Étiquette : mariage arrangé (Page 1 of 4)

Au fil des pages avec le tome 2 de Lady Sherlock

Fin décembre, j’ai lu, en e-book, le tome 2 de Lady Sherlock, Conspiration à Belgravia de Sherry Thomas (éd. J’ai lu pour elle, coll. Aventures & Passions, juillet 2021, 384 pages),un roman(ce) policier historique se déroulant à Londres, quelques temps après la fin du tome précédent. Pour sa prochaine enquête, Charlotte Holmes accepte d’aider Lady Ingram à retrouver son premier et unique amour, avant son mariage arrangé, qui n’est autre que le demi-frère illégitime de Charlotte, Myron Finch. A défaut d’être jalouse de cette épouse, Charlotte peut-elle vraiment accorder toute sa confiance à Lady Ingram? Que cache-t-elle dans sa volonté désespérée de retrouver Monsieur Finch? 

J’ai une fois de plus apprécié ce deuxième tome qui met surtout l’accent sur l’enquête, Charlotte Holmes se révélant toujours aussi intelligente et détachée de toute émotion et sentiment à l’image de son alter ego masculin qu’elle s’est inventée, Sherlock Holmes (tout sentiment amoureux étant par essence voué à être éphémère et périssable). Elle ne voit donc aucune difficulté à aider l’épouse de son meilleur ami pour qui elle a un faible, Lord Ingram, même si Madame Watson serait plus encline à lui en parler, par loyauté amicale. En revanche, serait-elle prête à se marier, le frère aîné de Lord Ingram, lord Bancroft lui proposant, une nouvelle fois, de l’épouser, titillant son esprit avec des énigmes à élucider? 

Outre l’enquête dont le dénouement m’a agréablement surpris, les personnages secondaires, comme Livia, Pénélope Redmayme (la nièce de Mme Watson) ou l’inspecteur Treadles sont aussi intéressants et reflètent, à travers leurs doutes et interrogations, la société anglaise de l’époque: condition de la femme, inégalités sociales, mariage arrangé, sort des enfants illégitimes… Encore un bon voire très bon moment de lecture! Au vu de la rencontre finale, je ne vais pas tarder à enchaîner avec le tome suivant, Le mystère de Stern Hollow (éd. novembre 2024, 386 pages) et dans lequel c’est au tour de Lord Ingram d’être en difficulté et de chercher l’aide de Charlotte. 

J’ai enfin, noté de nombreux passages gourmands, Lady Charlotte étant aussi gourmande qu’elle est intelligente, « pren(ant) la nourriture très au sérieux » (p.18): muffins beurrés, cake aux fruits, thé avec « du sucre et un nuage de crème »; « une boîte renfermant un assortiment de croissants, de mille-feuilles et de choux à la crème », crème fouettée aux myrtilles, une petite tarte aux poires et un assortiment de mignardises avec un thé noir, pancake, « un excellent pâté en croûte, de fines escalopes de poulet délicatement saisies, une part de pudding plus délicieux encore et une profusion de baies d’été à déguster d’une manière que Charlotte ne connaissait pas encore, trempées dans une petite coupelle de lait condensé » (p.254)…

Pour d’autres avis sur ce tome 2: Belette.

Participation #1 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Roman policier historique

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Lieu: « Belgravia »

Au fil des pages avec le tome 1 de Lady Sherlock

Repéré il y a longtemps (en 2021!) chez Belette, j’ai (enfin) lu, la semaine dernière, en e-book, le tome 1 de Lady Sherlock, Une étude en rose bonbon de Sherry Thomas (éd. J’ai lu pour elle, coll. Aventures & Passions, avril 2021, 367 pages), un roman historique se déroulant à Londres et qui est en quelque sorte une réécriture de la première enquête de Sherlock Holmes, Une étude en rouge d’Arthur Conan Doyle paru pour la première fois en 1887, l’autrice s’étant amusée à changer le sexe des personnages par exemple.

Dans ce premier tome introductif, ce n’est pas le Dr. Watson qui cherche un appartement mais Charlotte Holmes, une lady de 25 ans qui ruine sa réputation pour prendre son indépendance et éviter le mariage. Tentant de se faire discrète suite au scandale, elle est très vite amenée à enquêter sur une affaire d’empoisonnement qui concerne sa famille, la rumeur entourant deux des trois décès suspects désignant sa sœur Livia puis son père comme possible suspect. Pourra-t-elle découvrir ce qui se trame pour innocenter sa famille et seconder efficacement l’inspecteur Robert Treadles chargé de l’enquête? Quel lien peut-il y avoir entre ces décès?

