Étiquette : Un mois au Japon 2022 (Page 1 of 3)

Au fil des pages avec Onze chatons dans un sac

Nous lisons et relisons Onze chatons dans un sac de Noboru Baba (éd. 2024, 2020), un album jeunesse à partir de 3 ans aux illustrations un brin vintage et paru pour la première fois au Japon en 1967. Des chatons partent en randonnée, sans respecter les panneaux d’interdiction, que ce soit de ne pas traverser un pont ou de ne pas entrer dans un sac. Les voilà alors prisonniers d’un monstre, Ihi Aha. Parviendront-ils à s’échapper?

Les jeunes lecteurs pourront facilement s’identifier à ces chatons espiègles et malins qui finiront par tirer la leçon de leur mauvais comportement. En effet, il y est question d’insouciance, d’interdits et de respect des règles de vivre ensemble. La mésaventure des chatons nous rappelle celle des Chiens Pirates dans le tome 3. Un très bon moment de lecture rigolo avec une jolie morale de fin! Le texte répétitif ajoute au comique de situation et permet au lecteur de participer et d’anticiper l’attitude des chatons lorsqu’ils découvrent de nouveaux panneaux. Un tout petit bémol sur la traduction, les « chatons » devenant selon les pages des « matous ». Et une dernière participation avec retard au Mois au Japon 2022. Sans oublier une pause gourmande pour les chatons.

Participation #9 Un Mois au Japon 2022 de Hilde et Lou #Album jeunesse

Challenge Petit Bac d’Enna #3 Catégorie Chiffre: « Onze »

Participation #8 Challenge 2022 en classiques de Blandine et Nathalie #Classique japonais

Participation #44 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #Japon

Participation #22 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2022 de Bidib et Fondant #Pique-nique

Au fil des pages avec La Marche de Mina

Avec retard pour la LC du 15 avril 2022, j’ai lu La Marche de Mina d’Yoko Ogawa (éd. Actes Sud, 2008, 318 pages), un roman initiatique dans lequel Tomoko, désormais adulte se souvient lorsqu’elle a vécu, pendant un an (entre 1972 et 1973), dans la maison d’Ashiya chez son oncle et sa tante, après le décès de son père, sa mère ne pouvant s’occuper d’elle compte-tenu d’une formation professionnelle qu’elle suit, lorsqu’elle était âgée de 12 ans. Elle s’était alors fortement liée d’amitié avec sa cousine, Mina, d’un an plus jeune qu’elle.

Le rythme lent va bien avec l’histoire pleine d’anecdotes et de souvenirs d’enfance de Tomoko à un âge charnière, celui du passage de l’enfance à l’adolescence et qui se mélange avec des faits historiques marquants de l’année 1972 comme le décès d’un célèbre écrivain japonais, Yasunari Kawabata ou les JO de Munich (prise d’otages d’athlètes israéliens et médaille d’or pour les Japonais en volley-ball masculin) et qui amène la jeune fille d’alors à se questionner sur l’étranger, la question des origines ou bien encore ses premiers émois amoureux.

Un bon moment de lecture teinté de nostalgie et de doux sentiments auprès des habitants de la maison d’Ashiya avec chacun leur personnalité excentrique (son oncle très souvent absent et qui semble avoir une double vie mais chaleureux quand il est là, sa tante qui fume trop et qui boit en cachette du whisky, la grand-mère Rosa, allemande et coquette, Madame Yodena qui s’occupe de tout dans la maisonnée, Pochiko l’hippopotame nain ou bien encore sa cousine Mina, asthmatique et précoce, dévorant les livres et collectionnant les boîtes d’allumettes illustrées sur lesquelles elle invente des histoires (parfois étranges et bien surprenantes pour une jeune fille de son âge) comme celle de l’éléphant sur une bascule, celle des deux hippocampes tentant de rejoindre la lune bleue ou bien encore celle de l’ange avec son nécessaire de couture en train de recoudre ses ailes…)!

Sans oublier de nombreux passages gourmands pour le challenge Des livres (et des écrans) en cuisine: le dîner à l’occidental préparé par le personnel de l’hôtel des monts Rokko: « agneau mijoté au vin rouge garni de truffes » et en dessert « un bavarois à la fraise des bois » (p.101) ou des plats typiquement japonais comme la cuisine de Madame Yoneda (p.134) comme par exemple un pique-nique avec « des boulettes de riz et de thé d’orge grillé glacé (…) Toutes les boulettes dont le panier était plein, fourrées au saumon, aux prunes confites et aux flocons de poisson séchés » (p.187/188)… Toutefois, je ne tenterai pas de boire, ne serait-ce qu’une goutte, de Fressy, « une boisson rafraîchissante au radium » (p.17/18) commercialisée par la société familiale de boissons de l’oncle de Tomoko.

Pour d’autres avis avec cette LC autour d’un livre d’Yoko Ogawa: Hilde et Katell avec Petites Boîtes, Rachel avec Le musée du silence.

Participation #8 Un Mois au Japon 2022 de Hilde et Lou #LC autour d’Yoko Ogawa

Participation #21 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2022 de Bidib et Fondant #Cuisine japonaise

Participation #39 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #Japon

Au fil des pages avec C’est peut-être une pomme

Au cours de ce Mois au Japon 2022, Blandine et Hilde ont lu La librairie de tous les possibles de Shinsuke Yoshitake (éd. Milan, 2018), une BD jeunesse à partir de 10 ans que j’avais déjà repérée en 2019 chez Fondant. N’ayant pu la trouver à ma médiathèque, j’ai emprunté à la place un autre livre de cet auteur: C’est peut-être une pomme (éd. Kaléidoscope, diff. L’école des loisirs, 2016), un album jeunesse à partir de 3 ans qui nous a bien fait rire avec un petit garçon qui procrastine devant une pomme. Finira-t-il par la manger?

