Étiquette : Les Etapes Indiennes 2021 (Page 1 of 2)

Au fil des pages avec Savitri la Vaillante

Le mois dernier, Bidib, Hilde et Blandine associaient leurs challenges respectifs pour un mois dédié aux contes et légendes d’Inde. J’avais ainsi emprunté à la médiathèque Savitri la Vaillante, conte de l’Inde de Béatrice Tanaka (éd. Messidor/La Farandole, coll. Parolimages,1985), un album jeunesse à partir de 5 ans que je ne lis finalement que ce mois-ci.

Enfant longuement désirée, Savitri, une princesse hindoue, est élevée par des parents aimants et devient une belle jeune femme vertueuse et instruite. Quand elle est en âge de se marier, c’est elle qui choisit son époux, Satyavan, fils d’un roi ayant perdu son royaume et vivant comme bûcheron dans la forêt. Mais le jeune homme était frappé par une malédiction selon laquelle il mourrait un an après leur mariage. Ils se marient quand même et Satyavan meurt. Pour sauver son mari, Savitri défie Yama, le Dieu de la Mort jusqu’à son royaume. L’amour l’emportera-t-il sur la mort?

En dressant le portrait d’une femme forte, intelligente et déterminée, l’autrice s’est inspirée d’une tradition existant encore dans une province paysanne d’Inde, le Mithila, la demande en mariage étant à l’initiative de la femme qui choisit son époux en lui offrant un dessin. Les illustrations au style typiquement hindou alternent entre noir et blanc et couleurs vives. Un bon moment de lecture avec ce conte hindou!

Pour un autre avis sur ce conte hindou: Blandine.

Participation #54 au Challenge Contes & Légendes 2021 de Bidib #Contes et légendes d’Inde

Participation #5 aux Étapes Indiennes de Hilde et Blandine #Étapes n°6 et 8

challenge 2021 lire au féminin

Participation #48 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Autrice française

Challenge Petit Bac d’Enna #12 Catégorie Adjectif: « Vaillante »

Au fil des pages avec Les veuves de Malabar Hill

J’ai lu début juillet pour la lecture commune du 18 juillet 2021 des Étapes Indiennes Les veuves de Malabar Hill de Sujata Massey (éd. Charleston, 2020, 495 pages), la première enquête de Perveen Mistry, un roman policier se passant dans les Indes britanniques au début du XXe siècle.

A Bombay, en 1921, Perveen Mistry est la première femme à exercer au sein d’un cabinet d’Avocat, celui de son père, en tant qu’Avocat mais sans pouvoir plaider, la plaidoirie n’étant pas autorisée aux femmes. Elle se charge de préparer les dossiers même au pénal que son père plaide au Tribunal ou traite au cabinet les dossiers juridiques relatifs au droit des contrats.

C’est ainsi qu’elle est amenée à traiter une affaire de succession d’un des clients habituels du Cabinet, Omar Farid, riche marchand de fabriques de tissus et philanthrope musulman qui vient de décéder. Or certains éléments du dossier l’interpellent au point que la jeune femme parsie décide de se rendre au domicile des trois veuves qui sont encore en période de deuil et qui pratiquent la purdah, leur empêchant tout contact avec des hommes et l’extérieur.

Mais sa tâche se complique lorsqu’elle se rend dans leur maison de Malabar Hill pour les informer de leurs droits, le défunt ayant désigné comme exécuteur testamentaire Mr. Faisal Mukri qui est bien décidé à ce que les trois veuves renoncent à leur part d’héritage au profit d’œuvres caritatives. Les trois veuves consentent-elles vraiment à suivre les dernières volontés du défunt, pleinement informées de leurs droits? Perveen ne se met-elle pas en danger?

Tout en se chargeant de ce dossier sensible, elle accueille son amie d’université, Alice Hobson-Jones, fille d’un haut responsable britannique, Sir David et s’inquiète d’avoir pu recroiser son ancien mari, Cyrus Sodawalla.

