Étiquette : XIXe siècle (Page 1 of 2)

Au fil des pages avec La véritable histoire de Pauline, petite paysanne à l’école de Jules Ferry

Avec mon mini sorcier, nous avons lu La véritable histoire de Pauline, petite paysanne à l’école de Jules Ferry d’Estelle Vidard et Alban Marilleau (éd. Bayard Jeunesse, coll. Les romans doc Histoire, janvier 2019, 48 pages), un court roman jeunesse à partir de 8 ans. Au printemps 1886, Pauline, âgée de 11 ans, rêve de devenir institutrice, bien loin du métier de paysans de ses parents. Chaque matin, elle se rend à l’école avec son petit frère Jacques, même si leur père préférerait les voir travailler au champ. Brillante élève, pourra-t-elle passer le certificat d’études et concrétiser son rêve?

J’ai apprécié qu’entre les pages de l’histoire se glissent des pages documentaires sur l’école publique et laïque et plus largement sur l’histoire de la France à la fin du XIXe siècle, sous la IIIe République, l’instruction devenant obligatoire jusqu’à 13 ans. Un bon moment de lecture fort instructif pour mon mini écolier du XXIe siècle! Il a bien noté les différences de son quotidien scolaire avec le principe de non-mixité avec des écoles pour filles ou pour garçons, des cours de couture pour les filles et des cours d’éducation physique pour les garçons, les châtiments corporels, le travail des enfants dès 4 ans parfois, les fournitures scolaires avec l’encrier et les buvards… 

Participation # Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Roman jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #5 Catégorie Prénom: « Pauline »

Au fil des pages avec La dame au petit chien

En lecture commune avec Nathalie et Isabelle, j’ai lu La dame au petit chien d’Anton Tchekhov (éd. Le Livre de Poche, rééd. juin 2025, 30 pages), une nouvelle russe parue pour la première fois en décembre 1899 et se déroulant à Yalta avec la liaison entre Dmitri Dmitrich Gourov, un banquier moscovite de moins de quarante ans et Anna Serguéievna von Diederitz, âgée de 25 ans et vivant à Saint-Pétersbourg, la « dame au petit chien », un loulou blan, tous deux mariés. Et si une liaison sans lendemain ne l’était finalement pas?

On y suit avant tous les conséquences de cette liaison du point de Gourov qui contre attente se retrouve à « aimer » pour la première fois de sa vie alors qu’il ne pensait à vivre une énième liaison frivole, s’amusant de séduire des femmes pour mieux les rejeter. J’ai apprécié le style d’écriture et lire cette nouvelle sur une histoire pourtant maintes et maintes fois lue et dont j’ai apprécié tourner les pages. Une vie est-elle possible entre ce séducteur repenti et cette jeune femme malheureuse en ménage? Un très courte nouvelle avec une fin très ouverte! On peut s’imaginer une fin plus cynique, un coureur de jupon prix à son propre piège et rejetée par la jeune femme ou une nouvelle vie à deux, l’amour triomphant…

* * *

Puis j’ai lu la seconde nouvelle, plus longue, de mon édition et parue pour la première fois en 1894: Au royaume des femmes (58 pages), lors d’un Noël vécu par Anna Akimovna, une riche héritière et orpheline d’une usine sidérurgique, âgée de 25 ans et célibataire, victime du syndrôme de l’imposteur, ne se sentant ni à sa place à la tête de l’usine qu’elle a héritée et se sentant profondément seul, au point d’envisager un de ses salariés, Piménov.

La jeune femme est touchante et finalement profondément humaine, rêvant à un mariage d’amour et les moyens d’être à la hauteur de ses nouvelles responsabilités qui la terrifie, se cachant derrière l’image d’une généreuse bienfaitrice. Elle se sent terriblement seule, même en cette période de Noël, les gens défilant chez elle pour lui présenter ses vœux et obtenir leurs étrennes.

