Étiquette : Challenge Petit Bac 2026 (Page 1 of 3)

Au fil des pages avec Les jours sucrés

J’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, Les jours sucrés de Loïc Clément et Anne Montel (éd. Dargaud, février 2016, 148 pages), un roman graphique qui se décline comme une BD (romance) feel good contemporaine. Au décès de son père, Églantine Larticho, âgée de 25 ans, revient à Klervi, le village breton de son enfance pour vendre la boulangerie paternelle qu’elle vient d’hériter. Et si tout est remis en question par la découverte du journal intime de son père et ses retrouvailles avec son ami d’enfance, Gaël et sa tante Marronde? Ce qui ne devait être qu’une parenthèse très temporaire dans sa vie parisienne n’est-il pas l’occasion d’un nouveau départ?  

J’ai apprécié retrouvé ce duo auteur/illustratrice dont je retrouve la même fantaisie graphique et humour, cela m’ayant souvent fait penser à leur trilogie postérieure, Miss Charity adaptant le roman éponyme de Marie-Aude Murail (dont j’attends la parution du tome 3 – peut-être cette année?). Certes, l’histoire est déjà vue et revue mais cette fois sous forme graphique et qui rappelle tant d’autres comédies romantiques feel good où l’héroïne quitte tout pour redémarrer une nouvelle vie comme La Petite boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan (éd. Prisma, 2016, 506 pages), À la lumière du petit matin d’Agnès Martin-Lugand (éd. Michel Lafon, mars 2018, 312 pages) ou bien encore L’irrésistible histoire du Café Myrtille de Mary Simses (éd. NiL, juin 2018, 422 pages)… On y retrouve donc tous les codes et les rebondissements cousus de fils blancs de la comédie romantique. 

Mais cela est rattrapé par la mise en page pleine de pep’s et les scénettes ouvrant chaque chapitre au nom d’une pâtisserie et mettant en scène les chats bien rigolos du village. Les bulles se concentrent surtout sur les interactions entre les trois personnages principaux au tempérament bien différent: l’indécise jeune femme, le gentil instituteur et ancien amour de jeunesse et sa tante râleuse et qui ne parle plus. Les illustrations aux couleurs pastels renforcent la douceur et la mignonnerie de ce changement de vie. Certains passages sont en sépia lorsqu’il est question de son passé et de son père. Un bon moment de lecture légère, feel good et très très gourmande! 

J’ai également tenté, plus récemment, la romance historique sous format graphique mais qui ne m’avait pas du tout plu tant c’était fade et sans aucune originalité: Disgrâce de Sarah Vaughn, Sarah Winifred Searle et Niki Smith (éd. Rue de Sèvres, octobre 2024, 336 pages), un roman graphique avec le mariage arrangé entre Catherine Benson dont la réputation est perdue et Andrew Davener dont le domaine familial est en ruines. J’en reparlerai sans doute une autre fois.

La BD de la semaine chez Moka pour cette semaine

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Passage du temps: « Jours »

Au fil des pages avec La danse du temps

J’ai lu La danse du temps d’Anne Tyler (éd. Phébus, avril 2019, 272 pages), un roman contemporain se déroulant à quatre moments-clés de la vie de Willa Drake, à 11 ans en 1967 (après une nouvelle dispute entre sa mère et son père), à 21 ans en 1977 (abandonnant ses études pour se marier), à 41 ans en 1997 (au décès de son premier époux lors d’un accident de la route) puis à 61 ans, en 2017 (ayant refait sa vie, auprès de son second époux, un avocat golfeur à la retraite). Lorsqu’elle reçoit un appel téléphonique de la voisine de Denise, l’ex-petite amie de son fils aîné, Sean, lui annonçant, par erreur, que sa petite-fille de 9 ans, Cheryl, a besoin d’elle le temps que la jeune femme soit hospitalisée après avoir reçu une balle à la jambe, Willa décide immédiatement de quitter sa vie confortable et monotone à Phoenix, en Arizona et de s’occuper de la fillette, à Baltimore, dans le Maryland, le temps de la guérison de Denise. Même si son attitude déconcerte son second mari, Peter qui vient avec elle, n’est-il jamais trop tard pour choisir sa vie?

Le roman se décompose en deux parties, même si la première est bien plus courte avec des sauts dans le temps (ces moments dans le passé permettant de dresser le portrait d’une femme sans volonté propre et bien passive face aux événements et rencontres jalonnant sa vie) jusqu’à cet appel téléphonique, en 2017 qui est sur le point de faire basculer son quotidien. Mais est-ce vraiment le cas?  Au fil de cette danse du temps, je me suis demandée quand Willa allait enfin prendre sa vie en main. Pour autant, est-ce si simple de changer de caractère du jour au lendemain? Est-ce seulement possible? La vie vaut-elle de prendre des risques pour être pleinement vécue?

