Étiquette : enquête journalistique (Page 1 of 2)

Au fil des pages avec Les évaporés du Japon

J’ai lu Les évaporés du Japon, Enquête sur le phénomène des disparitions volontaires de Léna Mauger et Stéphane Remael (éd. des Arènes, novembre 2014, 260 pages). Accompagnée de son conjoint photographe, la journaliste a pendant plusieurs séjours au Japon enquêter sur ces évaporés – les « johatsu », non sans rencontrer des difficultés tant le sujet est tabou. Pourtant, ce phénomène semble faire partie de la culture japonaise, 100 000 personnes environ chaque année faisant ce choix radical, entre honte et déshonneur. Débarrassés de leur passé, les évaporés tentent de refaire leur vie dans les marges de la société. Mais peuvent-ils vraiment l’oublier?

J’ai également emprunté sa réédition en mai 2025 plus courte (224 pages), certains paragraphes ayant été retirés par rapport à la première édition, une erreur corrigée, l’apogée de ce phénomène dans les années 90 après l’explosion de la bulle financière culminant à 120000 et non « 120 million » par an (p.40) puis, à nouveau, lors de la crise économique de 2008 ou d’autres erreurs de frappe. Le texte s’est enrichi d’un titre par chapitre mais les photographies de Stéphane Remael sont bien moins nombreuses, et seulement en début et fin du livre, ce qui perd, je trouve, ce côté « immersion ». J’ai, en effet, trouvé que le fait de les intercaler entre les chapitres, dans la première édition, permettait de mettre un visage sur l’évaporé dont il était question. La préface et le postface du photographe ont également été retirés. Au vu de cette réédition, je m’attendais à voir cette enquête enrichie sur la dernière décennie, ce qui n’est pas le cas.

Peut-être est-ce dû au fait que le couple soit français et ait donc eu besoin d’interprètes mais j’ai trouvé par moment que le propos restait dans une problématique plus française que japonaise et que cela manquait de profondeur et d’analyse, en s’éparpillant parfois avec par exemple les pachinkos, otakus, les camps de redressement pour cadres supérieurs ou bien Fukushima… Le profil des évaporés, bien que touchant, est un peu redondant, la plupart étant des japonais âgés ayant disparu il y a longtemps car ils étaient endettés et vivant dans des conditions de vie précaires, devenant de la main-d’œuvre docile, silencieuse et exploitable à bas prix pour les tâches les plus ingrates. Ils ont choisi de vivre dans la clandestinité et une pauvreté pire que ce qu’ils fuyaient et laissant leurs proches sans nouvelles. Parfois, ce sont des familles entières qui s’évaporent. Cela crée également un marché parallèle de la disparition, avec des « déménageurs » un peu spéciaux et des détectives partant à leur recherche à la demande de leurs proches, souvent quand se pose la question de l’héritage… Le retour semble impossible, ceux qui ont tenté de retrouver leur vie d’avant étant souvent mal accueillis ou encore plus perdus en découvrant que la vie a continué sans eux, leur conjoint s’étant remarié par exemple car ils ont été déclarés décédés. 

A travers leurs témoignages, c’est un Japon qui se dessine peu enviable avec une société très inégalitaire et discriminatoire avec l’existence de castes comme en Inde avec les burakimin, de racisme, de quartiers défavorisés aux mains des yakuzas comme Sanya à Tokyo, de la soumission de l’individu pour le bien de la société, de l’esprit de compétition et de réussite sociale poussée à son paroxysme et apportant son lot de suicides comme sur les falaises de Tojinbo, de non-confiance en soi, de sentiment d’échec et d’évaporés suite à un licenciement ou une séparation amoureuse, de solitude, d’isolement social ou familial, de burn-out… Ils m’ont fait penser au parcours des étrangers en situation irrégulière alors qu’ils sont et demeurent citoyens japonais. Une enquête intéressante comme point de départ et qui m’a donné envie de continuer à faire des recherches et découvrir d’autres livres sur ce thème comme le roman d’un auteur français, Les évaporés de Thomas B. Reverdy ou son adaptation en BD!

Pour d’autres avis sur cette enquête journalistique: Hilde.