On retrouve également dans cette nouvelle la question sur l’amour et sur le sens de la vie. Un bon voire très moment de lecture également même si l’auteur laisse le lecteur avec autant de peu de réponses que l’héroïne sur son futur! J’ai apprécié ce personnage féminin, « une femme fin de siècle ». Comme surmontera-t-elle sa nature pusillanime et être plus audacieuse? Parviendra-t-elle à gérer l’usine? Finira-t-elle par se marier par amour? Ou se fera-t-elle abuser par un mari qui dilapidera sa fortune ou par des salariés, comme le directeur de l’usine corrompu? Cela m’a donné envie de lire d’autres écrits « tranches de vie » de Tchekhov. 

Pour d’autres avis sur La dame au petit chien: Nathalie et Isabelle. 

Participation #2 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #nouvelles russes (1899 et 1894)

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Animal: « Chien »

Participation #13 Challenge il était 13 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #Nouvelle

Participation #11 Challenge Christmas Time 2025 de MyaRosa #Nouvelle

Participation #1 Le Mois Russe 2025 de Bianca #Nouvelle

Au fil des pages avec La particule

J’ai lu La particule de Nadine Luton-Walter (éd. Presses de la Cité, septembre 2025, 368 pages), un roman historique se déroulant en 1895, dans un petit bourg alsacien. Depuis le décès de son père un an auparavant, Fanny Frémont, âgée de 24 ans, tente de sauver l’agence immobilière de la faillite. Lors d’une nouvelle visite désastreuse d’un bien à vendre, elle surprend une conversation qui pourrait tout changer, celle entre Tancrède de Chassagne de Montbazon et sa fiancée, Isaure de la Châtrie, qui vient de lui faire faux bond, lui reprochant de ne pas suffisamment l’aimer. Pourquoi ne pas s’arranger avec ce jeune homme en se faisant passer par sa fiancée afin de décrocher la vente du château Granville dont le propriétaire ne veut signer qu’avec un nom à particule et dont Tancrède est l’un des aristocrates invités? Chacun en serait gagnant, lui pour sauver ses fiançailles grâce à l’argent de la vente et elle, son agence immobilière qui pourvoit à toute sa famille. Mais leur arrangement sera-t-il aussi facile à mettre à exécution? La jeune femme, audacieuse et indépendante, n’est pas prête à perdre. 

J’ai apprécié ce premier roman de l’autrice plein d’humour, sous fond de comédie romantique et vaudeville qui prend, par moments, des airs de théâtre de boulevard. Les rebondissements, quiproquos, faux-semblants et manigances commerciales s’enchaînent avec frénésie, malice, humour et jeux de mots. L’alchimie entre Fanny et Tancrède fonctionnent à merveille malgré leur caractère bien différent et leur différence de classes sociales. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste. Il y est ainsi question d’ascension sociale, d’inégalités sociales (entre aristocrates et domestiques notamment), de la condition de la femme à la fin du XIXe siècle, Fanny aspirant à s’émanciper et à s’affranchir des conventions sociales de l’époque, avec le soutien de sa famille, d’identité (un individu est-il réduit à sa particule?)… Un très bon moment de lecture!

Au fil des pages avec Chârulatâ

Pour une lecture commune proposée par Hilde dans le cadre de son challenge Les Étapes Indiennes 2025, j’ai lu Chârulatâ de Rabindranath Tagoré (éd. Zulma, février 2009, 128 pages), un court roman paru pour la première fois en 1901 sous le titre Le Nid gâché, l’auteur bengali ayant reçu le Prix Nobel de littérature en 1913. Le titre actuel choisi par la maison d’édition est celui repris du film indien de Satyajit Ray sorti en 1964 mais je préfère le titre originel.

Cette courte histoire se déroule dans une riche demeure bengali disposant d’un gynécée, réservée aux femmes. Chârulatâ est une jeune femme mariée, très jeune, depuis de nombreuses années avec Bhupati qui la délaisse pour son travail. Ce couple dont le mariage a été arrangé est sans enfants. Face à l’ennui de son épouse, Bhupati fait venir chez eux son cousin Amal, un jeune étudiant qui rêve d’une carrière littéraire et Mandakini, la femme du frère de Chârulatâ. Très vite, une complicité se crée entre Chârulatâ et Amal qui se retrouvent dans le jardin autour d’un projet d’écriture. L’attirance intellectuelle se transforme alors en passion amoureuse pour la jeune femme. Le drame est-il inéluctable? Une seconde chance est-elle possible pour les époux?

