Étiquette : BD adulte (Page 1 of 14)

Au fil des pages avec Le printemps de Sakura

J’ai lu Le printemps de Sakura de Marie Jaffredo (éd. Glénat, coll. Vents d’Ouest, août 2022, 112 page), un roman graphique classé en adulte à ma médiathèque mais qui peut très bien être lu, à mon avis, à partir de 11/12 ans. Depuis le décès accidentel de sa mère japonaise trois ans auparavant, Sakura, âgée de 8 ans, vit avec son père français, Guillaume à Tokyo. Mais lorsque ce dernier doit partir quelques semaines pour son travail, la jeune fille part habiter chez sa grand-mère maternelle, Masumi qu’elle ne connaît pas vraiment, dans un petit village côtier. Et si ce séjour lui permettait de surmonter son chagrin, de voir la vie autrement, d’apprivoiser sa double culture et de s’épanouir?

C’est un récit assez classique avec cette petite fille qui découvre, le temps d’un printemps, une partie de son identité culturelle et qui pourra ainsi faire le deuil de sa mère. Grâce aux liens tissés avec sa grand-mère, Sakura découvre une vie proche de la Nature, l’air de la mer, les plats japonais comme les gyozas ou les dorayaki et d’autres plaisirs simples du quotidien japonais… Leur complicité est touchante. 

Les différentes étapes du deuil jusqu’à son acceptation sont également bien décrites. Cependant, j’ai été un peu gênée par la mise en scène, comme si cette immersion dans la culture japonaise était destinée pour le lecteur français ou occidental et non pour Sakura qui est censée avoir grandi au Japon et non en France, ne passant que ces étés à Lyon, auprès de ses grands-parents paternels. Graphiquement, cela m’a plu même si j’ai trouvé que Sakura ne faisait pas ses 8 ans. Un bon moment de lecture avec cette histoire initiatique et de complicité entre une petite fille et sa grand-mère! Sans oublier les nombreuses bulles gourmandes, Masumi initiant sa petite-fille au jardinage et à la cuisine, sous le regard du chat de la maison. 

Pour d’autres avis sur cette BD: Eimelle et Nathalie (plus enthousiastes que moi).

La BD de la Semaine

Participation #9 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Roman graphique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Passage du temps: « Printemps »

Au fil des pages avec Anita Conti, océanographe

Après avoir découvert cette série Les Pionnières avec le tome sur Nellie Bly, j’ai lu, pour le thème « Bulles Vertes » de la BD de la Semaine, le premier tome, Anita Conti, océanographe de Luca Blengino, Nathaniel Legendre, Katia Ranalli et Florent Daniel (éd. Soleil, coll. Aventure, mars 2020, 56 pages), une BD documentaire retraçant la vie d’Anita Conti.

Rien ne prédestinait cette femme à devenir la première exploratrice océanographe française. Née en 1899 et passionnée dès l’enfance par la mer et la pêche, elle met un terme à son emploi de relieuse d’art  à Paris et se fait engagée, grâce à ses écrits journalistiques, par l’Office scientifique et technique des pêches maritimes (OSTPM) dans des missions scientifiques et campagnes de pêche, en 1935. Dans un monde masculin dans lequel il est mal vu d’être une femme à bord des bateaux de pêche, Anita Conti, autodidacte se révèle bientôt indispensable pour dresser les premières cartes de pêche et consigner le monde sous-marin. Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et elle s’engage dans la Marine nationale sous couvert de travaux scientifiques des fonds marins pour pister et détruire les mines allemandes à détonation magnétique puis plus tard s’embarque sur un chalutier à destination de l’Afrique de l’Ouest. 

Cette BD développe surtout le début de ses travaux scientifiques, entre les 30 et 50. On y voit sa force de caractère et sa ténacité, permettant par son audace, la qualité de son travail et son savoir-faire à permettre l’exploration des fonds marins, à rationaliser les pratiques de la pêche puis à alerter sur les dangers de la surpêche industrielle et la vulnérabilité des fonds marins, au vu de son expérience sur le terrain ou bien encore en étant à l’origine de la pisciculture ou plus largement de l’aquaculture. On y croise également à la fin un autre explorateur océanographe célèbre, le commandant Cousteau. Un bon moment de lecture avec cette BD biographique, même si je n’ai pas trop accroché aux dessins et qui se termine sur un dossier biographique fort instructif!

