Étiquette : littérature coréenne

Au fil des pages avec Celui qui revient

J’ai lu Celui qui revient de Han Kang (éd. Le Livre de Poche, décembre 2024, 264 pages), un court roman paru pour la première fois en 2014 sous le titre Human Acts et pour lequel l’autrice coréenne a reçu le Prix Nobel de littérature en 2024. Au lendemain de la répression du mouvement populaire regroupant étudiants, lycéens, syndicalistes et tout autre citoyen coréen opposé à loi martiale, le jeune Tongho erre parmi les cadavres à la recherche de son ami disparu, un lycéen avec qui il avait manifesté la veille, comme d’autres proches de disparus. Un peu plus tard, Kim, travaillant dans une maison d’édition, tente de faire échapper un texte à la censure. Comment tout cela a pu arriver? Et comme continuer à vivre?

J’ai été déstabilisée au départ par le style d’écriture et l’emploi de la deuxième personne du singulier (un « tu » mettant par moment mal à l’aise , peu courant et que l’autrice n’a pas utilisée à chaque changement de narration) et le peu de repères chronologiques si ce n’est le quatrième de couverture qui mentionne le printemps 1980. Mais une fois habituée et renseignements historiques pris sur Internet, j’ai lu d’une traite ce récit qui s’ancre dans le soulèvement de Gwangju mais dont le propos est malheureusement intemporel.

L’autrice questionne sur la nature humaine (le pire et le meilleur de l’être humain), sur le sens de la vie et de la mort, sur la liberté face à l’oppression, la culpabilité des survivants… Avec le destin tragique de différents protagonistes qui s’entrecroisent au cours de ce soulèvement, le récit nous associe à cet espoir avorté de démocratie après le coup d’État du général Chun Doo-hwan, de l’espoir de liberté de la jeunesse coréenne réprimandé dans le sang, aux souffrances et traumatismes vécues pendant et après la répression avec la crainte d’être arrêté, torturé et tué à tout moment, l’autrice ne nous épargnant pas, par exemple, les actes de tortures pratiqués.

On y suit l’identification et le traitement des cadavres au lendemain de la répression militaire, une âme encore attachée à son corps parmi les nombreux cadavres entassés avant d’être jetés dans des fosses communes, l’attente des derniers manifestants retranchés, bien trop jeunes, avant l’assaut de l’armée, le deuil puis le devoir de mémoire des survivants au lendemain puis des années après… Une lecture forte au style épuré et dont j’ai apprécié l’épilogue en abîme!

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #4 Catégorie Déplacement: « Revient »

 

Au fil des pages avec L’Hôtel Tulipe

Nous avons lu L’Hôtel Tulipe de Kim Ji-an (éd. Quilinn, février 2024), un album jeunesse à partir de 3/4 ans et à lire tout seul, selon l’éditeur, dès 6 ans. A l’arrivée de l’automne, il est temps pour les souris des moissons de planter les bulbes de tulipes. Le temps que l’hiver passe et les voilà de nouveau à prendre soin des plants de tulipes. Leur hôtel sera-t-il prêt à temps pour la nouvelle saison?

L’histoire est toute mignonne tout en permettant aux plus petits de découvrir quelques notions de jardinage et le cycle des saisons. On a pris plaisir à observer ces souris des moissons au fil des saisons, que ce soit dans le champ de tulipes ou le temps de la saison hôtelière. Elles ont une bouille bien attachantes, travailleuses et amicales et auront bien mérité à leur tour leurs vacances. Et quel joli hôtel avec un double rabat à ouvrir! Les illustrations sont pleines de charme et de détails avec une mise en page proche de la BD. Un bon voire très bon moment de lecture! Cela donne envie de prendre un nid douillet au creux d’une tulipe. 

Participation #25 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #3 Catégorie Lieu: « Hôtel »

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