Étiquette : BD adulte (Page 1 of 13)

Au fil des pages avec Hypericon

Attirée par l’illustration de couverture, j’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, Hypericon de Manuele Fior (éd. Dargaud, novembre 2022, 144 pages), un roman graphique qui suit Teresa, une brillante étudiante italienne qui décroche une bourse pour un poste à Berlin, en 1998, pour participer à la préparation d’une grande exposition sur la découverte du tombeau de Toutankhamon. Victime d’insomnies chroniques, elle se plonge chaque nuit dans la lecture du journal d’Howard Carter, un égyptologue américain qui a découvert ce tombeau en 1929. Elle rencontre également Ruben, un jeune italien comme elle et issu d’une famille aisée qui fréquente l’underground berlinois. L’attirance est immédiate. Mais peut-elle durer?

Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman graphique, à la fin de ma lecture qui alterne deux temporalités. Il s’agit d’une tranche de vies avec la romance passionnée de Teresa et de Ruben, aux personnalités bien différentes (elle introvertie, anxieuse et studieuse et lui insouciant et profitant de l’instant présent) mais sans qu’il n’y ait réellement d’intrigue, le fil conducteur étant l’hypericon, une plante appelée également le millepertuis, et qui va permettre à la jeune femme de soigner ses insomnies. Je ne m’attendais pas non plus aux planches très crues de leurs ébats sexuels et qui, selon moi, n’apportent rien. J’ai surtout apprécié le graphisme, la partie archéologique et la problématique autour du temps entre passé et futur mais qui n’a été malheureusement que survolée. Une lecture bien décevante! 

Au fil des pages avec Le secret de Miss Greene

J’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, Le Secret de Miss Greene de Nicolas Antona et Nina Jacqmin (éd. Le Lombard, janvier 2025, 152 pages), un roman graphique pour adultes même si classé à partir de 12 ans selon l’éditeur. Après le décès de sa grand-mère maternelle, Belle Greener scelle un pacte avec sa mère et ses jeunes frères et sœurs pour se déclarer comme une famille blanche, sans aucune ascendance afro-américaine, en déménageant à New-York sous l’identité de Da Costa Greene, d’origine portugaise et pouvant expliquer le teint olive de la jeune femme et de son frère. Ils devront garder secret leur ascendance afro-américaine et ne pas avoir d’enfant afin de ne pas trahir leur secret. Grâce à ce « passing » risqué, au début des années 1900, la jeune femme peut suivre une scolarité interdite aux personnes de couleur et se former au métier de bibliothécaire, intégrant l’université de Princeton avant d’obtenir son premier poste. Mais pourra-t-elle conserver toute sa vie le secret de cette transgression et renier sa véritable identité?

Graphiquement, ce roman graphique m’a bien plu, tout comme découvrir l’histoire de Belle Da Costa Greene (1879/1950), même si j’ai trouvé que le récit était un peu trop linéaire et manquait en quelque sorte de souffle épique et de profondeur alors même que tout se prêtait à plus de tension dramatique. J’ai eu l’impression, en effet, que le secret de la jeune bibliothécaire était presque sans réelle conséquence au quotidien tant rien ne semble contrarier la jeune femme tant dans son ascension professionnelle auprès du puissant et riche magnat financier, banquier et collectionneur d’art, John Pierpont Morgan, propriétaire de la prestigieuse Morgan Library que dans sa vie amoureuse, en particulier sa relation passionnée avec Bernard Berenson, un historien réputé de l’art spécialiste de la Renaissance italienne et marié.

Plus que le secret des origines afro-américaines cachées de l’héroïne, il s’agit avant tout d’une quête d’émancipation féminine d’une jeune femme passionnée de livres, dans une société américaine profondément ségrégationniste et patriarcale. Elle devient une redoutable et admirée négociatrice en art et toute sa vie durant, refuse d’avoir des enfants. Elle se révèle cultivée, déterminée, audacieuse et libre de vivre comme elle l’entend, même si c’est au prix de ses véritables origines et alors que son père est un activiste pour les droits des Afro-américains. Mais sans ce secret, Belle aurait-elle pu avoir la même vie? Un bon moment de lecture très intéressant et qui se termine sur un court dossier biographique! 