Participation #2 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Enquête journalistique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Déplacement: « Évaporés »

 

Point lecture hebdomadaire 2026 #14

En ce début de semaine, voici mon point lecture hebdomadaire avec un retour sur nos lectures (mais pas nos relectures) de la semaine dernière qui s’est terminée sur un week-end prolongé chocolaté et une sortie cinéma pour aller voir Super Mario Galaxy, un film d’animation franco-américano-japonais coréalisé par Aaron Horvath et Michael Jelenic, coproduit par Nintendo et Universal Studios, sorti au cinéma le 1er avril 2026 et à partir de 6 ans, la princesse Harmonie étant kidnappée par Bowser Jr.

Nos lectures du 30 mars au 5 avril 2026:

Des lectures jeunesse:

  • (Roman jeunesse) Harry Potter et la coupe de feu de J.K. Rowling (T4) 

Mon mini sorcier continue la découverte de la saga Harry Potter et a lu jusqu’au chapitre 24 (p.464) le tome 4, Harry Potter et la coupe de feu de J.K. Rowling (éd. Gallimard Jeunesse, coll. Folio Junior n°1173, rééd. mai 2023, 784 pages) avec la tenue d’un tournoi de magie exceptionnel entre les plus célèbres écoles de sorcellerie, en ce début d’année à Poudlard. Cela lui plaît toujours autant. 

  • (Manga Shōnen) Minecraft, le manga officiel: Voyage au bout du monde de Kazuyoshi Seto (T8)

Il aussi lu, sitôt acheté, le tome 8  de Minecraft, le manga officiel: Voyage au bout du monde de Kazuyoshi Seto (éd. Nobi Nobi!, coll. Shōnen, avril 2026, 192 pages), un manga shōnen qu’il a autant apprécié que les tomes précédents. Il doit désormais attendre le 1er juin 2026 pour le suivant.

  • (Roman jeunesse) Merlin et Chou chez les pirates d’Adam Stower (T3)

Sitôt emprunté à la médiathèque, il a également lu vendredi soir Merlin et Chou chez les pirates d’Adam Stower (éd. Flammarion Jeunesse, octobre 2025, 192 pages), un roman jeunesse pour les 8/10 ans. Après un tome chez les Chevaliers, voilà le duo Merlin (le chat) et Chou (le lapin) à la recherche d’un fabuleux trésor sur l’île aux Monstres. Un nouveau tome qui a bien plu à mon mini lutin! De mon côté, je n’ai toujours pas lu Merlin et Chou chez les chevaliers (éd. mars 2025, 192 pages).

Des lectures adulte:

  • (Thriller domestique) La femme silencieuse de Kerry Fisher

J’ai fini de lire, en e-book, La femme silencieuse de Kerry Fisher (éd. du Coq noir, août 2025, 390 pages), un thriller domestique contemporain se déroulant dans un quartier résidentiel huppé de Brighton, en Angleterre au sein de la famille d’origine italienne, les Farinelli, avec leur tête la matriarche. Le remariage du fils cadet Nico avec Maggie changera-t-il la vie de sa belle-sœur, Lana, mariée avec son frère aîné, Massimo? Le récit alterne entre les points de vue de Maggie et de Lara, dévoilant au fil des pages, les secrets et faux-semblants. Il y ainsi question des violences intrafamiliales, d’emprise conjugale, de reconstruction de soi… Un bon moment de lecture même si certains aspects des personnages comme Maggie auraient pu être moins caricaturaux! 

  • (Enquête journalistique) Les évaporés du Japon, Enquête sur le phénomène des disparitions volontaires de Léna Mauger et Stéphane Remael

J’ai lu Les évaporés du Japon, Enquête sur le phénomène des disparitions volontaires de Léna Mauger et Stéphane Remael (éd. des Arènes, novembre 2014, 260 pages). Ce phénomène semble faire partie de la culture japonaise, 100 000 personnes environ chaque année faisant ce choix radical, entre honte et déshonneur. Accompagnée de son conjoint photographe, la journaliste a pendant plusieurs séjours au Japon enquêter sur ces évaporés, non sans rencontrer des difficultés tant le sujet est tabou et qu’ils ont eu besoin de passer par des interprètes. Un sujet intéressant mais que j’ai trouvé un peu redondant dans les profils des évaporés, des japonais âgés et qui ont disparu il y a longtemps car ils étaient endettés! J’en reparle très vite.

