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Au fil des pages avec Le baiser de glace et autres nouvelles

Pour une lecture commune avec Nathalie et Isabelle dans le cadre du Challenge 2026 sera classique aussi!, j’ai lu Le Secret de la Ferme-Grise de Mary Elizabeth Braddon (éd. Le Masque, rééd. 2004, 96 pages), une nouvelle également parue sous le nom de L’Intendant Ralph et publiée pour la première fois en 1861 en Angleterre. J’ai pu la lire grâce à la bibliothèque romande numérique. 

Au décès de Martin son frère aîné de deux ans, Dudley Carleon, âgé de 21 ans hérite de la propriété familiale de Ferme-Grise et des terres agricoles bordant une rivière bien trop souvent à crue, près du village d’Olney-Sur-Trent, en Angleterre. Les années passent et Dudley demeure toujours aussi inconsolable, réussissant à maintenir à flot la propriété, grâce au soutien sans faille de son intendant Ralph à la présence si serviable quoique oppressante tant il semble s’immiscer dans les affaires du jeune homme. Le mariage de Dudley avec Jenny, jeune et jolie pupille à peine majeure du recteur Marlow et amie de la fiancée endeuillée de Martin, Agnès changera-t-il cette situation pesante? Cette dernière doit-elle écouter la mise en garde de son amie Agnès? Quels sombres secret se cachent dans la Ferme-Grise? Malgré les années, le décès soudain de Martin interroge encore. Est-il vraiment lié à l’insalubrité des lieux ou Jenny doit-elle écouter la mise en garde de son amie Agnès?

J’aurai bien pu garder cette nouvelle victorienne pour l’automne, tant il y pleut et tant l’ambiance est gothique et inquiétante. On y retrouve tous les ingrédients propres à ce type de récits: un lieu de vie bien peu accueillant, un décès suspect, une relation bien intrigante entre un propriétaire terrien et son intendant, une jeune femme dont la vie semble en danger… Un bon moment de lecture avec cette lecture à la tension dramatique allant crescendo au fil des pages, même si on devine rapidement ce qui se trame dans ces lieux! Le format étant court, cela évite les longueurs du roman-feuilleton sensationnel comme peuvent l’être ceux de Wilkie Collins par exemple. On peut comprendre que cela a été précurseur des romans à suspense ou thrillers psychologiques de notre époque. Je coche d’ailleurs au passage les cases « campagne anglaise » et « poison » du bingo meurtrier du challenge Un hiver Polar 2026.

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J’ai également lu 3 autres nouvelles de Mary Elizabeth Braddon dans le recueil Le baiser de glace et autres nouvelles (éd. de l’Aube, février 2021, 111 pages), de courtes nouvelles pour gentiment frissonner, au coin du feu, lors de longues soirées d’hiver ou d’automne. Le baiser de glace est une très courte nouvelle aux tonalités fantastiques (17 pages), parue pour la première fois en 1860 avec le destin tragique d’un jeune étudiant qui part à l’étranger et délaisse sa fiancée, sa cousine Gertrude qui désespérée, se  suicide la veille de son mariage arrangé au nom de leurs vœux échangés. Et si le véritable amour pouvait survivre à la mort? Là encore j’ai apprécié la descente aux enfers du jeune homme qui apparaît pourtant fort antipathique tant il est insouciant et inconstant, face au chagrin d’amour de sa cousine. Aucune échappatoire ne semble plus possible, pris au piège d’un amour devenu à sens unique, du fait de leur éloignement. 

La deuxième nouvelle de ce recueil, la plus longue (52 pages), Le mystère de Fernwood parue pour la première fois en 1861 relate le séjour de la jeune et riche héritière Isabel âgée de 20 ans (la narratrice), avec sa tante, dans le manoir de Fernwood, la propriété familiale délabrée de son joyeux et volubile fiancé Laurence bientôt majeur (21 ans), dans le comté d’York, en Angleterre. J’ai une nouvelle fois bien apprécié le style d’écriture de cette autrice même si on se doute bien du drame qui couve et du mystère de la demeure avec ce mystérieux parent pauvre et malade de la famille qui ne quitte jamais sa chambre dans l’aile gauche du château, la sœur aînée de son fiancé, Lucy lui servant de garde-malade. Le drame est-il inéluctable? Comme dans L’intendant Ralph, on retrouve ici aussi un lieu de vie isolé et sinistre dans la campagne anglaise, de jeunes orphelins souhaitant se marier, un secret et des phénomènes inquiétants… Cela m’a rappelé d’autres romans avec un mystérieux locataire comme Jane Eyre ou Le jardin secret… 

