Étiquette : vengeance (Page 1 of 5)

Au fil des pages avec La Lignée des Maudits

J’ai lu, en e-book, La Lignée des Maudits de Bleuenn Guillou et illustré par Pauline Gallois (éd. Didier Jeunesse, janvier 2025, 448 pages), un roman fantastique jeunesse à partir de 12 ans. En 1877, à Édimbourg envahi par une brume dangereuse, Ava Hazegast est une jeune médium de 18 ans qui cache son don à sa famille, seules ses deux cousines, Sophronia et Hester, connaissant son secret, refusant le plus possible de participer aux arnaques de sa famille frappée d’une malédiction. Mais lorsque le fantôme de Duncan Stuart, l’héritier du trône accuse l’un des siens de l’avoir tué, la jeune femme est bien décidée à mener l’enquête avec ses deux cousines, quitte à révéler son secret. Mais est-elle prête à se dévoiler? 

J’ai été déçue de cette lecture jeunesse qui sera vite oubliée, alors que le synopsis était prometteur: époque victorienne revisitée dans une Écosse indépendante, la présence d’une brume permettant une ambiance glauque et inquiétante… Après un démarrage de l’intrigue qui m’a paru bien long, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages principaux, que ce soit Ava, bien trop fade et aux réactions souvent incohérentes ou Duncan, bien trop fourbe, m’attendant pourtant à voir une transformation de leur caractère, en vain. J’ai toutefois bien apprécié la relation qui lie les trois cousines et qui m’ont fait penser aux trois sœurs Halliwell dans Charmed, surtout lorsqu’elles en viennent à invoquer des fantômes alors même que seule Ava possède un don, et le personnage de son frère aîné, Oliver. Il y est ainsi question de secrets de famille, du poids de l’héritage, de transmission, de deuil, de résilience, d’intrigues politiques… 

J’ai enfin trouvé que même si on est dans un roman jeunesse, l’autrice passe trop rapidement sur la résolution de la malédiction et de l’identité du meurtrier. Pour une histoire mettant en avant une brume inquiétante, je recommande plutôt Camera obscura, Le Chant des morts de Maëlle Desard (éd. Rageot, octobre 2024, 400 pages), un roman historique fantastique pour adolescents, à partir de 14 ans selon l’éditeur et qui m’avait bien plu.

Pour d’autres avis sur ce roman jeunesse: Chicky Poo (un peu plus enthousiaste que moi).

Participation #4 Challenge Halloween 2026 de de Hilde et Lou #fantômes

Participation # Challenge British Mysteries 2026

 

Au fil des pages avec Sable noir (T1)

Pour la lecture commune du 22 mai 2026 du Mois Italien, j’ai lu la première enquête de la commissaire Vanina Guarrasi, Sable Noir de Cristina Cassar Scalia (éd. L’Archipel, mars 2024, 400 pages), un roman policier contemporain se déroulant à Catane, en Sicile. Dirigeant la brigade criminelle, Vanina est chargée d’une enquête bien singulière, le corps momifié d’une femme ayant été retrouvée dans le monte-charge d’une villa délabrée appartenant à la famille de notables influentes des Burrano et sur les pentes de l’Etna qui est, une nouvelle fois, entrée en éruption. Le décès semble remonté à plus de 60 ans, à la même époque où le propriétaire de la villa, Gaetano Burrano avait été tué par balle et où la mafia régnait en maître, à la tête de maisons closes comme le Valentino. Malgré les décennies passées, le coupable pourrait-il être toujours en vie et démasqué? 

Les courts chapitres s’enchaînent, mêlant passé et présent, sous fond de mafia. C’est aussi le passé de la commissaire qui apprécie la gastronomie et les vieux films et qui nous est dévoilé petit à petit, elle qui pensait avoir laissé derrière elle ses trois années passées à Milan en mettant fin à sa relation avec Paolo Malfitano, un juge anticorruption sous protection, et qui sert de fil conducteur à cette série policière italienne.