Sous fond de trame policière, Sujata Massey plonge le lecteur dans la société indienne des années 20, une société très patriarcale et multiculturelle (Parsisme/Zoroastrisme, Islam), sous domination anglaise, à Bombay et à Calcutta.

Jusqu’à ce que l’intrigue reparte dans le passé de Perveen Mistry en 1916, j’ai eu l’impression que je lisais une suite d’un précédent roman. Or il n’en était rien. Les pensées et inquiétudes de la jeune héroïne étaient en lien avec son passé qui n’était pas encore abordé. Une fois certains éléments dévoilés, j’ai continué avec plaisir ma lecture. A travers des va-et-vient entre les années 1916 et 1921, Perveen Mistry s’émancipe, ses parents étant progressistes pour l’époque et voulant la voir réussir ses études de droit, que ce soit à l’université de Bombay ou plus tard à celle d’Oxford.

Sujata Massey décrit avec beaucoup de minutie le sort réservé aux femmes, que ce soit à travers le personnage de la jeune Perveen dans les premiers mois de son mariage avec Syrus Sodawalla, le couple vivant chez les parents de ce dernier à Calcutta et imposant à la jeune pour des croyances religieuses et le poids des traditions un isolement scandaleux pendant ses menstruations (quand on sait que certains croient encore à la superstition selon laquelle une femme qui a ses règles ne peut pas monter des œufs en neige ou faire une mayonnaise) ou celui des trois veuves musulmanes vivant recluses dans leurs maisons avec leurs enfants en bas âge.

Il y est ainsi question de la condition de la femme et de ses droits même les plus intimes qui sont au bon vouloir du mari et de sa famille: droit de disposer de son corps comme elle l’entend en particulier lors de ses menstruations, droit d’étudier et plus tard de travailler… Le roman aborde également les rapports très hiérarchisés et discriminatoires entre castes ethniques, aspect dont ne tient nullement compte Alice dans son amitié avec Perveen.

C’est aussi à travers la cuisine que l’autrice nous plonge dans la vie quotidienne indienne en mentionnant de nombreuses spécialités sucrées et/ou salées comme une spécialité kolie: un riz sucré à la noix de coco mis dans une feuille de bananier plié (p.104), des friandises parsies venant du café Yazdani ou le premier repas pris dans ce café par Perveen et Cyrus (p.52 et s.) avec en desserts des gâteaux mawas, un dahitan à la cardamone et au safran, une pâtisserie aux dattes et aux amandes… ou bien encore du falooda, un milk-shake sucré souvent parfumé au sirop de rose et aux graines de basilic (p.115), un thé au gingembre et à la citronnelle agrémenté de lait (p.417)…

Tout en décrivant, sans préjugés, le sort bien triste et révoltant des femmes dans les années 20, le roman offre à chaque personnage féminin sa part d’émancipation et finit sur une note optimiste.  Un très bon moment de lecture qui vaut surtout pour son côté historique plus que pour son intrigue policière assez convenue, nonobstant les nombreux rebondissements (ayant rapidement identifié les comportements suspects)! D’ailleurs, à la fin du roman, Sujata Massey précise que sa jeune héroïne est inspirée de la première Avocate en Inde, Cornelia Sorabji et en dresse une biographie succincte. J’ai déjà noté qu’il existe un second roman, La malédiction de Satapur.

Petit aparté judiciaire: A titre de comparaison, en France, c’est une Loi du 1er décembre 1900 qui permet aux femmes d’exercer la profession d’Avocat (avec accès à la plaidoirie), la première femme ayant prêté serment étant Olga Petit le 6 décembre 1900 et la première ayant plaidé devant un tribunal étant Jeanne Chauvin en 1901. Elles ont d’ailleurs subi les mêmes remarques sexistes et le même mépris que la jeune héroïne du roman, la profession n’étant pas alors aussi féminisée qu’à l’heure actuelle.

