Étiquette : Les Etapes Indiennes 2026 (Page 1 of 2)

Au fil des pages avec Le Magnat

Pendant le RAT Holi du week-end dernier, j’ai lu, en e-book, Le Magnat de Vish Dhamija (éd. Mera, avril 2024, 353 pages), un thriller judiciaire indien contemporain. Prem Bedi, surnommé « Le Magnat », âgé de 53 ans et amateur de golf, est accusé par Manish Desai, le beau-frère de son ex-femme, Rea dont il est divorcé depuis 12 ans de l’avoir assassinée, elle et son nouveau mari, Mahesh Desai. Toutes les preuves le désignent coupable. Alors que s’est-il passé la nuit de ce double meurtre? Un cambriolage qui a mal tourné? Une vengeance de Prem si longtemps après un divorce houleux? Et quel serait le mobile? L’argent d’une assurance-vie alors qu’il est déjà si riche et si puissant? Lui qui apparaît si impassible pendant l’enquête puis le procès et qui a choisi un jeune Avocat sans véritable expérience, contrairement à Manish qui se cache derrière la figure éplorée du frère endeuillé tout en tentant de tirer les ficelles à son avantage. Est-ce l’œuvre d’un concurrent de Prem afin de nuire à ses affaires prospères? 

Les chapitres alternent les points de vue des différents personnages à la première personne du singulier. J’ai apprécié la façon dont on se met en branle une fois le double meurtre découvert, le rôle de chacun des personnages participant à l’enquête et la façon dont l’auteur décrit les mécanismes et rouages judiciaires: le commissaire adjoint Ranjeet Dutta, le policier en charge du dossier et le commissaire Mathur, son supérieur hiérarchique corrompu, le frère et future partie civile malhonnête et opportuniste qui y gagnerait si Prem était condamné, Gajpati Apte le procureur carriériste à l’origine de l’ouverture du procès, le juge Chowdhary d’un côté et de l’autre, l’entourage de Prem: Tej Malhotra, son ami et associé qui ne peut s’empêcher d’être inquiet, son avocat Rohan Malhotra qui est convaincu de son innocence, sa cousine Veena et Prem lui-même.

Cela met bien en évidence le fait que la vérité judiciaire n’est pas la Vérité, le doute profitant à l’accusé et la charge de la preuve incombant à l’accusation. Entre manipulations, intrigues et fausses apparences, le doute est-il vraiment permis? A travers ce procès judiciaire et médiatique qui permettra ou non d’innocenter Prem, il y est ainsi question de critique du système judiciaire indien: corruption au sein de la police indienne, d’impunité des puissants, de la couverture médiatique des procès… Il y est d’ailleurs surtout affaire d’hommes dans ce roman, le regard porté sur les femmes étant peu flatteur. 

Mais l’ensemble reste très prévisible et peu original, tant on se doute bien de l’identité du coupable et quand on connaît les ressorts judiciaires d’un procès. Cela m’a d’ailleurs fait penser au fait qu’il arrive très fréquemment en matière de grand banditisme ou de trafics de drogue qu’un Avocat commis d’office soit choisi par le mis en cause au moment de son placement en garde à vue afin de garder l’apparence de respectabilité et de novice en matière criminelle, même si personne n’est dupe. Une lecture qui se lit facilement mais en demi-teinte! Toutefois, je lirai quand même Au nom de la justice, en espérant qu’il n’y ait pas un problème de traduction comme ici avec des coquilles et mots manquants à de trop nombreuses reprises et au style bien trop sommaire. 

Petit aparté judiciaire: Dans ce roman, on est tellement loin de la procédure pénale applicable en France que je n’ai pas réussi à croire à cette enquête, tant j’ai été parasitée par ce qui se fait en France: procédure inquisitoire et non accusatoire comme en Inde, ce qui a des conséquences bien différentes sur le régime de la preuve, notamment au regard du principe du contradictoire au stade de la phase d’instruction puis en cas de renvoi, du procès d’assises et même si l’auteur insiste sur la corruption au sein de la Justice indienne. Dans sa note finale, l’auteur apporte quelques éclaircissements sur les sources légales et juridiques qui l’ont conduit à imaginer ce roman. J’ai ainsi vu en essayant de les retrouver sur Internet qu’une réforme d’envergure avait eu lieu en Inde en 2024 en modernisant entre autres le Code pénal et le système de la preuve issue de la colonisation britannique et du droit commun de la Common Law. 