Pour une autre BD documentaire sur Anita Conti: Eimelle. avec le roman graphique en noir et blanc dans la série Les Clandestines de l’Histoire, Anita Conti de José-Louis Bocquet et Catel (éd. Casterman, septembre 2024, 368 pages).

La BD de la semaine chez Blandine pour cette semaine

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Prénom: « Anita »

Throwback Thursday Livresque: De la pluie sur la couverture

TTL n°361 chez Carole #De la pluie sur la couverture

Ce jeudi 16 avril 2026, je participe au Throwback Thursday Livresque, un rendez-vous livresque initialement chez Bettie Rose Books et repris depuis par Carole, les liens étant à déposer chez My-Bo0ks. Le principe est de partager chaque jeudi un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Cette semaine, le thème est « De la pluie sur la couverture ».

Pour illustrer ce thème, j’ai choisi des livres jeunesse ou adulte:

  • Nettoyage à sec de Joris Mertens (éd. Rue de Sèvres, avril 2022, 152 pages), un roman graphique, même si elle est peu visible sur la couverture, la pluie est très présente
  • Une si belle journée! de Richard Jackson et Suzy Lee (éd. Kaléidoscope, diff. L’école des loisirs, 2022), un album jeunesse à partir de 3/4 ans
  • Pique-nique sous la pluie de Naokata Mase (éd. Seuil Jeunesse, 2016), un album jeunesse à partir de 3 ans et avec des découpes

En recherchant des couvertures avec de la pluie, je me suis d’ailleurs aperçue qu’elle est souvent représentée par des parapluies sans pour être visible. 

Et vous, quel livre auriez-vous choisi pour cette thématique? La semaine prochaine, le thème sera: « Anges/Démons (êtres surnaturels) ».

 

Au fil des pages avec Les Dames de Kimoto

J’ai commencé par lire Les Dames de Kimoto de Cyril Bonin (éd. Sarbacane, mars 2022, 112 pages), un roman graphique adaptant le roman éponyme de Sawako Ariyoshi et paru pour la première fois en 1959. On y suit la vie des femmes d’une même famille aisée des Matani, sur trois générations, en particulier d’Hana, de la préparation de son mariage arrangé par sa grand-mère à sa vie d’épouse auprès de Keisaku, de mère avec sa fille Fumio puis de grand-mère avec Hanako, de la toute fin du XIXe siècle jusqu’à son décès, dans les années 50, après la défaite japonaise entraînant la chute sociale de la famille. Par son mariage, Hana intègre une la famille Matani avec d’autres règles de vie. Éduquée, élégante et intelligente, elle tente de trouver sa place parmi son mari, ses beaux-parents, son beau-frère Kôsaku et les domestiques. Y parviendra-t-elle?

Il est ainsi question de l’évolution de la société japonaise sur plusieurs décennies avec son ouverture sur l’Occident, entre modernité, conflits, coutumes religieuses, traditions familiales et superstitions culturelles, de la condition de la femme japonaise, d’inégalités sociales, de la famille japonaise au sens large très hiérarchisée avec les branches principales et collatérales et les tensions que cela peut générer entre aînés et cadets, comme entre les deux frères Matani avec la jalousie et l’humeur agressive de Kôsaku, d’éducation, de fossé intergénérationnel à l’image de Fumio qui revendique l’émancipation féminine et l’égalité de sexes… Comment chacun des membres de cette famille réussira-t-il à concrétiser ses aspirations et trouver sa part de bonheur et de liberté? La relation entre Hana et Fumio s’apaisera-t-elle à la naissance de Hanako?

Graphiquement, les bulles à l’intérieur sont à l’image de l’illustration de couverture avec du rose, de l’ocre et du vert. Cela m’a plu même si j’ai regretté que les visages soient peu expressifs, cette monotonie allant certes de pair avec la rigidité de la société japonaise mais rendant plus difficile le déroulé chronologique du récit. 

