviguant sur les canaux de Venise, au large de l’île de Murono à l’instar de nous lecteur, le rapprochement de la Belle et la Bête au sein d’un château figé par la magie dans une ambiance mortifère et hivernale.

Le duo autrice/illustrateur s’inspire également, comme l’aurait fait en son temps Mme de Villeneuve, sur la la famille des Gonsalvus, dont le père Petrus Gonsalvus (ou Pedro Ganzales ayant vécu, sans doute de 1537 à 1618 et offert, à l’âge de 10 ans au Roi Henri II) souffrait d’hypertrichose (une pilosité excessive) et dont le mariage avec une belle jeune femme, Catherine Raffelin. D’ailleurs, Belle découvre la vie de leur fille, Antonietta (ou Tognita) dans un livre de la bibliothèque de la Bête. On pourrait même remonter à l’histoire d’Amour et Psyché dans les Métamorphoses d’Apulée. 

Graphiquement, on retrouve l’univers foisonnant de Benjamin Lacombe, avec des aspects qui rappellent aussi le film de Jean Cocteau sorti en 1946 ou la version de Disney de 1991 ou de 2017. Un très bon moment de lecture avec une réécriture modernisant le conte originel avec la question du consentement et qui se termine sur un dossier fort instructif, comme toujours dans cette collection de classiques revisités de l’éditeur!

Participation #9 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Conte revisité

Participation #4 Le Mois Italien 2026 d’Eimelle #Venise

Participation #35 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Roman illustré

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Animal: « Bête »

Au fil des pages avec Un jour, je te mangerai

J’ai lu Un jour, je te mangerai de Géraldine Barbe (éd. L’école des loisirs, coll. Médium+,  janvier 2021, 144 pages), un court roman jeunesse à partir de 13 ans et à la jolie et intrigante illustration de couverture de Hülya Özdémir. Chloé, la narratrice âgée de 12 ans est confrontée à l’anorexie avec crise de boulimie de sa sœur aînée Alexia, âgée de 15 ans. Comment vivre au quotidien? 

La narratrice subit la violence de sa sœur aînée qui elle-même souffre, l’insultant ou la rabaissant sans cesse. On ressent sa confusion, sa peur à ne pas savoir comment appréhender Alexia (se faire toute petite, ne rien dire ou au contraire la mettre face à ses actes…), sa culpabilité… En tant que lecteur adulte, on ressent ce décalage entre ce que se doute de plus en plus Chloé sans pour autant y mettre les bons mots et les signes évidents de la maladie mentale d’Alexia (alternance de frénésie alimentaire et de phase de boulimie vomitive, contrôle du corps et de la nourriture en préparant à manger pour les autres…).

J’ai apprécié l’originalité de ce récit qui met en exergue les répercussions anxiogènes d’une maladie d’un membre d’une famille sur ses proches. La plus jeune souhaite déjà être à l’âge de la plus grande alors que celle-ci regrette de ne plus avoir l’âge de la première, un âge d’avant la puberté et de la transformation de son corps. Les parents, Corinne et Paul semblent totalement dépassés par la situation. Mais le sont-ils car ils ont gardé le silence avec Chloé, pensant mieux la protéger ou car ils n’ont pas su ou voulu voir le mal-être profond de leur fille aînée? Un bon moment de lecture même si j’ai trouvé que la fin était trop précipitée!

Participation #34 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Court roman jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Pronom personnel sujet: « Je »

Au fil des pages avec Vivian Maier, A la surface d’un miroir

J’ai lu Vivian Maier, À la surface d’un miroir de Paulina Spucches (éd. Steinkis, novembre 2021, 168 pages), un roman graphique (son premier) s’ouvrant, à chaque chapitre, par une reproduction des photographies de Vivian Maier entre 1952 et 1960. Nurse de profession, Vivian Maier était aussi une photographe de rue autodidacte qui a été reconnue à titre posthume, la plupart de ses photographies n’ayant jamais été développées. Qui était-elle? Que disent d’elle les clichés qu’elle n’a cessé de prendre tout au long de sa vie avec son Rolleiflex?

J’ai apprécié l’idée de l’autrice de partir d’un des nombreux clichés de Vivian Maier, une Américaine d’origine française et d’imaginer le contexte qui pouvait entourer la prise de vue, comme lorsqu’elle fait un autoportrait ou des portraits de passants, animaux ou objets dans la rue et les flashbacks parcellaires de ce qui aurait pu être sa vie dont on sait très peu de choses. Rappelant le fauvisme, les bulles sont très colorées et attirent inévitablement l’œil à l’instar des photographies originales. Tout se joue donc au niveau de l’image et des émotions et interprétations qu’elle suscite, le texte étant peu présent.

Au fil des clichés, se dessine une vie discrète et peu amène, captant sur le vif des instantanés de vie, que ce soit dans les rues de New-York ou à Champsaur… Il y est aussi question de transmission de cette passion. Un bon moment de lecture dans l’ensemble avec cette biographie romancée qui permet de (re)découvrir Vivian Maîer (1926/2009)! A la fin de ma lecture, je suis d’ailleurs allée voir les clichés en noir et blanc de cette période: ici, à défaut d’avoir eu le temps de voir l’été dernier l’exposition « Vivian Maier, au bord du monde » à la Maison des Douanes, à Saint-Palais-sur-Mer. 

Pour d’autres avis sur ce roman graphique: NathalieBlandine, Enna et Fanny

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #5 Catégorie Objet: « Miroir »

Au fil des pages avec le tome 1 de Mi-mouche

Repérée chez plusieurs « bulleuses » du mercredi, j’ai lu, à mon tour, le tome 1 de Mi-mouche, Tu veux te battre? de Vero Cazot et Carole Maurel (éd. Dupuis, mai 2025, 64 pages), une BD jeunesse à partir de 9 ans selon l’éditeur. Depuis le décès de sa sœur jumelle Lison lorsqu’elles avaient 11 ans dans un accident de voiture, Colette continue de vivre dans son ombre allant jusqu’à pratiquer la danse classique comme le faisait Lison, avant tout pour faire plaisir à sa mère qui a gardé des séquelles de l’accident et qui a tendance à la surprotéger. Mais un jour, poussée par des cochons en fuite dans la rue, l’adolescente de 14 ans trouve refuge, avec son ami Elias, dans une salle de boxe. Et si ce sport était sur le point de bouleverser sa vie, comme le lui suggère son ombre qui ne la quitte plus depuis le décès de sa sœur jumelle et qui la pousse à prendre des risques afin de réaliser ses rêves? Comment assumer ce choix face au refus parental?

J’ai apprécié ce récit initiatique où il est question de deuil, d’affirmation de soi, d’amitié, de droit à la différence ou bien encore de relations familiales au cours de l’adolescence, de résilience… Graphiquement, les bulles sont pleines de pep’s, colorées et aux visages expressifs, Colette passant par tout un tas d’émotions dans sa prise de confiance en soi et son besoin de vivre pour elle-même et non plus dans l’ombre de sa sœur décédée. L’adolescente est très attachante. Un bon voire très bon moment de lecture! J’espère pouvoir lire le second tome rapidement, lorsqu’il sera disponible à ma médiathèque.

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Nathalie, Eimelle (qui a aussi lu le tome 2) et Moka.

Participation #33 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #BD jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Pronom personnel Sujet: « Tu »

 

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