Étiquette : littérature russe

Au fil des pages avec Les Nuits blanches

J’ai lu, en e-book, Les Nuits blanches de Fiodor Dostoïevski (éd. Gallimard, Coll. Folio, rééd. septembre 2021, 102 pages), une nouvelle parue pour la première fois en Russie en 1848, sous-titré dans mon édition comme « roman sentimental (Souvenirs d’un rêveur) ». Le narrateur est un jeune homme timide, solitaire et rêveur de 26 ans vivant à Saint-Pétersbourg. Un soir, il ose aborder « une jeune femme » qui pleure sur un pont au bord de la Neva. Celle-ci est une adolescente de 17 ans, Nastienka qui lui confie son histoire aussi solitaire que la sienne, orpheline vivant chez sa grand-mère aveugle. En quatre nuits et un matin, un amour naissant est-il possible entre eux, lui tentant de dissimuler le fait qu’il tombe peu à peu amoureux d’elle et elle qui ne recherche qu’un confident tant elle est éprise de l’ancien locataire étudiant qui tarde à revenir la demander en mariage? Cette rencontre fortuite dans les nuits de la ville endormie sera-t-elle proprice au réconfort de deux êtres esseulés? 

Cette nouvelle est construite comme un long monologue intérieur, brisant dès les premières lignes le quatrième mur en nous interpellant comme « ami lecteur » tout en retranscrivant les discussions entre les deux jeunes gens et les digressions sentimentales et tourmentées du narrateur. Je me suis demandé jusqu’à la fin s’il avait rêvé ou non cette rencontre, lors de longues nuits d’insomnie. Il y est ainsi question de solitude, de sentiments amoureux, de mal-être et d’amour non partagé… Un bon moment de lecture avec cette nouvelle dont j’ai apprécié la chute et que j’ai lue d’une traite, emportée par le lyrisme et la mélancolie romantique du narrateur qui vit intensément cette rencontre, entre espoir et désespoir et quête de sens sur sa propre vie! Cette m’a fait une impression similaire à ce que j’avais ressenti lorsque j’avais vu, il y a longtemps, le film Les Ailes du désir de Win Wenders sorti en 1987. 

Pour d’autres avis sur cette nouvelle: Bianca et Audrey (en audio). 

Participation #2 Le Mois Russe 2025 de Bianca #Nouvelle

Participation #4 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Nouvelle russe (1848)

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Couleur: « Blanches »

Au fil des pages avec La dame au petit chien

En lecture commune avec Nathalie et Isabelle, j’ai lu La dame au petit chien d’Anton Tchekhov (éd. Le Livre de Poche, rééd. juin 2025, 30 pages), une nouvelle russe parue pour la première fois en décembre 1899 et se déroulant à Yalta avec la liaison entre Dmitri Dmitrich Gourov, un banquier moscovite de moins de quarante ans et Anna Serguéievna von Diederitz, âgée de 25 ans et vivant à Saint-Pétersbourg, la « dame au petit chien », un loulou blan, tous deux mariés. Et si une liaison sans lendemain ne l’était finalement pas?

On y suit avant tous les conséquences de cette liaison du point de Gourov qui contre attente se retrouve à « aimer » pour la première fois de sa vie alors qu’il ne pensait à vivre une énième liaison frivole, s’amusant de séduire des femmes pour mieux les rejeter. J’ai apprécié le style d’écriture et lire cette nouvelle sur une histoire pourtant maintes et maintes fois lue et dont j’ai apprécié tourner les pages. Une vie est-elle possible entre ce séducteur repenti et cette jeune femme malheureuse en ménage? Un très courte nouvelle avec une fin très ouverte! On peut s’imaginer une fin plus cynique, un coureur de jupon prix à son propre piège et rejetée par la jeune femme ou une nouvelle vie à deux, l’amour triomphant…

* * *

Puis j’ai lu la seconde nouvelle, plus longue, de mon édition et parue pour la première fois en 1894: Au royaume des femmes (58 pages), lors d’un Noël vécu par Anna Akimovna, une riche héritière et orpheline d’une usine sidérurgique, âgée de 25 ans et célibataire, victime du syndrôme de l’imposteur, ne se sentant ni à sa place à la tête de l’usine qu’elle a héritée et se sentant profondément seul, au point d’envisager un de ses salariés, Piménov.

La jeune femme est touchante et finalement profondément humaine, rêvant à un mariage d’amour et les moyens d’être à la hauteur de ses nouvelles responsabilités qui la terrifie, se cachant derrière l’image d’une généreuse bienfaitrice. Elle se sent terriblement seule, même en cette période de Noël, les gens défilant chez elle pour lui présenter ses vœux et obtenir leurs étrennes.

On retrouve également dans cette nouvelle la question sur l’amour et sur le sens de la vie. Un bon voire très moment de lecture également même si l’auteur laisse le lecteur avec autant de peu de réponses que l’héroïne sur son futur! J’ai apprécié ce personnage féminin, « une femme fin de siècle ». Comme surmontera-t-elle sa nature pusillanime et être plus audacieuse? Parviendra-t-elle à gérer l’usine? Finira-t-elle par se marier par amour? Ou se fera-t-elle abuser par un mari qui dilapidera sa fortune ou par des salariés, comme le directeur de l’usine corrompu? Cela m’a donné envie de lire d’autres écrits « tranches de vie » de Tchekhov. 

Pour d’autres avis sur La dame au petit chien: Nathalie et Isabelle

Participation #2 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #nouvelles russes (1899 et 1894)

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Animal: « Chien »

Participation #13 Challenge il était 13 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #Nouvelle

Participation #11 Challenge Christmas Time 2025 de MyaRosa #Nouvelle

Participation #1 Le Mois Russe 2025 de Bianca #Nouvelle

Au fil des pages avec Pierre et le loup

Nous empruntons pendant l’été à la médiathèque Pierre et le loup de Sergueï Prokofiev, illustré par Olivier Tallec et raconté par Bernard Giraudeau et avec l’Orchestre National de France (éd. Gallimard Jeunesse, coll. « les albums musique », 2019), un album jeunesse à partir de 4 ans et accompagné d’un CD. Comme l’indiquent les premières pages de l’album, cette histoire est contée par la musique, chaque instrument de l’orchestre étant associé à un personnage de l’histoire. Nous suivons Pierre, un petit garçon courageux et ingénieux qui décide, contre l’avis de son grand-père, de défier un loup gris.

Les illustrations d’Oliver Tallec sont magnifiques (à l’instar de la page de garde) et accompagnent à merveille le texte tendre et avec un brin d’humour qui s’entend dans la voix de Bernard Giraudeau. Certaines de ses intonations me rappellent d’ailleurs la version de Disney (la version de Disney datant de 1956 et étant beaucoup plus violente notamment les coups du grand-père à l’encontre de Pierre). C’est une version très réussie du conte musical de Sergueï Prokofiev publié en 1936. Un grand classique que nous avons eu plaisir de réécouter! Avec ce conte musical, je participe au jeu de pistes du Mois des Contes et Légendes de Bidib pour la piste n°3.

Participation #38 Contes & Légendes 2020 de Bidib #conte musical

Challenge Petit Bac d’Enna #8 Catégorie Prénom: « Pierre »

année

Participation #12 au Challenge « Cette année, je (re)lis des classiques » de Nathalie et Blandine

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