Étiquette : fiançailles

Au fil des pages avec Une partie de campagne

J’ai lu, en e-book, Une partie de campagne de Mary Balogh (éd. J’ai lu, coll. Regency, mai 2021, 306 pages), une romance se déroulant à l’époque de la Régence anglaise et qui est parue pour la première fois au Royaume-Uni en 1997. Convoqué par son père mourant, Anthony, marquis de Staunton âgé de 28 ans y consent. Il s’était pourtant promis 8 ans plus de tôt, après le décès de sa mère, de ne plus jamais remettre les pieds dans le domaine ducal, après avoir laissé derrière lui, à contrecœur, ses frères et sœurs cadet.

Afin de faire enrager son père, il pense avoir trouvé une brillante idée en passant une offre d’emploi de gouvernante. Il jette son dévolu sur Charity Ducan, une jeune femme de bonne famille désargentée et âgée de 23 ans. Mais convient-elle vraiment pour ce rôle d’épouse terne, effacée et sans le sou? Ne sera-t-elle qu’un pion entre le père et le fils ou parviendra-t-elle, grâce à sa gentillesse et son écoute, à réconcilier cette famille endeuillée depuis 8 ans?

Il n’y est pas vraiment question d’une partie de campagne comme il y en avait à cette époque, même si des invités sont attendus pour un bal mais du retour de l’héritier d’un duc sur le domaine campagnard avec une épouse qui devait être « temporaire », le temps d’humilier son père et de contrecarrer son plan de mariage arrangé. Derrière la romance, il y est ainsi question de relations familiales entre un père et un fils ou entre frères et sœurs, de non-dits et rancunes après un deuil…

Même si cela a manqué parfois de crédibilité, j’ai apprécié le personnage de Charity qui vient « secouer » cette famille aristocratique fortement guindée et laissant peu place aux émotions de chacun au nom de l’étiquette et du devoir. Un bon moment de lecture mais dont la fin se finit abruptement (je me suis même demandée s’il ne manquait pas des pages)! 

Participation # Le Mois Anglais 2026 de Lou et Martine #Romance historique

Au fil des pages avec Le baiser de glace et autres nouvelles

Pour une lecture commune avec Nathalie et Isabelle dans le cadre du Challenge 2026 sera classique aussi!, j’ai lu Le Secret de la Ferme-Grise de Mary Elizabeth Braddon (éd. Le Masque, rééd. 2004, 96 pages), une nouvelle également parue sous le nom de L’Intendant Ralph et publiée pour la première fois en 1861 en Angleterre. J’ai pu la lire grâce à la bibliothèque romande numérique. 

Au décès de Martin son frère aîné de deux ans, Dudley Carleon, âgé de 21 ans hérite de la propriété familiale de Ferme-Grise et des terres agricoles bordant une rivière bien trop souvent à crue, près du village d’Olney-Sur-Trent, en Angleterre. Les années passent et Dudley demeure toujours aussi inconsolable, réussissant à maintenir à flot la propriété, grâce au soutien sans faille de son intendant Ralph à la présence si serviable quoique oppressante tant il semble s’immiscer dans les affaires du jeune homme. Le mariage de Dudley avec Jenny, jeune et jolie pupille à peine majeure du recteur Marlow et amie de la fiancée endeuillée de Martin, Agnès changera-t-il cette situation pesante? Cette dernière doit-elle écouter la mise en garde de son amie Agnès? Quels sombres secret se cachent dans la Ferme-Grise? Malgré les années, le décès soudain de Martin interroge encore. Est-il vraiment lié à l’insalubrité des lieux ou Jenny doit-elle écouter la mise en garde de son amie Agnès?

J’aurai bien pu garder cette nouvelle victorienne pour l’automne, tant il y pleut et tant l’ambiance est gothique et inquiétante. On y retrouve tous les ingrédients propres à ce type de récits: un lieu de vie bien peu accueillant, un décès suspect, une relation bien intrigante entre un propriétaire terrien et son intendant, une jeune femme dont la vie semble en danger… Un bon moment de lecture avec cette lecture à la tension dramatique allant crescendo au fil des pages, même si on devine rapidement ce qui se trame dans ces lieux! Le format étant court, cela évite les longueurs du roman-feuilleton sensationnel comme peuvent l’être ceux de Wilkie Collins par exemple. On peut comprendre que cela a été précurseur des romans à suspense ou thrillers psychologiques de notre époque. Je coche d’ailleurs au passage les cases « campagne anglaise » et « poison » du bingo meurtrier du challenge Un hiver Polar 2026.

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J’ai également lu 3 autres nouvelles de Mary Elizabeth Braddon dans le recueil Le baiser de glace et autres nouvelles (éd. de l’Aube, février 2021, 111 pages), de courtes nouvelles pour gentiment frissonner, au coin du feu, lors de longues soirées d’hiver ou d’automne. Le baiser de glace est une très courte nouvelle aux tonalités fantastiques (17 pages), parue pour la première fois en 1860 avec le destin tragique d’un jeune étudiant qui part à l’étranger et délaisse sa fiancée, sa cousine Gertrude qui désespérée, se  suicide la veille de son mariage arrangé au nom de leurs vœux échangés. Et si le véritable amour pouvait survivre à la mort? Là encore j’ai apprécié la descente aux enfers du jeune homme qui apparaît pourtant fort antipathique tant il est insouciant et inconstant, face au chagrin d’amour de sa cousine. Aucune échappatoire ne semble plus possible, pris au piège d’un amour devenu à sens unique, du fait de leur éloignement. 

La deuxième nouvelle de ce recueil, la plus longue (52 pages), Le mystère de Fernwood parue pour la première fois en 1861 relate le séjour de la jeune et riche héritière Isabel âgée de 20 ans (la narratrice), avec sa tante, dans le manoir de Fernwood, la propriété familiale délabrée de son joyeux et volubile fiancé Laurence bientôt majeur (21 ans), dans le comté d’York, en Angleterre. J’ai une nouvelle fois bien apprécié le style d’écriture de cette autrice même si on se doute bien du drame qui couve et du mystère de la demeure avec ce mystérieux parent pauvre et malade de la famille qui ne quitte jamais sa chambre dans l’aile gauche du château, la sœur aînée de son fiancé, Lucy lui servant de garde-malade. Le drame est-il inéluctable? Comme dans L’intendant Ralph, on retrouve ici aussi un lieu de vie isolé et sinistre dans la campagne anglaise, de jeunes orphelins souhaitant se marier, un secret et des phénomènes inquiétants… Cela m’a rappelé d’autres romans avec un mystérieux locataire comme Jane Eyre ou Le jardin secret… 

Enfin, la dernière nouvelle, La vengeance de Samuel Lowgood (21 pages), parue elle-aussi pour la première fois en 1861, le narrateur, Samuel Lowgood revenant sur son animosité à l’égard de son beau collègue et fils de gentleman, Christopher Weldon au sein de la maison Tyndale & Tyndale, armateurs à Wilborough. Jusqu’où peut aller sa jalousie lorsque ce dernier commence à courtiser la jolie et douce Lucy dont il est amoureux? J’ai également apprécié ce court récit où il est question de rivalité entre deux orphelins au statut social différent et de trahison. 

Un bon moment de lecture avec ces nouvelles! Il est certain que je continuerai à découvrir cette autrice peut-être cette fois un de ses romans comme Sur les traces du serpent. 

Pour d’autres avis sur cette lecture commune: Nathalie et Isabelle (qui a aussi lu Le baiser glacé).

Participation #6 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Nouvelles victoriennes (1860 et 1861)

Participation #10 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Nouvelle à suspense

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