Comme dans Trois jours en juin (éd. Phébus, mai 2025, 240 pages), il ne se passe finalement pas grand chose et j’ai eu de la peine pour cette vie gâchée, même si elle ne semble pas vraiment prendre conscience de ce à quoi elle a renoncé pour ne pas faire de vague et éviter toute instabilité affective et matérielle que lui faisait subir, enfant, une mère impulsive et violente. On y retrouve des thèmes récurrents chez cette autrice: le temps qui passe, la classe moyenne américaine, la famille, les (mauvais) choix de vie… Willa n’a pas su trouver un mari aimant ni réussi à tisser de liens forts avec sa sœur cadette ou même ses deux fils. Elle reste à distance de la vie et des autres. Une lecture en demi-teinte tant j’ai attendu, jusqu’à la toute dernière page, l’épiphanie de cette femme qui laisse les autres décider pour elle!

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Musique: « Danse »

Au fil des pages avec Les Nuits blanches

J’ai lu, en e-book, Les Nuits blanches de Fiodor Dostoïevski (éd. Gallimard, Coll. Folio, rééd. septembre 2021, 102 pages), une nouvelle parue pour la première fois en Russie en 1848, sous-titré dans mon édition comme « roman sentimental (Souvenirs d’un rêveur) ». Le narrateur est un jeune homme timide, solitaire et rêveur de 26 ans vivant à Saint-Pétersbourg. Un soir, il ose aborder « une jeune femme » qui pleure sur un pont au bord de la Neva. Celle-ci est une adolescente de 17 ans, Nastienka qui lui confie son histoire aussi solitaire que la sienne, orpheline vivant chez sa grand-mère aveugle. En quatre nuits et un matin, un amour naissant est-il possible entre eux, lui tentant de dissimuler le fait qu’il tombe peu à peu amoureux d’elle et elle qui ne recherche qu’un confident tant elle est éprise de l’ancien locataire étudiant qui tarde à revenir la demander en mariage? Cette rencontre fortuite dans les nuits de la ville endormie sera-t-elle proprice au réconfort de deux êtres esseulés? 

Cette nouvelle est construite comme un long monologue intérieur, brisant dès les premières lignes le quatrième mur en nous interpellant comme « ami lecteur » tout en retranscrivant les discussions entre les deux jeunes gens et les digressions sentimentales et tourmentées du narrateur. Je me suis demandé jusqu’à la fin s’il avait rêvé ou non cette rencontre, lors de longues nuits d’insomnie. Il y est ainsi question de solitude, de sentiments amoureux, de mal-être et d’amour non partagé… Un bon moment de lecture avec cette nouvelle dont j’ai apprécié la chute et que j’ai lue d’une traite, emportée par le lyrisme et la mélancolie romantique du narrateur qui vit intensément cette rencontre, entre espoir et désespoir et quête de sens sur sa propre vie! Cette m’a fait une impression similaire à ce que j’avais ressenti lorsque j’avais vu, il y a longtemps, le film Les Ailes du désir de Win Wenders sorti en 1987. 

Pour d’autres avis sur cette nouvelle: Bianca.

Participation #2 Le Mois Russe 2025 de Bianca #Nouvelle

Participation #4 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Nouvelle russe (1848)

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Couleur: « Blanches »

Au fil des pages avec Marques de fabrique

J’ai lu, en e-book, Marques de fabrique de Cécile Baudin (éd. Presses de la Cité, mars 2023, 420 pages), un roman noir historique se déroulant en 1893/1894, dans l’Ain, en pleine Révolution industrielle. Inspectrice départementale du travail, Claude Tardy est amenée à enquêter, avec son supérieur et mentor âgé, Edgar Roux sur deux décès suspects, à trois mois d’intervalle: le suicide d’un tireur d’or de la tréfilerie de Trévoux en décembre 1893 et le second, son sosie, un ouvrier des glacières, au bord du lac du Sylans. Cela les conduit aux Soieries Perrin de Saint-Jean-le-Vieux, une usine-pensionnat textile et à se rapprocher de l’une des religieuses, Sœur Placide qui a été bouleversée en accueillant, quelques semaines plus tôt, une des nouvelles orphelines qui ressemble à s’y méprendre à une des anciennes pensionnaires, Léonie dont elle est sans nouvelles depuis son mariage quinze ans plus tôt. Et si ces morts suspectes et disparitions inquiétantes étaient liées?

J’ai eu du mal au début avec le style d’écriture de l’autrice, en particulier l’emploi du présent. Puis, passant des investigations menées par Claude aux recherches de Sœur Placide, d’un chapitre à l’autre, jusqu’à ce qu’elles se rejoignent, il me tardait de connaître leur dénouement et de découvrir si mes hypothèses bien dramatiques voire même cyniques allaient ou non se confirmer. Cela a été bien le cas, même si le dénouement n’était guère crédible et trop capillotracté tout en étant, pourtant, fort cohérent avec les faits dénoncés d’une exploitation de la pauvreté et de l’impunité des puissants, dans une société patriarcale et à la course aux profits, à l’autosuffisance et à la recherche d’une main-d’œuvre la plus malléable possible. 

