Étiquette : grand-père (Page 1 of 3)

Au fil des pages avec La petite-fille

J’ai lu La petite-fille de Bernhard Schlink (éd. Gallimard, coll. Folio, n°7408, 2023, rééd. octobre 2024, 400 pages), un roman contemporain se déroulant en Allemagne. Kaspar découvre au décès de son épouse Birgit une part de sa vie qu’elle lui avait caché, à travers le  manuscrit qu’elle avait commencé à écrire depuis plus de 10 ans sur sa vie, de sa fuite de RDA en 1965 vers la RFA et de l’abandon dès sa naissance de sa fille de l’autre côté du Mur. En reprenant le projet de sa femme, Kaspar ne s’attendait pas à pouvoir rencontrer cette fille Svenja, désormais quadragénaire, restée en Allemagne de l’Est et mariée à un néonazi, le couple ayant eu une fille élevée dans cette même mouvance de haine, Sigrun. Et si c’était par elle qu’une relation pouvait être envisagée? Lui permettra-t-il de s’émanciper grâce à son talent musical?

J’ai eu un peu de mal au départ avec le style d’écriture (ou de traduction?) de l’auteur puis à l’instar de Kaspar, j’ai voulu en savoir plus sur cette « petite-fille » dont il ignorait jusqu’au décès de son épouse l’existence. Acceptera-t-elle sa présence? Pourquoi s’entête-t-il ainsi? J’ai compris cette insistance de Kaspar à connaître cette petite-fille par alliance comme une façon de faire son deuil et de se donner une chance inespérée, à son âge, de créer un lien familial même ténu, malgré leurs différences. Il est vrai que son calme et l’argent dépensé à cet effet peuvent paraître surprenants et m’ont paru souvent, à travers la relation Kaspar/Sigrun comme des facilités scénaristiques qui ont permis à l’auteur d’opposer deux positions politiques ne permettant, a priori, aucune réconciliation possible. J’ai, toutefois, apprécié les questionnements soulevés autour de la réunification de l’Allemagne et des conséquences de cette division d’un pays en deux et qui ont perduré au-delà de la réunification, de la politique allemande contemporaine face à la montée du néonazisme, à l’Est, dans les années 90. Une lecture en demi-teinte qui vaut surtout pour son aspect historique!

Pour d’autres avis sur ce roman: Sorbet Kiwi dans le cadre de son projet RDA. 

 

 

Au fil des pages avec Au lit Miyuki

Nous avions lu Au lit Miyuki de Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh (éd. de La Martinière, février 2017, 32 pages), un album jeunesse grand format à partir de 4/5 ans. Alors qu’il est temps pour la petite fille d’aller dormir, Miyuki s’emploie par tous les moyens à retarder l’heure du coucher, sous le regard bienveillant et patient de son grand-père. Finira-t-elle par dormir?

Les illustrations colorées sont magnifiques et oniriques, la petite fille à l’image d’une Alice au pays des merveilles rapetissant au fil des pages et au fur-et-à mesure que le sommeil l’appelle. Construit comme un conte-randonnée, l’histoire fait la part à l’imaginaire enfantin et à la belle relation intergénérationnelle entre la petite fille et son grand-père. Le jeune lecteur peut facilement s’identifier à la petite fille qui se découvre tout un tas de choses à finir alors qu’il est plus que temps de se coucher, comme arroser le potager, finir une couverture pour son chat… Un très bon moment de lecture avec cet album jeunesse qui nous avait accompagné, en 2022, pendant plusieurs soirs, comme lecture du soir! Cela m’a rappelé une autre histoire de cette illustratrice sur le même thème, Gaspard dans la nuit (éd. de la Martinière Jeunesse, octobre 2020, 40 pages).

Participation #1 Un Mois au Japon 2025 de Lou et Hilde #Album jeunesse

Participation #6 Challenge Contes & Légendes 2025 de Bidib #Conte contemporain

Challenge Petit Bac d’Enna #2 Catégorie Objet: « Lit »

Au fil des pages avec dans Les Yeux de Mona

J’ai lu Les Yeux de Mona de Thomas Schlesser (éd. Albin Michel, février 2024, 496 pages), un roman contemporain en lecture commune avec Enna qui l’a écouté, elle, en version audio (Audiolib).  Mona, âgée de 10 ans, est victime d’une perte soudaine et temporaire de la vue suffisamment inquiétante pour être examinée par des médecins, le risque étant grand qu’elle devienne aveugle d’ici l’année à venir. Un suivi avec un pédopsychiatre est conseillé aux parents de la jeune fille. Son grand-père maternel octogénaire, Henry « Dadé » est censé amener Mona aux séances mais à la place, pendant 52 semaines, il va se rendre avec elle dans des musées parisiens voir une œuvre d’art tous les mercredis après-midi. Ils commencent par le musée du Louvre. Cette initiation à l’art sera-t-elle aussi un apprentissage de la vie pour Mona?

J’ai apprécié ce parcours artistique ainsi que la belle relation intergénérationnelle entre la petite fille et son grand-père, érudit et bienveillant. Il y a ainsi question d’éveil à l’Art, d’apprentissage, de transmission. Mais j’ai eu bien du mal à croire que Mona, du haut de ses 10 ans, puisse faire preuve d’autant de maturité et comprendre tout ce que lui explique son grand-père, en ayant autant de recul qui s’acquière avec l’expérience et l’âge. De même, ce parcours artistique pouvait très bien être mis en place par le grand-père sans être au détriment d’un suivi pédopsychiatrique.

