Étiquette : imaginaire (Page 1 of 4)

Au fil des pages avec Le grand voyage de Mademoiselle Prudence

Je lis Le grand voyage de Mademoiselle Prudence de Charlotte Gastaut (éd. Flammarion Jeunesse, coll. Père Castor, 2010), un album jeunesse grand format et avec des découpes à partir de 6 ans. Alors que sa mère la presse de ranger sa chambre et de mettre ses chaussures pour sortir, Prudence, une petite fille débordant d’imagination ne l’écoute pas, bien trop plongée dans un voyage imaginaire.

Et je m’évade avec elle dans son monde de rêves, chaque double page projetant la petite fille dans des aventures oniriques et grandioses, que ce soit une forêt ou au fond de l’eau par exemple. Prudence transforme les éléments de son quotidien pour les intégrer à ses rêveries, mettant en éveil tous ses sens comme par exemple en dégustant des cerises, en jouant sous la pluie, en écoutant non plus le discours de sa mère mais le sien. D’ailleurs, le texte mis en page de manière oppressante disparaît, la petite fille se sentant ainsi libérée du poids des ordres et réprimandes qui pèsent sur elle. Prudence se met dans sa bulle salvatrice peuplée de personnages fictifs avant de pouvoir affronter à nouveau la réalité et finir les préparatifs du voyage avec sa mère.

Charlotte Gastaut retranscrit à merveille ces moments de tension entre parent/enfant, cette histoire lui ayant été inspirée par sa fille. Dans des illustrations magnifiques, elle s’amuse avec des jeux de découpes et de transparence. Mention spéciale aux pages transparentes qui semblent se décalquer sur les suivantes dans le rêve d’eau de la petite fille.

Après Alice, c’est une bien jolie plongée poétique dans le monde de l’enfance en compagnie de Prudence qui suit non un lapin mais un oiseau rose. Il est rigolo de le repérer au fil des double-pages ainsi que les références aux classiques de la littérature jeunesse. D’ailleurs, Charlotte Gastaut cite dans sa dédicace Alice, Fifi, Max et Jean de la Lune entre autres et glisse également dans les pages de garde ses albums jeunesse précédents. Coup de cœur pour ce « livre-surprises » comme indiqué sur la quatrième de couverture qui plaira tout autant aux enfants qu’aux parents!

challenge 2021 lire au féminin

Participation #43 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Autrice française

Challenge Petit Bac d’Enna #9 Catégorie Voyage: « Voyage »

Au fil des pages avec Nina et le doudou magique

Depuis le début du printemps, nous lisons régulièrement Nina et le doudou magique de Nicola Killen (éd. Quatre Fleuves, coll. Livres poétiques, 2019), un album jeunesse avec des découpes et à partir de 3 ans. Lors d’un printemps pluvieux, Nina se désespère de pouvoir sortir dehors avec Merlin, son lapin en peluche. La pluie s’arrête enfin. Et lorsqu’elle sort sous une brise de pétales dorés, son doudou prend vie. Mais Merlin s’échappe en partant derrière un groupe de lapins. Nina part à sa recherche sans s’apercevoir que le temps se couvre à nouveau.

Les illustrations sont magnifiques, tendres, en noir et blanc avec une touche de jaune/doré et de vert. Les découpes accentuent l’aventure onirique et magique de la petite fille qui fait preuve de courage et de fantaisie, mélange d’Alice avec le lapin et de Mary Poppins avec son parapluie. D’ailleurs, lorsque le doudou lapin prend vie et s’enfuit à travers un trou dans une haie, cela m’a fait penser à Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll. C’est une jolie plongée dans le monde imaginaire de l’enfance. Un très bon moment de lecture avec ce conte printanier tout doux! Il ne nous reste plus qu’à découvrir Nina dans les deux histoires précédentes, Noël (Nina et le renne de Noël) et Halloween (Nina et le petit chat perdu).

