Étiquette : préjugés (Page 1 of 9)

Au fil des pages avec La Souris sorcière et le Magichien d’Os (T2)

Pendant le RAT a week d’Halloween 2026, nous avons bien rigolé en lisant, avec mon mini sorcier, La Souris Sorcière et le Magichien d’Os de Rudy Spiessert (éd. L’École des Loisirs, mai 2025, 60 pages), un album jeunesse à partir de 5 ans. Dans la Forêt Mystérieuse, Sophie, la Souris Sorcière, assistée de l’araignée Mimouche qui miaule, vient en aide à Bertrand, le Magichien d’Os afin de chasser le terrifiant Chevalier Potiron qui terrorise les habitants du village de Tartifume. Le trio parviendra-t-il à faire cesser cette menace?

Avec mon mini sorcier, nous avons apprécié la référence au Magicien d’Oz, un de ses romans préférés, Bertrand se révélant un bien piètre magicien, lui qui rêve d’ouvrir un restaurant de gaufres et dont les traits rappellent ceux des Chiens Pirates. Le Chevalier Potiron m’a également fait penser à la légende du cavalier sans tête avec le film Sleepy Hollow de Tim Burton sorti en 1999 et que j’avais vu au cinéma, n’ayant toujours pas encore lu la nouvelle originelle de Washington Irwin parue pour la première fois en 1820.

Il y est ainsi question d’aventures un brin spooky pour se faire gentiment peur, d’amitié (avec la difficulté d’en nouer, par peur ou timidité), de courage, d’entraide, de préjugés… Un très bon moment de lecture avec une grande dose d’humour qui rappelle celui des Chiens Pirates (le tome 2) et qui se finit sur une note gourmande! J’ai déjà réservé à notre médiathèque le premier tome, La Souris Sorcière.

Participation #5 Challenge Halloween 2026 de de Hilde et Lou #Album jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #5 Catégorie Animal: « Souris »

Clin d’œil au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie

Au fil des pages avec La souffleuse du temps

Pour la Quinzaine italienne 2026 et comme Eimelle, j’ai lu, en e-book, La Souffleuse du temps de Cristina Caboni (éd. Les Presses de la Cité, avril 2025 , 422 pages), un roman qui alterne entre les années 40/50 et notre époque avec la vie de deux femmes dont le destin semble lié à un collier de perles. A notre époque, à Seattle, Juliet Meriwether, une Américaine d’origine italienne, âgée de 23 ans, voit son rêve de devenir artiste verrier en ayant été acceptée dans un stage prestigieux, pendant 3 mois, dans une école internationale de verrerie dirigée par Marcus Quintavalle sur l’île de Murano, près de Venise, en Italie, même si elle est blessée par sa famille lorsqu’elle leur parle de cette nouvelle, ce rêve étant loin de leur plaire, eux qui sont tous médecins. Parallèlement, à la fin des années 40, Marina « Nina » Chiaramonte entend bien reprendre la verrerie familiale de son père, comme l’avait fait déjà, en son temps, Marietta Barovier, l’inventrice de la perle « rosetta », et non finir « bien mariée », comme l’encourage sa mère, l’entreprise revenant alors à son frère aîné, Luigi. Malgré les décennies qui les séparent, les deux femmes sont confrontées aux mêmes épreuves, le travail de verrerie étant une affaire d’hommes. Arriveront-elles à s’émanciper et revendiquer leur place? 

J’avais repéré ce roman pour le lieu de son intrigue, l’île de Murano et ses verriers. Mais malheureusement, j’en ressors déçue tant j’ai trouvé l’histoire vue et revue et bien trop prévisible, le hasard faisant bien les choses surtout pour Juliet dans sa quête de retrouver la propriétaire du collier de perles confié par sa vieille nourrice italienne Gina. Le personnage de Marina m’a toutefois un peu plus touchée, malgré l’amour filial qu’elle porte à Luigi, lui pardonnant toutes ses trahisons, se révélant déterminée et courageuse, que se soit dans sa vie professionnelle ou amoureuse, n’ayant jamais oublié son premier amour pour un des apprentis de son père, Zeno parti faire fortune en Chine que celui de Juliet, introvertie et peu sûre d’elle et qui va reprendre confiance en elle aux côtés de Marcus. 

Il y est ainsi question de quête de soi, d’émancipation féminine, de secrets de famille, d’entraide, de sororité, de romances « fleur bleue », de transmission… Une lecture que je retiendrai avant toute pour cette plongée dans le travail des souffleurs et souffleuses de verre (avec Marina et les autres femmes de son atelier) et qui m’ont rappelé ce que j’ai pu voir dans les ateliers de verrerie non de Murano mais de Biot, dans les Alpes-Maritimes ou l’album jeunesse, Le souffleur de rêves de Bernard Villiot et Thibault Prugne (éd. Gautier-Languereau, 2015)! La note finale de l’autrice détaillant ses recherches et sources historiques était fort intéressante, à l’instar des « épigraphes » au début de chaque chapitre éclairant sur l’histoire de la verrerie vénitienne. 

