Étiquette : enfance (Page 17 of 20)

Pause ciné: Mon voisin Totoro

Pendant Un Mois au Japon 2021, nous avons regardé en famille, dimanche dernier, Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki, un film d’animation japonais du Studio Ghibli sorti en 1988 au Japon et en 1999 en France (86 minutes), conseillé à partir de 4 ans.

Deux sœurs, Satsuki et Mei, respectivement âgées de 10 ans et 4 ans, partent s’installer à la campagne avec leur père afin de se rapprocher de leur mère dont la maladie l’oblige à rester à l’hôpital. Leur nouvelle maison est bien délabrée, voire même hantée aux dires d’un petit voisin timide. Les deux sœurs ont peur dans un premier temps des noireaudes – des boules de suie magiques qu’elles sont seules à voir se cacher dans les murs de la maison. Mais très vite elles apprivoisent les lieux et la campagne environnante jusqu’à se lier d’amitié avec d’étranges créatures, les Totoros. Serait-ce une façon pour les deux sœurs de surmonter leur chagrin et leurs craintes vis-à-vis de la maladie de leur mère? En effet, leur mère tarde à revenir à la maison.

L’histoire est une ode au monde de l’enfance, à la Nature et à l’imaginaire. Totoro peut être perçu comme un esprit protecteur de la Nature ou bien comme un ami imaginaire des deux sœurs venant les rassurer alors qu’elles sont seules dans la maison, leur père se plongeant dans son travail ou allant rendre visite à leur mère à l’hôpital. Cette étrange créature bienveillante apparaît souvent à la nuit tombée et les réconforte, toujours à propos, comme par exemple lorsque les deux petites filles attendent sous la pluie, à l’arrêt de bus, leur père tardant de revenir de son travail.

De par cette imaginaire fécond des deux filles, certains passages de l’histoire me font penser aussi à Peter Pan, sans le côté sombre du personnage inventé par James Matthew Barrie en 1911 ou bien encore à Mary Poppins de Pamela Lyndon Travers paru en 1934 lorsque par exemple Totoro s’envole avec son parapluie avec les enfants. Totoro semble alors faire plus partie des rêves des jeunes filles.

Il y est ainsi question d’un Japon rural d’avant – que nous pourrions dater d’après-guerre, dans les années 50, un monde idéalisé et renvoyant aux souvenirs d’enfance du réalisateur (comme la maladie de sa propre mère). Les deux filles sont souvent livrées à elles-mêmes, même si leur père confie Mei à une voisine âgée, Grand-Mère pendant que Satsuki est à l’école. Elles peuvent gambader librement dans la campagne, sans que cela n’alerte plus que cela les adultes, comme par exemple lorsque Mei fugue pour rendre visite à sa mère à l’hôpital. D’ailleurs, cela me fait penser à mes réflexions après la lecture du Japon d’Anno d’Anno Mitsumana, avec ce Japon rural de « Quand il n’y avait pas d’électricité ».

La vie semble douce et tranquille, faite de petits bonheurs simples dans une nature nourricière. En effet, la campagne est un immense terrain de jeux pour les deux filles, laissant libre cours à leur imagination mais aussi un endroit à préserver, avec une dimension magique et onirique comme peuvent l’être chez les enfants les activités de jardinage. Cela se traduit par exemple dans l’impatience des deux filles à voir pousser en une nuit leurs graines. Totoro reprend alors sa dimension d’esprit protecteur, gentil et mignon yokaï de la Nature.

Il y a également de nombreuses références à Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll paru en 1865 et à son adaptation par Disney en 1951. La découverte des Totoros par la plus jeune sœur Mei fait immédiatement penser à Alice suivant le lapin blanc et qui tombe dans le terrier. En effet, Mei court après un petit Totoro blanc et tombe au creux de l’immense camphrier d’une façon très similaire.

La ressemblance est également frappante entre le chat-bus et le chat Cheshire dans Alice, même si Hayao Miyazaki a réfuté cette influence, le chat-bus faisant référence à un Yokaï, le  bakeneko – un chat japonais qui peut changer de forme.