Participation #6 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Thriller judiciaire

Participation #11 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller judiciaire indien

Pause gourmande: Rogan Josh

Hier soir, en lisant, en e-book, Le Magnat de Vish Dhamija (éd. Mera, avril 2024, 353 pages), un thriller judiciaire indien, j’ai noté un plat gourmand qui est servi, pour dîner à Prem Bedi son ami et partenaire, Tej: un rogan josh, la note de bas de page indiquant: « plat traditionnel à base d’agneau, de sauce tomate et d’épices, typique de la région du Cachemire au nord de l’Inde » (à la toute fin du chapitre 9, p.87). Pour la recette, j’ai suivi celle proposée par L’île aux épices: ici. Une recette qui va parfaitement avec le thème de ce dimanche des Gourmandises: « Coloré », pour fête Holi, la fête des couleurs qui a eu lieu cette année mardi 4 mars 2026!

Les ingrédients adaptés à ma préparation (n’ayant ni poudre de cardamone, gingembre frais, bâtons de cannelle et n’ayant pas voulu mettre de piment de Cayenne pour mon mini gourmand): 1 petit gigot d’agneau déjà bien découpé par notre boucher, 2 oignons, 4 gousses d’ail, 1 cube de bouillon de bœuf, 1 boîte de tomates pelées entières, 2 feuilles de laurier, 1 yaourt nature et des épices: coriandre, cumin et paprika doux. 

Les étapes de la préparation: J’ai suivi la recette en mettant 3 cuillères à café de cumin et de coriandre que j’ai mélangé dans une assiette à soupe avant de frotter les morceaux de gigot. Puis j’ai fait brunir les morceaux avec un peu d’huile. Puis je les ai réservés afin de faire dorer les oignons émincés avec les gousses d’ail hachés avec 2 cuillères de paprika doux et un tout petit peu de beurre. Une fois bien dorés, j’ai ajouté la viande, le bouillon de cube, les tomates coupées en petits morceaux avec le jus de la conserve puis le laurier. J’ai mélangé le tout pour terminer l’ajout du dernier ingrédient: le yaourt nature. Une fois l’ensemble bien mélangé, j’ai laissé mijoter pendant 1h30 à feu doux. Vers la fin de la cuisson, j’ai préparé du riz basmati et fait cuire au four des naans surgelés. 

Verdict: C’était bon, coloré et épicé (sans être piquant). Il en restait même suffisamment pour congeler le surplus! Encore un plat que nous referons.

Pour d’autres idées gourmandes, n’hésitez pas à aller voir comme chaque dimanche chez Isabelle et les autres Marmitonnes. 

Les Gourmandises 2026 d’Isabelle #Rogan josh

Participation #5 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Une lecture, un plat

RAT Holi 2026

Comme désormais depuis quelques années, à l’approche du printemps et pour célébrer Holi, la fête hindoue des couleurs qui a eu lieu cette année le 4 mars, Hilde a organisé une semaine festive et en particulier un RAT du 6 au 8 mars 2026, avec au moins une lecture indienne ou un clin d’œil indien. Le RAT c’est un read-a-thon, un marathon de lectures mais pas que cela puisque ce sera l’occasion de relever des passages gourmands dans nos lectures, de s’évader livresquement en Inde et de cuisiner avec la Brigade des Marmitonnes d’Isabelle, le thème de ce dimanche étant « coloré » ou de visionner un film ou une série… Pour plus d’infos, n’hésitez pas à aller sur son blog ou sur Instagram (avec le fil de discussion des Étapes Indiennes). 

Alors que vais-je lire pendant ce RAT? J’ai d’ores et déjà prévu deux lectures: Les 1001 conditions de l’amour de Farahad Zama (éd. JC Lattès, mai 2012, 350 pages) pour la lecture commune pour le 23 mars 2026 avec Nathalie (qui l’a fini hier soir) et Hilde (qui l’a commencé hier soir) et Les fugitifs d’Abir Mukherjee (éd. Liana Levi, mai 2025, 409 pages). 

Ce billet de suivi sera actualisé tout le long du marathon et sera ponctué aussi par les passages sur les blogs et/ou réseaux sociaux des autres participantes.

Pour d’autres idées indiennes, les autres participantes: Hilde, Nathalie (IG), Isabelle, Audrey, L’Orouge (IG)…

Vendredi 6 mars 2026

Après le travail, j’ai commencé à lire Les 1001 conditions de l’amour de Farahad Zama, un roman contemporain dans lequel on retrouve les protagonistes du tome précédent, Le Bureau de mariage de M. Ali. Hier soir, je ne m’étais pas jointe à Nathalie et Hilde ayant terminé de lire Miséricorde de Jussi Adler-Ossen (éd. Le Livre de Poche, janvier 2013, 528 pages), le premier tome des Enquêtes du département V et dont j’avais regardé, l’été dernier, son adaptation en série (la première saison): Département Q, Les Dossiers oubliés qui transpose ce premier tome à Édimbourg et non plus au Danemark. 