L’auteur dépeint, avec une certaine ironie, l’évolution des sentiments au sein de ce triangle amoureux, au cœur d’une famille élargie, ce qui fit scandale lors de sa parution, même si tout est bien chaste et tout en retenue. Chârulatâ semble acculée, face à un époux distrait, naïf et absorbé dans son travail au sein du journal de langue anglaise qu’il a fondé et à un cousin qui lui témoigne un peu d’attention dont elle n’est pas coutumière et une passion commune pour la littérature. Il y est ainsi question de relation de couple au sein d’un mariage arrangé, de passion, de désespoir amoureux, de jalousie, de la condition de femme à l’époque du Raj britannique, son époux étant plus tourné vers l’Occident – l’Angleterre alors qu’elle, est confinée aux traditions et habitudes culturelles indiennes qui la cantonnent à un rôle d’épouse soumise et qui tente pourtant, au contact du cousin de son mari, de s’émanciper à travers la littérature et l’écriture en se découvrant un certain talent dans la composition de textes, bien plus qu’Amal…

Malgré des réactions souvent exagérées voire théâtrales, la jeune femme se révèle plus attachante qu’il n’y paraît dans une société indienne de la fin du XIXe siècle qui la cantonne à un rôle d’épouse soumise. Elle ne sait pas gérer ses émotions, ses premiers émois amoureux non partagés, entre complicités, malentendus et trahisons. De son côté, Bhupati est très paternaliste plutôt qu’époux, réalisant trop tard que son épouse est devenue une femme. Peut-être qu’in fine cela dénonce les mariages arrangés où aucun ne peut s’épanouir. Certains biographes de l’auteur ont vu des éléments autobiographiques dans ce roman, ce dernier ayant été proche de l’une de ses belles-sœurs plus âgées que lui et qui partageait ses goûts littéraires et qui s’était suicidée, à 25 ans, peu de temps après son mariage arrangé avec Mrinalini Devi une fillette de 10 ans alors qu’il avait 22 ans.

Cette lecture m’a permis de découvrir cet auteur dont ce roman est à remettre dans le contexte de l’époque même si malheureusement, en Inde, comme dans d’autre pays, le mariage arrangé des enfants est toujours une triste réalité. J’ai également apprécié le rapprochement intellectuel via le goût de la littérature et de l’écriture et la tentative d’émancipation féminine avant que tout bascule. Pour prolonger ma lecture, j’ai prévu de regarder le film de 1964.

C’est également une participation pour le Challenge 2025 sera classique, le thème de juillet étant les classiques indiens.

Pour d’autres avis sur ce roman: Hilde (IG), Lou, Ewa (IG) et Books&City (IG).

Participation #6 Challenge Les Étapes Indiennes 2025 de Hilde #LC

Participation #8 Challenge 2025 sera classique aussi! de Nathalie #Roman indien

Participation #21 (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Inde

 

Au fil des pages avec Les Disparues de Nellie Bly

J’ai lu Les Disparues de Nellie Bly d’Isadora et Samuel Avril (éd. Prisma, mai 2024, 299 pages), un roman historique s’inspirant, de façon romancée, d’une partie de la vie d’Elizabeth Cochrane, de ses premiers pas de journaliste d’investigation au sein du Pittsburgh Dispatch jusqu’à son départ pour relever le pari d’un tour du monde en moins de 80 jours. Ce n’est pas une biographie en tant que telle, le couple d’auteurs ayant fait le choix d’une trame narrative avec pour fil conducteur la motivation de la jeune femme à découvrir, envers et contre tous, le sort des femmes disparues, celles de sa première infiltration au sein d’une fabrique de conserves, à Pittsburgh puis au sein de l’asile sur l’île de Blackwell, à New York, en 1887, sans pourtant, volontairement, respecter les années réelles, le roman commençant en 1885 et non en 1880 (lorsqu’elle avait 21 ans et non 16). 