Mais et surtout Hayao Miyazaki a développé un univers propre et typiquement japonais avec des figures et des thématiques que l’on retrouve dans d’autres de ses films comme par exemple l’enfance, la famille, le respect de l’environnement et les noireaudes – des boules de suie magiques – que nous avions également vues dans Le Voyage de Chihiro sorti en 2001. Ici, les noireaudes permettent de créer une passerelle avec le monde imaginaire des Totoros, ces dernières se réfugiant dans le camphrier. Quant au thème de la famille, l’histoire nous montre une famille soudée malgré les épreuves, les deux sœurs pouvant compter l’une sur l’autre, même si comme dans toute fratrie, elles peuvent se chamailler.

J’ai enfin repéré des passages gourmands pour le challenge Des livres (et des écrans) en cuisine: des bentos préparés par Satsuki avant de partir à l’école ou encore les légumes croqués à pleines dents et tout juste cueillis dans les champs par les deux jeunes filles et Grand-Mère.

Nous avons beaucoup apprécié de regarder Mon voisin Totoro. Un très beau film d’animation, poétique et touchant tant pour les petits que pour les grands, chacun pouvant faire sa propre interprétation des Totoros!

Pour illustrer ce billet, j’ai pris des images libres de droits que le Studio Ghibli a rendu disponibles sur son site. N’hésitez pas à y aller si l’univers Ghibli vous plaît car il y plusieurs centaines d’images issues de Mon voisin Totoro et de leurs autres films d’animation.

Pour un autre avis: MissyCornish.

Participation #10 Un mois au Japon 2021 de Hilde et Lou #Film d’animation

Participation #42 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine de Bidib et Fondant #Bento

Au fil des pages avec Le Japon d’Anno

En vue de la journée dédiée à un livre ou photos sur le Japon, j’ai emprunté à la médiathèque Le Japon d’Anno d’Anno Mitsumana (éd. L’école des loisirs, 2014), un album jeunesse à partir de 8 ans. Mais après sa lecture, je préfère le présenter ce jour, pour la journée « Hommage aux victimes de Fukushima ». En effet, l’album jeunesse se décompose en trois parties:

  • une première partie d’illustrations dans un Japon ancien. L’histoire sans textes se déroule au fil des saisons, du printemps à l’automne: des pêcheurs au bord de l’eau, des cerisiers en fleurs, des paysans faisant les moissons ou bien encore participant aux fêtes qui ponctuent les différentes saisons (fanfares, parades, tournois de go…), etc. A l’image de la couverture pleine page, nous nous arrêtons sur les illustrations pour découvrir les nombreux détails: des enfants qui jouent, un train à vapeur, une maison en train d’être construite… Il est d’ailleurs possible de ne montrer que cette première partie aux plus jeunes lecteurs.
  • une deuxième partie intitulée « Quand il n’y avait pas d’électricité », une réflexion philosophique d’Anno Mitsumana (1926/2020) sur le bonheur et le progrès à partir de ses souvenirs d’enfance dans un Japon rural et dans lequel l’utilisation de l’énergie nucléaire n’avait pas pris temps d’importance et bien avant la catastrophe nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011.  Avec la nostalgie du monde d’avant, l’auteur fait le plaidoyer d’un monde sans nucléaire et défend l’idée d’un retour à une vie simple, plus respectueuse de la Nature et sans technologies et qui lui apparaît comme une source de plus grand bonheur que notre monde actuel.
  • et enfin une troisième partie, les explications de l’auteur sur le choix des planches avec quelques anecdotes personnelles comme par exemple la raison pour laquelle Anno Mitsumina a dessiné un enfant dans un arbre à la page 25. Cela donne une autre portée aux illustrations avec un Japon rural empreint de nostalgie et idéalisé par le prisme de l’enfance de l’auteur. Les êtres humains et la Nature semblent vivre en harmonie et en toute simplicité, dans une douceur tranquille.

Cet album jeunesse offre ainsi plusieurs grilles de lecture, une évocation d’un Japon ancien et rural avec ses rites et coutumes qui entraînera les jeunes lecteurs dans la découverte d’un autre pays ou encore pour les plus grand une réflexion philosophique sur le monde de demain que nous souhaitons en revenant sur l’opposition classique Nature/Progrès ou en allant plus loin à celle tout aussi classique et pourtant si prégnante Libertés/Sécurité ou bien encore Avantages/Risques. Un bon moment de lecture!

