Étiquette : Challenge Petit Bac 2026 (Page 1 of 8)

Au fil des pages avec Un jour, je te mangerai

J’ai lu Un jour, je te mangerai de Géraldine Barbe (éd. L’école des loisirs, coll. Médium+,  janvier 2021, 144 pages), un court roman jeunesse à partir de 13 ans et à la jolie et intrigante illustration de couverture de Hülya Özdémir. Chloé, la narratrice âgée de 12 ans est confrontée à l’anorexie avec crise de boulimie de sa sœur aînée Alexia, âgée de 15 ans. Comment vivre au quotidien? 

La narratrice subit la violence de sa sœur aînée qui elle-même souffre, l’insultant ou la rabaissant sans cesse. On ressent sa confusion, sa peur à ne pas savoir comment appréhender Alexia (se faire toute petite, ne rien dire ou au contraire la mettre face à ses actes…), sa culpabilité… En tant que lecteur adulte, on ressent ce décalage entre ce que se doute de plus en plus Chloé sans pour autant y mettre les bons mots et les signes évidents de la maladie mentale d’Alexia (alternance de frénésie alimentaire et de phase de boulimie vomitive, contrôle du corps et de la nourriture en préparant à manger pour les autres…).

J’ai apprécié l’originalité de ce récit qui met en exergue les répercussions anxiogènes d’une maladie d’un membre d’une famille sur ses proches. La plus jeune souhaite déjà être à l’âge de la plus grande alors que celle-ci regrette de ne plus avoir l’âge de la première, un âge d’avant la puberté et de la transformation de son corps. Les parents, Corinne et Paul semblent totalement dépassés par la situation. Mais le sont-ils car ils ont gardé le silence avec Chloé, pensant mieux la protéger ou car ils n’ont pas su ou voulu voir le mal-être profond de leur fille aînée? Un bon moment de lecture même si j’ai trouvé que la fin était trop précipitée!

Participation #30 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Court roman jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Pronom personnel sujet: « Je »

Au fil des pages avec Vivian Maier, A la surface d’un miroir

J’ai lu Vivian Maier, À la surface d’un miroir de Paulina Spucches (éd. Steinkis, novembre 2021, 168 pages), un roman graphique (son premier) s’ouvrant, à chaque chapitre, par une reproduction des photographies de Vivian Maier entre 1952 et 1960. Nurse de profession, Vivian Maier était aussi une photographe de rue autodidacte qui a été reconnue à titre posthume, la plupart de ses photographies n’ayant jamais été développées. Qui était-elle? Que disent d’elle les clichés qu’elle n’a cessé de prendre tout au long de sa vie avec son Rolleiflex?

J’ai apprécié l’idée de l’autrice de partir d’un des nombreux clichés de Vivian Maier, une Américaine d’origine française et d’imaginer le contexte qui pouvait entourer la prise de vue, comme lorsqu’elle fait un autoportrait ou des portraits de passants, animaux ou objets dans la rue et les flashbacks parcellaires de ce qui aurait pu être sa vie dont on sait très peu de choses. Rappelant le fauvisme, les bulles sont très colorées et attirent inévitablement l’œil à l’instar des photographies originales. Tout se joue donc au niveau de l’image et des émotions et interprétations qu’elle suscite, le texte étant peu présent.

Au fil des clichés, se dessine une vie discrète et peu amène, captant sur le vif des instantanés de vie, que ce soit dans les rues de New-York ou à Champsaur… Il y est aussi question de transmission de cette passion. Un bon moment de lecture dans l’ensemble avec cette biographie romancée qui permet de (re)découvrir Vivian Maîer (1926/2009)! A la fin de ma lecture, je suis d’ailleurs allée voir les clichés en noir et blanc de cette période: ici, à défaut d’avoir eu le temps de voir l’été dernier l’exposition « Vivian Maier, au bord du monde » à la Maison des Douanes, à Saint-Palais-sur-Mer. 

Pour d’autres avis sur ce roman graphique: NathalieBlandine, Enna et Fanny

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #5 Catégorie Objet: « Miroir »

Au fil des pages avec le tome 1 de Mi-mouche

Repérée chez plusieurs « bulleuses » du mercredi, j’ai lu, à mon tour, le tome 1 de Mi-mouche, Tu veux te battre? de Vero Cazot et Carole Maurel (éd. Dupuis, mai 2025, 64 pages), une BD jeunesse à partir de 9 ans selon l’éditeur. Depuis le décès de sa sœur jumelle Lison lorsqu’elles avaient 11 ans dans un accident de voiture, Colette continue de vivre dans son ombre allant jusqu’à pratiquer la danse classique comme le faisait Lison, avant tout pour faire plaisir à sa mère qui a gardé des séquelles de l’accident et qui a tendance à la surprotéger. Mais un jour, poussée par des cochons en fuite dans la rue, l’adolescente de 14 ans trouve refuge, avec son ami Elias, dans une salle de boxe. Et si ce sport était sur le point de bouleverser sa vie, comme le lui suggère son ombre qui ne la quitte plus depuis le décès de sa sœur jumelle et qui la pousse à prendre des risques afin de réaliser ses rêves? Comment assumer ce choix face au refus parental?