A travers la biographie romancée de Belle Greene, il y est ainsi question de la One Drup Rule (la « règle de l’unique goutte de sang ») issue des lois ségrégationnistes en vigueur jusqu’en 1694 et qui divisait, de façon discriminatoire, la population américaine en deux catégories: les « White » et les « Colored », la mention étant portée sur les papiers d’identité et conditionnant toute une vie de discriminations ou non. Cela poussait de nombreux Afro-américains à la peau claire, au cheveux lisses et de type caucasien du fait de leur métissage à se faire passer pour des blancs, comme l’a fait la famille de Belle Greene. Mais le « passing » n’était pas sans risque pour celles et ceux qui étaient démasqués tant la « noirceur invisible » était redoutée par les ségrégationnistes.

Il y est aussi question de la condition de la femme afro-américaine, du monde de la culture et de l’art, la jeune femme parcourant le monde et les salles de vente à la recherche de la meilleure acquisition pour la Morgan Library, de l’histoire américaine avec le krach boursier de 1907 ou le naufrage du Titanic (JP Morgan en ayant été le propriétaire)… 

Peut-être que le roman s’inspirant de sa vie, Belle Greene d’Alexandra Lapierre (éd. Flammarion, janvier 2021, 544 pages) et que j’ai prévu de lire également, une fois emprunté  à la médiathèque, reviendra davantage sur les difficultés au quotidien de cette transgression? 

Pour d’autres avis sur ce roman graphique: Nathalie et Tachan

La BD de la semaine chez Noukette pour cette semaine

Participation #1 AAHM Challenge 2026 d’Enna

Point lecture hebdomadaire 2025 #51

En cette fin de semaine, voici mon point lecture hebdomadaire avec un retour sur nos lectures (mais pas nos relectures) de la semaine dernière au cours de laquelle nous avons continué nos lectures de Noël, avec deux livres de l’Avent qui nous accompagneront, chaque jour (ou soir) jusqu’à Noël: La BD de l’Avent (éd. Le Lombard, septembre 2025, 200 pages) de courtes BD de Noël et L’enfance du Père Noël de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe (éd. Margot, diff. L’École des Loisirs, octobre 2025, 104 pages), un album jeunesse grand format aux magnifiques illustrations.

Nos lectures du 15 au 21 décembre 2025:

Des lectures jeunesse:

À quelques jours des vacances de Noël, mon mini lutin a déjà lu tous les livres mis dans son calendrier de l’Avent, comme les deux derniers tomes de la trilogie Star Miaou de Josée Paquet et Alice Lemelin: le tome 4.2, Encore un nouveau miaou? (éd. Victor et Anaïs, novembre 2020, 108 pages) et le tome 4.3, La dernière mission (éd. avril 2021, 120 pages), des romans jeunesse revisitant dans l’univers des chats Star Wars. Il a aussi fini de lire le tome 3 de Harper, Harper et la forêt de la Nuit de Cerrie Burnell et Laura Ellen Anderson (éd. Albin Michel Jeunesse, coll. Mes premiers Witty, octobre 2017, 192 pages), troisième tome dans lequel ce conte moderne se mélange avec les contes traditionnels, la forêt de la Nuit étant le berceau de tous les contes de fées. Il ne le sait pas encore mais d’autres livres l’attendent au pied du sapin pour Noël. En attendant, je suis passée à la médiathèque faire quelques emprunts pour nous deux. 

Des lectures adulte:

  • (Romance contemporaine de Noël) Sous les flocons de Noël de Sarah Morgan

J’ai fini de lire, en e-book, Sous les flocons de Noël de Sarah Morgan (éd. HarperCollins, octobre 2024, 280 pages), une romance contemporaine de Noël avec l’histoire de Lucy Clarke qui, alors qu’elle se rend chez un de ses clients, Ross Miller pour tenter de sauver son emploi, est prise pour sa petite amie par sa famille et se retrouve bloquée par une tempête de neige dans les Highlands. Et si la magie de Noël opérait? L’autrice reprend les ingrédients qui ont fait le succès de ses romances de Noël mais sans atteindre, pour moi, Snow Crystal ou Les vœux secrets des sœurs McBride. Tout va (trop vite) comme dans Mariage sous les flocons. Il y est ainsi question de Noël en famille, de secrets, de secondes chances, de rapports enfant/parent, de relation de couple, de parentalité… Ce qui m’a le plus empêché d’apprécier cette histoire est le fait que l’une des jeunes femmes s’appelle Lucy et son histoire est bien trop similaire à celle du film américain, L’Amour à tout prix sorti en 1995 avec dans le rôle-titre Sandra Bullock. 