Enfin, la dernière nouvelle, La vengeance de Samuel Lowgood (21 pages), parue elle-aussi pour la première fois en 1861, le narrateur, Samuel Lowgood revenant sur son animosité à l’égard de son beau collègue et fils de gentleman, Christopher Weldon au sein de la maison Tyndale & Tyndale, armateurs à Wilborough. Jusqu’où peut aller sa jalousie lorsque ce dernier commence à courtiser la jolie et douce Lucy dont il est amoureux? J’ai également apprécié ce court récit où il est question de rivalité entre deux orphelins au statut social différent et de trahison. 

Un bon moment de lecture avec ces nouvelles! Il est certain que je continuerai à découvrir cette autrice peut-être cette fois un de ses romans comme Sur les traces du serpent

Pour d’autres avis sur cette lecture commune: Nathalie et Isabelle (qui a aussi lu Le baiser glacé).

Participation #6 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Nouvelles victoriennes (1860 et 1861)

Participation #10 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Nouvelle à suspense

Au fil des pages avec La dame au petit chien

En lecture commune avec Nathalie et Isabelle, j’ai lu La dame au petit chien d’Anton Tchekhov (éd. Le Livre de Poche, rééd. juin 2025, 30 pages), une nouvelle russe parue pour la première fois en décembre 1899 et se déroulant à Yalta avec la liaison entre Dmitri Dmitrich Gourov, un banquier moscovite de moins de quarante ans et Anna Serguéievna von Diederitz, âgée de 25 ans et vivant à Saint-Pétersbourg, la « dame au petit chien », un loulou blan, tous deux mariés. Et si une liaison sans lendemain ne l’était finalement pas?

On y suit avant tous les conséquences de cette liaison du point de Gourov qui contre attente se retrouve à « aimer » pour la première fois de sa vie alors qu’il ne pensait à vivre une énième liaison frivole, s’amusant de séduire des femmes pour mieux les rejeter. J’ai apprécié le style d’écriture et lire cette nouvelle sur une histoire pourtant maintes et maintes fois lue et dont j’ai apprécié tourner les pages. Une vie est-elle possible entre ce séducteur repenti et cette jeune femme malheureuse en ménage? Un très courte nouvelle avec une fin très ouverte! On peut s’imaginer une fin plus cynique, un coureur de jupon prix à son propre piège et rejetée par la jeune femme ou une nouvelle vie à deux, l’amour triomphant…

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Puis j’ai lu la seconde nouvelle, plus longue, de mon édition et parue pour la première fois en 1894: Au royaume des femmes (58 pages), lors d’un Noël vécu par Anna Akimovna, une riche héritière et orpheline d’une usine sidérurgique, âgée de 25 ans et célibataire, victime du syndrôme de l’imposteur, ne se sentant ni à sa place à la tête de l’usine qu’elle a héritée et se sentant profondément seul, au point d’envisager un de ses salariés, Piménov.

La jeune femme est touchante et finalement profondément humaine, rêvant à un mariage d’amour et les moyens d’être à la hauteur de ses nouvelles responsabilités qui la terrifie, se cachant derrière l’image d’une généreuse bienfaitrice. Elle se sent terriblement seule, même en cette période de Noël, les gens défilant chez elle pour lui présenter ses vœux et obtenir leurs étrennes.

On retrouve également dans cette nouvelle la question sur l’amour et sur le sens de la vie. Un bon voire très moment de lecture également même si l’auteur laisse le lecteur avec autant de peu de réponses que l’héroïne sur son futur! J’ai apprécié ce personnage féminin, « une femme fin de siècle ». Comme surmontera-t-elle sa nature pusillanime et être plus audacieuse? Parviendra-t-elle à gérer l’usine? Finira-t-elle par se marier par amour? Ou se fera-t-elle abuser par un mari qui dilapidera sa fortune ou par des salariés, comme le directeur de l’usine corrompu? Cela m’a donné envie de lire d’autres écrits « tranches de vie » de Tchekhov. 

