Étiquette : Challenge Petit Bac 2026 (Page 1 of 6)

Au fil des pages avec Le printemps de Sakura

J’ai lu Le printemps de Sakura de Marie Jaffredo (éd. Glénat, coll. Vents d’Ouest, août 2022, 112 page), un roman graphique classé en adulte à ma médiathèque mais qui peut très bien être lu, à mon avis, à partir de 11/12 ans. Depuis le décès accidentel de sa mère japonaise trois ans auparavant, Sakura, âgée de 8 ans, vit avec son père français, Guillaume à Tokyo. Mais lorsque ce dernier doit partir quelques semaines pour son travail, la jeune fille part habiter chez sa grand-mère maternelle, Masumi qu’elle ne connaît pas vraiment, dans un petit village côtier. Et si ce séjour lui permettait de surmonter son chagrin, de voir la vie autrement, d’apprivoiser sa double culture et de s’épanouir?

C’est un récit assez classique avec cette petite fille qui découvre, le temps d’un printemps, une partie de son identité culturelle et qui pourra ainsi faire le deuil de sa mère. Grâce aux liens tissés avec sa grand-mère, Sakura découvre une vie proche de la Nature, l’air de la mer, les plats japonais comme les gyozas ou les dorayaki et d’autres plaisirs simples du quotidien japonais… Leur complicité est touchante. 

Les différentes étapes du deuil jusqu’à son acceptation sont également bien décrites. Cependant, j’ai été un peu gênée par la mise en scène, comme si cette immersion dans la culture japonaise était destinée pour le lecteur français ou occidental et non pour Sakura qui est censée avoir grandi au Japon et non en France, ne passant que ces étés à Lyon, auprès de ses grands-parents paternels. Graphiquement, cela m’a plu même si j’ai trouvé que Sakura ne faisait pas ses 8 ans. Un bon moment de lecture avec cette histoire initiatique et de complicité entre une petite fille et sa grand-mère! Sans oublier les nombreuses bulles gourmandes, Masumi initiant sa petite-fille au jardinage et à la cuisine, sous le regard du chat de la maison. 

Pour d’autres avis sur cette BD: Eimelle et Nathalie (plus enthousiastes que moi).

La BD de la Semaine

Participation #9 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Roman graphique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Passage du temps: « Printemps »

Au fil des pages avec On a volé le printemps

Nous avons lu On a volé le printemps d’Orianne Lallemand et Hervé Le Goff (éd. Auzou, mars 2024, 32 pages), un album jeunesse à partir de 3 ans et qui a fait partie de la sélection CP du 37e Prix des Incos 2026. En ce premier jour du printemps, Violette s’inquiète car il a neigé et il fait froid. Comment sa mamie Rosie qui adore jardiner pourra-t-elle le faire dans ses conditions s’occuper de ses fleurs? La petite fille est bien décidée à retrouver le printemps. Parviendra-t-elle à attraper le voleur?

Au vu du duo autrice/illustrateur, il était certain que l’histoire serait toute mignonne et rigolote, ici avec un côté un brin fantastique. L’enquête est construite sous forme de conte-randonnée, Violette allant voir le loup puis le renard puis d’autres animaux de la forêt, chacun s’innocentant et renvoyant la faute sur un autre animal. Qui aurait intérêt à ne pas voir revenir le printemps? Il y est question d’amitié (peut-on garder un ami pour soi?), d’entraide, de vivre ensemble et du cycle des saisons. Un bon moment de lecture!

Participation #28 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Passage du temps: « Printemps »

Au fil des pages avec Le pays des cerisiers

J’ai lu Le pays des cerisiers de Fumiyo Kouno (éd. Kana, coll. Made in, août 2023, 128 pages), un manga seinen historique regroupant deux prépublications dans le magazine Weekly Manga Action en 2003 et 2004 au Japon. On y suit l’histoire de la famille Hirano, de 1955 à 2004, plusieurs années après le bombardement atomique d’Hiroshima.  