J’ai eu un peu de mal au départ à me représenter les différents personnages et voir où voulait en venir l’autrice, celle-ci prenant son temps et distillant au compte-goutte les éléments de présentation, en particulier l’ami d’enfance et confident de Charlotte Holmes, Lord Ingram, âgé de 27 ans, tout aussi maître de ses émotions que la jeune femme, désormais marié et père de deux jeunes enfants, après avoir fait le choix six ans auparavant d’un mariage arrangé. Puis j’ai apprécié suivre cette première enquête et les rebondissements de l’intrigue fondés sur l’incroyable sens de l’observation et capacités de déduction de la jeune femme. Compte-tenu de sa condition de femme vivant à l’époque victorienne, elle se fait passer pour la sœur du détective, Sherlock Holmes, gravement malade et reçoit ses premiers clients, grâce à l’aide inattendue d’une riche veuve demi-mondaine, Madame Watson.

Il y est ainsi question de condition de la femme, d’indépendance et d’émancipation féminine, d’inégalités sociales, de secrets de famille… Un bon moment de lecture surtout une fois le cadre établi! Loin de ce que la collection « Aventures & Passions » propose d’habitude, il s’agit surtout d’un roman policier historique plutôt qu’une romance historique, même si la tension est forte entre Charlotte Holmes et Lord Ingram. La résolution de l’enquête m’a d’ailleurs rappelé les enquêtes d’Anne Perry avec Monk ou celles des Pitt, certains faits étant bien plus sombres que prévus. J’ai d’ores et déjà prévu de lire le tome 2, Conspiration à Belgravia (éd. juillet 2021, 384 pages), d’ici la fin de l’année, cette série comprenant actuellement six traduits en français, le dernier paru récemment, Mlle Moriarty, je présume? (éd. novembre 2025, 433 pages). 

Participation #5 Challenge British Mysteries 2025 de Lou et Hilde #Roman(ce) policier historique

Challenge Petit Bac d’Enna #5 Catégorie Couleur: « Rose bonbon »

Participation #37 (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Chine

Participation #15 au Challenge 2025 sera classique aussi! de Nathalie #réécriture Sherlock Holmes 1887

Au fil des pages avec Le Bureau de mariage de M. Ali

En lecture commune avec Nathalie, j’ai lu Le Bureau de mariage de M. Ali de Farahad Zama (éd. JC Lattès, février 2010, 366 pages), un roman se déroulant, à Vizag, dans le Sud de l’Inde, à la fin des années 2000. Monsieur Ali, un fonctionnaire musulman à la retraite, décide d’ouvrir une agence matrimoniale chez lui, sa femme n’étant jamais très loin pour l’épauler dans ses nouvelles tâches bien prenantes. Très vite et face au succès grandissant de son agence, Monsieur Ali se retrouve débordé. Grace à sa femme, il engage une assistante: Aruna, une jeune femme d’une vingtaine d’années, discrète et efficace. Les journées s’enchaînent à traiter les demandes des clients, recevoir les courriers de réponse et faire le bon choix pour chacun d’entre eux, compte-tenu des us et coutumes du mariage, quelle que soit leur religion (musulman, hindou ou chrétien) ou leur statut (célibataire, divorcé ou veuf). Si prompt à conseiller ses clients, Monsieur Ali ne devrait-il pas les suivre pour lui-même, vis-à-vis de son fils unique, Rehman qui a pris part à des manifestations pour protéger les droits de paysans expropriés? 

La quatrième de couverture annonçait le roman comme « une version à l’orientale d’Orgueil et Préjugés », ce qui n’est pas vraiment le cas même s’il y a beaucoup d’orgueil et de préjugés de la part des clients et de leurs familles faisant appel à M. Ali et à son assistante, Aruna, cette dernière n’étant pas insensible aux charmes de l’un d’entre eux. On en apprend beaucoup sur le mariage en Inde, chacun ayant ses propres exigences et idéaux sur la future belle-fille ou le futur gendre, les critères de sélection étant très souvent plein d’orgueil, de préjugés et de discriminations, quant à la caste, la couleur de peau, le niveau d’éducation, de richesses (la question de la dot) et même la taille souhaitée! Les mariages arrangés par les parents des futurs époux apparaissent comme la norme et plus vertueux que les mariages d’amour. Mais n’y a-t-il pas la place pour les sentiments? Il y aurait finalement plus de Raison et sentiments dans le personnage d’Aruna, une jeune femme pauvre, encore meurtrie par un mariage avorté et qui ne sait si elle doit privilégier son devoir familial en tant que fille aînée ou se laisser guider par les élans de son cœur. 