Participation #8 au Mois Anglais de Lou, Titine et Cryssilda #Album jeunesse

Participation #25 Challenge A year in England pour les 10 ans du Mois Anglais de Lou, Titine et Cryssilda #Autrice britannique

Participation #7 au Challenge Cottagecore 2021 de MissyCornish

Participation #47 au Challenge Contes & Légendes 2021 de Bidib

Challenge Petit Bac d’Enna #10 Catégorie Objet: « Doudou »

challenge 2021 lire au féminin

Participation #42 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Autrice britannique

Au fil des pages avec Le bon côté du mur

Nous lisons Le bon côté du mur de Jon Agee (éd. Gallimard Jeunesse, 2019), un album jeunesse à partir de 3 ans et qui fait partie de la sélection Maternelle du Prix des Incos 2021. Au milieu du livre, il y a un mur. Un petit chevalier est content d’être du bon côté du mur. Mais l’est-il vraiment?

L’histoire aborde avec humour les préjugés, les dangers et la peur de l’inconnu. Les illustrations épurées sont très expressives, chaque personnage ayant sa propre petite histoire qui se lit tantôt à gauche du mur tantôt à droite. Le petit chevalier ayant peur de l’ogre a dressé un mur qu’il est en train de réparer et ne se méfie pas de l’eau qui monte et qui est pourtant bien plus dangereuse que les habitants de l’autre côté du mur. Jon Agee s’amuse ainsi avec les codes des personnages, ceux qui sont réputés effrayants comme les animaux sauvages et l’ogre ne l’étant pas. Coup de cœur pour cet album jeunesse qui peut amener à débattre avec les jeunes lecteurs sur leurs peurs et les dangers auxquels ils peuvent être confrontés!

Challenge Petit Bac d’Enna #10 Catégorie Adjectif: « Bon »

Au fil des pages avec Quand il fait nuit

Nous lisons Quand il fait nuit d’Akiko Miyakoshi (éd. Syros, 2016), un album jeunesse à partir de 3 ans. A la nuit tombée, en rentrant chez lui blotti dans les bras de ses parents, un petit lapin observe les gens qu’il croise derrière les fenêtres ou aux portes des immeubles de la ville, sous la lumière des réverbères. Une fois dans son lit, il imagine s’ils sont eux aussi sur le point de dormir ou bien en train de faire tout autre chose.

Nous avions découvert, en janvier dernier, cette autrice avec son premier album jeunesse, Un goûter en forêt et sa balade onirique, gourmande et poétique. Cette fois, nous partons dans une balade nocturne poétique et mystérieuse en ville. Nous retrouvons le même style d’illustrations, au fusain en noir et blanc avec quelques touches colorées, avec un jeu sur les ombres et les couleurs. Dans une ambiance feutrée, nous voyons s’installer la vie nocturne urbaine: les gens rentrant du travail, préparant leur repas, se détendant avec un livre… C’est une histoire à réserver (ou non) au moment du coucher, les illustrations étant douces et sereines, permettant au jeune lecteur de se rassurer avant d’aller à son tour dormir. Un très bon moment de lecture poétique et réconfortante!

Pour un autre avis sur cet album jeunesse: Lou.

Participation #18 Un mois au Japon 2021 de Hilde et Lou #Album jeunesse

Participation #47 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine de Bidib et Fondant

challenge 2021 lire au féminin

Participation #24 au Challenge Lire au féminin de Tiphanya #Auteure japonaise

Mon voisin Totoro

Pendant Un Mois au Japon 2021, nous avons regardé en famille, dimanche dernier, Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki, un film d’animation japonais du Studio Ghibli sorti en 1988 au Japon et en 1999 en France (86 minutes), conseillé à partir de 4 ans.

Deux sœurs, Satsuki et Mei, respectivement âgées de 10 ans et 4 ans, partent s’installer à la campagne avec leur père afin de se rapprocher de leur mère dont la maladie l’oblige à rester à l’hôpital. Leur nouvelle maison est bien délabrée, voire même hantée aux dires d’un petit voisin timide. Les deux sœurs ont peur dans un premier temps des noireaudes – des boules de suie magiques qu’elles sont seules à voir se cacher dans les murs de la maison. Mais très vite elles apprivoisent les lieux et la campagne environnante jusqu’à se lier d’amitié avec d’étranges créatures, les Totoros. Serait-ce une façon pour les deux sœurs de surmonter leur chagrin et leurs craintes vis-à-vis de la maladie de leur mère? En effet, leur mère tarde à revenir à la maison.