Les membres de sa brigade sont aussi attachants et motivés qu’elle à résoudre ce cold case même s’ils m’ont paru quelque peu inexpérimentés, surtout à l’égard d’un personnage dont le sort ne les attriste pas plus que cela et qui dans la réalité aurait fait l’objet immédiatement d’investigations. J’ai également trouvé que vu le saut de plus de 60 ans dans le passé, Vanina et son équipe ont quand même beaucoup de chance de pouvoir auditionner autant de témoins encore envie et non séniles et de pouvoir compter sur les souvenirs du commissaire retraité et octogénaire, fort sympathique, Biagio Patanè qui avait été chargé à l’époque de l’enquête du meurtre de Gaetano Burrano. 

Il y est ainsi question de mafia, de secrets de famille, de vengeance, de corruption… Un bon moment de lecture avec cette première enquête qui reste certes classique et plutôt cosy mystery mais qui m’a donné envie de continuer la série avec Falaise Noire! Sans oublier de nombreux passages gourmands avec de bons petits plats ou desserts italiens, que ce soit ceux que la commissaire ou son équipe prend dans les cafés ou restaurants ou les plats préparés par sa logeuse bien attentionnée et de nombreuses références au cinéma italien. 

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Eimelle (et qui a aussi lu les 2 autres tomes).

Participation #2 Le Mois Italien 2026 d’Eimelle #LC

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Couleur: « Noir »

Au fil des pages avec Dents de soie

J’ai lu Dents de soie de Maëlle Desard (éd. Slalom, août 2023, 392 pages), un roman fantasy pour adolescents à partir de 14/15 ans. Dans les Mondes Brisées, les sanguis (vampires) et les humains s’affrontent depuis la nuit des temps, leur conflit étant alimenté en secret par les fées qui ne laissent rien au hasard. Pourtant, une paix semble possible grâce à un mariage arrangé entre le prince Trajan, le fils de l’Impériator et la princesse Bruccha, fille du Roi Xandier lors du Tournoi des Trois Clés ayant lieu dans la capitale humaine, Huwinat. Refusant toute alliance avec les humains, Devin est un ancien noble sanguis réduit à l’état d’esclave et condamné au bagne, privé de ses canines, pire châtiment qu’on puisse réserver aux sanguis. De son côté, Navi, la fée la plus puissante de sa portée se rêve en fée marraine et déchante lorsqu’elle est assignée comme fée des dents. Le Destin s’est-il trompé? Leur alliance improbable permettra-t-elle un meilleure avenir aux Mondes Brisés ou entraînera-t-il leur perte? Et si leurs sentiments pouvaient taire leur envie de vengeance? 

J’ai encore une fois apprécié découvrir un nouveau roman de cette autrice cette fois-ci dans un univers fantasy sous fond de romance et avec toujours son humour loufoque qui fait mouche. J’ai trouvé bien amené cette revisite des contes de fées avec une jolie fée rose plantureuse, toute en paillettes et à l’ego surdimensionné qui fait d’un sanguis sans canines une « princesse » à marier. Quelle répartie avec Navi, « par le sucre et tout ce qui est bon »! L’alchimie entre elle et Devin est bien présente mais ne prend pas le pas sur l’action. Chacun des deux ne fait pas forcément les choix les plus judicieux, fonçant tête baissée plutôt que de vraiment réfléchir aux conséquences de leurs actes. Navi ne pense qu’à devenir fée marraine alors que Devin veut venger la mort de sa mère et de son frère et sauver sa sœur d’un mariage avec l’Impériator. Il y est ainsi question de vengeance, de prendre sa vie en main, d’acceptation de soi, d’entraide… Encore un bon moment de lecture même si j’ai trouvé que Navi était bien plus percutante et plus « travaillée » que Devin, son personnage faisant la force de cette histoire et que la fin arrive un peu trop vite, tant les rebondissements finaux s’enchaînent! 

Pour d’autres avis sur ce roman: Marinette (en version audio) et Samarian.