Derrière un ton léger et un humour qui m’a bien plu, l’auteur dépeint un pays en pleine mutation sous le prisme du mariage, entre essor de la modernité et poids encore bien prégnant des traditions religieuses et familiales. Il y est question de la société multiculturelle indienne, de la condition de la femme, de corruption, d’inégalités sociales, d’émancipation, de « choc » générationnel avec une jeunesse qui aspire à plus d’émancipation dans le respect des aînés, de revendications sociales… Les personnages principaux sont attachants, que ce soit les époux Ali ou Aruna. J’ai également apprécié le personnage de leur fils, Rehman qui apportent une dimension politique et sociale au récit. Un bon voire très bon moment de lecture! Il existe une suite traduite en français, Les Mille et une conditions de l’amour (éd. JC Lattès, mai 2012, 350 pages), un roman que j’envisage de lire dans les mois à venir, voulant en savoir plus sur Rehman et qui, je l’espère n’aura pas de « coquilles » de traduction comme celles malheureusement relevées dans ma lecture (comme « pécunier » et « huit clos »). 

J’ai enfin relevé de nombreux passages gourmands comme les nombreux plats préparés par Madame Ali: des lentilles pour des idlis et des dosas (p.36), « du pesaratt – des crêpes de haricots mung épicées – pour le petit déjeuner » (p.91) ou ceux végétariens d’Aruna et de sa mère: des brinjals (aubergines) avec des oignons émincés et des épices: « des clous de girofle, de la cardamome et un bâton de cannelle » puis du chili (p.97), des pakuras, « des boorulu – des friandises rondes à base de lentilles avec un cœur en sucre de palme » (p.186), « du pulihora – du riz au tamarin, relevé de gingembre et de piments rouges » (p.212) pour le pique-nique ou bien encore le repas nuptial lors d’un mariage musulman: « un biryani de mouton, du brinjal et un plat d’accompagnement à base de courges en guise de sauce, outre une raïta d’oignons et de noix de coco » (p.253) ou pour accompagner un thé, « des idlis, des gâteaux au riz et aux lentilles cuits à la vapeur, sans sambhar, avec du chutney à la noix de coco en supplément » fort appréciés par l’oncle maternel d’Aruna, Shastry, le livre se terminant même sur la recette de l’halva (un plat à base de semoule sucrée). 

Pour d’autres avis sur ce roman: Nathalie, Hilde, Isabelle et Blandine.

Participation #10 Challenge Les Étapes Indiennes 2025 de Hilde #LC

Challenge Petit Bac d’Enna #5 Catégorie Objet: « Bureau »

Participation # (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Inde

Participation # Challenge Contes & Légendes 2025 de Bidib #Croyances, superstitions et cérémonies religieuses

Participation # Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2025 de Bidib et Fondant #Cuisine indienne

Au fil des pages avec le tome 5 du Pont des Tempêtes

Sitôt paru, j’ai lu, en e-book, le tome 5 du Pont des Tempêtes, Le trône tourmenté de Danielle L. Jensen (éd. Bragelonne, coll. Fantasy, octobre 2025, 468 pages), une romantasy se déroulant dans un monde en guerre et ravagé par des tempêtes sauvages, l’unique voie de passage commerciale étant le pont des tempêtes détenu par le roi d’Ithicana. Après les royaumes du Sud, l’intrigue se tourne vers ceux du Nord, Harendall, Amarid et Cardiff, les tensions étant fortes au point que la guerre pourrait éclater à tout moment.

Comme son frère jumeau Aren, le mariage d’Ahnna Kertell a été arrangé par le Traité des Quinze Ans, du temps de leurs parents. Meurtrie par la guerre qui a dévasté Ithicana, la jeune femme de 28 ans entend bien respecter ce traité et accepter d’être mariée avec le prince héritier d’Harendall, Williams, son promis depuis l’enfance. Mais parviendra-t-elle à se pardonner ses actes passés et taire son cœur qui est attirée par le mauvais prince, le demi-frère aîné illégitime de William, James, âgé de 30 ans et dont la mère était cardiffienne? Au cœur de la cour d’Harendall, loin des siens et de l’île sud, Ahnna a bien dû mal à trouver sa place et ne pas être piégée par les intrigues, corruptions et quêtes de pouvoir. Peut-elle vraiment accorder sa confiance à James, empêtré dans ses propres secrets qui pourraient contrecarrer les objectifs de la jeune femme? 

