Étiquette : transmission (Page 1 of 4)

Au fil des pages avec La souffleuse du temps

Pour la Quinzaine italienne 2026 et comme Eimelle, j’ai lu, en e-book, La Souffleuse du temps de Cristina Caboni (éd. Les Presses de la Cité, avril 2025 , 422 pages), un roman qui alterne entre les années 40/50 et notre époque avec la vie de deux femmes dont le destin semble lié à un collier de perles. A notre époque, à Seattle, Juliet Meriwether, une Américaine d’origine italienne, âgée de 23 ans, voit son rêve de devenir artiste verrier en ayant été acceptée dans un stage prestigieux, pendant 3 mois, dans une école internationale de verrerie dirigée par Marcus Quintavalle sur l’île de Murano, près de Venise, en Italie, même si elle est blessée par sa famille lorsqu’elle leur parle de cette nouvelle, ce rêve étant loin de leur plaire, eux qui sont tous médecins. Parallèlement, à la fin des années 40, Marina « Nina » Chiaramonte entend bien reprendre la verrerie familiale de son père, comme l’avait fait déjà, en son temps, Marietta Barovier, l’inventrice de la perle « rosetta », et non finir « bien mariée », comme l’encourage sa mère, l’entreprise revenant alors à son frère aîné, Luigi. Malgré les décennies qui les séparent, les deux femmes sont confrontées aux mêmes épreuves, le travail de verrerie étant une affaire d’hommes. Arriveront-elles à s’émanciper et revendiquer leur place? 

J’avais repéré ce roman pour le lieu de son intrigue, l’île de Murano et ses verriers. Mais malheureusement, j’en ressors déçue tant j’ai trouvé l’histoire vue et revue et bien trop prévisible, le hasard faisant bien les choses surtout pour Juliet dans sa quête de retrouver la propriétaire du collier de perles confié par sa vieille nourrice italienne Gina. Le personnage de Marina m’a toutefois un peu plus touchée, malgré l’amour filial qu’elle porte à Luigi, lui pardonnant toutes ses trahisons, se révélant déterminée et courageuse, que se soit dans sa vie professionnelle ou amoureuse, n’ayant jamais oublié son premier amour pour un des apprentis de son père, Zeno parti faire fortune en Chine que celui de Juliet, introvertie et peu sûre d’elle et qui va reprendre confiance en elle aux côtés de Marcus. 

Il y est ainsi question de quête de soi, d’émancipation féminine, de secrets de famille, d’entraide, de sororité, de romances « fleur bleue », de transmission… Une lecture que je retiendrai avant toute pour cette plongée dans le travail des souffleurs et souffleuses de verre (avec Marina et les autres femmes de son atelier) et qui m’ont rappelé ce que j’ai pu voir dans les ateliers de verrerie non de Murano mais de Biot, dans les Alpes-Maritimes ou l’album jeunesse, Le souffleur de rêves de Bernard Villiot et Thibault Prugne (éd. Gautier-Languereau, 2015)! La note finale de l’autrice détaillant ses recherches et sources historiques était fort intéressante, à l’instar des « épigraphes » au début de chaque chapitre éclairant sur l’histoire de la verrerie vénitienne. 

Petit aparté: (Attention Spoiler) Ma lecture a été gênée par le « secret de famille » de Juliet concernant sa filiation, celui-ci me paraissant peu crédible eu égard à l’état-civil français. Or celle-ci étant Américaine, j’ai appris la différence entre un acte de naissance français et un américain, ce dernier faisant table rase du passé alors que celui français étant mis à jour tout au long de l’existence de la personne et est donc bien plus conforme au droit à connaître ses origines. Par exemple, si un enfant américain est adopté par son beau-parent (le nouveau mari de sa mère) et prend son nom de famille, son nom de naissance qu’il tenait de son père décédé va disparaître, son premier acte de naissance étant mis sous scellé et remplacé par un nouveau ne tenant compte que de sa nouvelle filiation (aucune mention raturée de l’ancien nom de famille). Suivant son âge au moment de l’adoption, il pourra l’ignorer et même s’il le sait et s’il a lui-même des enfants et garde ce changement secret, ceux-ci seront tenus dans l’ignorance de leur filiation originelle. 

Pour d’autres avis: Eimelle (bien plus enthousiaste que moi).