Les illustrations simples et aux couleurs chaudes (rouge, orange et jaune) renforcent le côté absurde de l’histoire: la pomme devenant par exemple une maison aux délicieux murs à croquer, une planète peuplée d’extraterrestres de pomme ou bien ayant remplacé les êtres humains… Un très bon moment de lecture complètement loufoque, absurde autour de l’imagination débordante d’un petit garçon ou bien plus philosophe et scientifique qu’il n’y paraît, ne se fiant pas à ses sens et aux apparences, mettant alors en pratique le doute cartésien!

Participation #7 Un Mois au Japon 2022 de Hilde et Lou #Album jeunesse

Participation #18 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2022 de Bidib et Fondant #Pomme

Challenge Petit Bac d’Enna #3 Catégorie Verbe: « Est »

Participation #35 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #Japon

Au fil des pages avec Le cerf-volant de Toshiro

Lors d’un Mois au Japon 2021, nous avions lu Le cerf-volant de Toshiro de Ghislaine Roman et Stéphane Nicolet (éd. Nathan Jeunesse, 2018), un album jeunesse à partir de 3 ans selon l’éditeur (mais je dirai plutôt 5/6 ans) et qui a fait partie de la sélection CE1 du 31e Prix des Incos en 2020.  Un jour de printemps, un petit garçon mutique vient de finir de fabriquer un cerf-volant avec son grand-père âgé et au dos voûté. Ils lancent le cerf-volant mais son grand-père ne peut le voir dans le ciel. Le petit garçon a alors l’idée de le lui montrer grâce à une flaque d’eau. Et c’est ainsi que les saisons défilent.

Les jolies illustrations épurées avec quelques touches de couleurs qui font penser aux estampes japonaises accompagnent un texte mettant en avant l’amour intergénérationnel entre un petit garçon et son grand-père, chacun des deux prenant soin de l’autre et profitant du temps passé ensemble à observer la Nature qui les entoure pendant que le cerf-volant est lancé. Un très bon moment de lecture avec cette bienveillante, tendre et complice relation se tissant au fil des saisons!

Participation #6 Un Mois au Japon 2022 d’Hilde et Lou #Album jeunesse

Challenge Petit Bac d’Enna #2 Catégorie Objet: « Cerf-volant »

Participation #30 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #France

Au fil des pages avec Les Terriens

En novembre 2021, j’avais lu Les Terriens de Sayaka Murata (éd. Denoël, 2021, 242 pages), un roman japonais bien plus sombre et noir que ne le laisse supposer le hérisson tout mignon de la couverture. Je retrouve dès les premières pages le style et les préoccupations sociétales que l’autrice avait déjà abordées dans Konbini (le poids de la famille et de la société japonaise, le conformisme social, le bonheur…).

Natsuki, une jeune fille âgée de 10/11 ans se réfugie dans son monde imaginaire, avec pour seul ami sa peluche hérisson doté de pouvoirs magiques, Pyûto. Elle est une mahô shôjo (une magicienne pouvant jeter des sorts avec sa baguette magique pour sauver le monde comme Sailor Moon par exemple) pour affronter la maltraitance subie par sa mère qui la rabaisse et la frappe quotidiennement ou les viols subis par le professeur de ses cours privés. Comme chaque année, en été, pour le festival de l’O-Bon, elle retrouve chez ses grands-parents, dans la haute montagne d’Akishina, son cousin du même âge, Yû qui est lui aussi spécial qu’elle: il est un extraterrestre attendant le retour de son vaisseau spatial pour regagner sa planète, Pohapipinpobopia. Ils se font la promesse de survivre, quoi qu’il arrive.

De cette première partie, j’ai trouvé touchant et révoltant ce que subit Natsuki, enfant victime qui ne trouve aucun adulte ni ami pour l’aider au point de songer au suicide. Il m’est revenue en tête un principe d’éducation bienveillante selon lequel il ne faut pas coller d’étiquette à un enfant, Natsuki se déclarant la poubelle de sa famille ou bien encore Yû que sa mère suicidaire traite d’extraterrestre.

Comment se construire et survivre pour des enfants face à de telles violences (physiques, sexuelles, psychologiques)? Les deux cousins tentent de ne pas finir Terrien dans la grande Fabrique à humains où chaque adulte devient un outil en travaillant et/ou en procréant. Mais le soir des funérailles du grand-père, les deux cousins amoureux l’un de l’autre sont séparés par leur famille. 

Puis nous sommes projetés 23 ans plus tard, avec le retour de Natsuki avec son mari Tomoomi dans la maison familiale d’Akishina et ses retrouvailles avec son cousin Yû. Natsuki a fait un mariage arrangé avec Tomoomi (mariage sans sexe et sans enfants), ce que leurs parents respectifs découvrent et condamnent. Akishina sera-t-il comme autrefois une bulle salvatrice? A partir de ce moment-là, le roman bascule petit à petit dans la folie et l’horreur jusqu’au dégoût (tentative d’inceste, cannibalisme). Un roman étrange et dérangeant!

Participation #5 Un Mois au Japon 2022 d’Hilde et Lou #Roman

Participation #29 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #Japon

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