  • (Romance contemporaine de Noël) Un cadeau parfait, s’il vous plaît de Magali Santos

J’ai lu, en e-book, Un cadeau parfait, s’il vous plaît de Magali Santos (éd. Butterfly, novembre 2025, 304 pages), une romance contemporaine de Noël avec l’histoire d’Élise Martin qui doit faire face à une demande surprenante de l’un de ses clients, Rayan Colin. Là voici à devoir se faire passer pour sa petite amie devant les parents de ce dernier, dans la maison familiale en Savoie. Et si venaient si mêler de vrais sentiments? Comme dans la précédente romance, il est question de famille, de relation de couple, de rapports entre parents/enfants, de la difficulté de trouver un équilibre entre vie familiale et professionnelle… J’ai trouvé l’alchimie bien dosée et mignonne entre Élise et Rayan, avec un brin d’humour. Un bon moment de lecture!

  • (Roman graphique ado) D’or et d’oreillers de Flore Vesco et Mayalen Goust

J’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, D’or et d’oreillers de Flore Vesco et Mayalen Goust (éd. Rue de Sèvres, septembre 2024, 184 pages), l’autrice adaptant son roman jeunesse éponyme pour un lectorat plus adolescent, à partir de 16 ans et qui s’inspirait lui-même des contes traditionnels comme La princesse au petit pois. Lord Handerson, un riche héritier, a conçu un test pour choisir sa future épouse: celle-ci doit passer une nuit, à Blenkinsop Castle, seule, dans une chambre au centre de laquelle se trouve un lit d’une hauteur invraisemblable. Et Sadima, une femme de chambre, réussissait là où les autres prétendantes, de bonne famille, ont échoué? J’ai encore plus apprécié cette histoire sous cette version graphique très réussie, à l’atmosphère fantastique, gothique et très sensuel. Il y est ainsi question des premiers émois amoureux, d’éveil à la sexualité, de condition de la femme… Un bon voire très bon moment de lecture! J’en reparle très vite.

  • (BD dystopique) Avenir de Pierre-Roland Saint-Dizier, Pierre Benazech et Eliot

J’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, Avenir de Pierre-Roland Saint-Dizier, Pierre Benazech et Eliot (éd. Ankama, avril 2024, 96 pages), une BD adulte que j’avais repérée chez Antigone. Dans un futur proche, la voie professionnelle des enfants est déterminée par le programme ScanPsy, des tests faits par une intelligence artificielle mise au point par l’Institut CentrAvenir, ne laissant guère de place aux aspirations personnelles et permettant la prise en charge des frais de scolarité. C’est le cas du jeune Matt, ayant un TDAH et qui doit être immédiatement placé dans un établissement pour éviter tout risque de délinquance, loin de ses parents alors que celui-ci n’a jamais commis le moindre acte délinquantiel et se rêvant plus tard artiste. Ses parents vont-ils se conformer aux résultats du test? Il y est ainsi question d’orientation professionnelle, de libre-arbitre, d’éducation dans un monde dystopique… Une lecture intéressante avec ce one-shot même si je n’ai pas accroché au style graphique qui met pourtant bien en exergue le contraste entre la vie réelle et celle virtuelle qui permet à la plupart des membres de cette famille d’échapper à un quotidien trop pesant! L’intelligence artificielle ne fait qu’accentuer ce qui se fait déjà pour un grand nombre d’adolescents dans leur cursus scolaire. 

Ma lecture en cours:

(Court roman policier de Noël) Un Noël au manoir d’Anne Perry

J’ai commencé à lire Un Noël au manoir d’Anne Perry (éd. 10/18, novembre 2025, 182 pages), un court roman policier de Noël en lecture commune avec Isabelle, Hilde et Syl. Lady Vespasia est invitée, avec son nouvel époux, Victor Narraway, ancien directeur des services secrets britanniques à passer les fêtes de fin d’année chez des amis, les Cavendish. N’aurait-elle finalement pas dû décliner cette invitation? 

Au fil des pages avec Noël à Paris

J’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, le tome 1 du diptyque Noël à Paris de Jim et Guiseppe Liotti (éd. Le Lombard, octobre 2025, 104 pages), un roman graphique à partir de 12 ans selon l’éditeur mais que je conseillerai pour les plus grands, vu les situations du quotidien qui parleront bien plus aux adultes. Ève et Simon forme un couple de quadragénaires, avec 3 enfants sur le point de divorcer. Eve n’en peut plus de sa vie actuelle, entre un écart de conduite de son époux, son travail et ses enfants au point de ne plus vouloir accepter un énième repas de Noël organisé, comme chaque année, par ses parents, alors qu’une des amies de couple les invite à son anniversaire. Mais est-ce vraiment leur dernier Noël ensemble? 