Participation #1 La Quinzaine Italienne 2026 d’Eimelle #Murano

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #6 Catégorie Passage du temps: « Temps »

Au fil des pages avec Le goût du cresson

Repéré chez Mélissande, j’ai emprunté à la médiathèque Le goût du cresson d’Andrea Wang et Jason Chin (éd. Hong-Fei, octobre 2024, 40 pages), un album jeunesse à partir de 8 ans et au format à l’italienne. Sur une route de l’Ohio, une adolescente se sent bien honteuse quand ses parents décident de ramasser du cresson sauvage au bord de la route, contrairement à son jeune frère. De retour à leur domicile, elle refuse de manger le plat préparé avec cette cueillette. Et si c’était l’occasion pour sa mère de lui parler de son enfance en Chine?

L’histoire est touchante, tout en pudeur et en retenue. Il y est question de transmission culturelle avec une famille d’immigrés chinois venus s’installer aux États-Unis pour fuir la pauvreté, de la difficulté de communiquer entre parents et enfants, l’adolescente culpabilisant d’avoir honte face au silence parental, bien trop pesant. Et si la libération de la parole maternelle permettait de créer de nouveaux souvenirs et de voir la richesse de cette double culture sino-américaine? Les illustrations m’ont également beaucoup plu, très réalistes et expressives. Elles accompagnent à merveille ce témoignage, le récit de l’autrice étant en partie autobiographique. Un bon voire très bon moment de lecture!

Participation #21 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

Au fil des pages avec La BD de l’Avent 2025

Comme l’année dernière, j’ai lu, en version numérique via ma médiathèque, La BD de l’Avent (éd. Le Lombard, septembre 2025, 200 pages), 24 courtes BD de Noël en 4 planches et réalisées par un collectif de scénaristes/dessinateurs de BD jeunesse et à partir de 4 ans selon l’éditeur. J’ai préféré ce nouvel opus à celui de l’année dernière, mettant à l’honneur l’esprit et la magie de Noël et l’ayant trouvé plus accessible pour un lectorat jeunesse. J’ai d’ailleurs pu toutes les partager avec mon mini lutin, contrairement à l’année dernière.

En quelques bulles à la fin plus ou moins ouverte, nous retrouvons les thèmes chers à cette période de fêtes, qu’il y ait ou non de la neige: famille, partage, transmission, joie, générosité et découvertes… Certaines nous ont plus touchés que d’autres avec cette innocence enfantine, de la solidarité ou de l’humour… Graphiquement, j’ai apprécié retrouver, par exemple, le trait de crayons de Dav, Lucy Mazel et Carine Hinder ou le style d’écriture de Joris Chamblain ou Jérôme Pélissier. J’en ai également noté d’autres afin de découvrir leurs BD comme Fabrice Parme. 

Dans l’ordre de découverte journalière, je retiendrai notamment la BD 2: Les beaux sapins de Fabrice Parme, la BD 6: Un Noël pacifique de Crisse et Valérie Vernay, la BD 8: Une petite faim de Dav, la BD 9: Une nuit parfaite de Mathilde Domecq, la BD 12: La petite souris de Noël de Benoît Feroumont, la BD 15: Voyage voyage de Thomas Le Petit-Corps, Antonello Dalena et Paolo Maddaleni, la BD 19: Un amour de Noël de Dutto et BenBK, la BD 22: Le trac du Père Noël d’Adeline Avril ou bien encore la BD 24: Magie de Noël de Jérôme Pélissier et Carine Hinder… Et de nombreuses bulles gourmandes!

Participation #7 Challenge Christmas Time 2025 de MyaRosa #BD jeunesse

Participation #8 Challenge il était 13 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #BD jeunesse

Participation #12 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #BD jeunesse

Participation # Noëlloween 2025 #la BD 19

Participation # Challenge Contes & Légendes 2025 de Bidib #légendes

Participation # Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2025 de Bidib et Fondant #Cuisine de Noël

Au fil des pages avec Retour à Lake Grove

J‘ai lu Retour à Lake Grove de J. Courtney Sullivan (éd. Les Escales, mai 2025, 560 pages), un roman contemporain se déroulant à Awadapquit, une petite ville balnéaire du Maine, la ville natale de Jane Flanaghan qui y revient, un an après le décès de sa mère, afin de vider la maison familiale pour la mettre en vente. A l’aube de ses 40 ans et alcoolique, elle a tout perdu tant sur le plan privé que professionnel: son mariage avec David et son travail d’archiviste à la bibliothèque Schlesinger de Harvard dédiée à l’histoire des femmes américaines. Elle accepte de travailler pour Geneviève, la nouvelle riche propriétaire d’une maison qui l’a toujours fascinée depuis ses 17 ans et qui serait hantée, en enquêtant sur les précédents occupants des lieux. Jane semble prête à tout pour réparer le passé. Ce devoir de mémoire lui permettra-t-il également d’apaiser ses propres douleurs familiales et de donner un nouveau souffle à sa vie?  