J’ai vite replongé dans l’univers du Pont des Tempêtes avec un début de roman fort bien rythmé mais j’ai trouvé qu’Ahnna, malgré son passé de guerrière aguerrie à la tête de l’île sud, s’est bien vite laisser dépasser par la situation au point de mettre sa vie en danger, son attirance pour James prenant le pas sur sa raison. Il y est ainsi question une nouvelle fois d’amour impossible, d’opposition entre désirs et responsabilités, de trahisons, l’autrice reprenant une trame narrative très similaire aux tomes précédents. Mais le duo Ahnna/James se démarque des deux précédents Lara/Aren et Zarrah/Kerris tant leur culpabilité est grande vis-à-vis de leur peuple qu’ils veulent sauver à tout prix, l’enjeu commercial que représente le riche royaume harendallien étant aussi crucial pour Cardiff que pour Ithanica, l’un ne pouvant se faire qu’au détriment de l’autre. Il y est aussi question de religion et de préjugés, les cardiffiens étant victimes de persécutions du fait de leurs coutumes assimilées à de la sorcellerie (astromancie ou lire dans les feuilles de thé). Un bon voire très bon moment de lecture jusqu’au twist final qui m’a fortement déplu tant il manque de nuances et d’originalité! Mais je lirai le sixième et dernier tome de cette série lorsqu’il paraîtra. 

Pour d’autres avis sur ce tome 5: Carole.

Challenge Petit Bac d’Enna #4 Catégorie Objet: « Trône »

Participation # (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2025 de Bidib #Canada

Au fil des pages avec Cueilleuse de thé

Pendant le dernier RAT indien, début août 2025, j’ai lu, en e-book, Cueilleuse de thé de Jeanne-Marie Sauvage-Avit (éd. Charleston, mars 2021, 321 pages), un roman contemporain que j’avais repéré chez IsabelleShemlaheila est une jeune femme indienne âgée de 20 ans dont la mère vient de décéder et qui réussit à quitter le Sri Lanka, près de 10 ans après son arrivée ainsi que la plantation de thé de Ceylan où elle travaillait pour rejoindre sa terre natale, l’Inde pour un nouveau départ, d’abord auprès de sa tante Jarulpa, dans le village de Ramyallu puis en gagnant, par bateau, l’Angleterre.

A Londres, elle obtient une carte de séjour, en travaillant comme serveuse dans un restaurant-bar indien puis comme aide à domicile pour s’occuper d’une dame âgée, Twinny tout en suivant des cours en auditeur libre à l’université, loin des difficiles conditions de travail au sein de la plantation au Sri Lanka et du répugnant kangani, Datu-Guemi, contrairement à l’épouse de ce dernier, Pokonaruya qui subit quotidiennement sa violence et celle de sa belle-mère et les autres cueilleuses comme Mohanty, une jeune fille de 12 ans qui rêve d’être docteur et sa mère. Mais sa nouvelle terre d’accueil sera-t-elle à la hauteur de ses espoirs et de ses rêves?

Même si le bandeau indique « Prix du Livre Romantique » reçu en 2017, la romance est très accessoire. Il s’agit avant tout du parcours de Shemlaheila qui souhaite apprendre l’anglais et la comptabilité, ayant l’espoir de devenir vendeuse dans les bureaux de la plantation. Et si son avenir était tout autre? Elle se révèle être une belle jeune femme naïve mais courageuse et déterminée qui veut dépasser sa condition et être libre. Il y a également deux autres personnages féminins à la trajectoire de vie émouvante et révoltante, au Sri Lanka: Pokonaruya victime d’un mariage arrangé et Mohanty, une jeune fille indienne qui entend bien suivre la voie tracée par Shemlaheila. 

Mais il n’est pas si simple de s’affranchir de sa condition sociale, tant au Sri Lanka et en Inde (doublée de la condition d’être une femme) qu’en Angleterre, Shemlaheila étant très vite exploitée du fait de son statut d’immigrée. Il y est ainsi question de quête initiatique, de condition de la femme, que ce soit au Sri Lanka, en Inde et en Angleterre, du statut des immigrés avec la main-d’œuvre indienne, que ce soit au Sri Lanka ou en Angleterre, d’émancipation féminine… Il y a également une critique du tourisme de masse, les cars de touristes s’arrêtant dans les champs pour photographier les cueilleuses de thé, sans se soucier de leur sort au quotidien. Un bon moment de lecture dramatique dans l’ensemble, malgré quand même beaucoup (trop) de facilités scénaristiques! 

Pour d’autres avis sur ce roman: Isabelle

Participation #8 Challenge Les Étapes Indiennes 2025 de Hilde #Inde et Sri Lanka

Participation #6 Le Mois Anglais 2025 de Lou et Titine #Roman contemporain

Challenge Petit Bac d’Enna #3 Catégorie Métier: « Cueilleuse de thé »

 

 

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