Étiquette : Challenge Petit Bac 2026 (Page 2 of 6)

Au fil des pages avec le tome 1 de La petite faiseuse de livres

Nous avons lu le tome 1 de La petite faiseuse de livres de Miya Kazuki, Suzuka et You Shiina (éd. Ototo, février 2020, 160 pages), un manga shōnen à partir de 10 ans, l’autrice adaptant sa série de light novels éponyme. Étudiante bibliovore écrasée par le contenu de ses bibliothèques lors d’un séisme, Urano Motosu se réincarne dans la peau d’une fillette chétive de 5 ans, Maïn, dans un monde d’aspect médiéval avec un fort taux d’illettrisme au sein de la population pauvre dont fait partie sa nouvelle famille. A défaut de livres, pourra-t-elle en fabriquer un?

Attirée par le pitch de ce manga, je l’ai bien apprécié, tant l’intrigue que graphiquement. Tout ce premier tome est axé sur la quête désespérée de la fillette pour mettre la main sur un livre, ce qui nous permet également de découvrir à ses côtés un monde qui en est dépourvu, en tout cas pour les plus pauvres tant c’est un objet de luxe, rare et cher. Les personnages sont attachants comme la mère, le père et la sœur aînée de Maïn et leurs amis, tous dévoués, solidaires et travailleurs. Ils sont très vite surpris par la nouvelle attitude de la fillette qui apporte un vent de fraîcheur et de nouveautés à la maison, que ce soit avec les conditions d’hygiène et de propreté ou son obsession pour la lecture, entraînant des incompréhensions de leur part, le mot « livre » par exemple leur étant inconnu. Heureusement, la fillette se souvient de ses lectures passées pour fabriquer du shampoing, des bougies et un parchemin… Un bon voire très bon moment de lecture! J’ai hâte de découvrir les prochains tomes de cette biblio-fantaisie, ayant vu qu’il y avait également un deuxième arc narratif traduit en français et disponible à ma médiathèque. 

La BD de la semaine chez Noukette pour cette semaine

Participation #6 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Manga shōnen

Participation #24 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Manga Shōnen

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Objet: « Livres »

Au fil des pages avec Le Chat qui venait du ciel

J’ai lu Le Chat qui venait du ciel de Hiraide Takashi et illustré par Qu Lan (éd. Picquier, octobre 2017, 136 pages), un court roman autobiographique décrit par l’éditeur comme un livre-poème dans lequel les dessins de chat jouent à cache-cache avec le texte. A la fin des années 80, un couple de trentenaires loue le pavillon d’une ancienne demeure japonaise, entourée d’un immense et splendide jardin. Les propriétaires, un couple âgé, leur ont imposé dans les conditions de bail de n’avoir aucun enfant ni animal de compagnie. Mais cette tranquillité est un jour mise à mal par l’arrivée d’un chaton adopté par une famille voisine, leur petit garçon le nommant Chibi. Celui-ci ne cesse de venir chez eux au point que le couple attend, chaque jour, avec de plus en plus impatience sa venue. Et si cela contribuait à apporter un peu de bonheur à leur quotidien?

J’avoue mettre ennuyée à la lecture de ce premier roman de l’auteur, tant la relation qui se noue entre le chat, sa femme et lui, à la fin des années 80, m’a paru immature et sans véritable lien affectif. Contre toute attente, le narrateur et sa femme semblent pourtant s’être inéluctablement attachés à ce chat qui n’est pourtant pas le leur. Malgré sa brièveté, le texte m’a paru décousu et avec bien trop de longueurs, entre des descriptions bien pointilleuses de leur habitat et de leur quotidien sans grand intérêt ou des digressions qui m’ont semblé bien inutiles ou incongrues sur Machiavel ou De Vinci…

Certains propos étaient pourtant intéressants, même s’ils sont juste évoqués, l’auteur se souvenant d’une période charnière dans sa vie avec un changement d’emploi et qui fait écho aux changement sociétaux de l’époque avec la crise financière et immobilière des années 90. Mais cela reste en arrière fond. Si je n’avais pas lu récemment Les évaporés du Japon, je n’en aurai pas compris l’importance pour ce couple de trentenaires qui va être contraint de rechercher un nouvel appartement tout en souhaitant rester proche de leur ancien lieu de vie. 

Cette partie nostalgique rappelle, si besoin était, l’importance de savoir profiter de l’instant présent et des petits bonheurs simples du quotidien. Il est, en effet, question de rencontres inattendues et éphémères qui peuvent changer le court d’une vie ou des choix à faire, à l’image de ce chat libre d’aller et venir à sa guise, du jardin et de leur propriétaire très âgée. Heureusement, il y a les jolies illustrations de Qu Lan mettant en scène les facéties du chat à la bouille trop mignonne. 

