Étiquette : années 80

Au fil des pages avec Le Chat qui venait du ciel

J’ai lu Le Chat qui venait du ciel de Hiraide Takashi et illustré par Qu Lan (éd. Picquier, octobre 2017, 136 pages), un court roman autobiographique décrit par l’éditeur comme un livre-poème dans lequel les dessins de chat jouent à cache-cache avec le texte. A la fin des années 80, un couple de trentenaires loue le pavillon d’une ancienne demeure japonaise, entourée d’un immense et splendide jardin. Les propriétaires, un couple âgé, leur ont imposé dans les conditions de bail de n’avoir aucun enfant ni animal de compagnie. Mais cette tranquillité est un jour mise à mal par l’arrivée d’un chaton adopté par une famille voisine, leur petit garçon le nommant Chibi. Celui-ci ne cesse de venir chez eux au point que le couple attend, chaque jour, avec de plus en plus impatience sa venue. Et si cela contribuait à apporter un peu de bonheur à leur quotidien?

J’avoue mettre ennuyée à la lecture de ce premier roman de l’auteur, tant la relation qui se noue entre le chat, sa femme et lui, à la fin des années 80, m’a paru immature et sans véritable lien affectif. Contre toute attente, le narrateur et sa femme semblent pourtant s’être inéluctablement attachés à ce chat qui n’est pourtant pas le leur. Malgré sa brièveté, le texte m’a paru décousu et avec bien trop de longueurs, entre des descriptions bien pointilleuses de leur habitat et de leur quotidien sans grand intérêt ou des digressions qui m’ont semblé bien inutiles ou incongrues sur Machiavel ou De Vinci…

Certains propos étaient pourtant intéressants, même s’ils sont juste évoqués, l’auteur se souvenant d’une période charnière dans sa vie avec un changement d’emploi et qui fait écho aux changement sociétaux de l’époque avec la crise financière et immobilière des années 90. Mais cela reste en arrière fond. Si je n’avais pas lu récemment Les évaporés du Japon, je n’en aurai pas compris l’importance pour ce couple de trentenaires qui va être contraint de rechercher un nouvel appartement tout en souhaitant rester proche de leur ancien lieu de vie. 

Cette partie nostalgique rappelle, si besoin était, l’importance de savoir profiter de l’instant présent et des petits bonheurs simples du quotidien. Il est, en effet, question de rencontres inattendues et éphémères qui peuvent changer le court d’une vie ou des choix à faire, à l’image de ce chat libre d’aller et venir à sa guise, du jardin et de leur propriétaire très âgée. Heureusement, il y a les jolies illustrations de Qu Lan mettant en scène les facéties du chat à la bouille trop mignonne. 

Participation #5 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Court roman

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Déplacement: « Venait »

Au fil des pages avec Edlyn

J’ai lu Edlyn de Cécile et Sébastien Bouet (éd. Soleil, 2007, 48 pages), une BD jeunesse pour les adolescents et que j’ai empruntée à ma médiathèque après avoir été attirée par l’illustration de couverture. Nous suivons l’histoire familiale d’Edlyn, une petite fille âgée de 7 ans, qui vit sur l’île d’Yeu avec sa mère enceinte, sa petite sœur, son petit frère et son père marin dans les années 80. Un jour, elle rencontre un petit garçon bien mystérieux. Et si cette rencontre allait changer sa vie et ne pas reproduire le schéma familial de violences?

Bien que le graphisme soit très enfantin, cette BD jeunesse est à conseiller aux plus grands puisque Cécile aborde le thème des violences intrafamiliales, avec un père violent et maltraitant, tant à l’égard de sa femme que de ses enfants et au langage dur et grossier. Entre innocence enfantine et dure réalité familiale, Edlyn est une petite fille attachante. On prend plaisir à la suivre sur les rivages dans ses jeux d’enfants, lorsque son père part au large pêcher et on craint comme la petite fille son retour. 