Le propre passé familial de Jane s’entrechoque avec celui historique de la maison victorienne construite en 1846 et située sur le bout d’une falaise surplombant l’océan, à l’écart de la ville, épicentre culturel de tout le roman, sous le prisme de ses occupantes qui renvoie à une part du passé américain: les Abénaquis, peuple autochtone ayant précédé l’arrivée des premiers colons, l’essor de la ville avec les scieries au XIXe siècle, les Shakers, les années 60… Quelle voix donner aux fantômes du passé?

Il y est ainsi question de deuil, de secrets de famille, du devoir de mémoire, de rapatriement culturel, de l’Histoire américaine se mêlant à la petite histoire personnelle de Jane, d’hérédité, de transmission intergénérationnelle, de réhabilitation du passé, d’alcoolisme, de spiritisme…. Mais le rythme est bien trop souvent « cassé » par la façon dont tout cela s’emboîte, l’autrice abusant de procédés narratifs lui permettant de dévoiler les secrets des unes et des autres (comme une découverte d’un objet ancien ou d’une rencontre fort à-propos ou un changement inopiné de point de vue d’un personnage…). Cela m’a paru bancal, tant c’était à destination du lecteur et rendant confuse et décousue l’intrigue principale autour de Jane. Une lecture intéressante mais au rythme inégal et avec bien trop de longueurs et de facilités scénaristiques!

Participation # Challenge Halloween 2025 de Hilde et Lou #Fantômes du passé

Participation # (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #États-Unis

Challenge Petit Bac d’Enna #4 Catégorie Lettre isolée: « à »

Au fil des pages avec Minuit passé

Avec Hilde et Lou, j’ai lu Minuit passé de Gaëlle Geniller (éd. Delcourt, octobre 2024, 204 pages), un roman graphique fantastique au joli jaspage et qui a été choisi comme lecture commune pour le challenge Halloween 2025. Je l’avais repéré depuis sa parution, ayant été attirée par l’illustration de couverture et son aura mystérieuse qui m’avait fait penser à Tom et le jardin de minuit de Philippa Pearce.

Loin de Londres, dans la campagne anglaise, Guerlain, restaurateur d’art s’installe avec son jeune fils, Nisse dans le manoir dans lequel il a vécu plusieurs années auparavant, dans sa jeunesse, avec ses trois sœurs aînées. Ces dernières s’en souviennent mais pas lui. Insomniaque comme lorsqu’il était petit, Guerlain passe des nuits agitées d’autant plus que des événements étranges surgissent. Doit-il s’en méfier ou non? Le manoir serait-il hanté?

Graphiquement, je l’ai particulièrement apprécié avec ce côté suranné, gothique, mystérieux, Art déco et floral, me demandant, comme Guerlain, si la présence des trois corneilles qui lui apportent des fleurs est bienveillante ou malfaisante et qui peut bien être Minuit, d’autant que son fils ne semble pas plus perturbé que cela par ces événements étranges. Les relations entre Guerlain et son fils (autour des livres, en particulier des contes de fées ou des classiques de la littérature anglaise comme Peter Pan) ou avec ses sœurs aînées étaient très touchantes, chaleureuses, soudées et complices, les trois sœurs prenant toujours soin de leur petit frère malgré la distance et les années passées.

Les allers-retours entre présent et passé permettent, petit à petit, de lever le voile sur l’atmosphère onirique et inquiétante du manoir. Les illustrations ont d’ailleurs pris le pas sur l’intrigue, me laissant porter par leur découverte, la fin laissant une part de mystère non dévoilé. Il y est ainsi question de la famille, du temps qui passe, de retour à l’enfance, d’acceptation de soi, de transmission, du plaisir de lire et même de spiritisme et du langage des fleurs… Un très bon moment de lecture moins angoissant et plus lumineux que prévu, même si j’aurai apprécié un peu plus d’explications sur la fin! 

Pour d’autres avis sur ce roman graphique: Hilde, Lou (IG), Nathalie, Chicky Poo et Bianca.

Participation #15 Challenge Halloween 2025 de Hilde et Lou #LC

Participation #25 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2025 de Bidib et Fondant #Cuisine anglaise

Participation # Challenge Contes & Légendes 2025 de Bidib #Contes de fées

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