Étiquette : famille (Page 1 of 39)

Au fil des pages avec Encore une Histoire!

Nous avons lu Encore une Histoire! de Perry Emerson et Sean Julian (éd. 123 Soleil, septembre 2024, 32 pages), un album jeunesse à partir de 3/4 ans. Poupette adore lire alors que son petit frère Fripon s’ennuie vite, en l’écoutant. Mais un jour, un des livres arrive à captiver Fripon (forcément avec une histoire d’un pingouin super-espion!). Malgré leur rapport bien différent à la lecture, les deux lapins trouveront-ils un terrain d’entente?

J’ai apprécié la façon dont ils arrivent à allier leurs centres d’intérêt, l’une la lecture et l’autre la mise en scène. Quel plaisir de les voir se se rapprocher autour des joies de la lecture et de l’écriture, chacun apportant ses idées et son imagination! J’ai également bien apprécié les illustrations douces, expressives et qui reflètent bien la complicité entre les deux lapins et leur imagination débordante, et même très gourmande de Fripon qui imagine par exemple un coffre aux trésors rempli de gâteaux aux carottes ou la Lune devenant un énorme gâteau aux carottes, dans une ambiance champêtre, printanière et joyeuse! Un bon voire très bon moment de lecture avec cet album tout mignon sur le plaisir de lire et d’écrire des histoires à plusieurs, à travers le jeu et l’imaginaire! Cela va avec le thème « Fille ou femme » (héroïne, maman enceinte, super grand-mère…) du mois de mars 2026 du Challenge Littérature jeunesse, ici une « super » grande sœur.

Participation #20 Challenge Littérature jeunesse 2025-2026 de Pativore #Album jeunesse

 

Au fil des pages avec Miséricorde (T1)

J’ai lu Miséricorde de Jussi Adler-Ossen (éd. Le Livre de Poche, janvier 2013, 528 pages), le premier tome des Enquêtes du département V et dont j’avais regardé, l’été dernier, son adaptation en série télévisée: Département Q, Les Dossiers oubliés qui transpose, dans la première saison, ce premier tome à Édimbourg. Dans ce premier tome, après une intervention qui a mal tourné quelques mois plus tôt, Carl Mørck a bien des difficultés à reprendre son métier de policier, refusant toute aide psychologique. Face à son caractère insupportable, le voici promu à la tête du Département V afin d’élucider des affaires non résolues, sans véritable équipe ni locaux adaptés puisqu’il se retrouve dans les sous-sols du commissariat avec pour seul assistant Hafez el Assad, réfugié syrien et homme à tout faire qui se révèle plein de ressources. Ils vont alors s’intéresser au cas de Merete Lyyngaard, une jeune femme qui incarnait l’avenir politique du Danemark et qui a disparu, cinq ans plus tôt en 2002, sans que son corps n’ait été retrouvé et laissant derrière elle son frère cadet, Oluf. Que lui est-il arrivé? 

Le récit alterne entre le passé avec la séquestration de Merete Lyyngaard (et ses terribles conditions de détention) et le présent avec la reprise de l’affaire par Carl Mørck et Hafez el Assad, duo improbable et qui s’avère bien plus efficace que leurs prédécesseurs qui ont eu à connaître de cette disparition. Carl est un flic blasé et qui culpabilise de la façon dont il a réagi lors de la fusillade qui a grièvement blessé l’un de ses collègues et ami et tué un autre. Sa vie personnelle est également chaotique, séparée de sa femme tout en élevant son beau-fils adolescent. On se demande bien comment il arrivera à résoudre cette enquête tant il semble démotivé. Heureusement, il peut compter sur Hafez dont le passé reste bien mystérieux et qui est bien plus aimable que Carl, en particulier avec les femmes. Comme nous lecteur nous savons déjà que Merete est toujours en vie, le ressort dramatique repose surtout sur la découverte des indices qui vont leur permettre de retrouver sa trace, sous fond de rivalités policières et d’enjeux politiques. Sera-t-elle encore en vie à ce moment-là? Qui peut bien vouloir la séquestrer depuis autant de temps?