Petit aparté: (Attention Spoiler) Ma lecture a été gênée par le « secret de famille » de Juliet concernant sa filiation, celui-ci me paraissant peu crédible eu égard à l’état-civil français. Or celle-ci étant Américaine, j’ai appris la différence entre un acte de naissance français et un américain, ce dernier faisant table rase du passé alors que celui français étant mis à jour tout au long de l’existence de la personne et est donc bien plus conforme au droit à connaître ses origines. Par exemple, si un enfant américain est adopté par son beau-parent (le nouveau mari de sa mère) et prend son nom de famille, son nom de naissance qu’il tenait de son père décédé va disparaître, son premier acte de naissance étant mis sous scellé et remplacé par un nouveau ne tenant compte que de sa nouvelle filiation (aucune mention raturée de l’ancien nom de famille). Suivant son âge au moment de l’adoption, il pourra l’ignorer et même s’il le sait et s’il a lui-même des enfants et garde ce changement secret, ceux-ci seront tenus dans l’ignorance de leur filiation originelle. 

Pour d’autres avis: Eimelle (bien plus enthousiaste que moi).

Participation #1 La Quinzaine Italienne 2026 d’Eimelle #Murano

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #6 Catégorie Passage du temps: « Temps »

Au fil des pages avec La salle de bal

J’ai lu La salle de bal d’Anna Hope (éd. Gallimard, coll. Du monde entier, août 2017, 400 pages), un roman choral historique se déroulant, en 1911, dans l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, en Angleterre avec le point de vue de trois personnages principaux: Ella Fay, nouvelle internée, pauvre et illettrée, après avoir cassé une vitre dans l’usine de filature où elle travaillait depuis son enfance, John Mulligan, un Irlandais mélancolique arrivé il y a 2 ans et le Dr. Charles Fuller, un psychiatre violoniste prenant fait et cause pour les thèses eugénistes et le projet de loi sur le contrôle des faibles d’esprit soutenu par Churchill, alors Ministre de l’Intérieur.

Sous l’impulsion du Dr. Charles Fuller et afin d’améliorer le traitement des personnes internées, des bals sont organisés le vendredi soir, permettant aux hommes et aux femmes de se rencontrer et de danser dans des conditions strictes. C’est ainsi qu’Ella et John vont pouvoir se côtoyer. Et si un avenir à deux était possible? 

J’ai bien plus apprécié ce roman que Ce qu’elle a laissé derrière elle d’Ellen Marie Wiseman (éd. Faubourg-Marigny, mars 2023, 400 pages) et Le Bal des folles de Victoria Mas (éd. Albin Michel, août 2019, 256 pages). Il aborde pourtant les mêmes thèmes mais le récit est bien plus étoffé et mieux amené, que ce soit dans les liens unissant les personnages ou la vie quotidienne au sein de l’asile, chacun devant contribuer à son fonctionnement, les hommes dehors, souvent dans les champs et les femmes à la buanderie ou dans les cuisines. Au-delà de la vie au sein de l’asile, ce sont les choix politiques au sein de la société anglaise du début du XXe siècle qui sont questionnés. J’ai ainsi trouvé que l’arc narratif autour du médecin psychiatre, refoulant son homosexualité, était bien plus pertinent ici en apportant un enjeu sociétal autour des traitements psychiatriques. Quelle politique de santé mentale privilégier?

Et que dire des patients considérés comme instables non en raison d’un trouble psychologique mais car indigent ou vu comme asocial et anticonformiste? A ce titre, l‘histoire de Clem, une autre jeune femme internée et se liant d’amitié avec Ella est touchante et révoltante. Celle-ci appartient à une famille aisée, son internement lui apparaissant moins pire que le mariage arrangé qu’elle a réussi à fuir et lui permettant d’accéder à sa passion, la lecture. Mais jusqu’à quand?

Il y est ainsi question de la prise en charge psychiatrique au début du XXe siècle, de stérilisation forcée, de seconde chance, de la condition de la femme, d’inégalités sociales, de dépression, de prémisses d’art-thérapie par la danse, d’émancipation, de quête de liberté…  Un très bon moment de lecture! Il me reste désormais à découvrir Mon vrai nom est Elisabeth d’Adèle Yon (éd. du Sous-sol, février 2025, 400 pages). 

Participation #1 Le Mois Anglais 2026 de Lou et Martine #Roman historique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Musique: « Bal »

Au fil des pages avec Lalie en l’air

J’ai lu Lalie en l’air d’Anne-Sophie Kalbfleisch (éd. du Rouergue, avril 2026, 128 pages), un court roman se déroulant entre 1994 et 1996, en Belgique. En 1994, à Louvière, Lalie, une petite fille âgée de 10 ans s’ennuie, entre des parents absents pour leur travail et des frère et sœur plus grands qu’elle qui la délaisseny, elle part se promener au bord du canal et se lie d’amitié avec un homme âgé, solitaire et discret en pénétrant, un jour, dans son jardin. Il devient important dans la vie de la petite fille en l’aidant pour ses devoirs ou lui faisant découvrir les oiseaux, la lecture et la musique classique… Lalie apprécie ce temps passé en sa compagnie, dans le potager ou chez lui. Mais l’attention portée par Mark est-elle vraiment sans arrière-pensée? 

