Auteur/autrice : Jojo (Page 6 of 390)

Au fil des pages avec Alan Turing

J’ai lu Alan Turing de Maxence Collin, François Rivière et Aleksi Cavaillez (éd. Casterman, mai 2024, 264 pages), un roman graphique en noir et blanc et biographique sur Alan Turing (1912/1954), mathématicien britannique et pionnier de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Partant du procès pour outrage aux bonnes mœurs en 1952 (l’homosexualité étant, à l’époque, un délit), ce roman retrace, par flashbacks, la vie d’Alan Turing, de son enfance, de ses années d’étudiant, ses recherches jusqu’à son décès le 7 juin 1954. S’intercalent également, entre chaque épisode de sa vie, les témoins de moralité à son procès et un cauchemar récurrent. Qui était donc Alan Turing? 

Enfant rêveur et solitaire, on le voit grandir et se questionner au fil des amitiés qu’il noue et qui, chacune à leur manière, seront déterminantes sur ses recherches, comme Christopher Morcom, prématurément décédé à 19 ans, David Champernowne ou Joan Clarke avec qui il a été brièvement fiancé, les époux Newman ou Robin Gandy… Bien que recherchant souvent la solitude, il a dû travailler en équipe, comme lors de la Seconde Guerre Mondiale avec ses homologues polonais, en particulier Marian Rejewski. 

J’ai bien apprécié cette biographie qui vulgarise les apports incontestables d’Alan Turing, que ce soit l’idée de machine universelle qui lui permettrait de résoudre des problèmes en apprenant elle-même, sa participation au décryptage de la machine Enigma pendant la Seconde Guerre mondiale, le test de Turing (une machine peut-elle penser, à tout le moins imiter une conversation humaine sans que cela soit détectable?)… Graphiquement, cela m’a bien plu également, les bulles mettant bien en scène les pensées intimes et réflexions d’Alan Turing, que ce soit dans ses difficultés relationnelles ou dans ses intuitions et découvertes. On a l’impression de plonger dans sa tête, notamment lors des bulles d’explications scientifiques. J’ai trouvé que les auteurs avaient réussi à maintenir l’équilibre entre tranche de vie et aspect scientifique. Un très bon moment de lecture fort instructif et qui se termine sur une fin qui donne ton son sens au cauchemar récurrent!

La BD de la Semaine chez Moka cette semaine

Participation #2 Le Mois Anglais 2026 de Lou et Martine #Roman graphique

 

Au fil des pages avec le tome 2 de La petite faiseuse de livres

J’ai lu le week-end dernier le tome 2 de La petite faiseuse de livres de Miya Kazuki, Suzuka et You Shiina (éd. Ototo, février 2020, 160 pages), un manga shōnen à partir de 10 ans, l’autrice adaptant sa série de light novels éponyme. J’ai retrouvé avec plaisir Urano Motosu réincarnée en Naïm, une fillette de 5 ans toujours aussi chétive et en proie à de violentes fièvres qui la clouent plusieurs jours au lit. Pour autant, grâce à ses connaissances issues de son ancienne vie et malgré une santé fragile et l’arrivée de l’hiver qui retarde ses plans, elle est toujours aussi déterminée à fabriquer un livre. Après l’échec du parchemin, aura-t-elle plus de réussite avec les tablettes d’argile? 

A travers la quête de la fillette, j’ai apprécié en découvrir un peu plus sur sa nouvelle vie au sein d’Ehrenfest et des liens qu’elle a réussi à tisser entre les membres de sa famille, sa relation avec son père Gunther s’améliorant ou avec son entourage comme son ami Lutz, du même âge qu’elle ou Otto, le soldat travaillant sous les ordres de son père et qui fait d’elle son assistante. Il s’agit ainsi avant tout de tranches de vie du quotidien de la fillette qui a bien du mal à s’adapter à sa nouvelle vie, privée de livres et d’autres objets modernes ou du confort de son ancienne vie. Même les fruits et légumes sont étranges et teintés de magie, comme le paroutier dont la cueillette des fruits (les parous), en hiver, est surprenante et compliquée. 