J’ai apprécié cette plongée dans l’Ain industriel de la fin du XIXème siècle avec différents métiers du monde ouvrier (tréfilerie, usine de glacière, mines de phosphate ou bien encore usine-pensionnat textile), la féminisation de l’Inspection du Travail (même si la jeune femme doit se travestir en homme pour contrôler les ateliers de machines ou avec des hommes), le travail des enfants et des femmes, pour une grande majorité d’entre eux élevés dans des orphelinats et la législation renforçant leur protection, droits et conditions de travail (âge minimum pour les enfants, durée de travail ou droit à l’éducation par exemple)… Un bon moment de lecture dans l’ensemble et avant tout pour sa dimension historique! 

De cette immersion dans le monde de la fabrique et de la soie, cela m’a fait penser avec Lyon pas très loin, aux Canuts (ma première lecture sur ce thème dont je me souviens encore sur une jeune lyonnaise de 11 ans, tissant la soie et souffrant de la tuberculose: Claudine de Lyon de Marie-Christine Helgerson (éd. Flammarion, coll. Castor Poche, 1984, 220 pages), un roman jeunesse pour les 9/12 ans).

Pour d’autres avis sur ce roman: Émilie et Bianca.

Participation #5 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Roman noir historique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Mot au pluriel: « Marques »

Au fil des pages avec Les 7 vies extraordinaires de Devi Kumari

Pour une lecture commune avec Hilde dans le cadre de son challenge Les Étapes Indiennes 2026, j’ai lu, en e-book, Les 7 vies extraordinaires de Devi Kumari de Vikas Swarup (éd. Belfond, octobre 2025, 386 pages), un roman contemporain se déroulant en Inde. Une jeune femme de 25 ans, Devi Kumari doit confesser face caméra ses crimes qui ont jalonné sa courte vie à son ravisseur masqué ayant mis sa vie aux enchères, les potentiels « acheteurs » étant des individus qu’elle a croisés dans sa vie et qui réclament vengeance. Qu’est-il arrivé à cette jeune femme? Qui est son ravisseur? Fait-il partie de celles et ceux qu’elle aurait lésés, de près ou de loin, par ses actions?

La dureté du prologue accrocheur donne le ton avec l’enlèvement en pleine rue de Mumbai (anciennement Bombay) d’une esthéticienne et nous entraîne dans un véritable page-turner, l’intrigue étant immédiatement prenante. Chaque épisode de la vie de la jeune femme donne envie de connaître la suite d’autant que chaque fin de chapitre se replace au moment de sa captivité auprès d’un ravisseur qui prend un malin plaisir à faire monter les enchères sur sa vie de plus en plus sur la sellette, à l’instar d’une Shéhérazade des Mille et une nuits

A travers le personnage principal féminin, c’est l’évolution de la société indienne contemporaine qui est dépeinte, en critique sociale, par l’auteur sur 25 ans, de la fin des années 90 à nos jours, en passant même par la période de pandémie Covid-19 et à travers tout le pays, chaque nouvelle identité de la jeune femme entraînant un changement de lieu de vie. Rien ne semble avoir épargné la jeune femme qui malgré son jeune âge et ses différentes identités a vécu tellement de choses, faisant des choix plus ou moins discutables pour survivre et échapper à la violence et à la misère (pauvreté dans un bidonville, orpheline à la rue, mendicité avec son chien, détention dans un centre de surveillance pour jeunes filles, membre d’une secte, faussaire, infirmière dans un hôpital…). 

Certes, tout est fait pour donner envie aux lecteurs de savoir la suite et l’intrigue repose par moment sur une rencontre fortuite fort à propos ou retournement de situation arrivant à point nommé, pour ne pas dire facilités scénaristiques, pour entretenir la tension dramatique. Cela n’a pourtant pas gêné ma lecture tant je me demandais ce que la jeune femme allait devoir encore inventer pour prendre en main son avenir en franchissant ou non la ligne rouge ou en liant certaines amitiés qui peuvent, à tout moment, se retourner contre elle. 

Devi se révèle être pleine de ressources, résiliente face aux épreuves traversées et apprenant de ses expériences passées, plus ou moins éprouvantes ou légales, ne se laissant pas rabaisser à un statut de victime défavorisée. De nombreux thèmes sont ainsi abordés, de façon plus ou moins détaillée: enfants des rues, mères porteuses, inégalités sociales, corruption et impunité au sein des élites ou de la police, pouvoir de l’argent, influence alarmante des gourous, criminalité organisée, émancipation féminine, voyeurisme, marchandisation de la souffrance et des corps, quête d’identité, émancipation féminine et plus largement condition de la femme dans une société patriarcale… Un bon moment de lecture avec ce page-turner, à la fois film roman Bollywood, roman d’apprentissage et thriller psychologique!

Je n’ai pas lu les autres romans de cet auteur ni vu l’adaptation en film de l’un d’entre eux, Slumdog Millionaire. Je compte bien les découvrir dès que se faire se peut en commençant peut-être par Meurtre dans un jardin indien, un roman policier disponible à ma médiathèque en ce moment. 

Pour d’autres avis sur ce roman: Hilde (qui a tout autant apprécié que moi). 

Participation #1 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #LC

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Prénom: « Devi »

Participation #4 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller psychologique

« Older posts

© 2026 JOJO EN HERBE

Theme by Anders NorenUp ↑