Ma lecture a été fortement biaisée par le fait que j’avais regardé la première saison de la série qui reprend la même structure narrative et que je savais donc tous les tenants et aboutissants de cette première enquête. J’ai d’ailleurs plus apprécié la série que ce premier tome, en particulier au niveau des personnages (surtout celui de Carl que j’ai trouvé bien trop fumiste et sexiste dans le roman) même s’il y a quelques libertés prises qui apportent plus de profondeur et de cohérence dans la série. La série britannique comporte pour le moment une première saison de 9 épisodes et est diffusée depuis mai 2025 avec dans les rôles-principaux Matthew Good (Carl Morch), Chloe Pirrie (Merritt Lingard devenue procureure et non plus femme politique), Alexej Manvelof (Akram Salim) et Leah Byrne (Rose Dickson). Un très bon moment de visionnage avec la série et un bon moment de lecture avec ce premier tome! J’hésite à lire le tome suivant, Profanation, une seconde saison étant annoncée. 

Au passage, je valide la case « Vengeance » du bingo meurtrier du challenge Un hiver Polar 2026.

Pour d’autres avis: Marine (pour la série) et Eimelle (pour le roman).

Participation #9 Un hiver Polar 2026 d’Alexandra #Thriller

Au fil des pages avec Des gens comme il faut

J’ai lu, en e-book, Des gens comme il faut de Florence Chataignier (éd. Le Cherche Midi, mai 2024, 243 pages), un court premier roman « autobiographique » et dont l’illustration de couverture est une photographie personnelle de l’autrice. Au décès de son père, Fleurianne « Fleur » Cannelier entame un long processus de deuil en descendant, chaque jour, à la cave, ouvrir les boîtes et cartons de son passé remplis de lettres, photos, coupures de presse ou autres objets conservés, pour ne pas dire accumulés. Se replonger dans ses souvenirs est douloureux pour cette quadragénaire tant sa famille avait l’obsession des apparences et peu d’affections. Quelle vérité cherche-t-elle à découvrir en remontant le fil du temps? 

Malgré son aspect autobiographique, je ne me suis pas attachée à cette famille dysfonctionnelle et pourtant tristement banale, entre un père Jean Cannelier homosexuel refoulé mais éphébophile, une mère Madeleine volage et dépressive de 15 ans sa cadette, une sœur ainée, Apolline « Nine » la rebelle droguée mais préférée du père et la narratrice qui est, si je puis dire, la mieux lotie avec sa santé fragile, ses TOC et sa soif d’exemplarité en réponse aux imperfections de sa famille et qui n’était pas le fils tant attendu du père. Sans oublier un mariage fondé sur une différence de classe sociale: une Chti (de Cambrai) dans une famille bourgeoise et parisienne, tenant à son étiquette sociale à défaut d’être fortunée.

Au fil des « caves » et non des chapitres, on suit Fleur dans un passé reconstitué, sans qu’elle soit omnisciente mais quand même suffisamment, de l’histoire parentale: ses grands-parents, son père et sa mère où se mélangent ses propres souvenirs, confidences et secrets de famille – de Polichinelle pour la plupart dans les années 70/80, avec une touche faussement (inutilement) scabreuse et provocatrice à l’image de la photo de couverture. Connaît-on vraiment ses parents? Il y est ainsi question de deuil, de souvenirs d’enfance, d’héritage, de transmission, de faux-semblants, de rendez-vous manqués avec ce couple parental si mal assorti… 

Je n’ai pas non plus apprécié son style d’écriture, trop ampoulé avec pourtant des phrases courtes et l’emploi d’expressions qui m’ont fait souvent lever les yeux tant c’était pompeux ou juste inséré pour faire mouche mais qui m’ont semblé finalement bien fade et artificiel (comme le « chevillé au corps » employé deux fois) ou pour marquer la distance avec ses parents, le fait de les appeler par leurs prénoms et sans émotions palpables. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur si ce n’est que la quadragénaire ouvre des boîtes dans sa cave dans laquelle, au fil des mois, un arbre improbable surgit. Même cette métaphore de l’arbre, je l’ai trouvée ratée et me rappelant trop le nénuphar dans L’Écume des jours de Boris Vian. 

