Étiquette : Hema Macherla

Au fil des pages avec Le destin d’Anjali

Pour la lecture commune du mois de février 2026 des Étapes Indiennes, j’ai lu Le destin d’Anjali de Hema Macherla (coll. 10/18, janvier 2025, 480 pages), un roman se déroulant dans les Indes britanniques, en 1919/1920. Mariée à 10 ans et désormais veuve à 16 ans, Anjali, une hindoue d’une caste aisée, est sauvée du sati par son père et son ami d’enfance de deux ans son aîné, Saleem qu’elle n’avait pas revu depuis de son mariage. Pendant sa fuite et ses années d’errance, elle multiplie les rencontres qui pourrait à nouveau la faire basculer. A qui se fier en attendant de pouvoir retrouver Saleem qui la recherche désespérément tout en conciliant son travail de chauffeur auprès d’un ingénieur anglais, M. Robert? Cette seconde chance lui permettra-t-elle d’avoir une vie heureuse? 

Les courts chapitres s’enchaînent très rapidement, alternant entre Anjali et Saleem qui se retrouvent séparés, sous fond de tensions politico-sociales vers l’indépendance de l’Inde (la répression des manifestations et le mot d’ordre de Gandhi pour la non-violence…). Il y est ainsi question de la condition de la femme et plus précisément du veuvage des jeunes femmes pour ne pas dire des fillettes, d’émancipation, droit à l’éducation, des droits des Indiens, d’inégalités sociales en raison de leur sexe, caste ou religion dans une société indienne sous domination britannique fort patriarcale et conservatrice, le poids des traditions pesant plus sur les apparences et le statut social que le sort des fillettes, de corruption des élites indiennes, de modernisation des infrastructures…

Mais très vite, cet aspect sociopolitique et historique fort intéressant se dilue au point d’être quasiment occulté si ce n’est pour se cristalliser dans les doutes bien trop rabâchés de Saleem, un indien de confession musulmane, en colère contre tous les Anglais qui oppriment le peuple indien mais à l’exception (peut-être que oui, peut-être que non) du sahib ingénieur qui se montre quand même très ouvert, serviable et généreux, lorsque ce n’est pas ses lamentations sur son amour à sens unique. 

Certes, cela se lit vite mais le tout manque de profondeur, même l’aspect initiatique des deux jeunes adultes qui se révèlent bien naïfs et accordant bien trop facilement leur confiance ou les personnages eux-mêmes et est bien trop manichéen. Le style est parfois maladroit, en particulier dans certains dialogues qui s’adressent plus à nous lecteur qu’aux personnages entre eux. Malgré les thèmes abordés, j’ai trouvé l’ensemble trop superficiel, lisse et bien trop cousu de fils blancs, sans enjeux dramatiques puisque l’héroïne est finalement bien épargnée: un époux à 10 ans mais qui ne la touche pas, l’éduque et tient le rôle d’un second père, un ami d’enfance – amoureux transi qui la protège, même son père qui la sauve du sati alors qu’il ne s’était pas opposé au mariage organisé par sa seconde épouse et puis l’ingénieur anglais et marié, Mr Robert en homme (bien trop) parfait. 

Je n’ai pas non plus adhéré à cette idée sous-jacente que la violence de cette société patriarcale ne viendrait donc pas des hommes (si ce n’est en ne remettant pas en cause les traditions au nom des apparences sociales) mais des femmes elles-mêmes, les personnages lui ayant fait le plus de tort étant féminins (sa belle-mère, la courtisane et l’épouse anglaise), malgré de solides amitiés avec deux jeunes femmes aussi recluses qu’elle, Sita et Kalyani. 

Plus le récit avance, plus cela tourne à la romance sans grand intérêt, tant on se doute bien où tout cela va mener (surtout avec le titre anglais) et faisant presque fi du contexte historique, l’autrice terminant sur un happy end fort déconcertant et bien peu crédible pour l’époque! Une lecture très mitigée tant je m’attendais à lire un autre récit, pas forcément plus sombre mais moins romancée! J’aurai par exemple apprécié en savoir plus sur les enjeux autour de la construction des routes que supervise, en tant qu’ingénieur, M. Robert.

Sur la même période historique, je vous conseille les romans policiers historiques comme les enquêtes de Perveen Mistry (surtout le premier tome: Les veuves de Malabar Hill de Sujata Massey (éd. Charleston, janvier 2020, 495 pages)) ou celles de Sam Wyndham (le tome 1: L’attaque du Calcutta-Darjeeling d’Abir Mukherjee (éd. Liana Levi, octobre 2019, 464 pages)). Toutefois, cela m’a donné envie d’en savoir plus sur Kandukuri Veeresalingam, un réformateur indien (1848/1919) et le remariage des veuves.