D’autre part, j’ai trouvé que pour l’époque, le droit parsi en matière de divorce et de séparation de corps était malgré tout plus ouvert et tolérant à l’égard de la femme quand on sait qu’en France, il faut attendre 1975 pour que les causes du divorce ne soient plus limitées au seul divorce pour faute. Et c’est encore plus récemment, avec une loi de 2004 que le divorce par consentement mutuel est favorisé en instaurant des passerelles en cours de procédure et qu’en matière de divorce pour rupture définitive du lien conjugal, le délai passe de 6 à 2 ans.

Pour d’autres avis sur ce roman: Rachel, Maggie et Katell, Hilde et Sharon.

Participation #4 aux Étapes Indiennes de Hilde et Blandine #LC

challenge 2021 lire au féminin

Participation #45 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Autrice anglo-américaine

Participation #65 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine de Bidib et Fondant #Cuisine indienne

RAT Contes et Légendes d’Inde 2021

Du 2 au 4 juillet 2021, Bidib, Hilde et Blandine coorganisent un marathon de lectures (read-a-thon) autour des Contes et Légendes d’Inde, à la croisée de leurs challenges respectifs, celui des Contes et Légendes et des Étapes Indiennes. Encore de chouettes moments de lecture et d’échange au fil du week-end à venir avec les autres participants!

L’objectif de ce RAT? Lire au moins une lecture en rapport avec des contes et légendes d’Inde. J’en ai déjà emprunté deux à la médiathèque et je vais en récupérer d’autres que j’ai réservés cet après-midi ou demain. Mais pas que. Ce sera aussi l’occasion de partager des gourmandises comme dimanche avec Syl et ses marmitonnes et bien sûr échanger avec les autres participants.

Alors que vais-je lire pendant ce RAT? J’ai prévu de lire des albums jeunesse de contes et légendes d’Inde que j’avais repérés l’année dernière et/ou en début d’année chez Bidib, Blandine et Hilde. Mais avant je vais terminer De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll et peut-être continuer le tome 6 des Détectives du Yorkshire, Rendez-vous avec la ruse de Julia Chapman.

  • Contes et récits de l’Inde d’Anna Milbourne et Linda Edwards (éd. Usborne, 2005), un recueil d’histoires jeunesse
  • La Belle et Ganesh de La Luciole Masquée et Joël Cimarrón (éd. Karibencyla, 2009), un album jeunesse à partir de 6 ans (LU)
  • La souris de Vishnou de Muriel Carminati et Frédérick Mansot (éd. Picquier Jeunesse, 2009), un album jeunesse à partir de 6 ans (LU)
  • Savitri la Vaillante, conte de l’Inde de Béatrice Tanaka (éd. Messidor/La Farandole, 1985), un album jeunesse
  • Comptines de Roses & et de Safran de Chantal Grosléziat, Jean-Christophe Hoarau, Aurélia Fronty et Valérie Voyer (éd. Didier Jeunesse, 2011), un album jeunesse accompagné d’un CD avec 28 comptines, berceuses, chants et jeux de doigts d’Inde, du Pakistan et du Sri Lanka
  • Le Livre de la Jungle de Rudyard Kipling et Quentin Gréban (éd. Mijade, 2016, rééd. 2017), un album jeunesse grand format adaptant et abrégeant le roman originel
  • Les veuves de Malabar Hill de Sujata Massey (éd. Charleston, 2020), une aventure de Perveen Mistry, un roman pour la lecture commune du 18 juillet 2021 des Étapes Indiennes (EN COURS DE LECTURE)
  • Le jardin secret, T1 de Maud Begon, d’après Frances H. Burnett (éd. Dargaud, 2021), une BD jeunesse adaptant en diptyque le roman éponyme (LU)

Pour d’autres idées autour de l’Inde (lectures, recettes et autres activités), les autres participantes: Bidib, Hilde, Blandine, Nathalie et Ninijolivre.