Samedi 7 mars 2026

Réveillée très tôt, j’ai repris au chapitre 5 et fini de lire Les 1001 conditions de l’amour, un roman paru pour la première fois en 2009 et se déroulant à la même époque où il est question, comme dans le premier tome, de mariage entre coutumes et modernité, les possibilités offertes aux jeunes gens en âge de se marier étant fortement limitées sous le poids des traditions familiales. Dans ce nouveau tome, les clients du Bureau de mariage sont moins présents, le récit se concentrant sur le fils de M. Ali et sur son assistante, Aruna. Encore un bon moment de lecture! La fin du roman suppose une suite. Dommage que les tomes suivants n’aient pas été traduits en français! J’en reparle très vite le 23 mars prochain. 

Il est désormais temps d’aller déjeuner (du fish & chips), après avoir relevé de nombreux passages gourmands dans ma lecture. De son côté, Hilde est en train de lire Dictionnaire amoureux de l’Inde de Jean-Claude Carrière.

En début d’après-midi, une lecture hors thème avec le tome 3 de Spy x Family de Tatsuya Endo (éd. Kurokawa, février 2021, 194 pages), un manga shōnen à partir de 12 ans. J’étais curieuse de découvrir ce nouveau au vu de la fin du précédent et la visite du frère de Yor, Yuri qui cache lui aussi tout un pan de sa vie. Encore un bon voire très bon moment de lecture! De son côté, L’Orouge a lu un autre tome de ce manga. 

Puis à nouveau petit tour des blogs, Mylène ayant lu récemment Au nom de la justice de Vish Dhamija, je me suis rappelé que j’avais son roman précédent dans ma liseuse: Le Magnat (éd. Mera, avril 2024, 353 pages), un roman policier / thriller judiciaire indien. Prem Bedi, surnommé « Le Magnat », âgé de 53 ans et amateur de golf, est accusé par le beau-frère de son ex-femme, Rea dont il est divorcé depuis 12 ans de l’avoir assassinée, elle et son nouveau mari. J’ai donc commencé à le lire, en e-book jusqu’au chapitre 18 (p.148), les chapitres alternant les points de vue des différents personnages à la première personne du singulier (sauf celui de Prem pour le moment). Que s’est-il passé la nuit de ce double meurtre? Un cambriolage qui a mal tourné? Une vengeance de Prem si longtemps après un divorce houleux? Je continuerai ma lecture demain. 

Dimanche 8 mars 2026

Après le petit déjeuner, un petit tour des blogs et déjà envie de déjeuner avec les plats mijotés par la Brigade des Marmitonnes comme le shaak de patates douces et potimarron d’Isabelle ou des madeleines au chocolat chez Eimelle… Mais avant, je vais reprendre ma lecture du Magnat

Finalement, j’ai regardé sur Arte replay Nuits blanches, un film franco-italien en noir et blanc réalisé par Luchino Visconti et sorti en 1957 adaptant la nouvelle éponyme de Fiodor Dostoïevski et transposé dans un Livourne d’après-guerre et avec dans les rôles-titres Marcello Mastroianni (Mario), Maria Shell (Natalia) et Jean Marais (le locataire). 

Ce midi, après quelques courses et un passage chez le boucher, j’ai préparé pour ce midi un rogan josh en lien avec ma lecture d’hier soir, ce plat étant servi à Prem et Tej pour le dîner, la note de bas de page indiquant: « plat traditionnel à base d’agneau, de sauce tomate et d’épices, typique de la région du Cachemire au nord de l’Inde » (à la toute fin du chapitre 9, p.87).  Après le goûter (des crêpes), j’ai fait un billet sur ce plat: ici

Bonne fin de week-end à tous et à plus tard!

Participation #4 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #RAT

Au fil des pages avec Le destin d’Anjali

Pour la lecture commune du mois de février 2026 des Étapes Indiennes, j’ai lu Le destin d’Anjali de Hema Macherla (coll. 10/18, janvier 2025, 480 pages), un roman se déroulant dans les Indes britanniques, en 1919/1920. Mariée à 10 ans et désormais veuve à 16 ans, Anjali, une hindoue d’une caste aisée, est sauvée du sati par son père et son ami d’enfance de deux ans son aîné, Saleem qu’elle n’avait pas revu depuis de son mariage. Pendant sa fuite et ses années d’errance, elle multiplie les rencontres qui pourrait à nouveau la faire basculer. A qui se fier en attendant de pouvoir retrouver Saleem qui la recherche désespérément tout en conciliant son travail de chauffeur auprès d’un ingénieur anglais, M. Robert? Cette seconde chance lui permettra-t-elle d’avoir une vie heureuse? 