Après avoir envoyé au Pittsburgh Dispatch une lettre virulente après y avoir lu un article misogyne sur ce que à quoi seraient bonnes les jeunes femmes, Elisabeth Cochrane rencontre son rédacteur en chef Madden. Ce dernier accepte de l’engager comme journaliste à condition qu’elle écrive un article convaincant sur le divorce, ce qui est le cas puis il lui propose d’infiltrer l’usine de fabriques dirigée par M. O’Sullivan afin d’y dénoncer les conditions de travail des ouvrières: pénibilité, cadences au mépris de la sécurité et de la santé, froid, faible salaire… Dès son arrivée, elle est formée par Ruby Spreers, une jeune femme chaleureuse et accueillante qui semble résignée à travailler ainsi, lui assurant un salaire, si dérisoire soit-il, pour vivre avec son père malade, et ne pas finir comme tant d’autres à la rue, à mendier ou même disparaître comme la veuve Bowe qui avait été congédiée de l’usine. Elisabeth Cochrane parviendra-t-elle à écrire son premier reportage d’investigation?

Ce roman est un bel hommage à Nellie Bly, déterminée à être journaliste, courageuse, engagée quant aux droits des ouvriers et des femmes. On la retrouve dans ses premières années professionnelles avec ses doutes et questionnements sur le travail même de journaliste. Comment rester neutre et objective sans se faire démasquer face aux conditions de travail au sein de l’usine puis les mauvais traitements à l’asile? La jeune femme tente de rester détachée et objective, en tant que journaliste, afin de dénoncer, en temps voulu, ce qu’elle voit et endure, malgré des rencontres amicales qui ne la laissent pas indifférentes, que ce soit Ruby, une ouvrière au sein de l’usine de conserves ou Tillie, à l’asile. Dans les deux cas, ce sont les corps des femmes qui sont malmenés dans un monde patriarcal. Il y est ainsi question de la condition de la femme, des droits des ouvriers, des inégalités sociales…

Certes, je n’ai rien appris de plus avec ce roman sur cette célèbre journaliste, ayant déjà lu encore dernièrement par exemple le tome 1 de Pionnières, Nellie Bly de  Nicolas Jarry, Guillaume Tavernier et Guillaume Lopez (éd. Soleil, août 2020, 60 pages), une BD revenant sur son enquête de 10 jours, en 1887, alors qu’elle était âgée de 23 ans, au Blackwell’s Island Hospital de New York en vue d’être engagée par Joseph Pullitzer comme journaliste d’investigation au New York World ou Globe-trotteuses, Le tour du monde de Nellie Bly et Elizabeth Bisland de Julian Voloj et Julie Rocheleau (éd. Dargaud, octobre 2024, 184 pages), un roman graphique dans lequel la jeune femme décide de battre le record de Phileas Fogg et de faire en moins de 80 jours le tour du monde en 1889, et avant qu’une autre journaliste n’en fasse autant, Elizabeth Bisland. 

Mais j’ai apprécié l’arc narratif autour de Ruby qui rêve d’un avenir meilleur. Le récit aurait été d’ailleurs, à mon avis, encore plus intéressant et moins décousu s’il s’était contenté de la seule enquête au sein de le fabrique de conserves et de l’aciérie, la ville de Pittsburgh étant un « personnage » à part entière, surnommée la ville de l’acier, son essor au XIXe siècle étant lié l’industrie sidérurgique avec la présence du charbon et du minerai de fer, avec en arrière-fonds les tensions sociétales, suite aux grèves sanglantes de 1877, la peur de nouvelles révoltes couvant alors, entre les ouvriers des usines, mineurs des mines de charbon comme Ruby et Jimmy d’un côté et les industriels ayant fait fortune comme la famille O’Sullivan. Un bon moment de lecture dans l’ensemble!

Challenge Petit Bac d’Enna #2 Catégorie Personnes célèbres: « Nellie Bly »

Participation # (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Suisse

 

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