Construit en trois parties, le récit se place sous le point de vue, à la deuxième personne du singulier, de Lalie, de sa meilleure amie Sophie qui rêve de devenir détective et qui la met en garde et de Mark. Dans un climat anxiogène marqué par des enlèvements d’enfants qui ont croisé la route d’une camionnette blanche, l’amitié entre Lalie et Mark devient de plus en plus suspecte, sans que Mark, comme par le passé, ne se défende. Au fil des pages, le drame semble inéluctable. Mais lequel? 

L’autrice nous replonge dans la société belge dans les années 90 et marquée, comme les pays frontaliers, par l’affaire Dutroux. Mark est-il un délinquant sexuel ou une victime des préjugés à l’égard des homosexuels, l’amalgame n’étant jamais loin? Même si le style à la deuxième personne du singulier m’a déroutée, j’ai apprécié ce court roman tout en nuances et qui instille le doute crescendo. L’autrice réussit à décrire deux personnages solitaires tout en fragilité et qui, chacun à leur façon, apporte tendresse et petites joies du quotidien dans la vie de l’autre. Un bon moment de lecture qui se termine sur la Marche blanche du 20 octobre 1996!

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Prénom: « Lalie »

Au fil des pages avec Le pays des cerisiers

J’ai lu Le pays des cerisiers de Fumiyo Kouno (éd. Kana, coll. Made in, août 2023, 128 pages), un manga seinen historique regroupant deux prépublications dans le magazine Weekly Manga Action en 2003 et 2004 au Japon. On y suit l’histoire de la famille Hirano, de 1955 à 2004, plusieurs années après le bombardement atomique d’Hiroshima.  

Le premier chapitre « La ville de Yûnagi » se déroule dans la ville d’Hiroshima, en 1955, 10 ans après le drame. Minami Hirano, victime des radiations, vit pauvrement avec sa mère en travaillant dans un atelier de couture et en âge de se marier. Comment vivre normalement après avoir vécu tant d’horreurs? Peut-elle se permettre d’aimer? Il y est ainsi question du syndrome du survivant, de résilience, de deuil, de maladie, de vies suspendues… Par petites touches, les rares instants de joie et de bonheur de la jeune femme sont vite étouffés par les souvenirs et remords oppressants du drame. Et si la maladie la rattrapait malgré tout? Graphiquement, les dessins tout en délicatesse, douceur et simplicité s’harmonisent bien avec le récit plus dur. Le mal-être de la jeune femme est palpable, son passé la hantant au quotidien au point de s’empêcher de vivre. 

Puis les deux autres chapitres qui donnent son nom au manga, « Le pays des cerisiers »se déroulent des années plus tard jusqu’en 2004, avec une structure narrative en abîme et en flashbacks, bien différente du premier chapitre. On y suit Nanami Ishikawa, d’abord lorsqu’elle est une jeune fille passionnée de baseball, dans son quotidien avec sa famille, souvent triste, mise à l’écart et solitaire, Ashani son père veuf travaillant beaucoup et sa grand-mère s’occupant de son frère Nagio, souvent hospitalisé et se liant d’amitié avec Tõko, sa voisine du même âge qu’elle mais d’une famille plus aisée. Puis on la retrouve, 18 ans plus tard, une fois adulte, vivant avec son frère totalement guéri et son père dont le comportement l’inquiète au point qu’elle décide de le prendre en filature jusqu’au cimetière d’Hiroshima, recroisant en chemin Tõko. 

Au début, je me suis demandé quel était son lien avec la première histoire. En effet, les liens de filiation se dévoilent au fur-et-à mesure, le tout faisant sens arrivé à la fin du manga. Ce sont les mêmes thèmes qui sont abordés: les répercussions sanitaires et sociales du bombardement atomique d’Hiroshima restant toujours d’actualité, entre discriminations et préjugés à l’égard des rescapés, victimes des radiations appelés Hibakusha et leurs descendants, la plupart étant rejetés par la société par crainte par exemple de transmission des maladies en cas de mariage…  

Comment se remémorer le passé sans renoncer à la vie? Et si on pouvait croire cette fois aux rêves d’avenir? L’espoir semble permis à l’image des fleurs de cerisiers. Un bon voire très bon moment de lecture avec ce manga fort touchant et épuré, le premier chapitre étant celui qui m’a le plus émue et avec des explications en fin d’ouvrage et notes de bas de page aidant fortement la lecture! Cela m’a rappelé une autre lecture: Hibakusha de Thilde Barboni et Olivier Cinna.

La BD de la semaine chez Fanny cette semaine

Participation #8 Un Mois au Japon 2026 de Lou et Hilde #Manga seinen

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Lieu: « Pays »

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