Les courts chapitres s’enchaînent très rapidement, alternant entre Anjali et Saleem qui se retrouvent séparés, sous fond de tensions politico-sociales vers l’indépendance de l’Inde (la répression des manifestations et le mot d’ordre de Gandhi pour la non-violence…). Il y est ainsi question de la condition de la femme et plus précisément du veuvage des jeunes femmes pour ne pas dire des fillettes, d’émancipation, droit à l’éducation, des droits des Indiens, d’inégalités sociales en raison de leur sexe, caste ou religion dans une société indienne sous domination britannique fort patriarcale et conservatrice, le poids des traditions pesant plus sur les apparences et le statut social que le sort des fillettes, de corruption des élites indiennes, de modernisation des infrastructures…

Mais très vite, cet aspect sociopolitique et historique fort intéressant se dilue au point d’être quasiment occulté si ce n’est pour se cristalliser dans les doutes bien trop rabâchés de Saleem, un indien de confession musulmane, en colère contre tous les Anglais qui oppriment le peuple indien mais à l’exception (peut-être que oui, peut-être que non) du sahib ingénieur qui se montre quand même très ouvert, serviable et généreux, lorsque ce n’est pas ses lamentations sur son amour à sens unique. 

Certes, cela se lit vite mais le tout manque de profondeur, même l’aspect initiatique des deux jeunes adultes qui se révèlent bien naïfs et accordant bien trop facilement leur confiance ou les personnages eux-mêmes et est bien trop manichéen. Le style est parfois maladroit, en particulier dans certains dialogues qui s’adressent plus à nous lecteur qu’aux personnages entre eux. Malgré les thèmes abordés, j’ai trouvé l’ensemble trop superficiel, lisse et bien trop cousu de fils blancs, sans enjeux dramatiques puisque l’héroïne est finalement bien épargnée: un époux à 10 ans mais qui ne la touche pas, l’éduque et tient le rôle d’un second père, un ami d’enfance – amoureux transi qui la protège, même son père qui la sauve du sati alors qu’il ne s’était pas opposé au mariage organisé par sa seconde épouse et puis l’ingénieur anglais et marié, Mr Robert en homme (bien trop) parfait. 

Je n’ai pas non plus adhéré à cette idée sous-jacente que la violence de cette société patriarcale ne viendrait donc pas des hommes (si ce n’est en ne remettant pas en cause les traditions au nom des apparences sociales) mais des femmes elles-mêmes, les personnages lui ayant fait le plus de tort étant féminins (sa belle-mère, la courtisane et l’épouse anglaise), malgré de solides amitiés avec deux jeunes femmes aussi recluses qu’elle, Sita et Kalyani. 

Plus le récit avance, plus cela tourne à la romance sans grand intérêt, tant on se doute bien où tout cela va mener (surtout avec le titre anglais) et faisant presque fi du contexte historique, l’autrice terminant sur un happy end fort déconcertant et bien peu crédible pour l’époque! Une lecture très mitigée tant je m’attendais à lire un autre récit, pas forcément plus sombre mais moins romancée! J’aurai par exemple apprécié en savoir plus sur les enjeux autour de la construction des routes que supervise, en tant qu’ingénieur, M. Robert.

Sur la même période historique, je vous conseille les romans policiers historiques comme les enquêtes de Perveen Mistry (surtout le premier tome: Les veuves de Malabar Hill de Sujata Massey (éd. Charleston, janvier 2020, 495 pages)) ou celles de Sam Wyndham (le tome 1: L’attaque du Calcutta-Darjeeling d’Abir Mukherjee (éd. Liana Levi, octobre 2019, 464 pages)). Toutefois, cela m’a donné envie d’en savoir plus sur Kandukuri Veeresalingam, un réformateur indien (1848/1919) et le remariage des veuves.