J’ai apprécié ce récit initiatique où il est question de deuil, d’affirmation de soi, d’amitié, de droit à la différence ou bien encore de relations familiales au cours de l’adolescence, de résilience… Graphiquement, les bulles sont pleines de pep’s, colorées et aux visages expressifs, Colette passant par tout un tas d’émotions dans sa prise de confiance en soi et son besoin de vivre pour elle-même et non plus dans l’ombre de sa sœur décédée. L’adolescente est très attachante. Un bon voire très bon moment de lecture! J’espère pouvoir lire le second tome rapidement, lorsqu’il sera disponible à ma médiathèque.

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Nathalie, Eimelle (qui a aussi lu le tome 2) et Moka.

Participation #33 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #BD jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Pronom personnel Sujet: « Tu »

 

Au fil des pages avec La forêt au clair de lune

J’ai lu, en e-book, La forêt au clair de lune de Michiko Aoyama (éd. J’ai lu, coll. Nami, octobre 2025, 288 pages), un roman japonais contemporain avec l’histoire d’auditeurs qui suivent le podcast « Infos lunaires » de Taketori Okina qui, fasciné par la Lune, met en ligne, chaque matin, à 7h, son podcast astrologique de 10 minutes, sur les phases de la Lune, en particulier la nouvelle lune et les interprétations qu’on peut lui donner. Et si c’était l’occasion pour ces auditeurs perdus dans leur quotidien de donner un autre sens à leur vie?

On retrouve la même structure narrative « feel-good » des romans japonais contemporains avec ici un podcasteur comme fil conducteur et de quelques-uns de ses auditeurs qui vont se révéler être au tournant de leur vie: une ancienne infirmière quadragénaire, son frère cadet qui fait partie d’une troupe de théâtre, un humoriste qui désespère de ne pas réussir à percer, une lycéenne solitaire en froid avec sa mère et qui hésite sur son projet post-lycée, une créatrice de bijoux qui ne se sait comment concilier son mariage avec sa vie professionnelle…

J’ai trouvé les chapitres inégaux, certains personnages étant un peu trop déjà vus et peu approfondis et assez simplistes. A la lecture du titre, je m’attendais à un peu plus de délicatesse et de poésie dans ces tranches de vie, le podcast évoquant également le conte de la la princesse Kaguya. Mais après la lecture du dernier chapitre, le tout m’a paru finalement cohérent, en découvrant, au fil des pages, des liens entre eux insoupçonnés. Il y est ainsi question de quête de soi, de solitude, de quête de sens à sa vie privée ou professionnelle, du poids des secrets de famille, de confiance en soi, de relations familiales… Un bon moment de lecture dans l’ensemble mais qui sera vite oubliée! 

Participation #11 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Roman feel-good

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Lieu: « Forêt »

Au fil des pages avec Celui qui revient

J’ai lu Celui qui revient de Han Kang (éd. Le Livre de Poche, décembre 2024, 264 pages), un court roman paru pour la première fois en 2014 sous le titre Human Acts et pour lequel l’autrice coréenne a reçu le Prix Nobel de littérature en 2024. Au lendemain de la répression du mouvement populaire regroupant étudiants, lycéens, syndicalistes et tout autre citoyen coréen opposé à loi martiale, le jeune Tongho erre parmi les cadavres à la recherche de son ami disparu, un lycéen avec qui il avait manifesté la veille, comme d’autres proches de disparus. Un peu plus tard, Kim, travaillant dans une maison d’édition, tente de faire échapper un texte à la censure. Comment tout cela a pu arriver? Et comme continuer à vivre?

J’ai été déstabilisée au départ par le style d’écriture et l’emploi de la deuxième personne du singulier (un « tu » mettant par moment mal à l’aise , peu courant et que l’autrice n’a pas utilisée à chaque changement de narration) et le peu de repères chronologiques si ce n’est le quatrième de couverture qui mentionne le printemps 1980. Mais une fois habituée et renseignements historiques pris sur Internet, j’ai lu d’une traite ce récit qui s’ancre dans le soulèvement de Gwangju mais dont le propos est malheureusement intemporel.

L’autrice questionne sur la nature humaine (le pire et le meilleur de l’être humain), sur le sens de la vie et de la mort, sur la liberté face à l’oppression, la culpabilité des survivants… Avec le destin tragique de différents protagonistes qui s’entrecroisent au cours de ce soulèvement, le récit nous associe à cet espoir avorté de démocratie après le coup d’État du général Chun Doo-hwan, de l’espoir de liberté de la jeunesse coréenne réprimandé dans le sang, aux souffrances et traumatismes vécues pendant et après la répression avec la crainte d’être arrêté, torturé et tué à tout moment, l’autrice ne nous épargnant pas, par exemple, les actes de tortures pratiqués.

On y suit l’identification et le traitement des cadavres au lendemain de la répression militaire, une âme encore attachée à son corps parmi les nombreux cadavres entassés avant d’être jetés dans des fosses communes, l’attente des derniers manifestants retranchés, bien trop jeunes, avant l’assaut de l’armée, le deuil puis le devoir de mémoire des survivants au lendemain puis des années après… Une lecture forte au style épuré et dont j’ai apprécié l’épilogue en abîme!

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Déplacement: « Revient »

 

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