J’ai enfin noté quelques passages gourmands: les plats cuisinés par Anjali comme « les plats préférés de Saleem – lentilles épicées aux tomates, riz et petites aubergines farcies de coco fraîche, piment vert et coriandre, ce qui ferait une garniture épicée pour les parathas. Pour le dessert, elle fit frire des vermicelles dans du ghi, ajoutant un peu de lait, de sucre et quelques pistils de safran. après quelques tours de bouillon, les vermicelles étaient cuits, et elle ajouta au mélange des noix de cajou et des pistaches torréfiées. En touche finale, elle saupoudra le tout d’un peu de cardamome fraîchement moulue » (p.396), les petits déjeuners que partagent Anjali et M. Robert… 

Pour d’autres avis sur ce roman avec les participantes à cette lecture commune, nos avis se rejoignant au point de se demander si nous aurions été plus indulgentes si le roman avait été classé pour adolescents: Hilde, Lilyblio (IG) et Mimie. 

Participation #3 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Inde des années 20

Point lecture hebdomadaire 2026 #7

En ce début de semaine, voici mon point lecture hebdomadaire avec un retour sur nos lectures (mais pas nos relectures) de la semaine dernière et qui s’est terminé par le début des vacances scolaires pour mon mini lutin. 

Nos lectures du 9 au 15 février 2026:

Des lectures jeunesse:

Comme chaque soir avant de dormir depuis le début de l’année, mon mini lutin a encore cette semaine relu des tomes de Mortelle Adèle et de Minecraft et a aussi découvert de nouveaux. 

  • (BD jeunesse) Mortelle Adèle, J’aime pas l’amour! de Mr Tan et Miss Prickly (T4)

Sitôt rentré de l’école, mon mini lutin a lu le tome 4 de Mortelle Adèle, J’aime pas l’amour! de Mr Tan et Miss Prickly (éd. Bayard, septembre 2012, 96 pages), une BD jeunesse à partir de 8 ans et qu’il n’avait pas encore. Je l’ai entendu bien rigolé en le lisant et comme à chaque fois, il m’a lu ses bulles préférées (et donc les plus rigolotes). Vu le titre de cet tome, nous le retrouverons pour le thème de ce jeudi du Throwback Thursday Livresque.

  • (Manga Shōnen) Minecraft, le manga officiel: Voyage au bout du monde de Kazuyoshi Seto (T7)

Mon mini lutin a lu dès son achat le tome 7 de de Minecraft, le manga officiel: Voyage au bout du monde de Kazuyoshi Seto (éd. Nobi Nobi!, coll. Shōnen, février 2026, 192 pages), sa parution ayant été avancé au 4 février 2026 et non plus au 1er avril. Il attend désormais avec impatience le prochain tome. Cette fois, avec son équipe, Nico White doit affronter un redoutable Warden. 

  • (Manga Shōnen) Spy x Family de Tatsuya Endo (T2)

Après avoir visionné les épisodes 2 et 3 de l’anime, j’ai lu le tome 2 de Spy x Family de Tatsuya Endo (éd. Kurokawa, novembre 2020, 194 pages), un manga shōnen à partir de 12 ans. Un tome que j’ai autant apprécié que le premier, mêlant toujours habilement humour et espionnage! Chacun des membres du trio cachant leur véritable identité, cela entraîne de multiples situations rocambolesques et cocasses, que ce soit Twilight qui a bien dû mal avec son rôle de père, Anya qui ne sait pas gérer les relations sociales avec les autres enfants ou Yor qui ne sait comment rester discrète sur ses instincts violents. A la fin de ce tome, l’arrivée de son frère, Yuri, risque de chambouler cet équilibre précaire de cette fausse famille. Mes pressentiments seront-ils confirmés dans le prochain tome? Encore un bon voire très bon moment de lecture! J’ai hâte de découvrir la suite, même si la mission pourtant si capitale est quand même passée au second plan. J’en reparle très vite.