  • (Roman historique) La salle de bal d’Anna Hope

Ayant pu le réemprunter à la médiathèque, j’ai repris ma lecture à la page 184 et fini de lire La salle de bal d’Anna Hope (éd. Gallimard, coll. Du monde entier, août 2017, 400 pages), un roman choral historique se déroulant, en 1911, dans l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, en Angleterre avec le points de vue de trois personnages principaux: Ella Fay, nouvelle internée après avoir cassé une vitre dans l’usine de filature où elle travaillait depuis son enfance, John Mulligan, un Irlandais mélancolique arrivé il y a 2 ans et le Dr. Charles Fuller, un psychiatre violoniste prenant fait et cause pour les thèses eugénistes et le projet de loi sur le contrôle des faibles d’esprit soutenu par Churchill, alors Ministre de l’Intérieur. Ella et John vont pouvoir se côtoyer lors du bal du vendredi soir. Un très bon moment de lecture avec ce roman que j’ai bien plus apprécié que Ce qu’elle a laissé derrière elle d’Ellen Marie Wiseman (éd. Faubourg-Marigny, mars 2023, 400 pages) et Le Bal des folles de Victoria Mas (éd. Albin Michel, août 2019, 256 pages)! J’en reparle très vite.

Ma lecture en cours

(Roman contemporain) La forêt au clair de lune de Michiko Aoyama

J’ai lu, en e-book, le chapitre 1 (62 pages) de La forêt au clair de lune de Michiko Aoyama (éd. J’ai lu, octobre 2025, 288 pages), un roman japonais avec l’histoire d’auditeurs qui suivent le podcast « Infos lunaires » de Taketori Okina qui, fasciné par la Lune, interprète chaque soir le cycle de la Lune en astrologie. On retrouve la même structure narrative « feel-good » des romans japonais contemporains avec ici un podcasteur en astrologie comme fil conducteur. Ce premier chapitre avec l’histoire d’une ancienne infirmière quadragénaire m’a paru un peu trop déjà vu. A voir si les prochains personnages seront plus approfondis! Un roman peut-être plus pour des amateurs d’astrologie, ce que je ne suis pas!

Au fil des pages avec Shell Shock

J’ai lu, en e-book, Shell Shock de Michaëla Watteaux (éd. Hachette Fictions, coll. Black Lab, janvier 2025, 343 pages), un roman policier historique se déroulant dans les Années Folles, encore marquées par la Première guerre mondiale. A l’automne 1925, à Paris, tout juste embauchée au Central téléphonique Gutenberg afin d’enquêter sur les difficiles conditions de travail des femmes salariées, Jeanne Duluc, journaliste socialiste et féministe approche l’une d’elles, Tatiana Darmon qui est retrouvée sauvagement assassinée le lendemain par Étienne Grangin, gardien à Gutenberg et gueule cassée. Est-ce ce dernier le coupable ou Tatiana serait-ce une nouvelle victime du Tueur des Halles qui ne s’était plus manifesté depuis quelques mois? Paul Varenne, ancien instituteur devenu inspecteur toxicomane et à la recherche de Marguerite, sa fiancée disparue est chargé de l’enquête. Même si certains entendent bien étouffer l’affaire, arrivera-t-il à démasquer le tueur avant qu’un nouveau meurtre ne soit commis?

L’intrigue alterne entre le passé (en 1917/1918) sous la voix d’un soldat souffrant d’obusite (qui fait écho au titre du roman) et « soigné » par électrothérapie à l’hôpital militaire de Fort Salins, dans le Jura et le présent, en 1925, avec l’enquête policière et journalistique, à Paris avec aussi le volet médical avec la petite amie de Jeanne, le Dr. Mathilde de Villedieu, nièce de Gustave Soyrus, ancien médecin militaire et psychiatre psychanalyste à l’asile Sainte-Anne, le sort de l’une des patientes l’inquiétant particulièrement, celui d’Antoinette, chanteuse dans un cabaret où viennent de nombreux artistes comme son amant, l’écrivain René Crevel… 

J’ai apprécié le cadre historique qui nous plonge dans un Paris des Années Folles où se croisent artistes à l’esprit libre, rescapés de la Grande Guerre, que ce soit les gueules cassées ou ceux revenus traumatisés avec des séquelles psychologiques ou bien encore hommes influents, proches du pouvoir s’étant enrichis pendant la Guerre et continuant leur ascension sociale au sein des sphères politiques. S’y mélangent personnages ayant réellement existé (hommes politiques sous la IIIe République, artistes comme le journaliste-écrivain George Simenon ou les surréalistes comme André Breton…)  et lieux célèbres existant toujours (comme le cabaret Le bœuf sur le toit ou le restaurant Au chien qui fume) et personnages fictifs, Paul, Jeanne et Mathilde, chacun ayant leurs parts d’ombre.