Le premier chapitre « La ville de Yûnagi » se déroule dans la ville d’Hiroshima, en 1955, 10 ans après le drame. Minami Hirano, victime des radiations, vit pauvrement avec sa mère en travaillant dans un atelier de couture et en âge de se marier. Comment vivre normalement après avoir vécu tant d’horreurs? Peut-elle se permettre d’aimer? Il y est ainsi question du syndrome du survivant, de résilience, de deuil, de maladie, de vies suspendues… Par petites touches, les rares instants de joie et de bonheur de la jeune femme sont vite étouffés par les souvenirs et remords oppressants du drame. Et si la maladie la rattrapait malgré tout? Graphiquement, les dessins tout en délicatesse, douceur et simplicité s’harmonisent bien avec le récit plus dur. Le mal-être de la jeune femme est palpable, son passé la hantant au quotidien au point de s’empêcher de vivre. 

Puis les deux autres chapitres qui donnent son nom au manga, « Le pays des cerisiers »se déroulent des années plus tard jusqu’en 2004, avec une structure narrative en abîme et en flashbacks, bien différente du premier chapitre. On y suit Nanami Ishikawa, d’abord lorsqu’elle est une jeune fille passionnée de baseball, dans son quotidien avec sa famille, souvent triste, mise à l’écart et solitaire, Ashani son père veuf travaillant beaucoup et sa grand-mère s’occupant de son frère Nagio, souvent hospitalisé et se liant d’amitié avec Tõko, sa voisine du même âge qu’elle mais d’une famille plus aisée. Puis on la retrouve, 18 ans plus tard, une fois adulte, vivant avec son frère totalement guéri et son père dont le comportement l’inquiète au point qu’elle décide de le prendre en filature jusqu’au cimetière d’Hiroshima, recroisant en chemin Tõko. 

Au début, je me suis demandé quel était son lien avec la première histoire. En effet, les liens de filiation se dévoilent au fur-et-à mesure, le tout faisant sens arrivé à la fin du manga. Ce sont les mêmes thèmes qui sont abordés: les répercussions sanitaires et sociales du bombardement atomique d’Hiroshima restant toujours d’actualité, entre discriminations et préjugés à l’égard des rescapés, victimes des radiations appelés Hibakusha et leurs descendants, la plupart étant rejetés par la société par crainte par exemple de transmission des maladies en cas de mariage…  

Comment se remémorer le passé sans renoncer à la vie? Et si on pouvait croire cette fois aux rêves d’avenir? L’espoir semble permis à l’image des fleurs de cerisiers. Un bon voire très bon moment de lecture avec ce manga fort touchant et épuré, le premier chapitre étant celui qui m’a le plus émue et avec des explications en fin d’ouvrage et notes de bas de page aidant fortement la lecture! Cela m’a rappelé une autre lecture: Hibakusha de Thilde Barboni et Olivier Cinna.

La BD de la semaine chez Fanny cette semaine

Participation #8 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Manga seinen

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Lieu: « Pays »

Au fil des pages avec Anita Conti, océanographe

Après avoir découvert cette série Les Pionnières avec le tome sur Nellie Bly, j’ai lu, pour le thème « Bulles Vertes » de la BD de la Semaine, le premier tome, Anita Conti, océanographe de Luca Blengino, Nathaniel Legendre, Katia Ranalli et Florent Daniel (éd. Soleil, coll. Aventure, mars 2020, 56 pages), une BD documentaire retraçant la vie d’Anita Conti.

Rien ne prédestinait cette femme à devenir la première exploratrice océanographe française. Née en 1899 et passionnée dès l’enfance par la mer et la pêche, elle met un terme à son emploi de relieuse d’art  à Paris et se fait engagée, grâce à ses écrits journalistiques, par l’Office scientifique et technique des pêches maritimes (OSTPM) dans des missions scientifiques et campagnes de pêche, en 1935. Dans un monde masculin dans lequel il est mal vu d’être une femme à bord des bateaux de pêche, Anita Conti, autodidacte se révèle bientôt indispensable pour dresser les premières cartes de pêche et consigner le monde sous-marin. Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et elle s’engage dans la Marine nationale sous couvert de travaux scientifiques des fonds marins pour pister et détruire les mines allemandes à détonation magnétique puis plus tard s’embarque sur un chalutier à destination de l’Afrique de l’Ouest. 

