Étiquette : tentative de suicide

Au fil des pages avec La salle de bal

J’ai lu La salle de bal d’Anna Hope (éd. Gallimard, coll. Du monde entier, août 2017, 400 pages), un roman choral historique se déroulant, en 1911, dans l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, en Angleterre avec le point de vue de trois personnages principaux: Ella Fay, nouvelle internée, pauvre et illettrée, après avoir cassé une vitre dans l’usine de filature où elle travaillait depuis son enfance, John Mulligan, un Irlandais mélancolique arrivé il y a 2 ans et le Dr. Charles Fuller, un psychiatre violoniste prenant fait et cause pour les thèses eugénistes et le projet de loi sur le contrôle des faibles d’esprit soutenu par Churchill, alors Ministre de l’Intérieur.

Sous l’impulsion du Dr. Charles Fuller et afin d’améliorer le traitement des personnes internées, des bals sont organisés le vendredi soir, permettant aux hommes et aux femmes de se rencontrer et de danser dans des conditions strictes. C’est ainsi qu’Ella et John vont pouvoir se côtoyer. Et si un avenir à deux était possible? 

J’ai bien plus apprécié ce roman que Ce qu’elle a laissé derrière elle d’Ellen Marie Wiseman (éd. Faubourg-Marigny, mars 2023, 400 pages) et Le Bal des folles de Victoria Mas (éd. Albin Michel, août 2019, 256 pages). Il aborde pourtant les mêmes thèmes mais le récit est bien plus étoffé et mieux amené, que ce soit dans les liens unissant les personnages ou la vie quotidienne au sein de l’asile, chacun devant contribuer à sa fonctionnement, les hommes dehors, souvent dans les champs et les femmes à la buanderie ou dans les cuisines. Au-delà de la vie au sein de l’asile, ce sont les choix politiques au sein de la société anglaise du début du XXe siècle qui sont questionnés. J’ai ainsi trouvé que l’arc narratif autour du médecin psychiatre, refoulant son homosexualité, était bien plus pertinent ici en apportant un enjeu sociétal autour des traitements psychiatriques. Quelle politique de santé mentale privilégier?

Et que dire des patients considérés comme instables non en raison d’un trouble psychologique mais car indigent ou vu comme asocial et anticonformiste? A ce titre, l‘histoire de Clem, une autre jeune femme internée et se liant d’amitié avec Ella est touchante et révoltante. Celle-ci appartient à une famille aisée, son internement lui apparaissant moins pire que le mariage arrangé qu’elle a réussi à fuir et lui permettant d’accéder à sa passion, la lecture. Mais jusqu’à quand?

Il y est ainsi question de la prise en charge psychiatrique au début du XXe siècle, de stérilisation forcée, de seconde chance, de la condition de la femme, d’inégalités sociales, de dépression, de prémisses d’art-thérapie par la danse, d’émancipation, de quête de liberté…  Un très bon moment de lecture! Il me reste désormais à découvrir Mon vrai nom est Elisabeth d’Adèle Yon (éd. du Sous-sol, février 2025, 400 pages). 

Participation #1 Le Mois Anglais 2026 de Lou et Martine #Roman historique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Musique: « Bal »

Au fil des pages avec Meurtre en coulisse (T3)

Avant de lire le tome 4, je prends le temps de chroniquer Meurtre en coulisse, une enquête de Loveday & Ryder de Faith Martin (éd. Harper Collins, décembre 2020, 284 pages), le tome 3 (lu il y a déjà longtemps) de cette série « cosy mystery » qui se déroule en septembre 1960, à Oxford où se prépare le premier concours de beauté Miss Miel organisé par les époux Dunbar sous fond de compétition et de rivalité, une des participantes, Abigail Trent, étant retrouvée morte. 

La jeune policière Trudy Loveday et le coroner, le Dr. Clement Ryder décident alors de mener l’enquête incognito dans les coulisses de ce concours, Trudy en infiltrant le concours de beauté en tant que candidate tandis que le Dr. Ryder rejoint le jury. Ils devront déterminer si la jeune fille a été empoisonnée ou non, d’autant que des incidents rapportés par une amie d’enfance de Trudy, Grace Farley qui fait partie de l’organisation du concours, ont lieu pendant les répétitions comme des pots de crème trafiqués, des fils tendus entre les marches… Ces actes malveillants seraient-ils en lien avec le décès?

J’ai une nouvelle fois apprécié le duo formé par Trudy Loveday, une jeune stagiaire de police et le Dr. Clement Ryder, un ancien chirurgien devenu coroner pour cacher sa maladie de Parkinson. Leur duo fonctionne toujours aussi bien, la jeune femme se questionnant sur le comportement parfois intriguant du coroner, surtout sur sa manie de sucer des pastilles à la menthe, le soupçonnant d’être alcoolique. 

Mais l’intrigue m’a moins convaincue d’autant que j’aurai apprécié en connaître un peu plus sur la société anglaise des années 60, le thème révélé par cette enquête étant plus dans l’air du temps contemporain et les coulisses du concours de beauté ayant pu se dérouler à n’importe quelle époque finalement (ne pouvant m’empêcher de penser à Miss Détective, un film australo-américain sorti en 2000 avec Sandra Bullock). Une lecture agréable surtout grâce à la présence de ce duo d’enquêteurs et complices et dont on ressent les influences d’Agatha Christie chez l’autrice! La scène finale donne envie de lire la suite.

J’ai enfin relevé quelques passages gourmands avec les discussions dans le bureau du Dr. Ryder autour d’une tasse de thé (« un plateau contenant une grande théière, trois tasses et une boîte de biscuits Huntley & Palmers ») ou chez les parents de Trudy, « Clement englout(issant) deux tranches de son Dundee cake »…

Participation #3 Challenge British Mysteries 2025 de Lou et Hilde #Cosy mystory historique

Participation #6 (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Royaume-Uni

Challenge Petit Bac d’Enna #2 Catégorie Crimes et Justice: « Meurtre »

Participation #9 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2025 de Bidib et Fondant #Cuisine anglaise

 

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