Graphiquement, elle me plaît toujours autant, en particulier dans ce tome les passages hivernaux, la neige et le blizzard obligeant les habitants à se confiner chez eux, les réserves s’amenuisant et la famille de Naïm s’éclairant à la bougie. Encore un bon moment de lecture avec cette biblio-fantaisie! J’ai d’ailleurs enchaîné avec le tome 3 qui développe encore plus le fonctionnement d’Ehrenfest fortement inégalitaire entre les riches et les pauvres et qui prolonge les préparatifs du baptême de sa sœur aînée Tuuli, une cérémonie permettant à tout enfant de 7 ans de devenir citoyen de la ville et de pouvoir débuter son apprentissage. 

Participation #10 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Manga shōnen

Participation #30 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Manga Shōnen

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Objet: « Livres »

Au fil des pages avec La salle de bal

J’ai lu La salle de bal d’Anna Hope (éd. Gallimard, coll. Du monde entier, août 2017, 400 pages), un roman choral historique se déroulant, en 1911, dans l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, en Angleterre avec le point de vue de trois personnages principaux: Ella Fay, nouvelle internée, pauvre et illettrée, après avoir cassé une vitre dans l’usine de filature où elle travaillait depuis son enfance, John Mulligan, un Irlandais mélancolique arrivé il y a 2 ans et le Dr. Charles Fuller, un psychiatre violoniste prenant fait et cause pour les thèses eugénistes et le projet de loi sur le contrôle des faibles d’esprit soutenu par Churchill, alors Ministre de l’Intérieur.

Sous l’impulsion du Dr. Charles Fuller et afin d’améliorer le traitement des personnes internées, des bals sont organisés le vendredi soir, permettant aux hommes et aux femmes de se rencontrer et de danser dans des conditions strictes. C’est ainsi qu’Ella et John vont pouvoir se côtoyer. Et si un avenir à deux était possible? 

J’ai bien plus apprécié ce roman que Ce qu’elle a laissé derrière elle d’Ellen Marie Wiseman (éd. Faubourg-Marigny, mars 2023, 400 pages) et Le Bal des folles de Victoria Mas (éd. Albin Michel, août 2019, 256 pages). Il aborde pourtant les mêmes thèmes mais le récit est bien plus étoffé et mieux amené, que ce soit dans les liens unissant les personnages ou la vie quotidienne au sein de l’asile, chacun devant contribuer à son fonctionnement, les hommes dehors, souvent dans les champs et les femmes à la buanderie ou dans les cuisines. Au-delà de la vie au sein de l’asile, ce sont les choix politiques au sein de la société anglaise du début du XXe siècle qui sont questionnés. J’ai ainsi trouvé que l’arc narratif autour du médecin psychiatre, refoulant son homosexualité, était bien plus pertinent ici en apportant un enjeu sociétal autour des traitements psychiatriques. Quelle politique de santé mentale privilégier?

Et que dire des patients considérés comme instables non en raison d’un trouble psychologique mais car indigent ou vu comme asocial et anticonformiste? A ce titre, l‘histoire de Clem, une autre jeune femme internée et se liant d’amitié avec Ella est touchante et révoltante. Celle-ci appartient à une famille aisée, son internement lui apparaissant moins pire que le mariage arrangé qu’elle a réussi à fuir et lui permettant d’accéder à sa passion, la lecture. Mais jusqu’à quand?

Il y est ainsi question de la prise en charge psychiatrique au début du XXe siècle, de stérilisation forcée, de seconde chance, de la condition de la femme, d’inégalités sociales, de dépression, de prémisses d’art-thérapie par la danse, d’émancipation, de quête de liberté…  Un très bon moment de lecture! Il me reste désormais à découvrir Mon vrai nom est Elisabeth d’Adèle Yon (éd. du Sous-sol, février 2025, 400 pages). 

Participation #1 Le Mois Anglais 2026 de Lou et Martine #Roman historique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Musique: « Bal »

Pause gourmande: Mini-muffins aux abricots

Cette année, la saison des abricots a commencé plus tôt, dès début mai. J’en ai profité pour faire des mini-muffins avec les premiers, petits et acidulés. J’ai repris ma recette en ajoutant de la poudre d’amandes. Les (mini) muffins sont des gâteaux d’origine du Pays de Galles même si la recette actuelle, plus sucrée, est américaine. 

Les ingrédients: 2 œufs, 75 g de sucre en poudre, 50 g de beurre fondu, 100 g de poudre d’amandes, 150 g de farine, 10 cl de lait, 1 sachet de levure chimique, des abricots et du sucre perlé.

