Étiquette : roman court (Page 1 of 8)

Au fil des pages avec Un jour, je te mangerai

J’ai lu Un jour, je te mangerai de Géraldine Barbe (éd. L’école des loisirs, coll. Médium+,  janvier 2021, 144 pages), un court roman jeunesse à partir de 13 ans et à la jolie et intrigante illustration de couverture de Hülya Özdémir. Chloé, la narratrice âgée de 12 ans est confrontée à l’anorexie avec crise de boulimie de sa sœur aînée Alexia, âgée de 15 ans. Comment vivre au quotidien? 

La narratrice subit la violence de sa sœur aînée qui elle-même souffre, l’insultant ou la rabaissant sans cesse. On ressent sa confusion, sa peur à ne pas savoir comment appréhender Alexia (se faire toute petite, ne rien dire ou au contraire la mettre face à ses actes…), sa culpabilité… En tant que lecteur adulte, on ressent ce décalage entre ce que se doute de plus en plus Chloé sans pour autant y mettre les bons mots et les signes évidents de la maladie mentale d’Alexia (alternance de frénésie alimentaire et de phase de boulimie vomitive, contrôle du corps et de la nourriture en préparant à manger pour les autres…).

J’ai apprécié l’originalité de ce récit qui met en exergue les répercussions anxiogènes d’une maladie d’un membre d’une famille sur ses proches. La plus jeune souhaite déjà être à l’âge de la plus grande alors que celle-ci regrette de ne plus avoir l’âge de la première, un âge d’avant la puberté et de la transformation de son corps. Les parents, Corinne et Paul semblent totalement dépassés par la situation. Mais le sont-ils car ils ont gardé le silence avec Chloé, pensant mieux la protéger ou car ils n’ont pas su ou voulu voir le mal-être profond de leur fille aînée? Un bon moment de lecture même si j’ai trouvé que la fin était trop précipitée!

Participation #34 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Court roman jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Pronom personnel sujet: « Je »

Au fil des pages avec La forêt au clair de lune

J’ai lu, en e-book, La forêt au clair de lune de Michiko Aoyama (éd. J’ai lu, coll. Nami, octobre 2025, 288 pages), un roman japonais contemporain avec l’histoire d’auditeurs qui suivent le podcast « Infos lunaires » de Taketori Okina qui, fasciné par la Lune, met en ligne, chaque matin, à 7h, son podcast astrologique de 10 minutes, sur les phases de la Lune, en particulier la nouvelle lune et les interprétations qu’on peut lui donner. Et si c’était l’occasion pour ces auditeurs perdus dans leur quotidien de donner un autre sens à leur vie?

On retrouve la même structure narrative « feel-good » des romans japonais contemporains avec ici un podcasteur comme fil conducteur et de quelques-uns de ses auditeurs qui vont se révéler être au tournant de leur vie: une ancienne infirmière quadragénaire, son frère cadet qui fait partie d’une troupe de théâtre, un humoriste qui désespère de ne pas réussir à percer, une lycéenne solitaire en froid avec sa mère et qui hésite sur son projet post-lycée, une créatrice de bijoux qui ne se sait comment concilier son mariage avec sa vie professionnelle…

J’ai trouvé les chapitres inégaux, certains personnages étant un peu trop déjà vus et peu approfondis et assez simplistes. A la lecture du titre, je m’attendais à un peu plus de délicatesse et de poésie dans ces tranches de vie, le podcast évoquant également le conte de la la princesse Kaguya. Mais après la lecture du dernier chapitre, le tout m’a paru finalement cohérent, en découvrant, au fil des pages, des liens entre eux insoupçonnés. Il y est ainsi question de quête de soi, de solitude, de quête de sens à sa vie privée ou professionnelle, du poids des secrets de famille, de confiance en soi, de relations familiales… Un bon moment de lecture dans l’ensemble mais qui sera vite oubliée! 

Participation #11 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Roman feel-good

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Lieu: « Forêt »

Au fil des pages avec Quelque chose à te dire

J’ai lu Quelque chose à te dire de Carole Fives (éd. Gallimard, août 2022, 176 pages), un court roman contemporain se déroulant principalement à Paris, pendant les années de pandémie de 2020/2021.  Elsa Feuillet, une mère divorcée quadragénaire, ayant en résidence alternée son jeune fils et vivant à Lyon est devenue écrivaine tant elle admire l’œuvre de la grande Béatrice Blandy qui vient de brutalement décédée d’un cancer mais sans avoir son talent ni son aisance sociale. Approchée par son mari désormais veuf, Thomas Blandy, de 25 ans son aîné, Elsa commence à nouer une relation, une semaine sur deux, avec lui en s’installant dans l’appartement parisien du couple resté en l’état depuis la mort de Béatrice et tout en continuant à se vouvoyer. Fascinée, elle va peu à peu se glisser dans la vie de la défunte romancière qui aurait laissé un dernier manuscrit qui semble pourtant ne pas exister. Jeu de miroirs ou jeu de dupes ?