Participation #9 Un mois au Japon 2021 de Hilde et Lou #Album jeunesse

Challenge Petit Bac d’Enna #7 Catégorie Prénom: « Anno »

Au fil des pages avec le tome 17 d’Ana Ana

Pré-réservé à la librairie, nous avons découvert le dernier tome d’Ana Ana le jour même de sa sortie tellement nous apprécions cette BD jeunesse. Et c’est encore un coup de cœur! Il s’agit du tome 17: Ana Ana, Va-t-en, va-t-en, chagrin! d’Alexis Dormal et Dominique Roques (éd. Dargaud, 2021), une BD jeunesse toute mignonne pour les 3/6 ans. Ana Ana est très triste après qu’une petite fille de son école n’a pas voulu être son amie. Elle ne veut même plus jouer avec ses doudous. La voyant ainsi déprimée, les doudous tentent de lui redonner le sourire avec une pièce de théâtre dans le jardin de la petite fille. Arriveront-ils à la réconforter et lui faire prendre conscience qu’il ne tient qu’à elle d’être heureuse?

Cette nouvelle histoire est toujours aussi tendre et adorable que les précédentes. Les doudous font preuve de beaucoup d’empathie pour aider Ana Ana (avec un Touffe de Poils encore irrésistible en jouant sur scène le rôle d’Ana Ana). D’autre part, en faisant des doudous des comédiens, le duo autrice/illustrateur montre leur attachement au théâtre, après les librairies dans le tome 15, Les doudous libraires. Une jolie histoire feel good qui fait du bien en ces temps de reconfinement!

Au fil des pages avec le tome 16 d’Ana Ana

Depuis vendredi après-midi, nous lisons et relisons le tome 16 d’Ana Ana, L’étrange dessin de Dominique Roques et Alexis Dormal (éd. Dargaud, 2020), une BD jeunesse pour les 3-6 ans (et même avant). Un soir avant de se coucher, Ana Ana a l’idée de passer la journée du lendemain à ne parler qu’en dessins. Mais il est bien difficile pour ses doudous de ne pas parler. Et il n’est pas si simple de ne s’exprimer qu’en dessin. Touffe de Poils réussira-t-il à se faire comprendre?

Les illustrations douces, expressives et à l’aquarelle sont toujours aussi réussies, expressives, rigolotes et décrivant à merveille le monde de l’enfance à travers ici une histoire qui rappellera aux plus grands des parties endiablées de Pictionary  et l’occasion d’initier les plus petits. Prêt à dessiner?! En tout cas, nous, on retourne lire une nouvelle fois ce tome mettant en avant notre doudou préféré, Touffe de Poils. Encore un coup de cœur pour Ana Ana et ses doudous!

Au fil des pages avec Le mystère de la basquette bleue

Nous empruntons à la médiathèque Le mystère de la basquette bleue d’André Bouchard (éd. Seuil Jeunesse, 2019), un album jeunesse à partir de 4 ans. Sous le regard intrigué d’un chat couché sur le rebord d’une fenêtre d’un immeuble, des enfants s’arrêtent devant une basquette bleue laissée sur le trottoir. Chacun laisse libre cours à son imagination pour donner une réponse, plus ou moins loufoque. Cette basquette a-t-elle été perdue par un homme souffrant d’une horrible maladie, la panardite ou appartient-elle à un bébé géant? Le mystère reste entier. Sera-t-il résolu?

C’est avec plaisir que nous retrouvons le coup de crayon d’André Bouchard et son humour, même si beaucoup plus léger et moins noir que dans par exemple, Les lions ne mangent pas de croquettes ou L’après-midi d’une fée. Un très bon moment de lecture avec cet album jeunesse, l’auteur laissant au jeune lecteur la possibilité de lui adresser sa propre solution à ce mystère! A noter que l’auteur emploie les termes francisés de « basquette » et de « chouinegomme » dont je ne suis pas très coutumière. Une histoire rigolote mélangeant enquête policière et fantastique pour débuter en douceur le Challenge Halloween 2020!

Challenge Halloween de Hilde et Lou

Challenge Petit Bac d’Enna #10 Catégorie Objet: « Basquette »

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