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Au fil des pages avec Rebecca

Comme je l’avais indiqué dans mon billet de récap’ du Mois Anglais 2020, j’avais prolongé encore au mois de juillet mes lectures anglaises, les échanges et billets d’autres participants m’ayant donné envie de lire d’autres romans comme Rebecca de Daphné du Maurier (éd. Albin Michel, 1938, rééd. 2015, 438 pages), même si je n’écris que mon avis sur cette lecture qu’en cette nouvelle édition du Mois Anglais pour la journée dédiée aux années 20/30/40. De cette autrice, j’avais lu il y a de ça bien 15 ans la nouvelle Les oiseaux dont je garde un très bon souvenir et une lecture bien plus angoissante que celle de son adaptation par Hitchcock. Dès les premières lignes, je suis totalement plongée dans l’ambiance troublante et pesante de Manderley, véritable prison dorée pour la narratrice qui doit vivre avec le souvenir oppressant et idéalisé de la première épouse de son mari.

Dans les années 30, en villégiature dans un hôtel de Monte-Carlo, la timide et modeste narratrice, âgée de 21 ans (dont je ne connaîtrai jamais son identité, si ce n’est qu’elle a « un nom charmant et original ») est demoiselle de compagnie de Madame Van Hopper, une riche femme âgée sans gênes, lorsqu’elle fait la connaissance de Maxim de Winter, un riche veuf depuis un an de Feue Rebecca de Winter, dans la quarantaine et propriétaire d’un manoir anglais, Manderley. Profitant que sa patronne soit malade, la jeune femme multiplie les rendez-vous avec lui dans Monaco et ses environs. Ils se marient à la hâte et après un voyage de noces en Italie, il est temps pour Maxim de Winter de retourner à Manderley avec sa jeune épouse. Mais tout dans Manderley rappelle Rebecca: le moindre objet de décoration dans le manoir, les habitudes qu’elle avait établies avec les domestiques, en particulier avec la gouvernante, Madame Danvers. La narratrice arrivera-t-elle à trouver sa place dans cette demeure et dans le cœur de son époux?

S’inspirant des romans des sœurs Brontë et de Jane Austen, Daphné du Maurier mélange les genres (roman gothique, romance, roman policier) pour entretenir une tension à son comble jusqu’au dénouement, sous le seul point de la vue de la jeune narratrice obsédée par la présence oppressante de sa rivale défunte, Rebecca. De la simple idylle du départ sur la Côte d’Azur, l’histoire se teinte de noirceur et même de folie à travers le trio Maxim de Winter, la narratrice et Madame Danvers, chacun restant à sa façon sous la coupe de Rebecca.

Tout semble s’être, en effet, arrêté à Manderley, manoir isolé de tout, dans la campagne anglaise, au bord de la mer au jour du décès de Rebecca. Bien que remarié à la narratrice, Maxim de Winter reste un époux endeuillé de sa première femme. Madame Danvers demeure dévouée corps et âme qu’à une seule maîtresse du manoir, de façon fort troublante, allant jusqu’à tourmenter la narratrice qui ne sent pas à la hauteur de Rebecca. Tout semble d’ailleurs l’opposer à elle, que ce soit son apparence physique, son caractère et son mode de vie.

Mais au fil des pages, le souvenir idéalisé et iconique de Rebecca s’effrite, la narratrice arrivant petit à petit à percer les non-dits et les mystères entourant Rebecca, que ce soit sa véritable personnalité et les circonstances de son décès. La jeune femme fait preuve de beaucoup plus de courage, de ténacité, de perspicacité et d’audace qu’elle ne laissait transparaître de sa première description d’elle-même, au point de surmonter la peur que lui inspire Madame Danvers et d’accepter l’impardonnable.

Coup de cœur pour ce roman très prenant et dont j’avais déjà apprécié il y a longtemps le film éponyme d’Alfred Hitchcock (1940) avec dans les rôles-titres Joan Fontaine, Laurence Olivier et Judith Anderson! Un classique que je vous invite vivement à lire si vous ne l’avez pas encore lu.

Pour un autre avis sur ce roman: Hélène.