J’ai emprunté ce roman à la médiathèque car il est présenté, au terme de la quatrième de couverture comme un « thriller troublant ». Je ne sais pas qui la cataloguer ainsi mais on est bien loin d’un thriller psychologique comme les deux références dont fait état l’autrice et qui ont été toutes les deux adaptées en film par Alfred Hitchcock: Rebecca de Daphné du Maurier (film de 1940) et Entre les morts de Boileau-Narcejac (film de 1958 sous le titre Sueurs froides). J’ai, en effet, trouvé que l’intrigue traînait en longueur malgré le fait que ce soit un roman court. Le récit se révèle d’une platitude ennuyante, sans tension dramatique et bien terne comparé à Rebecca ou Sueurs froides. Le fait d’en avoir fait mentionner ôte tout suspens au récit puisqu’on comprend très vite qu’il y est aussi question d’une machination et le twist final n’en est finalement pas un.

L’autrice ne va pas non plus au bout de sa tentative d’orienter le récit vers une touche fantastique dans l’admiration maladive d’Elsa pour Béatrice et son snobisme, ce qui tombe très vite à plat et devient bien incongru. ll y est aussi question de création artistique, du travail d’écriture ou la question du plagiat… Un roman sans originalité et qui sera vite oublié et au parisianisme bien appuyé (et bien insupportable) au même titre que leurs différences d’âge et de statut social!

Pour la petite anecdote, j’ai récupéré à Noël dernier plusieurs romans de jeunesse dans le grenier des mes parents afin de les proposer à mon mini lutin parmi lesquels Sans Atout et le Cheval Fantôme, le premier tome d’une série policière jeunesse et paru pour la première fois en 1971. De mon côté, après cette lecture, j’ai bien envie de revoir ou relire Sueurs Froides

Participation #9 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Objet: « Chose »

Au fil des pages avec Des gens comme il faut

J’ai lu, en e-book, Des gens comme il faut de Florence Chataignier (éd. Le Cherche Midi, mai 2024, 243 pages), un court premier roman « autobiographique » et dont l’illustration de couverture est une photographie personnelle de l’autrice. Au décès de son père, Fleurianne « Fleur » Cannelier entame un long processus de deuil en descendant, chaque jour, à la cave, ouvrir les boîtes et cartons de son passé remplis de lettres, photos, coupures de presse ou autres objets conservés, pour ne pas dire accumulés. Se replonger dans ses souvenirs est douloureux pour cette quadragénaire tant sa famille avait l’obsession des apparences et peu d’affections. Quelle vérité cherche-t-elle à découvrir en remontant le fil du temps? 

Malgré son aspect autobiographique, je ne me suis pas attachée à cette famille dysfonctionnelle et pourtant tristement banale, entre un père Jean Cannelier homosexuel refoulé mais éphébophile, une mère Madeleine volage et dépressive de 15 ans sa cadette, une sœur ainée, Apolline « Nine » la rebelle droguée mais préférée du père et la narratrice qui est, si je puis dire, la mieux lotie avec sa santé fragile, ses TOC et sa soif d’exemplarité en réponse aux imperfections de sa famille et qui n’était pas le fils tant attendu du père. Sans oublier un mariage fondé sur une différence de classe sociale: une Chti (de Cambrai) dans une famille bourgeoise et parisienne, tenant à son étiquette sociale à défaut d’être fortunée.

Au fil des « caves » et non des chapitres, on suit Fleur dans un passé reconstitué, sans qu’elle soit omnisciente mais quand même suffisamment, de l’histoire parentale: ses grands-parents, son père et sa mère où se mélangent ses propres souvenirs, confidences et secrets de famille – de Polichinelle pour la plupart dans les années 70/80, avec une touche faussement (inutilement) scabreuse et provocatrice à l’image de la photo de couverture. Connaît-on vraiment ses parents? Il y est ainsi question de deuil, de souvenirs d’enfance, d’héritage, de transmission, de faux-semblants, de rendez-vous manqués avec ce couple parental si mal assorti… 

Je n’ai pas non plus apprécié son style d’écriture, trop ampoulé avec pourtant des phrases courtes et l’emploi d’expressions qui m’ont fait souvent lever les yeux tant c’était pompeux ou juste inséré pour faire mouche mais qui m’ont semblé finalement bien fade et artificiel (comme le « chevillé au corps » employé deux fois) ou pour marquer la distance avec ses parents, le fait de les appeler par leurs prénoms et sans émotions palpables. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur si ce n’est que la quadragénaire ouvre des boîtes dans sa cave dans laquelle, au fil des mois, un arbre improbable surgit. Même cette métaphore de l’arbre, je l’ai trouvée ratée et me rappelant trop le nénuphar dans L’Écume des jours de Boris Vian. 