Il y est ainsi question du traitement des blessés de guerre, de la médicalisation des conduites sociales (ceux souffrant de stress post-traumatique ou d’obusite étant considérés comme des affabulateurs et à renvoyer au front, pendant la guerre ou l’homosexualité considérée comme déviance et maladie à soigner…), des inégalités sociales, de la condition de la femme dans les années 20, de reconstruction, de résilience, de deuil, d’acceptation de soi, de perte d’identité… Comme plus tard, avec les rescapés des camps de concentration au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, les gueules cassées dérangent pour celles et ceux qui entendent tourner la page et revivre « normalement ». 

Je regrette toutefois que l’autrice n’est pas plus développé l’aspect sociopolitique avec les tensions politiques entre communisme et droite nationaliste et populiste, les revendications syndicalistes et salariales des femmes téléphonistes pour une égalité de salaire, organisant leur première grève ou bien encore les rapports entre psychanalyse (hypnose) et surréalisme (rêve éveillé), Jacques Lacan n’étant à aucun moment cité par exemple… Un autre bémol également, le style de l’autrice et son emploi du présent de l’indicatif (tendance actuelle que je déplore aussi en littérature jeunesse). Quant à l’enquête, celle-ci est plus classique et convenu, au vu de mes dernières lectures, ayant démasqué très vite le coupable, sous fond encore une fois de réseau de prostitution et impunité des puissants, le tueur en série étant, encore ici, bien trop caricatural à la fin. Un bon moment de lecture, avant tout pour son aspect historique, même si l’autrice s’éparpille tant elle a voulu aborder de sujets différents! 

Pour d’autres avis sur ce roman: Bianca.

Petit aparté: Même si cela se déroule quelques décennies plus tard, les dames du téléphone m’ont immédiatement fait penser au sketch de Fernand Raynaud, Le 22 à Asnières, interprété pour la première fois en 1955, sur la difficulté à établir les communications téléphoniques tant le réseau téléphonique était vétuste dans les années 50/60. A retrouver ici.  

Participation #1 Challenge Pages de la Grande Guerre 2026 de Nathalie #La fin et les suites de la guerre

Participation #8 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Roman policier historique

Au fil des pages avec Mens-moi à l’oreille

J’ai lu, en e-book, Mens-moi à l’oreille! d’Amy Tintera (éd. City Édition, janvier 2025, 448 pages), un roman policier – thriller psychologique contemporain se déroulant dans une petite ville touristique du Texas, Plumpton, au États-Unis. Bien qu’aucune charge n’ait été retenue contre elle cinq ans plus tôt et incapable de savoir ce qui s’est passée cette nuit-là, victime d’une amnésie traumatique, Lucy Chase âgée de 29 ans est toujours désignée comme la coupable du meurtre de sa meilleure amie, Savannah « Savvy » Harper. Pensant avoir laissé son passé derrière elle en recommençant une nouvelle vie depuis cinq ans à Los Angeles, elle accepte de revenir dans sa ville natale pour les 80 ans de sa grand-mère Beverly en même temps que Ben Owens, un podcaster âgé de 28 ans et spécialisé dans les cold cases – faits divers non résolus et entend bien se pencher sur le cas de Savvy. Et si tout cela lui permettait de se souvenir de ce qui s’est passée cette nuit fatidique? Peut-elle compter sur Ben à l’éthique douteuse? 

J’ai apprécié la construction du roman qui accentue le suspense, chaque chapitre commençant par un podcast et une interview d’un des personnages ayant un lien avec les événements ayant conduit au meurtre et faisant partie de l’entourage proche de Lucy et/ou de Savvy, chacun pouvant mentir ou occultant certains événements, jouer sur les préjugés ou apparences trompeuses. Sur ce point, le côté page-turner fonctionne, même si j’ai trouvé quelques longueurs.