Au fil des pages avec Je voulais vivre

J’ai lu Je voulais vivre d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre (éd. Grasset, août 2025, 480 pages), un roman choral historique revenant sur le personnage de Milady, loin de l’image inventée par Alexandre Dumas dans Les trois mousquetaires, paru sous forme de feuilletons en 1844. Est-elle vraiment cette belle espionne sans scrupules aux ordres de Richelieu, usant de ses charmes et de son intelligence pour se jouer des trois mousquetaires et de D’Artagnan, leur véritable ennemie? 

Intriguée par cette parution, j’étais contente de pouvoir l’emprunter à la médiathèque. J’ai apprécié ce portrait de femme et trouvé louable l’objectif de réhabilitation de ce personnage même si je l’ai trouvé trop moderne, faisant de la jeune femme une victime de son époque et non plus maîtresse de son destin, l’autrice tentant de tout justifier.

En effet, derrière ses nombreuses identités (Anne de Breuil, Comtesse de La Fère, Charlotte Backsonne, Lady de Winter…), se dessine une jeune femme indépendante, libre et résiliente, victime dès le plus jeune âge d’une société patriarcale. Orpheline à 6 ans après avoir échappé à ses cousins qui lui ont usurpé son héritage familial, elle est recueillie par le père Lamandre, un vieux prêtre bienveillant et confiée à un couvent de religieuses, Notre-Dame de Templemars. Mais à son décès, son nouveau tuteur trentenaire, le père Sanson ne voit en elle qu’une belle jeune fille de 13 ans. Doit-elle céder pour un meilleure vie? Puis plus tard, sa rencontre avec le jeune comte Olivier de La Fère semble lui offrir une nouvelle vie plus heureuse. Parviendra-t-elle à laisser derrière son passé et faire le bon choix, pour elle, son fils et son pays? 

Il y est ainsi question de la condition de la femme, de libre-arbitre, de vengeances, de trahisons, de complots politiques entre la France et l’Angleterre avec le Cardinal de Richelieu et le Duc de Buckingham, de jalousie… Les courts chapitres s’enchaînent, analysant et éclairant différemment les actions de Milady jusqu’à sa mort, en septembre 1628, à 25 ans, exécutée sans procès par son premier mari Athos, d’Artagnan, Artémis, Porthos, son beau-frère Percy de Winter et le bourreau de Lille… La jeune femme devient ici une victime résiliente d’abus sexuels puis de violences conjugales (Athos l’enfermant dans une relation toxique, par jalousie possessive, allant jusqu’à la pendre en découvrant la fleur de lys sur son épaule) ou patriarcales, la jalousie des cousins de son père, lorsqu’elle est fillette puis de Percy de Winter, frère cadet lorsqu’elle épouse le lord anglais homosexuel…En quoi est-elle si différente de Constance Bonacieux?

L’autrice se penche également sur les derniers jours de D’Artagnan, lors du siège de Maastricht en juin 1673, dont l’aide de camp, Philippe de Saint-Chamasne semble finalement ne rien avoir appris de cette confession, en ne faisant que reproduire le même geste de condamnation envers Milady. Un bon moment de lecture qui apporte un autre regard sur cette jeune femme qui ne voulait que vivre, même si on perd le côté roman de capes et d’épées pour un aspect plus sociétal et un propos très (trop) contemporain! Cela m’a donné envie de relire Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas (éd. Flammarion, rééd. janvier 2025, 833 pages) ou faire découvrir le dessin animé de 1981 à mon mini lutin qui connaît déjà la chanson du générique.

Pour d’autres avis sur ce roman: Eimelle.