Pour d’autres avis sur La dame au petit chien: Nathalie et Isabelle

Participation #2 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #nouvelles russes (1899 et 1894)

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Animal: « Chien »

Participation #13 Challenge il était 13 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #Nouvelle

Participation #11 Challenge Christmas Time 2025 de MyaRosa #Nouvelle

Participation #1 Le Mois Russe 2025 de Bianca #Nouvelle

Throwback Thursday Livresque: Un titre qui forme une phrase

TTL n°267 chez Carole #Un titre qui forme une phrase

Ce jeudi 13 juin 2024, je participe au Throwback Thursday Livresque, un rendez-vous livresque initialement chez Bettie Rose Books et repris depuis par Carole, les liens étant à déposer chez My-Bo0ks. Le principe est de partager chaque jeudi un livre en fonction d’un thème donné. Cette semaine, le thème est « Un titre qui forme une phrase ».

Pour illustrer ce thème qui offre de nombreuses possibilités, j’ai choisi parmi des lectures récentes:

  • (Recueil de nouvelles) À quoi songent-ils, ceux que le sommeil fuit? de Gaëlle Josse (éd. Noir sur Blanc, février 2024, 224 pages), des microfictions sous forme de très courts chapitres mettant en scène différents personnages ordinaires au cours de la nuit, confidente d’émotions fortes, regrets, souvenirs ou attentes à venir quand le sommeil ne vient pas, que ce soit en raison d’insomnie, de fêtes ou du travail
  • (Romance contemporaine) L’abus de toi est dangereux (pour mon cœur) de Caro M. Leene (éd. HarperCollins, janvier 2023, 353 pages), une romance contemporaine entre Harper et Liam sous fond de compétition lors d’un concours de barmaids et qui se déroule sur la même temporalité que le tome précédent, Bien cordialement votre employée (complètement folle de vous).
  • (BD jeunesse/Roman graphique) Toutes les princesses meurent après minuit de Quentin Zuttion (éd. Le Lombard, août 2022, 152 pages), une BD jeunesse à partir de 15 ans et qui a remporté le Prix Fauve Spécial du Grand Jury Jeunesse d’Angoulême en 2023 et qui relate une tranche de vie nostalgique au sein d’une famille dont l’équilibre va se briser le temps d’une chaude journée estivale, en écho au décès de la princesse Diana repris en boucle par les médias le 31 août 1997
  • (Court roman illustré) Comment le Prince Cardan en est venu à détester les histoires de Holly Black et  illustré par Rovina Cai (éd. Rageot, novembre 2022, 192 pages), le tome 3,5 de la série de fantasy féérique, Le Peuple de l’Air qui apporte une sorte de conclusion à la trilogie avec cette fois le point de vue de Cardan et non plus de June.

J’ai également pensé à deux lectures plus anciennes avec des romans contemporains: Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand (éd. Michel Lafon, éd. Pocket, n°15716, 2014), le premier roman court de l’autrice et sa suite que j’ai plus appréciée, La vie est facile, ne t’inquiète pas d’Agnès Martin Lugand (éd. Michel Lafon, éd. Pocket, n°16442, 2016).

Et vous, quel livre auriez-vous choisi pour cette thématique? La semaine prochaine, le thème sera: « Un tome 2 ».

Notre sélection « Fantômes » pour le Challenge Halloween

Pour le Challenge Halloween 2020, je continue mes sélections suivant les créatures halloweenesques que nous pouvons croiser. Après les sorcières et les ogres, voici notre sélection « Fantômes ».

Des albums jeunesse:

  • Oscar le fantôme d’André Bouchard (éd. Saltimbanque, 2018), un album jeunesse à partir de 3 ans selon l’éditeur mais, selon moi, plus pour les 6-9 ans. Oscar, un fantôme hantant le château de Canterbourg se retrouve propulser par mégarde dans notre monde moderne.
  • Le Fantôme de l’Opéra de Fabrice Boulanger, d’après  Gaston Leroux (éd. de la Bagnole, 2015), un album jeunesse pour les 6-9 ans.
  • Merci Fantôminus! de Brigitte Weninger et Ève Tharlet (éd. Minedition, 2008), un album jeunesse à partir de 3 ans. Léonie est une petite fille qui a peur de trois grands fantômes qui viennent hanter ses nuits. Heureusement, elle se lie d’amitié avec un plus petit fantôme, Fantôminus.
  • Une maison à hanter de Morgane de Cadier et Florian Pigé (éd. Balivernes, 2016), un album jeunesse à partir de 3 ans. Petit Fantôme, du haut de ses mille ans, est en quête d’une maison à hanter. En se liant d’amitié avec Nathan, un petit garçon d’une des maisons qu’il tente de hanter, arrivera-t-il à ses fins?
  • Le train fantôme de Didier Lévy et Pierre Vaquez (éd. Sarbacane, 2019), un album jeunesse à partir de 7 ans selon l’éditeur. Lina, une petite fille de 8 ans, part à la recherche de son frère aîné qui vient de fuguer. Le trouvera-t-elle dans l’ancienne fête foraine abandonnée où il a l’habitude d’aller?
  • Les Fantômes ne frappent pas à la porte d’Eulalia Canal et Rocio Bonilla (éd. Père Fouettard, 2020), un album jeunesse à partir de 5 ans selon l’éditeur voire même avant. Pour conservé exclusivité de son amitié avec Ours, Marmotte fait croire à Canard qu’ils sont des fantômes.
  • Les fantômes Zen de Jon J. Muth (éd. Fei, 2016), un album jeunesse à partir de 5/6 ans. Le soir d’Halloween, Source-Tranquille, un panda zen, raconte une histoire de fantômes à trois enfants qui viennent de finir leur collecte de bonbons et de friandises.