Au fil des œuvres d’art, on suit la vie de Mona auprès de ses parents, Camille et Paul, brocanteur alcoolique, de ses camarades de classe de CM² comme ses meilleures amies, Jade et Lili et son grand-père, qui n’a pas fait le deuil de son épouse, ne parlant jamais d’elle même si les souvenirs de la grand-mère maternelle ne sont jamais loin dans l’esprit de Mona qui se questionne à son sujet. Pourquoi un tel silence alors que son grand-père est si intarissable sur d’autres sujets?

La vie quotidienne de la jeune fille sert ainsi de fil conducteur au parcours artistique qui prime sur l’histoire familiale même, avec son lots de secrets de familles et de difficultés. Cela m’a d’ailleurs fait penser au Monde de Sophie de Jostein Gaarder (éd. Seuil, mars 1995, 558 pages), un roman qui a trait à la philosophie avec l’histoire de Sophie Amundsen, une adolescente norvégienne de 14/15 ans qui s’éveille à la philosophie et que j’avais lu au lycée, pendant les vacances d’été avant l’entrée en Terminale. Je pense que j’aurai plus apprécié ce roman plus jeune, l’auteur, à travers le personnage de Henry, étant très didactique envers nous, lecteur, afin de nous plonger dans le monde de l’Art.

Je pensais le lire d’une seule traite mais finalement j’ai lu ce roman initiatique sur plusieurs jours, les chapitres étant répétitifs, une œuvre d’art regardée en silence par la jeune fille sous l’œil attentif de son grand-père, un bout de vie familiale, le ressenti de Mona et l’explication du grand-père avec sa conclusion morale. L’étude de ces œuvres, la plupart déjà connues, m’a rappelé mes cours d’histoire de l’Art à la fac. Je pense que j’aurai plus accroché à ce roman lorsque j’étais au lycée ou à la fac. Une lecture ludiquement instructive!

Pour d’autres avis sur ce roman artistique: Enna (version audio) et Sandrion.

Challenge Petit Bac d’Enna #3 Catégorie Partie du corps: « Yeux »

Au fil des pages avec L’étrange mystère du lac perdu

Nous lisons et relisons L’étrange mystère du lac perdu de Paddy Donnely (éd. Kimane, 2022), un album jeunesse à partir de 3 ans. En Irlande du Nord, Ella va chez son grand-père qui vit au bord du lac Loughareema avec la loutre Cara. Un étrange mystère entoure ce lac qui disparaît régulièrement. La petite fille percera-t-elle ce mystère?

Il y est question de la découverte de la Nature, d’émerveillement qui fait la part belle à l’imagination, la fantaisie et à la magie mais aussi d’une belle complicité intergénérationnelle entre un grand-père et sa petite fille, le grand-père d’Ella s’amusant à émettre des hypothèses farfelues et rigolotes, certaines renvoyant à la paréidolie ou aux légendes et guère scientifiques pour expliquer cette disparition en désignant tour à tour comme auteurs des moutons, un géant, des sirènes ou bien encore des narvals… Mais la petite fille n’est pas dupe et tente de donner une explication scientifique.

Les illustrations sont très jolies et donnent envie de s’évader comme eux dans la Nature. Cela me rappelle d’ailleurs des paysages de mon voyage en Irlande du Sud. Coup de cœur pour cet album jeunesse qui se termine sur une double page documentaire sur le lac Loughareema, avec cette fois une explication scientifique de ce phénomène naturel!

Participation #10 Challenge British Mysteries 2022 de Hilde et Lou #Album jeunesse

Participation #77 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #Irlande

Challenge Petit Bac d’Enna #6 Catégorie Lieu: « Lac »

Participation #10 Challenge Cottagecore 2022 de MissyCornish #Rêveries au bord de l’eau/Méfiez-vous de de l’eau qui dort

Participation #23 Challenge Contes & Légendes 2022 de Bidib #Légende

Au fil des pages avec Le cerf-volant de Toshiro

Lors d’un Mois au Japon 2021, nous avions lu Le cerf-volant de Toshiro de Ghislaine Roman et Stéphane Nicolet (éd. Nathan Jeunesse, 2018), un album jeunesse à partir de 3 ans selon l’éditeur (mais je dirai plutôt 5/6 ans) et qui a fait partie de la sélection CE1 du 31e Prix des Incos en 2020.  Un jour de printemps, un petit garçon mutique vient de finir de fabriquer un cerf-volant avec son grand-père âgé et au dos voûté. Ils lancent le cerf-volant mais son grand-père ne peut le voir dans le ciel. Le petit garçon a alors l’idée de le lui montrer grâce à une flaque d’eau. Et c’est ainsi que les saisons défilent.

Les jolies illustrations épurées avec quelques touches de couleurs qui font penser aux estampes japonaises accompagnent un texte mettant en avant l’amour intergénérationnel entre un petit garçon et son grand-père, chacun des deux prenant soin de l’autre et profitant du temps passé ensemble à observer la Nature qui les entoure pendant que le cerf-volant est lancé. Un très bon moment de lecture avec cette bienveillante, tendre et complice relation se tissant au fil des saisons!

Participation #6 Un Mois au Japon 2022 d’Hilde et Lou #Album jeunesse

Challenge Petit Bac d’Enna #2 Catégorie Objet: « Cerf-volant »

Participation #30 Challenge Le tour du monde en 80 livres de Bidib #France

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