Participation #5 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Court roman

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Déplacement: « Venait »

Au fil des pages avec Kotori et les singes du mont Fuji

Nous avons lu Kotori & les singes du mont Fuji d’Alice Monard et Morgane Boulier (éd. Akinomé, mai 2023, 24 pages), un album jeunesse à partir de 2/3 ans et joliment illustré sur du papier de qualité. Kotori, une petite fille visite avec sa tante le Mont Fuji jusqu’à ce que leur ascension dans la montagne soit perturbée par un groupe de singes qui laissent derrière eux un bébé singe (un macaque japonais). Avec son petit compagnon ailé Tama, Kotori parviendra-t-elle à l’aider à retrouver les siens?

L’histoire d’entraide est toute mignonne et permet de s’émerveiller, comme Kotori, sur ce qui nous entoure, faune et flore. J’ai également bien apprécié les illustrations accompagnant à merveille le court récit. Elles sont très colorées, épurées et avec pourtant plein de petits détails, dans le style des peintures sumi-e dont l’illustratrice s’est fortement inspirée avec un respect de la Nature. On y voit également un sanctuaire shinto tel qu’il en existe plusieurs sur le parcours du Mont Fuji comme des torii. Pour les petits lecteurs, il est également rigolo de rechercher dans chaque illustration Tama (un pic épeiche) ou les petits insectes et végétaux qui parsèment les doubles pages. Un bon voire très bon moment de lecture pour tous les passionnés de la Nature! Sans oublier un passage gourmand avec les onigiris. Il existe un autre tome mettant en avant un autre animal qu’on peut voir au Japon, l’ours brun : Kotori & l’ourson d’Hokkaido (mais qui était déjà emprunté à notre médiathèque).

Pour d’autres avis sur ce tome: Hilde et Nathalie

Participation #4 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Mont Fuji

Participation #23 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Couleur: « Singes »

Au fil des pages avec Les évaporés du Japon

J’ai lu Les évaporés du Japon, Enquête sur le phénomène des disparitions volontaires de Léna Mauger et Stéphane Remael (éd. des Arènes, novembre 2014, 260 pages). Accompagnée de son conjoint photographe, la journaliste a pendant plusieurs séjours au Japon enquêter sur ces évaporés – les « johatsu », non sans rencontrer des difficultés tant le sujet est tabou. Pourtant, ce phénomène semble faire partie de la culture japonaise, 100 000 personnes environ chaque année faisant ce choix radical, entre honte et déshonneur. Débarrassés de leur passé, les évaporés tentent de refaire leur vie dans les marges de la société. Mais peuvent-ils vraiment l’oublier?

J’ai également emprunté sa réédition en mai 2025 plus courte (224 pages), certains paragraphes ayant été retirés par rapport à la première édition, une erreur corrigée, l’apogée de ce phénomène dans les années 90 après l’explosion de la bulle financière culminant à 120000 et non « 120 million » par an (p.40) puis, à nouveau, lors de la crise économique de 2008 ou d’autres erreurs de frappe. Le texte s’est enrichi d’un titre par chapitre mais les photographies de Stéphane Remael sont bien moins nombreuses, et seulement en début et fin du livre, ce qui perd, je trouve, ce côté « immersion ». J’ai, en effet, trouvé que le fait de les intercaler entre les chapitres, dans la première édition, permettait de mettre un visage sur l’évaporé dont il était question. La préface et le postface du photographe ont également été retirés. Au vu de cette réédition, je m’attendais à voir cette enquête enrichie sur la dernière décennie, ce qui n’est pas le cas.

Peut-être est-ce dû au fait que le couple soit français et ait donc eu besoin d’interprètes mais j’ai trouvé par moment que le propos restait dans une problématique plus française que japonaise et que cela manquait de profondeur et d’analyse, en s’éparpillant parfois avec par exemple les pachinkos, otakus, les camps de redressement pour cadres supérieurs ou bien Fukushima… Le profil des évaporés, bien que touchant, est un peu redondant, la plupart étant des japonais âgés ayant disparu il y a longtemps car ils étaient endettés et vivant dans des conditions de vie précaires, devenant de la main-d’œuvre docile, silencieuse et exploitable à bas prix pour les tâches les plus ingrates. Ils ont choisi de vivre dans la clandestinité et une pauvreté pire que ce qu’ils fuyaient et laissant leurs proches sans nouvelles. Parfois, ce sont des familles entières qui s’évaporent. Cela crée également un marché parallèle de la disparition, avec des « déménageurs » un peu spéciaux et des détectives partant à leur recherche à la demande de leurs proches, souvent quand se pose la question de l’héritage… Le retour semble impossible, ceux qui ont tenté de retrouver leur vie d’avant étant souvent mal accueillis ou encore plus perdus en découvrant que la vie a continué sans eux, leur conjoint s’étant remarié par exemple car ils ont été déclarés décédés. 