Vendredi 2 juillet 2021, je commence la journée en rédigeant mon billet de suivi du RAT et en faisant un petit tour sur les blogs des coorganisatrices (et déjà des lectures qui donnent envie chez elles) puis poursuis de 3 chapitres ma lecture de De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll et illustré par Benjamin Lacombe, Alice étant plongée dans une partie d’échec ayant des règles logiques bien fantaisistes.

Dans l’après-midi, je passe récupérer mes réservations dans deux annexes différentes de notre médiathèque et en rajoutant (puisqu’il me restait encore une place sur ma carte et qui me fait de l’œil depuis un moment) Le livre de la Jungle illustré par un Quentin Gréban (un illustrateur que nous apprécions beaucoup). Pendant le trajet de retour en tram, je lis le premier chapitre des Veuves de Malabar Hill de Sujata Massey avec la première Avocate d’Inde, Perveen Mistry qui travaille dans le cabinet de son père dans les années 20.

Plus tard, dans l’après-midi, après l’école et puis après le repas, pour les histoires, nous (re)lisons des albums et BD jeunesse hors thème: Mon bus de Byron Barton (éd. L’école des loisirs, 2014) avec la tournée d’un chauffeur de bus qui voient des chiens et des chats monter et descendre de son bus, le tome 9 de Petit Poilu, Le trésor de Coconut de Pierre Bailly et Céline Fraipont (éd. Dupuis, 2011)…

Vers 23h, je vais dormir après avoir lu deux histoires mettant en scène des dieux hindous et des souris: La souris de Vishnou de Muriel Carminati et Frédérick Mansot que Bidib avait lu et apprécié l’année dernière et La Belle et Ganesh de La Luciole Masquée et Joël Cimarrón que Blandine avait aussi lu et apprécié l’année dernière. Deux bien jolies histoires! Dans la première, il y est question d’un puissant Maharajah indigne de sa fonction et passant tout son temps sur un superbe train électrique offert par les Anglais plutôt que de s’occuper des affaires de son royaume ni même de sa nièce et de son neveu. Les deux enfants rejetés et bien seuls demandent de l’aide à Vishnou, dieu protecteur et bienveillant. De petites souris espiègles redonneront-elles le sourire aux deux enfants? Je retrouve tous les ingrédients d’un conte traditionnel dans un décor indien et de biens jolis passages gourmands. De même dans la seconde qui est une revisite du conte La Belle et la Bête, la Bête étant ici le dieu Ganesh, dieu de la Sagesse et de l’Intelligence.

Samedi 3 juillet 2021, après le petit déjeuner, je lis le tome 1 du Jardin secret de Maud Begon, d’après Frances H. Burnett (éd. Dargaud, 2021), une BD jeunesse que Blandine a lu également récemment. Pendant ce temps-là, un mini lutin pourtant pas encore en vacances est allé chiper son cahier de vacances Pat’Patrouille et a déjà fait bien trop de pages pour la journée. Un bon moment de lecture qui s’ouvre avec le décès des parents de la jeune Mary Lennox du choléra aux Indes britanniques puis son départ en Angleterre chez son oncle vivant dans un manoir au fin fond des landes anglaises et entourés de jardins!

Comme dans le roman éponyme, je retrouve une petite fille qui s’épanouit au contact de la Nature, se faisant des amis avec qui elle partage l’existence d’un jardin secret. Le printemps arrive avec toute la magie enfantine qui l’entoure. J’ai hâte de lire le second tome. Les illustrations de Maud Begon témoignent de la transformation physique de Mary qui rajeunit et devient plus rayonnante au fil des pages. J’en reparlerai dans les jours à venir.

Après le déjeuner, petit tour chez les autres participantes, Ninijolivre nous ayant rejointes ce samedi sur Insta. De chouettes et jolies lectures autour des contes d’Inde aussi chez elles! Contrairement à Hilde et Bidib, nous n’avons pas de pluie propice à la lecture et c’est une belle journée très ensoleillée.