Des BD jeunesse:

  • le tome 7 d’Ana Ana, On n’a pas peur du noir! d’Alexis Dormal et Dominique Roques (éd. Dargaud, 2016), une bande dessinée au format à l’italienne pour les 3-6 ans, et même avant. Un étrange et inquiétant fantôme oreiller réveille Ana Ana et ses doudous en pleine nuit. Mais les fantômes existent-ils?

Des romans jeunesse:

  • Le fantôme de Canterville et autres nouvelles d’Oscar Wilde (éd. Le Livre de Poche Jeunesse, 2011), une nouvelle à partir de 9 ans. Le fantôme de Sir Simon de Canterville hante depuis plusieurs siècles un manoir récemment acheté par la Famille Otis, des Américains venus s’installer au Domaine de Canterville Chase, en Angleterre et qui ne semble pas avoir peur de lui.
  • La fiancée du fantôme de Malika Ferdjoukh (éd. L’école des loisirs, 2013), un roman jeunesse à partir de 6 ou 7 ans. Horace, un jeune garçon de 9 ans s’installe dans une vieille demeure de Forest Lodge, en Écosse avec sa famille et notamment sa cousine Olivia. Dès leur arrivée, en pleine nuit, toute la famille découvre que le fantôme de Lord Aloysius Mac Bligh hante les lieux, ce dernier s’étant suicidé par amour pour Lady Livia.
  • Lili Goth et la souris fantôme de Chris Riddell (éd. Milan, 2014), un roman jeunesse à partir de 11 ans. Au Manoir des Frissons frissonnants, la jeune Lili Goth se lie d’amitié avec Ismaël, une souris fantôme et tente avec elle de déjouer un sombre mystère.

Pour d’autres idées-lecture autour des fantômes: FondantGrignote.

Challenge Halloween de Hilde et Lou #Fantôme

Au fil des pages avec Le fantôme de Canterville et autres nouvelles

J’emprunte à la médiathèque Le fantôme de Canterville et autres nouvelles d’Oscar Wilde (éd. Le Livre de Poche Jeunesse, 2011), une nouvelle à partir de 9 ans. Comme le titre l’indique,  nous suivons le fantôme de Sir Simon de Canterville qui hante depuis plusieurs siècles un manoir récemment acheté par la Famille Otis, des Américains venus s’installer au Domaine de Canterville Chase, en Angleterre. Aucun tour de fantôme ne semble fonctionner sur cette famille si matérialiste et pragmatique. Le fantôme, piqué dans son orgueil, est bien en peine face aux farces des jumeaux Otis et au scepticisme des parents? Serait-ce la fin de vie du fantôme terrifiant?

Les premiers chapitres auraient pu être sous-titrés les malheurs d’un fantôme tant celui est martyrisé par les jumeaux Otis et bafoué par les époux Otis qui ont remède à tout (de l’huile pour graisser les chaînes du fantôme par exemple). Puis l’humour grinçant et satirique laisse place à un texte plus intimiste avec la rencontre du fantôme avec Virginia, la fille des époux Otis.

Dans cette nouvelle, sous des airs de conte surnaturel, l’auteur s’amuse du choc culturel de la fin du XIXème siècle entre la bourgeoisie américaine bien trop matérialiste et l’aristocratie britannique ancrée dans ses vieilles traditions et superstitions. Un brin d’humour so british également dans les deux autres nouvelles de ce livre, Le crime de Lord Arthur Savile et Le millionnaire modèle!

Pour un autre avis sur Le fantôme de Canterville: Isabelle.

Challenge Halloween 2019 de Hilde et Lou

Challenge Petit Bac d’Enna – #11 catégorie Lecture: « Nouvelles »

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