L’histoire est une ode au monde de l’enfance, à la Nature et à l’imaginaire. Totoro peut être perçu comme un esprit protecteur de la Nature ou bien comme un ami imaginaire des deux sœurs venant les rassurer alors qu’elles sont seules dans la maison, leur père se plongeant dans son travail ou allant rendre visite à leur mère à l’hôpital. Cette étrange créature bienveillante apparaît souvent à la nuit tombée et les réconforte, toujours à propos, comme par exemple lorsque les deux petites filles attendent sous la pluie, à l’arrêt de bus, leur père tardant de revenir de son travail.

De par cette imaginaire fécond des deux filles, certains passages de l’histoire me font penser aussi à Peter Pan, sans le côté sombre du personnage inventé par James Matthew Barrie en 1911 ou bien encore à Mary Poppins de Pamela Lyndon Travers paru en 1934 lorsque par exemple Totoro s’envole avec son parapluie avec les enfants. Totoro semble alors faire plus partie des rêves des jeunes filles.

Il y est ainsi question d’un Japon rural d’avant – que nous pourrions dater d’après-guerre, dans les années 50, un monde idéalisé et renvoyant aux souvenirs d’enfance du réalisateur (comme la maladie de sa propre mère). Les deux filles sont souvent livrées à elles-mêmes, même si leur père confie Mei à une voisine âgée, Grand-Mère pendant que Satsuki est à l’école. Elles peuvent gambader librement dans la campagne, sans que cela n’alerte plus que cela les adultes, comme par exemple lorsque Mei fugue pour rendre visite à sa mère à l’hôpital. D’ailleurs, cela me fait penser à mes réflexions après la lecture du Japon d’Anno d’Anno Mitsumana, avec ce Japon rural de « Quand il n’y avait pas d’électricité ».

La vie semble douce et tranquille, faite de petits bonheurs simples dans une nature nourricière. En effet, la campagne est un immense terrain de jeux pour les deux filles, laissant libre cours à leur imagination mais aussi un endroit à préserver, avec une dimension magique et onirique comme peuvent l’être chez les enfants les activités de jardinage. Cela se traduit par exemple dans l’impatience des deux filles à voir pousser en une nuit leurs graines. Totoro reprend alors sa dimension d’esprit protecteur, gentil et mignon yokaï de la Nature.

Il y a également de nombreuses références à Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll paru en 1865 et à son adaptation par Disney en 1951. La découverte des Totoros par la plus jeune sœur Mei fait immédiatement penser à Alice suivant le lapin blanc et qui tombe dans le terrier. En effet, Mei court après un petit Totoro blanc et tombe au creux de l’immense camphrier d’une façon très similaire.

La ressemblance est également frappante entre le chat-bus et le chat Cheshire dans Alice, même si Hayao Miyazaki a réfuté cette influence, le chat-bus faisant référence à un Yokaï, le  bakeneko – un chat japonais qui peut changer de forme.

Mais et surtout Hayao Miyazaki a développé un univers propre et typiquement japonais avec des figures et des thématiques que l’on retrouve dans d’autres de ses films comme par exemple l’enfance, la famille, le respect de l’environnement et les noireaudes – des boules de suie magiques – que nous avions également vues dans Le Voyage de Chihiro sorti en 2001. Ici, les noireaudes permettent de créer une passerelle avec le monde imaginaire des Totoros, ces dernières se réfugiant dans le camphrier. Quant au thème de la famille, l’histoire nous montre une famille soudée malgré les épreuves, les deux sœurs pouvant compter l’une sur l’autre, même si comme dans toute fratrie, elles peuvent se chamailler.

J’ai enfin repéré des passages gourmands pour le challenge Des livres (et des écrans) en cuisine: des bentos préparés par Satsuki avant de partir à l’école ou encore les légumes croqués à pleines dents et tout juste cueillis dans les champs par les deux jeunes filles et Grand-Mère.

Nous avons beaucoup apprécié de regarder Mon voisin Totoro. Un très beau film d’animation, poétique et touchant tant pour les petits que pour les grands, chacun pouvant faire sa propre interprétation des Totoros!

Pour illustrer ce billet, j’ai pris des images libres de droits que le Studio Ghibli a rendu disponibles sur son site. N’hésitez pas à y aller si l’univers Ghibli vous plaît car il y plusieurs centaines d’images issues de Mon voisin Totoro et de leurs autres films d’animation.

Pour un autre avis: MissyCornish.

Participation #10 Un mois au Japon 2021 de Hilde et Lou #Film d’animation

Participation #42 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine de Bidib et Fondant #Bento

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