Graphiquement, j’avais été attirée par l’illustration de couverture intrigante et qui reflète bien celles à l’intérieur. J’ai particulièrement apprécié les bulles pleines de pep’s, modernes et dynamiques qui nous plongent dans la frénésie et l’effervescence, parfois jusqu’à saturation et la suffocation, des dernières heures précédents Noël (course aux cadeaux, derniers rendez-vous et obligations professionnelles avant les repas familiaux « imposées » du réveillon…), en écho avec l’échappée belle de ce couple en crise en plein Paris sous les illuminations de Noël et la foule s’amassant dans les grands magasins.

Concernant l’intrigue, le scénariste s’amuse à prendre le contrepied de la romance de Noël en décortiquant la relation de couple, les liens familiaux qui peuvent se révélant oppressants, même en période de fêtes… Comment rester soi-même et ne pas « exploser » sous le poids du quotidien épuisant et des obligations familiales? Est-ce vraiment être égoïste de lâcher prise et de penser à soi avant la famille? Il peut se révéler difficile de ne pas se perdre soi-même. Un bon moment de lecture avec ce 24 décembre mouvementé! Eve et Simon arriveront-ils à se retrouver ou l’usure du quotidien aura-t-elle raison de leur couple? Il faut désormais attendre Noël 2026 pour connaître la fin.

Participation #4 Challenge Christmas Time 2025 de MyaRosa #BD de Noël

Participation #6 Challenge il était 13 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #BD de Noël

Challenge Petit Bac d’Enna #5 Catégorie Mot isolé: « À »

Participation #38 (Parcours illustré) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Italie

Participation # Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2025 de Bidib et Fondant #Réveillon de Noël

Au fil des pages avec L’homme qui pouvait accomplir des miracles

J’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, L’homme qui pouvait accomplir des miracles de Jose Luis Munuera (éd.Dargaud, septembre 2025, 72 pages), une BD adulte d’après la nouvelle éponyme de H.G. Wells parue pour la première fois en 1898. George Mcwhirter Fotheringay est un homme ordinaire sans ambition ni imagination, sceptique et qui vit dans la paisible bourgade d’Immering, en Angleterre. Un soir, alors qu’il est au pub local, il découvre qu’il peut accomplir des miracles d’un simple souhait. Profondément sceptique et cartésien, il cherche conseil auprès d’une médium, d’un médecin, d’un psychiatre et d’un pasteur. Seul ce dernier, M. Maydig, lui apporte son soutien. Mais M. Fotheringay peut-il vraiment lui faire confiance? 

Il y est question des lois de la physique, de libre-arbitre et de déterminisme, les responsabilités et dangers liés à un tel pouvoir au point de mettre en péril l’humanité, d’éthique, de métaphysique, de religion… Construite comme une fable satirique et fantastique, l’histoire est rythmée et n’en est pas moins dépourvue d’humour burlesque et de cynisme, que ce soit le triste sort réservé au policier, l’agent Winch sous forme de comique de répétition et que Fotheringay envoie, au diable, sous le coup de la colère ou la naïveté de cet anti-héros face à l’ambition démesurée du pasteur Maydig qui profite de la situation, bien loin des préceptes de son sacerdoce.

N’ayant pas lu la nouvelle originelle, je ne peux dire si cette adaptation est fidèle ou non mais j’ai particulièrement apprécié son ambiance victorienne dans la continuité de adaptations précédentes de cet auteur-illustrateur, Un chant de Noël, une histoire de fantômes (éd. Dargaud, novembre 2022, 80 pages) et Peter Pan de Kensington (éd. Dargaud, novembre 2022, 80 pages) et le fait de briser le quatrième mur. Un très bon moment de lecture! Je serai au rendez-vous s’il adapte un autre classique l’année prochaine.

Participation #12 Challenge 2025 sera classique aussi! de Nathalie #Adaptation Nouvelle 1898

La BD de la semaine chez Noukette pour cette semaine

Participation # Challenge Halloween 2025 de Hilde et Lou #Ectoplasme

Participation # (Parcours illustré) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Espagne (Illustrateur) et Royaume-Uni (auteur)

Participation # Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2025 de Bidib et Fondant #Cuisine anglaise

 

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