Auteur/autrice : Jojo (Page 2 of 386)

Au fil des pages avec La forêt au clair de lune

J’ai lu, en e-book, La forêt au clair de lune de Michiko Aoyama (éd. J’ai lu, coll. Nami, octobre 2025, 288 pages), un roman japonais contemporain avec l’histoire d’auditeurs qui suivent le podcast « Infos lunaires » de Taketori Okina qui, fasciné par la Lune, met en ligne, chaque matin, à 7h, son podcast astrologique de 10 minutes, sur les phases de la Lune, en particulier la nouvelle lune et les interprétations qu’on peut lui donner. Et si c’était l’occasion pour ces auditeurs perdus dans leur quotidien de donner un autre sens à leur vie?

On retrouve la même structure narrative « feel-good » des romans japonais contemporains avec ici un podcasteur comme fil conducteur et de quelques-uns de ses auditeurs qui vont se révéler être au tournant de leur vie: une ancienne infirmière quadragénaire, son frère cadet qui fait partie d’une troupe de théâtre, un humoriste qui désespère de ne pas réussir à percer, une lycéenne solitaire en froid avec sa mère et qui hésite sur son projet post-lycée, une créatrice de bijoux qui ne se sait comment concilier son mariage avec sa vie professionnelle…

J’ai trouvé les chapitres inégaux, certains personnages étant un peu trop déjà vus et peu approfondis et assez simplistes. A la lecture du titre, je m’attendais à un peu plus de délicatesse et de poésie dans ces tranches de vie, le podcast évoquant également le conte de la la princesse Kaguya. Mais après la lecture du dernier chapitre, le tout m’a paru finalement cohérent, en découvrant, au fil des pages, des liens entre eux insoupçonnés. Il y est ainsi question de quête de soi, de solitude, de quête de sens à sa vie privée ou professionnelle, du poids des secrets de famille, de confiance en soi, de relations familiales… Un bon moment de lecture dans l’ensemble mais qui sera vite oubliée! 

Participation #11 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Roman feel-good

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Lieu: « Forêt »

Au fil des pages avec Celui qui revient

J’ai lu Celui qui revient de Han Kang (éd. Le Livre de Poche, décembre 2024, 264 pages), un court roman paru pour la première fois en 2014 sous le titre Human Acts et pour lequel l’autrice coréenne a reçu le Prix Nobel de littérature en 2024. Au lendemain de la répression du mouvement populaire regroupant étudiants, lycéens, syndicalistes et tout autre citoyen coréen opposé à loi martiale, le jeune Tongho erre parmi les cadavres à la recherche de son ami disparu, un lycéen avec qui il avait manifesté la veille, comme d’autres proches de disparus. Un peu plus tard, Kim, travaillant dans une maison d’édition, tente de faire échapper un texte à la censure. Comment tout cela a pu arriver? Et comme continuer à vivre?

J’ai été déstabilisée au départ par le style d’écriture et l’emploi de la deuxième personne du singulier (un « tu » mettant par moment mal à l’aise , peu courant et que l’autrice n’a pas utilisée à chaque changement de narration) et le peu de repères chronologiques si ce n’est le quatrième de couverture qui mentionne le printemps 1980. Mais une fois habituée et renseignements historiques pris sur Internet, j’ai lu d’une traite ce récit qui s’ancre dans le soulèvement de Gwangju mais dont le propos est malheureusement intemporel.

L’autrice questionne sur la nature humaine (le pire et le meilleur de l’être humain), sur le sens de la vie et de la mort, sur la liberté face à l’oppression, la culpabilité des survivants… Avec le destin tragique de différents protagonistes qui s’entrecroisent au cours de ce soulèvement, le récit nous associe à cet espoir avorté de démocratie après le coup d’État du général Chun Doo-hwan, de l’espoir de liberté de la jeunesse coréenne réprimandé dans le sang, aux souffrances et traumatismes vécues pendant et après la répression avec la crainte d’être arrêté, torturé et tué à tout moment, l’autrice ne nous épargnant pas, par exemple, les actes de tortures pratiqués.

On y suit l’identification et le traitement des cadavres au lendemain de la répression militaire, une âme encore attachée à son corps parmi les nombreux cadavres entassés avant d’être jetés dans des fosses communes, l’attente des derniers manifestants retranchés, bien trop jeunes, avant l’assaut de l’armée, le deuil puis le devoir de mémoire des survivants au lendemain puis des années après… Une lecture forte au style épuré et dont j’ai apprécié l’épilogue en abîme!

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Déplacement: « Revient »

 

Throwback Thursday Livresque: Une épée ou une dague sur la couverture

TTL n°369 chez Carole #Une épée/dague sur la couverture

Ce jeudi 11 juin 2026, je participe au Throwback Thursday Livresque, un rendez-vous livresque initialement chez Bettie Rose Books et repris depuis par Carole, les liens étant à déposer chez My-Bo0ks. Le principe est de partager chaque jeudi un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Cette semaine, le thème est « Une épée ou une dague sur la couverture ».

Avec mon mini lutin, on a pioché du côté jeunesse avec:

  • le tome 6 des Chiens Pirates, Et la course au trésor! de Clémentine Mélois et Rudy Spiessert (éd. L’école des loisirs, mars 2026, 72 pages), un album jeunesse à partir de 6 ans, une passagère clandestine ayant réussi à convaincre les Chiens Pirates à participer à une course au trésor (même si on aurait bien plus de livres de pirates)
  • le tome 1 de Minecraft, le manga officiel: Voyage au bout du monde de Kazuyoshi Seto (éd. Nobi Nobi!, avril 2025, 192 pages), un manga shōnen à partir de 8 ans, Nico White, un jeune garçon partant à l’aventure comme son père avant lui 
  • Le Roi Arthur de Michael Morpurgo et illustré par Michael Foreman (éd. Gallimard Jeunesse, coll. Folio Junior, 1994, rééd. 2007), un roman jeunesse à partir de 9 ans avec des illustrations en noir et blanc et qui est recommandé par le Ministère de l’Éducation Nationale en classe de 5e.