Pendant le dernier cours de l’année de baby tennis pour mon mini tennisman, je reprends ma lecture du tome 6 des Détectives du Yorkshire de Julia Chapman commencé en début de semaine. Je passerai également ma soirée en compagnie de Samson et Delilah (en mode infiltration, alias Denise) qui se retrouvent à enquêter sur le maire lors d’une partie de chasse organisée par Rick Procter et le maire de Bruntcliffe. Et pour une fois, pas de vol de moutons pour le moment. Mais le danger guette toujours nos deux détectives.

Entretemps, en fin d’après-midi et pour les histoires du soir, ce sera des relectures d’albums jeunesse très hétéroclites: Papa coin coin! de Rosalinde Bonnet (éd. Circonflexe, 2018), une histoire choupinou avec Apout, un renard polaire adoptant un oison et qui demande conseille aux autres animaux pour devenir un bon père, Mon bus de Byron Barton, Les chiens pirates à la rescousse (éd. Hachette Jeunesse, 2018), une histoire de la Pat’Patrouille reprenant un des épisodes de la série, Drôle de coccinelle d’Alissia Waeles et Angie Aubert (éd. Ebla Jeunesse, 2021), Brindille, une coccinelle pas tout à fait comme les autres partant à la recherche d’une coccinelle comme elle…

Dimanche 4 juillet 2021, je reprends ma lecture au chapitre 12 de Rendez-vous avec la ruse. Une matinée semblable à celle d’hier, mon mini lutin continuant son cahier de vacances, si ce n’est que le temps est grisâtre et même pluvieux.

En fin de matinée, je mets à jour ce billet, réponds à tous vos chouettes commentaires et là catastrophe, bug de mon site suite à une mise à jour d’un plugin… Ouf, me voici de retour pour rajouter quelques photos des lectures d’hier après un déjeuner à base de saucisses mais pas empoisonnées comme dans le tome 4 des Détectives du Yorkshire (poke Hilde).

Finalement, à part quelques chapitres lus ce matin (jusqu’au chapitre 17) et des albums jeunesse en fin d’après-midi, peu de place à la lecture ce dimanche. Nous avons joué un peu à Stardew Valley et le soir, un film pour finir le week-end. Après un petit tour chez les autres participantes, j’ai toutefois noter des idées de lecture. Encore merci pour ce RAT aux coorganisatrices!

Participation #51 au Challenge Contes & Légendes 2021 de Bidib

Participation #3 aux Étapes Indiennes de Hilde et Blandine #RAT

Au fil des pages avec De l’autre côté du pont

J’ai lu hier soir De l’autre côté du pont de Padma Venkatraman (éd. L’école des loisirs, coll. Médium, 2020, 239 pages), un roman jeunesse à partir de 11 ans se déroulant à Chennai, en Inde. Pour fuir des violences domestiques, deux jeunes sœurs – Viji âgée de 12 ans et Rukku, son aînée d’un an et handicapée mentale – s’enfuient de chez elles. Leur père violent bat régulièrement leur mère et a fini par leur porter des coups. Arrivées dans la grande ville, Viji est bien décidée à trouver un emploi et qui sait peut-être devenir plus tard enseignante et s’occuper de Rukku.

Mais la réalité n’est pas si simple. Vite perdues dans la grande ville et sans argent, elles doivent d’abord se trouver un refuge pour la nuit. Sur un pont en ruine, elles voient un abri de fortune mais qui appartient à deux jeunes garçons sans-abris, Muthu et Arul, tout aussi démunis qu’elles mais qui ont dû apprendre à survivre dans les rues de Chennai. Les quatre enfants s’unissent pour former une nouvelle famille, Viji devenant « Akka », grande sœur et recueillent un petit chien errant, Kutti. Dans une liberté précaire, ils doivent, chaque jour, trouver de quoi se nourrir en évitant les dangers, les mauvaises rencontres et les maladies. Viji a-t-elle fait le bon choix en fuguant avec sa sœur?