Puis j’ai lu quelques jours plus tard le roman originel en trois parties de Sawako Ariyoshi (éd. Folio, n°6552, novembre 2018, 320 pages), retrouvant la même structure narrative et même la plupart des dialogues. Cette adaptation graphique est fidèle même si j’ai trouvé, par exemple, plus finement amenée, dans le roman, l’audace discrète d’Hana qui a été élevée en matière d’étiquette et d’arts domestiques (cérémonie du thé, art floral et koto) pour être la parfaite bonne épouse et mère avisée et qui entraîne l’incompréhension et même la colère de sa fille alors que son éducation prônant l’élégance et la modestie comme vertus féminies a été un frein à son émancipation. Son mari Keisaku fait d’ailleurs passer ses aspirations politiques, son sens moral et sa réputation de bon chef de famille (maire du village puis candidat au conseil préfectoral…) avant sa vie de couple. Les deux époux se rejoignent sur l’importance de la respectabilité et de la réussite sociale, le regard des autres primant. Un bon voire très bon moment de lecture avec cette fresque familiale et sociale, même si on reste parfois à distance de leurs ressentis! Je conseillerai de lire le roman avant. 

J’ai enfin noté quelques bulles gourmandes avec le repas de mariage, les fêtes de fin d’année en 1905 avec les fleurs de mochi (p. 44/45 de la BD) ou les fukumochi préparés par la belle-mère de Hana (p.108 du roman) ou les différentes cérémonies de thé, de saké ou repas en famille évoluant au fil des ans…

Pour d’autres avis: Nathalie (BD). 

La BD de la semaine chez Moka pour cette semaine

Participation #3 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde

Participation #8 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Classique japonais

 

Au fil des pages avec Les jours sucrés

J’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, Les jours sucrés de Loïc Clément et Anne Montel (éd. Dargaud, février 2016, 148 pages), un roman graphique qui se décline comme une BD (romance) feel good contemporaine. Au décès de son père, Églantine Larticho, âgée de 25 ans, revient à Klervi, le village breton de son enfance pour vendre la boulangerie paternelle qu’elle vient d’hériter. Et si tout est remis en question par la découverte du journal intime de son père et ses retrouvailles avec son ami d’enfance, Gaël et sa tante Marronde? Ce qui ne devait être qu’une parenthèse très temporaire dans sa vie parisienne n’est-il pas l’occasion d’un nouveau départ?  

J’ai apprécié retrouvé ce duo auteur/illustratrice dont je retrouve la même fantaisie graphique et humour, cela m’ayant souvent fait penser à leur trilogie postérieure, Miss Charity adaptant le roman éponyme de Marie-Aude Murail (dont j’attends la parution du tome 3 – peut-être cette année?). Certes, l’histoire est déjà vue et revue mais cette fois sous forme graphique et qui rappelle tant d’autres comédies romantiques feel good où l’héroïne quitte tout pour redémarrer une nouvelle vie comme La Petite boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan (éd. Prisma, 2016, 506 pages), À la lumière du petit matin d’Agnès Martin-Lugand (éd. Michel Lafon, mars 2018, 312 pages) ou bien encore L’irrésistible histoire du Café Myrtille de Mary Simses (éd. NiL, juin 2018, 422 pages)… On y retrouve donc tous les codes et les rebondissements cousus de fils blancs de la comédie romantique. 

Mais cela est rattrapé par la mise en page pleine de pep’s et les scénettes ouvrant chaque chapitre au nom d’une pâtisserie et mettant en scène les chats bien rigolos du village. Les bulles se concentrent surtout sur les interactions entre les trois personnages principaux au tempérament bien différent: l’indécise jeune femme, le gentil instituteur et ancien amour de jeunesse et sa tante râleuse et qui ne parle plus. Les illustrations aux couleurs pastels renforcent la douceur et la mignonnerie de ce changement de vie. Certains passages sont en sépia lorsqu’il est question de son passé et de son père. Un bon moment de lecture légère, feel good et très très gourmande! 

J’ai également tenté, plus récemment, la romance historique sous format graphique mais qui ne m’avait pas du tout plu tant c’était fade et sans aucune originalité: Disgrâce de Sarah Vaughn, Sarah Winifred Searle et Niki Smith (éd. Rue de Sèvres, octobre 2024, 336 pages), un roman graphique avec le mariage arrangé entre Catherine Benson dont la réputation est perdue et Andrew Davener dont le domaine familial est en ruines. J’en reparlerai sans doute une autre fois.

La BD de la semaine chez Moka pour cette semaine

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Passage du temps: « Jours »

« Older posts

© 2026 JOJO EN HERBE

Theme by Anders NorenUp ↑