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Pronom personnel sujet: « Je »

Participation #7 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Réécriture

Au fil des pages avec Le Magnat

Pendant le RAT Holi du week-end dernier, j’ai lu, en e-book, Le Magnat de Vish Dhamija (éd. Mera, avril 2024, 353 pages), un thriller judiciaire indien contemporain. Prem Bedi, surnommé « Le Magnat », âgé de 53 ans et amateur de golf, est accusé par Manish Desai, le beau-frère de son ex-femme, Rea dont il est divorcé depuis 12 ans de l’avoir assassinée, elle et son nouveau mari, Mahesh Desai. Toutes les preuves le désignent coupable. Alors que s’est-il passé la nuit de ce double meurtre? Un cambriolage qui a mal tourné? Une vengeance de Prem si longtemps après un divorce houleux? Et quel serait le mobile? L’argent d’une assurance-vie alors qu’il est déjà si riche et si puissant? Lui qui apparaît si impassible pendant l’enquête puis le procès et qui a choisi un jeune Avocat sans véritable expérience, contrairement à Manish qui se cache derrière la figure éplorée du frère endeuillé tout en tentant de tirer les ficelles à son avantage. Est-ce l’œuvre d’un concurrent de Prem afin de nuire à ses affaires prospères? 

Les chapitres alternent les points de vue des différents personnages à la première personne du singulier. J’ai apprécié la façon dont on se met en branle une fois le double meurtre découvert, le rôle de chacun des personnages participant à l’enquête et la façon dont l’auteur décrit les mécanismes et rouages judiciaires: le commissaire adjoint Ranjeet Dutta, le policier en charge du dossier et le commissaire Mathur, son supérieur hiérarchique corrompu, le frère et future partie civile malhonnête et opportuniste qui y gagnerait si Prem était condamné, Gajpati Apte le procureur carriériste à l’origine de l’ouverture du procès, le juge Chowdhary d’un côté et de l’autre, l’entourage de Prem: Tej Malhotra, son ami et associé qui ne peut s’empêcher d’être inquiet, son avocat Rohan Malhotra qui est convaincu de son innocence, sa cousine Veena et Prem lui-même.

Cela met bien en évidence le fait que la vérité judiciaire n’est pas la Vérité, le doute profitant à l’accusé et la charge de la preuve incombant à l’accusation. Entre manipulations, intrigues et fausses apparences, le doute est-il vraiment permis? A travers ce procès judiciaire et médiatique qui permettra ou non d’innocenter Prem, il y est ainsi question de critique du système judiciaire indien: corruption au sein de la police indienne, d’impunité des puissants, de la couverture médiatique des procès… Il y est d’ailleurs surtout affaire d’hommes dans ce roman, le regard porté sur les femmes étant peu flatteur. 

Mais l’ensemble reste très prévisible et peu original, tant on se doute bien de l’identité du coupable et quand on connaît les ressorts judiciaires d’un procès. Cela m’a d’ailleurs fait penser au fait qu’il arrive très fréquemment en matière de grand banditisme ou de trafics de drogue qu’un Avocat commis d’office soit choisi par le mis en cause au moment de son placement en garde à vue afin de garder l’apparence de respectabilité et de novice en matière criminelle, même si personne n’est dupe. Une lecture qui se lit facilement mais en demi-teinte! Toutefois, je lirai quand même Au nom de la justice, en espérant qu’il n’y ait pas un problème de traduction comme ici avec des coquilles et mots manquants à de trop nombreuses reprises et au style bien trop sommaire. 

Petit aparté judiciaire: Dans ce roman, on est tellement loin de la procédure pénale applicable en France que je n’ai pas réussi à croire à cette enquête, tant j’ai été parasitée par ce qui se fait en France: procédure inquisitoire et non accusatoire comme en Inde, ce qui a des conséquences bien différentes sur le régime de la preuve, notamment au regard du principe du contradictoire au stade de la phase d’instruction puis en cas de renvoi, du procès d’assises et même si l’auteur insiste sur la corruption au sein de la Justice indienne. Dans sa note finale, l’auteur apporte quelques éclaircissements sur les sources légales et juridiques qui l’ont conduit à imaginer ce roman. J’ai ainsi vu en essayant de les retrouver sur Internet qu’une réforme d’envergure avait eu lieu en Inde en 2024 en modernisant entre autres le Code pénal et le système de la preuve issue de la colonisation britannique et du droit commun de la Common Law. 

Participation #6 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Thriller judiciaire

Participation #11 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller judiciaire indien

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