A travers leurs témoignages, c’est un Japon qui se dessine peu enviable avec une société très inégalitaire et discriminatoire avec l’existence de castes comme en Inde avec les burakimin, de racisme, de quartiers défavorisés aux mains des yakuzas comme Sanya à Tokyo, de la soumission de l’individu pour le bien de la société, de l’esprit de compétition et de réussite sociale poussée à son paroxysme et apportant son lot de suicides comme sur les falaises de Tojinbo, de non-confiance en soi, de sentiment d’échec et d’évaporés suite à un licenciement ou une séparation amoureuse, de solitude, d’isolement social ou familial, de burn-out… Ils m’ont fait penser au parcours des étrangers en situation irrégulière alors qu’ils sont et demeurent citoyens japonais. Une enquête intéressante comme point de départ et qui m’a donné envie de continuer à faire des recherches et découvrir d’autres livres sur ce thème comme le roman d’un auteur français, Les évaporés de Thomas B. Reverdy ou son adaptation en BD!

Pour d’autres avis sur cette enquête journalistique: Hilde.

Participation #2 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Enquête journalistique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Déplacement: « Évaporés »

 

Au fil des pages avec Je voulais vivre

J’ai lu Je voulais vivre d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre (éd. Grasset, août 2025, 480 pages), un roman choral historique revenant sur le personnage de Milady, loin de l’image inventée par Alexandre Dumas dans Les trois mousquetaires, paru sous forme de feuilletons en 1844. Est-elle vraiment cette belle espionne sans scrupules aux ordres de Richelieu, usant de ses charmes et de son intelligence pour se jouer des trois mousquetaires et de D’Artagnan, leur véritable ennemie? 

Intriguée par cette parution, j’étais contente de pouvoir l’emprunter à la médiathèque. J’ai apprécié ce portrait de femme et trouvé louable l’objectif de réhabilitation de ce personnage même si je l’ai trouvé trop moderne, faisant de la jeune femme une victime de son époque et non plus maîtresse de son destin, l’autrice tentant de tout justifier.

En effet, derrière ses nombreuses identités (Anne de Breuil, Comtesse de La Fère, Charlotte Backsonne, Lady de Winter…), se dessine une jeune femme indépendante, libre et résiliente, victime dès le plus jeune âge d’une société patriarcale. Orpheline à 6 ans après avoir échappé à ses cousins qui lui ont usurpé son héritage familial, elle est recueillie par le père Lamandre, un vieux prêtre bienveillant et confiée à un couvent de religieuses, Notre-Dame de Templemars. Mais à son décès, son nouveau tuteur trentenaire, le père Sanson ne voit en elle qu’une belle jeune fille de 13 ans. Doit-elle céder pour un meilleure vie? Puis plus tard, sa rencontre avec le jeune comte Olivier de La Fère semble lui offrir une nouvelle vie plus heureuse. Parviendra-t-elle à laisser derrière son passé et faire le bon choix, pour elle, son fils et son pays? 

Il y est ainsi question de la condition de la femme, de libre-arbitre, de vengeances, de trahisons, de complots politiques entre la France et l’Angleterre avec le Cardinal de Richelieu et le Duc de Buckingham, de jalousie… Les courts chapitres s’enchaînent, analysant et éclairant différemment les actions de Milady jusqu’à sa mort, en septembre 1628, à 25 ans, exécutée sans procès par son premier mari Athos, d’Artagnan, Artémis, Porthos, son beau-frère Percy de Winter et le bourreau de Lille… La jeune femme devient ici une victime résiliente d’abus sexuels puis de violences conjugales (Athos l’enfermant dans une relation toxique, par jalousie possessive, allant jusqu’à la pendre en découvrant la fleur de lys sur son épaule) ou patriarcales, la jalousie des cousins de son père, lorsqu’elle est fillette puis de Percy de Winter, frère cadet lorsqu’elle épouse le lord anglais homosexuel…En quoi est-elle si différente de Constance Bonacieux?

L’autrice se penche également sur les derniers jours de D’Artagnan, lors du siège de Maastricht en juin 1673, dont l’aide de camp, Philippe de Saint-Chamasne semble finalement ne rien avoir appris de cette confession, en ne faisant que reproduire le même geste de condamnation envers Milady. Un bon moment de lecture qui apporte un autre regard sur cette jeune femme qui ne voulait que vivre, même si on perd le côté roman de capes et d’épées pour un aspect plus sociétal et un propos très (trop) contemporain! Cela m’a donné envie de relire Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas (éd. Flammarion, rééd. janvier 2025, 833 pages) ou faire découvrir le dessin animé de 1981 à mon mini lutin qui connaît déjà la chanson du générique.

Pour d’autres avis sur ce roman: Eimelle.

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Pronom personnel sujet: « Je »

Participation #7 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Réécriture

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