J’aurai pu également choisir un livre choisi il y a 15 jours avec Sorcery of Thorns de Margaret Rogerson ou d’autres romans YA comme Powerless de Laurent Robert puisque depuis quelques années, les épées semblent être à la mode sur les couvertures en matière de romantasy. 

Et vous, quel livre auriez-vous choisi pour cette thématique? La semaine prochaine, le thème sera: « Trope Found Family ».

Au fil des pages avec Alan Turing

J’ai lu Alan Turing de Maxence Collin, François Rivière et Aleksi Cavaillez (éd. Casterman, mai 2024, 264 pages), un roman graphique en noir et blanc et biographique sur Alan Turing (1912/1954), mathématicien britannique et pionnier de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Partant du procès pour outrage aux bonnes mœurs en 1952 (l’homosexualité étant, à l’époque, un délit), ce roman retrace, par flashbacks, la vie d’Alan Turing, de son enfance, de ses années d’étudiant, ses recherches jusqu’à son décès le 7 juin 1954. S’intercalent également, entre chaque épisode de sa vie, les témoins de moralité à son procès et un cauchemar récurrent. Qui était donc Alan Turing? 

Enfant rêveur et solitaire, on le voit grandir et se questionner au fil des amitiés qu’il noue et qui, chacune à leur manière, seront déterminantes sur ses recherches, comme Christopher Morcom, prématurément décédé à 19 ans, David Champernowne ou Joan Clarke avec qui il a été brièvement fiancé, les époux Newman ou Robin Gandy… Bien que recherchant souvent la solitude, il a dû travailler en équipe, comme lors de la Seconde Guerre Mondiale avec ses homologues polonais, en particulier Marian Rejewski. 

J’ai bien apprécié cette biographie qui vulgarise les apports incontestables d’Alan Turing, que ce soit l’idée de machine universelle qui lui permettrait de résoudre des problèmes en apprenant elle-même, sa participation au décryptage de la machine Enigma pendant la Seconde Guerre mondiale, le test de Turing (une machine peut-elle penser, à tout le moins imiter une conversation humaine sans que cela soit détectable?)… Graphiquement, cela m’a bien plu également, les bulles mettant bien en scène les pensées intimes et réflexions d’Alan Turing, que ce soit dans ses difficultés relationnelles ou dans ses intuitions et découvertes. On a l’impression de plonger dans sa tête, notamment lors des bulles d’explications scientifiques. J’ai trouvé que les auteurs avaient réussi à maintenir l’équilibre entre tranche de vie et aspect scientifique. Un très bon moment de lecture fort instructif et qui se termine sur une fin qui donne ton son sens au cauchemar récurrent!

La BD de la Semaine chez Moka cette semaine

Participation #2 Le Mois Anglais 2026 de Lou et Martine #Roman graphique

 

Au fil des pages avec le tome 2 de La petite faiseuse de livres

J’ai lu le week-end dernier le tome 2 de La petite faiseuse de livres de Miya Kazuki, Suzuka et You Shiina (éd. Ototo, février 2020, 160 pages), un manga shōnen à partir de 10 ans, l’autrice adaptant sa série de light novels éponyme. J’ai retrouvé avec plaisir Urano Motosu réincarnée en Naïm, une fillette de 5 ans toujours aussi chétive et en proie à de violentes fièvres qui la clouent plusieurs jours au lit. Pour autant, grâce à ses connaissances issues de son ancienne vie et malgré une santé fragile et l’arrivée de l’hiver qui retarde ses plans, elle est toujours aussi déterminée à fabriquer un livre. Après l’échec du parchemin, aura-t-elle plus de réussite avec les tablettes d’argile? 

A travers la quête de la fillette, j’ai apprécié en découvrir un peu plus sur sa nouvelle vie au sein d’Ehrenfest et des liens qu’elle a réussi à tisser entre les membres de sa famille, sa relation avec son père Gunther s’améliorant ou avec son entourage comme son ami Lutz, du même âge qu’elle ou Otto, le soldat travaillant sous les ordres de son père et qui fait d’elle son assistante. Il s’agit ainsi avant tout de tranches de vie du quotidien de la fillette qui a bien du mal à s’adapter à sa nouvelle vie, privée de livres et d’autres objets modernes ou du confort de son ancienne vie. Même les fruits et légumes sont étranges et teintés de magie, comme le paroutier dont la cueillette des fruits (les parous), en hiver, est surprenante et compliquée. 

Graphiquement, elle me plaît toujours autant, en particulier dans ce tome les passages hivernaux, la neige et le blizzard obligeant les habitants à se confiner chez eux, les réserves s’amenuisant et la famille de Naïm s’éclairant à la bougie. Encore un bon moment de lecture avec cette biblio-fantaisie! J’ai d’ailleurs enchaîné avec le tome 3 qui développe encore plus le fonctionnement d’Ehrenfest fortement inégalitaire entre les riches et les pauvres et qui prolonge les préparatifs du baptême de sa sœur aînée Tuuli, une cérémonie permettant à tout enfant de 7 ans de devenir citoyen de la ville et de pouvoir débuter son apprentissage. 

Participation #10 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Manga shōnen

Participation #30 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Manga Shōnen

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Objet: « Livres »

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