Participation #13 au Mois Anglais de Lou, Titine et Cryssilda #Années 20/30/40

Participation #29 Challenge A year in England pour les 10 ans du Mois Anglais de Lou, Titine et Cryssilda #Classique

Participation #13 Challenge British Mysteries de Hilde et Lou #Classique

challenge 2021 lire au féminin

Participation #45 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Autrice anglaise

Participation #19 au challenge 2021, cette année sera classique de Blandine et Nathalie #Roman policier

Participation #12 au Challenge Cottagecore 2021 de MissyCornish #Les propriétés et jardins dissimulés

Au fil des pages avec le tome 1 des mystères de Honeychurch

Pour la lecture commune du Challenge British Mysteries du 7 mars 2020, je lis le tome 1 des Mystères de Honeychurch, Petits meurtres en héritage d’Hannah Dennison (éd. City Editions, 2018), un roman policier britannique. Venant de quitter sa célèbre émission de télévision « Fakes & Treasures », Kat Stanford projette d’ouvrir à Londres une boutique d’antiquités, notamment de jouets anciens, avec sa mère, Iris Stanford. Mais cette dernière, récemment veuve, en a décidé autrement en achetant une vieille bâtisse délabrée, le Logis du palefrenier qui fait partie du domaine de Honeychurch appartenant à Lady Edith, une comtesse. Kat Stanford quitte donc Londres pour se retrouver en pleine campagne anglaise, à Little Dipperton dans le Devon.

A peine arrivée auprès de sa mère, Kat Stanford ne sait plus que penser. Sa mère lui semble une inconnue tant elle lui paraît différente depuis le décès de son père, quelques mois plus tôt. Elle veut rester à tout prix dans cette demeure insalubre, malgré l’hostilité de son voisin, Eric Pugsley, un employé du domaine qui fait tout pour la faire fuir comme lui couper l’eau. Les incidents s’enchaînent. Mais pourquoi donc sa mère est-elle tellement attirée par l’histoire de ce manoir et de la famille Honeychurch? A cela se rajoute la disparition inquiétante de Gayla, la nurse du jeune fils Harry qui vient d’être renvoyée du domaine.

Beaucoup d’ingrédients dans ce premier tome sont classiques voire très stéréotypés comme la personnalité de la narratrice, Kat Stanford et sa vie sentimentale à la dérive. L’autrice ne fait pas preuve de grande originalité. Mais l’histoire reste tout de même plaisante à lire. Honeychurch ne manque pas de mystères: secrets de famille, disparition inquiétante, meurtre, jalousie et rivalités et même fantômes hantant le domaine. J’enchaîne les pages même si mes soupçons sur l’auteur du meurtre se sont vite confirmés. Ce n’est pas tant la résolution de ce meurtre qui importe dans ce roman que la révélation des secrets entourant par exemple la mère, Iris Stanford alias Kristalle Storm, autrice à succès de romans érotiques ou les liens unissant tout ce petit monde gravitant autour du manoir. Même le policier en charge de l’enquête, Shawn est un habitué de Honeychurch. Un bon moment de lecture cosy mystery! A ce jour, il existe quatre tomes de cette série et j’ai bien envie de lire le tome 2 pour découvrir d’autres mystères que cachent Honeychurch.

Pour d’autres avis sur ce roman policier: Isabelle et Lou.

Challenge British Mysteries de Hilde et Lou #LC – Cosy mysteries

Challenge Petit Bac d’Enna #4 Catégorie Crimes et Justice: « Meurtres »

Au fil des pages avec le tome 4 des Carnets de Cerise

Après avoir lu les trois premiers tomes, j’emprunte le tome 4: Les Carnets de Cerise, La déesse sans visage de Joris Chamblain et Aurélie Neyret (éd.  Soleil,  coll. Métamorphose, 2016), une bande dessinée jeunesse à partir de 9/10 ans, aux très jolies illustrations à l’instar de la couverture. 

Dans ce quatrième et avant dernier tome, Cerise fête ses 12 ans. Pour l’occasion, sa mère a organisé un séjour anniversaire dans un manoir un peu spécial puisque les propriétaires y proposent des enquêtes. Un cadeau rêvé pour Cerise et son âme d’enquêtrice, l’énigme à résoudre étant « Quand Monsieur Loyal s’envolera-t-il jusqu’à Vénus? « .  Cette énigme est bien mystérieuse et fait travailler l’imagination de Cerise, cette dernière souhaitant être romancière comme son amie, Madame Annabelle Desjardins. Heureusement,  Cerise peut compter sur sa mère avec laquelle elle est de plus en plus complice et sur Marvin, le fils des propriétaires du même âge qu’elle. Arrivera-t-elle à percer l’énigme avant la fin de son séjour? Jusqu’où cette nouvelle enquête la conduira et dans le passé de qui?

Encore une enquête rondement menée par Cerise! Les pages de journal intime et de planches de BD à proprement parler s’alternent toujours aussi efficacement que dans les tomes précédents, apportant une touche d’humour et de légèreté derrière un histoire un peu plus tendue émotionnellement. Mais tout n’est pas encore révélé sur Cerise, notamment sur son père et les relations mère-fille sont encore bien compliquées. Encore un bon moment de lecture!  Il ne me reste plus qu’à emprunter le tome 5.

Challenge Petit Bac d’Enna – #15 catégorie Partie du corps: « Visage »

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