J’ai enfin noté quelques passages gourmands: les plats cuisinés par Anjali comme « les plats préférés de Saleem – lentilles épicées aux tomates, riz et petites aubergines farcies de coco fraîche, piment vert et coriandre, ce qui ferait une garniture épicée pour les parathas. Pour le dessert, elle fit frire des vermicelles dans du ghi, ajoutant un peu de lait, de sucre et quelques pistils de safran. après quelques tours de bouillon, les vermicelles étaient cuits, et elle ajouta au mélange des noix de cajou et des pistaches torréfiées. En touche finale, elle saupoudra le tout d’un peu de cardamome fraîchement moulue » (p.396), les petits déjeuners que partagent Anjali et M. Robert… 

Pour d’autres avis sur ce roman avec les participantes à cette lecture commune, nos avis se rejoignant au point de se demander si nous aurions été plus indulgentes si le roman avait été classé pour adolescents: Hilde, Lilyblio (IG) et Mimie. 

Participation #3 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Inde des années 20

Au fil des pages avec Des gens comme il faut

J’ai lu, en e-book, Des gens comme il faut de Florence Chataignier (éd. Le Cherche Midi, mai 2024, 243 pages), un court premier roman « autobiographique » et dont l’illustration de couverture est une photographie personnelle de l’autrice. Au décès de son père, Fleurianne « Fleur » Cannelier entame un long processus de deuil en descendant, chaque jour, à la cave, ouvrir les boîtes et cartons de son passé remplis de lettres, photos, coupures de presse ou autres objets conservés, pour ne pas dire accumulés. Se replonger dans ses souvenirs est douloureux pour cette quadragénaire tant sa famille avait l’obsession des apparences et peu d’affections. Quelle vérité cherche-t-elle à découvrir en remontant le fil du temps? 

Malgré son aspect autobiographique, je ne me suis pas attachée à cette famille dysfonctionnelle et pourtant tristement banale, entre un père Jean Cannelier homosexuel refoulé mais éphébophile, une mère Madeleine volage et dépressive de 15 ans sa cadette, une sœur ainée, Apolline « Nine » la rebelle droguée mais préférée du père et la narratrice qui est, si je puis dire, la mieux lotie avec sa santé fragile, ses TOC et sa soif d’exemplarité en réponse aux imperfections de sa famille et qui n’était pas le fils tant attendu du père. Sans oublier un mariage fondé sur une différence de classe sociale: une Chti (de Cambrai) dans une famille bourgeoise et parisienne, tenant à son étiquette sociale à défaut d’être fortunée.

Au fil des « caves » et non des chapitres, on suit Fleur dans un passé reconstitué, sans qu’elle soit omnisciente mais quand même suffisamment, de l’histoire parentale: ses grands-parents, son père et sa mère où se mélangent ses propres souvenirs, confidences et secrets de famille – de Polichinelle pour la plupart dans les années 70/80, avec une touche faussement (inutilement) scabreuse et provocatrice à l’image de la photo de couverture. Connaît-on vraiment ses parents? Il y est ainsi question de deuil, de souvenirs d’enfance, d’héritage, de transmission, de faux-semblants, de rendez-vous manqués avec ce couple parental si mal assorti… 

Je n’ai pas non plus apprécié son style d’écriture, trop ampoulé avec pourtant des phrases courtes et l’emploi d’expressions qui m’ont fait souvent lever les yeux tant c’était pompeux ou juste inséré pour faire mouche mais qui m’ont semblé finalement bien fade et artificiel (comme le « chevillé au corps » employé deux fois) ou pour marquer la distance avec ses parents, le fait de les appeler par leurs prénoms et sans émotions palpables. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur si ce n’est que la quadragénaire ouvre des boîtes dans sa cave dans laquelle, au fil des mois, un arbre improbable surgit. Même cette métaphore de l’arbre, je l’ai trouvée ratée et me rappelant trop le nénuphar dans L’Écume des jours de Boris Vian. 

Après ma lecture, des questions demeurent. Par exemple, quelle est la part autobiographique et qui restera en héritage à ses enfants? Quelle trace fictive et déconstruite cela laissera-t-il d’elle envers eux? Ce roman aurait-il été publié si l’autrice ne travaillait pas dans le monde audiovisuel? Une lecture bien peu originale, ennuyante et qui sera vite oubliée tant le propos est éculé: « la vérité n’existe pas, il ne reste que la mémoire des sentiments »!

Enfin, il y est question d’un stage de la narratrice effectuée dans un orphelinat en Inde mais de façon tout aussi fugace, superficiel et parcellaire dans les méandres des souvenirs de la narratrice et dont elle conservera une statue de Ganesh dans la cave, comme pour mieux refléter son exemplarité et témoigner, sans doute, pour ses enfants, qu’elle n’a pas fait d’écarts de conduite, envers celui qui sera son futur époux. 

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Pronom personnel sujet: « Il »

Participation #2 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Inde des années 90

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