Découpée en chapitres courts, l’histoire est racontée par Viji dans une longue lettre qu’elle écrit à sa sœur Rukku, dans un style empathique, interpellant et englobant le jeune lecteur (« tu », « nous »). La jeune fille revient sur leur fuite pour un avenir meilleur, revenant sur leur parcours partagé avec les deux garçons, entre souffrances et lueurs d’espoir. Arul et Muthu ont également un lourd passé qui les a conduit dans la rue.

Les thèmes abordés sont durs, touchants et révoltants avec la difficile et misérable (sur)vie des enfants des rues en Inde, très jeunes et pourtant si débrouillards pour ne pas finir morts dans l’indifférence générale. Comme il s’agit d’une lecture jeunesse, les quatre enfants font heureusement de bonnes rencontres comme la femme d’un vendeur de thés qui donne à Rukku des perles pour faire des colliers ou le jardinier qui leur jette une orange, mais pas tout le temps.

Il y est question des inégalités sociales en Inde, de misère et de violences subies par les enfants des rues: mendicité, travail des enfants (dans les ateliers clandestins ou dans des décharges pour récupérer des déchets recyclables comme le verre en échange de quelques roupies), recherche de restes de nourriture et d’eau, rivalités entre bandes, peur d’être enlevés… Mais aussi de religion et de handicap.

D’autre part, la relation entre les deux soeurs, Viji et Rukku est très joliment décrite. Viji porte sa grande sœur handicapée tout autant que Rukku qui, avec son insouciance et son regard particulier sur le monde, est aussi un des piliers du groupe.

Le message porté par ce roman est aussi lumineux et bienveillant que la magnifique illustration de couverture de  Jennifer Bricking. Les quatre enfants sont forts, dignes, courageux et recherchant toujours la meilleure conduite à tenir et de faire le bien. Un moment de lecture très émouvant (mais pas larmoyant) et basée sur des faits réels, l’autrice ayant repris des témoignages d’enfants défavorisés en Inde!

Mise à jour du 31 juillet 2021: d’autres avis lors d’une LC sur ce roman jeunesse: Blandine, Hilde, Bidib, Agathocroustie (IG) et Inde en livres.

Participation #2 Les Étapes Indiennes 2021 de Hilde et Blandine #6 Jeunesse indienne

challenge 2021 lire au féminin

Participation #35 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Autrice indo-américaine

Au fil des pages avec Le tout petit bébé de la rivière

J’emprunte à la médiathèque Le tout petit bébé de la rivière d’Armelle Modéré (éd. Albin Michel Jeunesse, 2017), un album jeunesse à partir de 5 ans (voire plus grand) et abordant l’abandon des petites filles en Inde. Un matin, au bord de la rivière, une vieille éléphante pauvre, Alhadita découvre un nourrisson abandonné, une petite fille qu’elle adopte et appelle Ambu. La petite fille grandit auprès d’elle. Mais un jour, Alhadita se blesse. Sur le chemin de l’hôpital, un autre nourrisson est trouvé et Ambu en apprend plus sur son passé.

Quel thème dur abordé avec beaucoup de douceur par Armelle Modéré! Le destin de nombreuses petites filles en Inde est tragique. Abandonnées dès la naissance, la mort attend la plupart d’entre elles. Celles qui survivent finissent dans des orphelinats et quelques-unes sont adoptées comme Ambu. Le fait que les personnages soient des animaux anthropomorphes atténue cette douloureuse réalité basée, comme le rappelle l’avant-propos, sur d’anciens préjugés et le coût de la dot à payer à la famille lors du mariage d’une fille qui ont malheureusement encore cours en Inde. Il y est aussi question de pauvreté et de l’accès à l’école. Un album jeunesse qui se veut malgré tout optimiste avec cette très jolie relation parent/enfant entre Alhadita et Ambu!

Participation #1 Les Étapes Indiennes 2021 de Hilde #6 Jeunesse indienne

Challenge Petit Bac d’Enna #6 Catégorie Lieu: « Rivière »

challenge 2021 lire au féminin

Participation #7 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Auteure européenne

Participation #24 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine de Bidib et Fondant #Thé

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