Mais pour le reste, j’ai trouvé cela mal écrit, répétitif à outrance surtout autour des infidélités des uns et des autres, des violences conjugales et de l’alcoolisme, le tout semblant d’une banalisation consternante sous couvert du sarcasme permanent de l’héroïne principale et des voix dans sa tête. Il y avait pourtant de bonnes idées avec cette amnésie traumatique, le portrait de sa meilleure amie décédée se limitant à sa gentillesse au motif qu’on ne doit pas parler en mal d’un défunt, l’enquête elle-même sous forme de podcast ou la question de la crédibilité d’un témoignage (sur quel critère considéré que l’un est plus respectable ou véridique qu’un autre?)…

Et que dire de la fin si peu crédible, à moins que les policiers texans de cette ville soient vraiment des incompétents?! Une lecture vite lue et qui sera tout aussi vite oubliée dans la même veine que La femme de ménage de Freida McFadden ou La femme du médecin de Fiona Sussman! On est très loin par exemple du Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie ou dans une moindre mesure, le tome 1 de Monk, Un étranger dans le miroir d’Anne Perry, Lucy m’ayant fait penser à cette autrice sur le plan professionnel de sa vie. 

Pour d’autres avis sur ce roman: Émilie (bien plus enthousiaste que moi). 

Participation #7 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Roman policier / Thriller psychologique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #2 Catégorie Musique: « Oreille »

Au fil des pages avec La fille sans peau

Pour la lecture commune du 10 février 2026 proposée par Alexandra dans le cadre de son challenge Un hiver polar 2026, j’ai lu le premier tome d’une trilogie, La fille sans peau de Mads Peder Nordbo (éd. Actes Sud, janvier 2020, 380 pages), un roman policier contemporain – un arctic noir – se déroulant au Groenland. En août 2014, Matthew Cave, un journaliste récemment arrivé à Nuuk est dépêché par son journal pour couvrir un événement hors du commun: la découverte d’une momie qui serait celle d’un Viking et permettrait d’en savoir plus sur les premiers colons de l’île. Mais dès le lendemain, le corps momifié a disparu et le policier en charge de sa sécurité a été retrouvé mort éviscéré comme un phoque. Et si tout cela avait un rapport avec des affaires non résolues avec le même modus operandi survenues en novembre 1973, les quatre victimes étant des pères incestueux? Le jeune homme pourra-t-il faire confiance à Tupaarnaq, une jeune femme entièrement tatouée et récemment libérée de prison après avoir purgé une peine de 12 ans pour le quadruple meurtre de sa famille? Que lui révélera le journal du policier, Jakob Petersen ayant enquêté en 1973 qu’on lui a confié?

Même si certains aspects sont particulièrement glauques et glaçants, le tout reste pourtant confus et sans véritables explications, et même de moins en moins crédible plus l’enquête du journaliste avance. Comme il s’agit d’un premier tome d’une trilogie et donc comme tout tome introductif, l’auteur laisse en suspens certaines intrigues secondaires pour sans doute y revenir plus tard dans les tomes suivants comme le passé du père de Matthew, un militaire américain disparu dans les années 90 ou celui de Tupaarnaq qui n’a pas tout révélé de son histoire… Il y a plusieurs pistes de réflexion et d’hypothèses qui restent très superficielles, avec deux enquêteurs, à 41 ans d’intervalle, qui m’ont paru un peu trop similaires dans leur attitude.

D’autre part, cette surenchère de violence sordide m’a paru inutile tant elle n’a, au fond, que peu d’incidences sur les raisons des meurtres perpétrés si ce n’est, à appuyer, sur la nature « méprisable » des Groenlandais, affichant un racisme qui m’a déplu (pauvreté chez les autochtones rimant avec alcoolisme, violences et inceste). Pêle-mêle, il y est ainsi question d’inégalités et discriminations sociales entre Inuits et Danois, d’inceste, de pauvreté, de misère sociale, d’expérimentations médicales, d’enjeux politiques autour de l’autonomie de l’île, de chasse aux phoques, de corruption, de disparitions d’enfants…

J’ai regretté que ces thèmes n’aient pas été abordés de façon plus poussée et réaliste, en particulier l’impact des politiques danoises sur la population autochtone par exemple avec des déplacements forcés pour les sédentariser et les campagnes de stérilisation forcée… Une lecture très mitigée et qui ne m’a pas donné envie de lire la suite, même si le tome 2, Angoisse glaciale est disponible à ma médiathèque et que le troisième tome, La femme au masque de mort n’a pas encore été traduit en français.

Au passage, je valide la case « Tueur en série » du bingo meurtrier du challenge Un hiver Polar 2026.

Pour d’autres avis sur ce tome 1: Alexandra (plus enthousiaste que moi), Athalie (déçue), Line (qui a réussi à aller au bout de sa lecture malgré la dureté du roman), Anne-yes

Participation #6 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #LC

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