Après ma lecture, des questions demeurent. Par exemple, quelle est la part autobiographique et qui restera en héritage à ses enfants? Quelle trace fictive et déconstruite cela laissera-t-il d’elle envers eux? Ce roman aurait-il été publié si l’autrice ne travaillait pas dans le monde audiovisuel? Une lecture bien peu originale, ennuyante et qui sera vite oubliée tant le propos est éculé: « la vérité n’existe pas, il ne reste que la mémoire des sentiments »!

Enfin, il y est question d’un stage de la narratrice effectuée dans un orphelinat en Inde mais de façon tout aussi fugace, superficiel et parcellaire dans les méandres des souvenirs de la narratrice et dont elle conservera une statue de Ganesh dans la cave, comme pour mieux refléter son exemplarité et témoigner, sans doute, pour ses enfants, qu’elle n’a pas fait d’écarts de conduite, envers celui qui sera son futur époux. 

Challenge Petit Bac 2026 d’Enna #1 Catégorie Pronom personnel sujet: « Il »

Participation #2 Les Étapes Indiennes 2026 de Hilde #Inde des années 90

Pause ciné: Là où chantent les écrevisses

J’ai regardé Là où chantent les écrevisses, un film américain réalisé par Olivia Newman, sorti en 2022 avec dans les rôles-titres: Daisy Edgar-Jones (Kya), Taylor John Smith (Tate) et Harris Dickinson (Chase). Il s’agit d’une adaptation du roman éponyme de Delia Owens que j’avais lu en 2020 et paru pour la première fois aux États-Unis en 2018.  A Barkley Cove, en Caroline du Nord, a grandi Catherine « Kya » Danielle Clark et qui au fil des années, après le départ successif des membres de sa famille, s’est retrouvée à vivre et se débrouiller toute seule et dans la pauvreté dans une cabane au fond des marais. Entre légende et méfiance, celle-ci est devenue « la Fille des Marais » jusqu’au jour de son arrestation pour meurtre, en 1969, de Chase Andrews. Face à tant de préjugés, est-elle vraiment coupable?  

J’ai trouvé particulièrement réussi l’ambiance si particulière aux marais et marécages. Mais pour le reste, je l’ai trouvé plus fade et lisse, un peu trop « propre » et formaté, avec plus de raccourcis scénaristiques et trop tourné sur les romances de l’héroïne même si le tout reste fidèle au roman.

Toute la partie jeunesse de la jeune fille a été condensée alors qu’elle prend une large part dans le roman, pour n’être réduit à quelques courtes années adolescentes au côté de Tate Walker, avant son départ à l’université. C’est pourtant bien enfants que Kya et Tate tissent une amitié solide se transformant en premiers émois amoureux, le jeune garçon arrivant à percer, petit à petit, la carapace de la jeune fille à travers des plumes qu’il ramasse pour elles et en lui apprenant à lire et écrire.

J’ai trouvé cela dommage car l’aspect apprentissage et émancipation de la jeune fille faisait la force du roman: sa résilience face aux abandons successifs et son isolement au sein des marais, son épanouissement et émerveillement au contact de la faune et de la flore au point d’en faire son métier en autodidacte, son ambivalence en souhaitant, malgré ses craintes et ses déceptions, tisser des liens avec ses semblables au point de se rapprocher de Chase Andrews, à l’âge adulte…

De même, tout l’aspect ségrégationniste du roman, avec le couple d’Afro-américains qui prennent sous leurs ailes la fillette est quasiment inexistant du film alors que l’histoire se déroule dans les années 50/60. J’ai toutefois trouvé bien choisi les deux acteurs: Michael Hyatt (Mabel) et Sterling Macer Jr (James « Jumpin » Madison) qui forment ce couple veillant de loin et en se contenant, compte-tenu de leurs conditions, à la fillette à qui elle vend les moules récoltées dans les marais.