Les étapes de la préparation: J’ai commencé par mélanger au fouet les deux œufs et le sucre jusqu’à obtenir une crème plus ou moins blanchâtre. Puis avec une cuillère en bois, j’ai jouté un à un tout en remuant le beurre fondu, le lait, la poudre d’amande puis la farine. J’ai ensuite mis en remuant plus lentement la levure puis les abricots coupés en petits morceaux. Après avoir beurré et fariné le moule à mini-muffins, j’y ai versé la pâte puis j’ai fini en recouvrant le dessus avec du sucre perlé, en en gardant certains sans. Puis je l’ai mis au four préchauffé à 200 degrés et laisser cuire les mini muffins pendant 20 minutes. J’ai pu faire une seconde tournée.

Verdict: C’est toujours aussi bon! Je les préfère avec le sucre perlé. 

Pour d’autres idées gourmandes, n’hésitez pas à aller voir comme chaque dimanche chez Isabelle et les autres Marmitonnes. 

Les Gourmandises 2026 d’Isabelle #Mini-muffins aux abricots

 

Billet de suivi: Le Mois Anglais 2026

Comme déjà depuis plusieurs années, je participe tout au long du mois de juin au challenge Le Mois Anglais 2025 coorganisé par Lou et Martine. Le programme est libre. J’ai d’ores et déjà de quoi lire en piochant dans ma liseuse, nos étagères et mes derniers emprunts à la médiathèque comme Ivanhoé de Walter Scott, Sanditon de Jane Austen, Avril enchanté de d’Elizabeth von Arnim, le tome 1 d’Harry Potter (à la demande expresse de mon mini sorcier qui m’a demandé de lui emprunter le tome 8, Harry Potter et l’Enfant Maudit qui est une pièce de théâtre)… Je voudrais profiter de cette nouvelle édition pour chroniquer d’anciennes lectures comme La salle de bal d’Anna Hope, Hamnet de Maggie O’Farrell, Recherche gentleman fortuné de Sophie Irwin, Le Vent dans les saules de Kenneth Grahame, Le Petit Lord Fauntleroy de Frances H. Burnett… J’ai également prévu des pauses gourmandes avec la Brigade des Marmitonnes d’Isabelle le dimanche. Pour plus d’infos, n’hésitez pas à aller sur leurs blogs, Instagram ou à rejoindre le groupe FB: ici.

Ce billet sera actualisé au fil du mois en tenant compte uniquement de nos lectures anglaises tout en faisant un billet séparé pour chaque participation.

Pour des idées anglaises chez les autres participantes: Lou, Martine, Enna, Nathalie, Bianca, Belette, Isabelle, Hilde, Eimelle, Mrs Turner, Audrey, Katell, Carfax, Pativore

Bon week-end et à lundi pour le début du challenge!

Semaine 1 du Mois Anglais 2026

J’ai lu, en e-book De périlleuses fiançailles d’Amanda Quick (éd. J’ai lu pour elle, coll. Aventures & Passions, rééd. janvier 2026, 384 pages), une romance historique se déroulant Londres où sévit un dangereux tueur de femmes surnommé Le prétendant fatal. Sa dernière victime, Amity Doncaster a réussi à lui échapper. Un bon moment de lecture mêlant enquête policière et espionnage sous fond de double romance entre Amity et Benedict Stanbridge, un ingénieur à qui elle a sauvé la vie quelques semaines plus tôt, les deux annonçant de fausses fiançailles pour débusquer le tueur et aussi entre la sœur d’Amity, Penny et l’inspecteur Logan! 

Semaine 2 du Mois Anglais 2026

  • 8 juin 2026: La salle de bal d’Anna Hope (éd. Gallimard, coll. Du monde entier, août 2017, 400 pages), un roman choral historique se déroulant, en 1911, dans l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, en Angleterre
  • 10 juin 2026: Alan Turing de Maxence Collin, François Rivière et Aleksi Cavaillez (éd. Casterman, mai 2024, 264 pages), un roman graphique en noir et blanc et biographique sur Alan Turing
  • 14 juin 2026: La petite fée des bois de Briony May Smith (éd. Gallimard Jeunesse, octobre 2024, 40 pages), un album jeunesse à partir de 3/4 ans

Semaine 3 du Mois Anglais 2026

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