Des lectures adulte:

  • (Romance historique) Les Sœurs Charbrey, Sans orgueil ni préjugé de Cassandra O’Donnell (T1)

J’ai lu, en e-book, le tome 1 des Sœurs Charbrey, Sans orgueil ni préjugé de Cassandra O’Donnell (éd. J’ai lu pour elle, décembre 2013, 214 pages), une courte romance historique se déroulant à Londres, Morgana Charbrey, âgée de 23 ans décidant de chaperonner l’une de ses sœurs pour sa première saison, Rosalie qui a désormais 18 ans. Mais pourra-t-elle rester à l’abri des prétendants, en particulier du comte Malcolm Greenwald qui a refusé de publier le manuscrit de Rosalie? Certes, il est assez surprenant pour une jeune lady d’avoir autant de libertés, surtout pour étancher sa soif de sciences, son oncle paternel ayant fait courir la rumeur que son état de santé ne permettait pas à Morgana de se montrer en société et de se marier. Et que dire du comte qui ne tient guère compte du consentement de la jeune femme et qui rappelle sur ce point tant de romances des années 2010 (rien que dans les scènes spicy)! Certes le trope « enemies to lovers » entraîne des joutes verbales entre Morgana et Malcom et chamailleries qui m’ont plu. Mais le tout est peu crédible et trop moderne pour l’époque. Une lecture plaisante mais qui sera vite oubliée et qui ne m’a pas donné envie de connaître la suite, Un mari récalcitrant avec la romance de Rosalie!

  • (Romance historique) Le Clan Douglas, La Dame et l’Épée de Liv Fox (T1)

J’ai lu, en e-book, le tome 1 du Clan Douglas, La Dame et l’Épée de Liv Fox (éd. Autoédition, novembre 2025, 275 pages), une romance historique se déroulant en Écosse,  en 1289 avec la romance entre les futurs parents de Joanna Douglas, personnage du tome 1 du Clan MacPherson, La Promise du Highlander (éd. Autoédition, août 2024, 285 pages). Je pensais voir avant la publication de la romance entre son frère aîné, James Douglas mais j’ai pris plaisir à lire la romance de ces parents. Certes le personnage est fictif mais pas William Douglas, surnommé « le Hardi » et Eleanore de Lovaine, jeune veuve anglaise qu’il a enlevé pour l’épouser et s’accaparer ses terres alors que cette dernière séjourne chez son cousin, n’arrivant pas à percevoir les rentes de ses terres écossaises. Aussi têtu l’un que l’autre, leur alchimie est indéniable, entre attirance réciproque et joutes verbales. Un bon moment de lecture avec cette autrice dont on retrouve les mêmes thèmes de cohabitation forcée, mariage de convenance laissant place à l’amour, sous fond de représailles du Roi d’Angleterre Édouard! Je serai bien sûr au rendez-vous pour découvrir l’histoire de James Douglas. 

  • (Roman SF) Les Chroniques de St-Mary, Un monde après l’autre de Jodi Taylor (T1) 

J’ai lu, en e-book, le tome 1 des Chroniques de St-Mary, Un monde après l’autre de Jodi Taylor (éd. HC Éditions, février 2018, 402 pages), un roman SF. Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne intègre l’institut St Mary de recherche historique dans lequel on ne fait pas qu’étudier le passé mais on le visite. Mais cela n’est pas sans risque. Au résumé de quatrième de couverture, cette série SF avait tout pour me plaire sur le thème du voyage dans le temps et thriller. Mais quelle déception! Ce premier est tome est insipide et d’un véritable ennui tant c’est une compilation de sauts de le temps, la dimension historique étant à peine survolées (que ce soit pendant la Première Guerre Mondiale ou au Cétacé), avec des personnages peu définis si ce n’est par la description sommaire de leur apparence physique ou de leurs interactions caricaturales entre gentils et méchants historiens. Et que dire du côté romance (si on peut parler de ça comme une romance) qui ne sort de nulle part à part pour cocher la case « spicy »! L’héroïne est insupportable et immature, alors qu’elle va sur ses 30 ans et même ses 35 ans à la fin de ce premier tome. Je ne poursuivrai pas cette série. Peut-être que les tomes suivants s’améliorent mais je ne me risquerai pas. 

Ma lecture en cours:

(Roman historique) Le destin d’Anjali de Hema Macherla

Pour la lecture commune du mois de février 2026 des Etapes Indiennes, j’ai commencé à lire jusqu’au chapitre 63 (p.346) Le destin d’Anjali de Hema Macherla (coll. 10/18, janvier 2025, 480 pages), un roman se déroulant dans les Indes britanniques, en 1919 avec l’histoire d’Anjali devenue veuve à 16 ans et qui est sauvée du sati par son père et son ami d’enfance, Saleem. Cela lui permettra-t-il d’avoir une vie heureuse? Les courts chapitres s’enchaînent très rapidement, passant d’Anjali et Saleem qui se retrouvent séparés, sous fond de tensions politico-sociales vers l’indépendance. Je pense le finir demain et en reparle très vite. 

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