Après ma lecture, des questions demeurent. Par exemple, quelle est la part autobiographique et qui restera en héritage à ses enfants? Quelle trace fictive et déconstruite cela laissera-t-il d’elle envers eux? Ce roman aurait-il été publié si l’autrice ne travaillait pas dans le monde audiovisuel? Une lecture bien peu originale, ennuyante et qui sera vite oubliée tant le propos est éculé: « la vérité n’existe pas, il ne reste que la mémoire des sentiments »!

Enfin, il y est question d’un stage de la narratrice effectuée dans un orphelinat en Inde mais de façon tout aussi fugace, superficiel et parcellaire dans les méandres des souvenirs de la narratrice et dont elle conservera une statue de Ganesh dans la cave, comme pour mieux refléter son exemplarité et témoigner, sans doute, pour ses enfants, qu’elle n’a pas fait d’écarts de conduite, envers celui qui sera son futur époux. 

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Pronom personnel sujet: « Il »

Participation #2 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Inde des années 90

Au fil des pages avec Vacances de Noël

Le week-end dernier, j’ai lu Vacances de Noël de Somerset Maugham (éd. 10/18, mars 1996, 256 pages), un court roman d’apprentissage paru pour la première fois en 1939. Dans les années 20, Charley Mason, un jeune Anglais de 23 ans part une semaine à Paris, pour les vacances de Noël, avec l’accord de ses parents pour retrouver son ami d’enfance, Simon, devenu journaliste et qu’il n’a pas revu depuis deux ans, au lieu de du traditionnel réveillon de Noël dans sa famille, en Angleterre. Dès son arrivée à Paris, rien ne se passe comme prévu, encore moins lorsque Simon l’amène au Sérail passer la nuit avec une prostituée, la princesse russe Olga. Loin d’une soirée de luxure, le jeune homme fait connaissance avec un monde aux antipodes du sien, dont l’avenir riche est assuré en prenant la relève de son père. La jeune femme est bien russe mais s’appelle en réalité Lydia et est mariée à un homme, Robert Berger qui a été condamné à 15 ans de bagne à Cayenne pour meurtre, procès que son ami Simon avait couvert sans le lui dire. Charley sortira-t-il indemne de cette rencontre inattendue?

Je m’attendais à un roman de Noël mais en réalité le propos de l’auteur est tout autre, l’ambiance de Noël étant d’ailleurs quasiment absente, si ce n’est au début avec une messe de Noël à laquelle Charley, passionné de musique, va assister avec Lydia. La structure narrative du récit est plutôt proche d’une mise en abîme avec deux histoires qui s’entremêlent, celle de Charley et celle de Lydia. Leur rencontre est un peu comme un choc culturel, la nature « russe » au tempérament de feu, exalté et exubérant faisant face à la nature « anglaise », plus calme et flegmatique. Cela m’a fait penser à l’ambiance du film Lost in translation, même s’il n’y a pas la barrière de langue dans un pays qui n’est pas le sien (les deux parlant anglais et français). 

J’ai apprécié cette lecture où il est question du passage à l’âge adulte, d’amour inconditionnel (voire plutôt fou et destructeur de Lydia pour Robert) et d’enjeux socio-politiques (dans les discussions échangées entre Charley, jovial et de bonne nature et Simon, plus sombre et inquiétant aux idées politiques extrémistes), d’inégalités sociales et de discriminations dans un Paris des années 20 où affluent les réfugiés russes, après la Révolution Russe. L’auteur égratigne également, surtout au début du roman, avec ironie et humour so british, la haute bourgeoisie anglaise avec la famille de Charley qui suit les traces de son père, ayant renoncé à une carrière artistique pour reprendre la gérance de leurs affaires immobilières qui leur ont permis de s’enrichir et de s’élever socialement.  Un bon voire très bon moment de lecture! Je l’ai d’ailleurs plus apprécié que La passe dangereuse, le seul autre roman que j’ai lu de cet auteur que je vais continuer à découvrir, même si on retrouve certains thèmes. 

Participation #12 Challenge il était 13 fois Noël de Chicky Poo et Samarian #Roman

Participation #10 Challenge Christmas Time 2025 de MyaRosa #Roman

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Mot au pluriel: « Vacances »

Participation #1 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #classique anglais (1939)

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