Cette BD développe surtout le début de ses travaux scientifiques, entre les 30 et 50. On y voit sa force de caractère et sa ténacité, permettant par son audace, la qualité de son travail et son savoir-faire à permettre l’exploration des fonds marins, à rationaliser les pratiques de la pêche puis à alerter sur les dangers de la surpêche industrielle et la vulnérabilité des fonds marins, au vu de son expérience sur le terrain ou bien encore en étant à l’origine de la pisciculture ou plus largement de l’aquaculture. On y croise également à la fin un autre explorateur océanographe célèbre, le commandant Cousteau. Un bon moment de lecture avec cette BD biographique, même si je n’ai pas trop accroché aux dessins et qui se termine sur un dossier biographique fort instructif!

Pour une autre BD documentaire sur Anita Conti: Eimelle. avec le roman graphique en noir et blanc dans la série Les Clandestines de l’Histoire, Anita Conti de José-Louis Bocquet et Catel (éd. Casterman, septembre 2024, 368 pages).

La BD de la semaine chez Blandine pour cette semaine

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Prénom: « Anita »

Au fil des pages avec Merlin et Chou chez les Chevaliers

Nous avons lu Merlin et Chou chez les Chevaliers d’Adam Stower (éd. Flammarion Jeunesse, mars 2025, 192 pages), un roman jeunesse illustré pour les 8/10 ans avec un nouveau duo détonant et attachant. Merlin, un chat très gourmand et pantouflard vit dans la maison de Cataplaf, un sorcier maladroit qui a accidentellement envoûté sa chatière et transformé son chou à la crème préféré en lapin avec une queue de cerise, Chou. A tout moment, Merlin peut être propulsé dans une autre époque, dès qu’il passe la chatière avec Chou. 

Dès les premières pages, le ton est donné. Dans ce premier tome, Merlin et Chou atterrissent dans la salle du trône, en plein Moyen-Age, le Roi organisant un tournoi de joute, à la demande de Sire Vilain, au grand désarroi de la princesse qui n’entend accepter aucun mariage arrangé. Avec Chou, Merlin arrivera-t-il à sauver la princesse Rosépine? 

Même si le duo Merlin & Chou repose sur une dynamique bien connue, cela fonctionne très bien, entre un lapin surexcité et curieux de tout et un chat un peu maladroit et qui aime la sieste, à l’instar des rebondissements farfelus et quiproquos fantaisistes imaginés par l’auteur-illustrateur. Les illustrations en noir et blanc y contribuent également, très dynamiques et expressives. Nous avions bien rigolé, par exemple avec la monture et l’accoutrement de Merlin lors de la joute et les onomatopées de Chou dont la pensée se résume dans les bulles à « Chou »! Merlin se trouve entraîné par l’insouciance de Chou, toujours prêt pour une aventure et qui pense à tort que lors d’une joute, il y aurait sûrement du trampoline et des brioches à la confiture.

Il y est ainsi questions d’aventures rocambolesques, d’amitié, de solidarité, de courage… Il y a également un petit côté féministe avec Rosépine, une princesse prenant en main sa vie en choisissant un roturier, Tim Terreux et sa passion du jardinage, même si elle aura besoin de l’aide de Merlin. Un bon voire très bon moment de lecture rigolo et gourmand avec la découverte du premier tome de cette série, Merlin et Chou! Mon mini lutin a déjà lu le tome 3, Merlin et Chou chez les pirates d’Adam Stower (éd. Flammarion Jeunesse, octobre 2025, 192 pages) qu’il m’a conseillé également de lire en attendant de pouvoir découvrir le tome 2, Merlin et Chou chez les Vikings. Un dernier tome vient est paru fin mars 2026, Merlin et Chou chez les Fantômes que nous garderons de côté pour Halloween. 

Participation #26 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Mot au pluriel: « Chevaliers »

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