Le passé du père explique son comportement sans pour autant le justifier, explications qui sont si souvent entendues en audiences, que ce soit devant le Juge des Enfants ou le Tribunal correctionnel. Même si le coup de crayon est parfois peu abouti et l’histoire assez rapide dans sa résolution fantastique, j’ai trouvé que cette BD jeunesse qui finit sur une note d’espoir avait le mérite de parler d’un sujet délicat et qui permettra peut-être à des adolescents de ne pas avoir peur de dénoncer de tels agissements pénalement répréhensibles.

Challenge Petit Bac d’Enna #3 Catégorie Prénom: « Edlyn »

Au fil des pages avec Ce genre de petites choses

Repéré en décembre 2022 chez Bianca, j’ai emprunté début janvier 2023 à la médiathèque Ce genre de petites choses de Claire Keegan (éd. 2020, 117 pages), un court roman qui a été chroniqué entretemps aussi chez Fondant. En décembre 1985, à l’approche de la quarantaine, Bill Furlong, marchand de bois et de charbon a réussi sa vie tant personnelle (marié et père de cinq filles) et professionnelle (gérant une entreprise prospère), alors même qu’il est né sans père et d’une mère domestique enceinte à 15 ans qui a pu l’élever auprès d’elle grâce à la générosité et la bienveillance de sa patronne, la riche veuve Mrs Wilson. Le travail ne manque pas à l’approche de Noël.

Une livraison de  charbon au couvent de son village va bouleverser sa vie si bien rangée et l’amener à se questionner sur sa propre existence. En effet, dans la réserve de charbon, il découvre une jeune fille esseulée, pieds nus malgré le froid de l’hiver qui semble avoir passé la nuit là et inquiète du sort réservé à son bébé de 14 mois sur le point d’être vendu par les Sœurs du couvent. Ce n’est pas la première fois qu’il est témoin d’incidents dérangeants au couvent. De nombreuses rumeurs circulent d’ailleurs mais personne jusqu’alors ne s’y appesantit d’autant que le couvent est généreux et permet de faire tourner l’économie locale. Face à l’hypocrisie générale et à la très grande influence des religieuses catholiques, que pourrait bien faire Bill Furlong: : fermer les yeux, mettre un terme aux agissements du couvent ou à tout le moins aider cette pauvre jeune fille?

J’ai apprécié le personnage de Bill Furlong, un homme ordinaire, tranquille mais déterminé à ne plus resté indifférent aux agissements constatés au couvent qui le renvoient à sa propre trajectoire de vie, à celle de sa mère qui aurait pu finir dans ce couvent sans Mrs Wilson et à sa quête des origines paternelles. Son bonheur se heurte à la maltraitance du couvent.

L’histoire s’inspire des Magdalene laundry en Irlande, les derniers couvents ayant été fermés en 1996 et qui exploitaient pour des travaux de blanchisseries des femmes et jeunes filles dans des conditions quasi carcérales afin de les « laver de leurs pêchés », la plupart du temps placées par leur propre famille car enceintes hors mariage, considérées comme trop effrontées et impertinentes, voire même trop coquettes et « aguicheuses »…

Un roman certes court mais marquant, tout en pudeur et au style concis, à la fin ouverte qui laisse une petite part à l’espoir, dans l’esprit d’un conte de Noël, même si je serai plus pessimiste, les répercussions s’annonçant terribles pour Bill Furlong!

J’ai enfin noté quelques passages gourmands pour le challenge Des livres (et des écrans en cuisine) comme la préparation du gâteau de Noël par la famille de Bill (p.25/26) qui donne envie de lécher la cuillère avec le reste de pâte, les repas de Mrs Kehoe dans son pub (p.96) ou bien encore l’assiette d’œuf ou bien encore le cake aux fruits et le thé servi chez les religieuses (p.72).

Pour d’autres avis: Bianca et Fondant.

Participation #3 (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2023 de Bidib #Irlande

Participation #4 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2023 de Bidib et Fondant #Plats irlandais et de Noël

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