J’ai apprécié me replonger dans cette histoire même si ce thriller dramatique n’a pas du tout eu la même portée que le roman pour moi et que je n’aurai pas regardé si je n’avais pas lu le roman avant! J’en retiendrai toutefois son esthétisme et son aspect naturaliste (ce que j’avais d’ailleurs le plus apprécié dans le roman, l’aspect « procès » étant plus classique et déjà vu). D’autre part, par rapport à ma lecture de 2020 et après avoir lu Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee, je me rends compte qu’il y a beaucoup de similitudes entre les deux avec un roman d’apprentissage qui se joue autour d’un procès, même si l’issue est bien différente et concerne une jeune femme blanche et pauvre.   

Pour d’autres avis sur le roman et le film: MyaRosa

Au fil des pages avec Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Lors de l’édition 2025 de l’AAHM Challenge, j’avais lu, en e-book, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee (éd. Grasset, rééd. octobre 2015, 463 pages), un roman paru pour la première fois en 1960 aux États-Unis et qui a reçu le prix Pulitzer en 1961. Je profite de la nouvelle édition 2026 pour le chroniquer. La narratrice, Scout Finch se souvient de son enfance, en particulier entre ses 9 et 10 ans, lorsque son père, Atticus Finch, un Avocat veuf quinquagénaire est commis d’office pour assister Tom Robinson, un Noir accusé d’avoir violé une jeune femme blanche pauvre, Mayella Ewell, dans la petite ville ségrégationniste de Maycomb, en Alabama, dans les années 30, pendant la Grande dépression.

Jusqu’à l’année dernière, je n’avais jamais pris le temps de le lire même si j’en avais entendu parler depuis bien longtemps pour sa dénonciation de la ségrégation. J’ai donc été surprise lorsque dès les premières pages, je me suis rendue compte qu’il s’agit aussi et avant tout d’un roman d’apprentissage et d’une quête initiatique à travers l’enfance de la fillette que l’on suit dans son quotidien: sa relation fraternelle avec son frère aîné Jem et leur ami Dill qui vient chaque été, l’amour filial/paternel avec leur père intègre et bienveillant, le mystère inquiétant entourant l’énigmatique voisin Arthur « Boo » Radley qui vit reclus et qui fait l’objet de toute l’attention des trois enfants… Puis tout se cristallise autour du procès de Tom Robinson et qui va ébranler leur famille face à la haine et au racisme. Dans un tel climat, un procès équitable peut-il avoir lieu? 

Il y est ainsi question d’apparences trompeuses, de vie de famille dans les années 30, d’inégalités sociales, de ségrégation raciale, du vivre ensemble, d’éducation, de la condition des filles, des femmes ou bien encore des droits des Afro-américains, de justice… Le récit de la narratrice oscille entre moments légers et candeur enfantine et moments plus graves et révoltants, rendant encore plus choquant, si c’était possible, le sort réservé à Tom Robinson. Un très bon moment de lecture! Je ne peux que vous encourager à le lire si ce n’est pas déjà fait. Pour prolonger cette lecture, j’avais également emprunté à la médiathèque Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Fred Fordham (éd. Grasset, novembre 2018, 288 pages), un roman graphique adaptant et illustrant le roman éponyme d’Harper Lee et que j’ai trouvé fidèle au roman originel et réussi, y retrouvant la même ambiance.

Pour d’autres avis sur ce roman: Enna (et aussi la BD et sa suite, Va et poste une sentinelle) et Antigone.

Participation #3 AAHM Challenge 2026 d’Enna

Participation #5 au Challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie #Classique américain (1960)

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